Des mots pour le dire

Les îlots bonifiés

Par vadministrateur - publié le mercredi 26 avril 2017 à 11:00 dans Outils

La classe inversée

Par vadministrateur - publié le mercredi 26 avril 2017 à 03:41 dans Outils

Doc comp Daoud

Par vadministrateur - publié le mercredi 19 avril 2017 à 19:26 dans Textes pour l'EAF

Document complémentaire Kamel Daoud,Meursault,contre-enquête: L’incipit

"Aujourd’hui, M’ma est encore vivante ". Le lien est de suite établi : ce livre de 2014 est une réécriture de L’Etranger , d’Albert Camus, qui s’ouvre abruptement par la fameuse phrase "Aujourd’hui, maman est morte ". A la différence près qu’ici, le protagoniste n’est plus Meursault mais "l’Arabe", tué par ce dernier sur une plage... Pour Kamel Daoud, ce personnage, sans nom, indifférait trop Camus. Son entreprise littéraire tendait donc à rendre toute son étoffe à "l’Arabe" en le baptisant d’abord (Moussa Ouled El-Assasse), puis en lui conférant des traits, une existence, des sentiments, une famille… D’ailleurs, le narrateur de Meursault, contre-enquête , n’est autre que le frère de Moussa, Haroun.

Aujourd’hui, M’ma est encore vivante. Elle ne dit plus rien, mais elle pourrait raconter bien des choses. Contrairement à moi, qui, à force de ressasser cette histoire, ne m’en souviens presque plus.

Je veux dire que c’est une histoire qui remonte à plus d’un demi-siècle. Elle a eu lieu et on en a beaucoup parlé. Les gens en parlent encore, mais n’évoquent qu’un seul mort – sans honte vois-tu, alors qu’il y en avait deux, de morts. Oui, deux. La raison de cette omission? Le premier savait raconter, au point qu’il a réussi à faire oublier son crime, alors que le second était un pauvre illettré que Dieu a créé uniquement, semble-t-il, pour qu’il reçoive une balle et retourne à la poussière, un anonyme qui n’a même pas eu le temps d’avoir un prénom .

Je te le dis d’emblée : le second mort, celui qui a été assassiné, est mon frère. Il n’en reste rien. Il ne reste que moi pour parler à sa place, assis dans ce bar, à attendre des condoléances que jamais personne ne me présentera. Tu peux en rire, c’est un peu ma mission : être revendeur d’un silence de coulisses alors que la salle se vide. C’est d’ailleurs pour cette raison que j’ai appris à parler cette langue et à l’écrire ; pour parler à la place d’un mort, continuer un peu ses phrases. Le meurtrier est devenu célèbre et son histoire est trop bien écrite pour que j’aie dans l’idée de l’imiter. C’était sa langue à lui. C’est pourquoi je vais faire ce qu’on a fait dans ce pays après son indépendance : prendre une à une les pierres des anciennes maisons des colons et en faire une maison  à moi, une langue  à moi. Les mots du meurtrier et ses expressions sont mon bien vacant. Le pays est d’ailleurs jonché de mots qui n’appartiennent plus à personne et qu’on aperçoit sur les devantures des vieux magasins, dans les livres jaunis, sur des visages, ou transformés par l’étrange créole que fabrique la décolonisation. 

Il y a donc bien longtemps que l’assassin est mort et trop longtemps que mon frère a cessé d’exister – sauf pour moi. Je sais, tu es impatient de poser le genre de questions que je déteste, mais je te demande de m’écouter avec attention, tu finiras par comprendre. ce n’est pas une histoire normale. c’est une histoire prise par la fin et qui remonte vers son début. Oui, comme un banc de saumons dessiné au crayon. comme tous les autres, tu as dû lire cette histoire telle que l’a racontée l’homme qui l’a écrite. Il écrit si bien que ses mots paraissent des pierres taillées par l’exactitude même. c’était quelqu’un de très sévère avec les nuances, ton héros, il les obligeait presque à être des mathématiques. D’infinis calculs à base de pierres et de minéraux. As-tu vu sa façon d’écrire ? Il semble utiliser l’art du poème pour parler d’un coup de feu ! Son monde est propre, ciselé par la clarté matinale, précis, net, tracé à coups d’arômes et d’horizons. la seule ombre est celle des “Arabes”, objets flous et incongrus, venus “d’autrefois”, comme des fantômes avec, pour toute langue, un son de flûte. Je me dis qu’il devait en avoir marre de tourner en rond dans un pays qui ne voulait de lui ni mort ni vivant. le meurtre qu’il a commis semble celui d’un amant déçu par une terre qu’il ne peut

posséder.

Texte n°4 Rhinocéros

Par vadministrateur - publié le mercredi 5 avril 2017 à 11:35 dans Textes pour l'EAF

Monologue final

BERENGER

Oui, je me reconnais ;C’est moi, c’est moi. (Lorsqu’il accroche les tableaux, on s’aperçoit que ceux-ci représentent un vieillard, une grosse femme, un autre homme. La laideur de ces portraits contraste avec les têtes des rhinocéros qui sont devenues très belles. Bérenger s’écarte pour contempler les tableaux.) Je ne suis pas beau, je ne suis pas beau. (Il décroche les tableaux, les jette par terre avec fureur, il va vers la glace.) Ce sont eux qui sont beaux. J’ai eu tort ! Oh ! Comme je voudrais être comme eux. Je n’ai pas de corne, hélas ! Que c’est laid, un front plat. Il m’en faudrait une ou deux, pour rehausser mes traits tombants. Ça viendra peut-être, et je n’aurai plus honte, je pourrai aller tous les retrouver. Mais ça ne pousse pas ! (Il regarde les paumes de ses mains.) Mes mains sont moites. Deviendront-elles rugueuses ? (Il enlève son veston, défait sa chemise, contemple sa poitrine dans la glace.) J’ai la peau flasque. Ah, ce corps trop blanc, et poilu ! Comme je voudrais avoir une peau dure et cette magnifique couleur d’un vert sombre, d’une nudité décente, sans poils, comme la leur ! (Il écoute les barrissements.) Leurs chants ont du charme, un peu âpre, mais un charme certain ! Si je pouvais faire comme eux. (Il essaye de les imiter.) Ahh, ahh, brr ! Non, ça n’est pas ça ! Essayons encore, plus fort ! Ahh, ahh, brr ! Non, non, ce n’est pas ça, que c’est faible, comme cela manque de vigueur ! Je n’arrive pas à barrir. Je hurle seulement. Ahh, ahh, brr ! Les hurlements ne sont pas des barrissements ! Comme j’ai mauvaise conscience, j’aurais dû les suivre à temps. Trop tard maintenant ! Hélas, je suis un monstre, je suis un monstre. Hélas, jamais je ne deviendrai un rhinocéros, jamais, jamais ! Je ne peux plus changer, je voudrais bien, je voudrais tellement, mais je ne peux pas. Je ne peux plus me voir. J’ai trop honte ! (Il tourne le dos à la glace.) Comme je suis laid ! Malheur à celui qui veut conserver son originalité ! (Il a un brusque sursaut.) Eh bien, tant pis ! Je me défendrai contre tout le monde ! Ma carabine, ma carabine ! (Il se retourne face au mur du fond où sont fixées les têtes des rhinocéros, tout en criant :) Contre tout le monde, je me défendrai ! Je suis le dernier homme, je le resterai jusqu’au bout ! Je ne capitule pas !

RIDEAU.

Progression

Par vadministrateur - publié le mercredi 5 avril 2017 à 08:24 dans 1SC


LYCEE JEAN BODIN / LES PONTS DE CE 2016-2017


DESCRIPTIF DES LECTURES ET DES ACTIVITÉS DE LA CLASSE DE 1SC Mme Tabuteau


Attention : cette classe n’a pas disposé de la totalité de son horaire en français pour des problèmes de remplacement ce qui explique une liste de 5 séquences


NOM PRÉNOM :


Parcours 1

LECTURES ANALYTIQUES

DOCUMENTS COMPLÉMENTAIRES

OBJET D’ÉTUDE : Le personnage de roman du XVIIè à nos jours

PROBLÉMATIQUE :Meursault est-il coupable ?


Axes d’étude:

L’absurde

Le personnage de roman, le héros,l’anti-héros

La culpabilité


Lecture transversale : le soleil, la mer, les personnages secondaires doubles de Meursault


Production : Choix d’un tableau de Hopper et réécriture théâtrale d’un extrait puis mise en scène/ court-métrage



Oeuvre intégrale : Camus, L’Etranger, 1942


LA 1 L’incipit, « Aujourd’hui, maman est morte...deux heures de route. »


LA 2 Le meurtre, « J’ai pensé...porte du malheur »




LA 3 Le procès, commentaire comparé du réquisitoire et du plaidoyer

Comment l’utilisation du discours sert-elle la notion de détachement ?




LA 4 L’épilogue, « Lui parti...cris de haine. »

Doc 1 : Une réécriture : Incipit de Kamel Daoud, Meursault contre-enquête, 2013


Doc 2 :

Le sentiment d’absurde

- Camus, Le mythe de Sisyphe, « Il arrive que les décors...c’est l’absurde »1942

- Camus, L’homme révolté, « Voici le premier progrès...donc nous sommes. », 1954

L’étranger vus par d’autres :

-Baudelaire, L’étranger, Spleen de Paris, 1862

-Sartre, Explications de l’Etranger, « Un homme parle...significations » 1943

-Hopper, Excursion into philosophy, 1959 (Hda)




Doc 3 : Houellebecq, Extension du domaine de la lutte, « Je m’installe...le mordre. »= > un étranger « moderne »

Parcours 2



OBJET D’ÉTUDE : La question de l’Homme dans les genres de l’argumentation du XVIème siècle à nos jours


PROBLÉMATIQUE :L’homme est-il bête de croire la bête bête?


Axes :

-> Le genre de la science-fiction, sa proximité avec les sciences et la littérature d’idées

L’argumentation directe et indirecte

Qui est Darwin ? Qu’est-ce que le darwinisme ? Différence entre le créationnisme et l’évolutionnisme

L’homme et l’animal : une question d’intelligence ?



Lectures cursives : Au choix

La planète des singes, Pierre Boulle 1963

Les animaux dénaturés, Vercors, 1952 (roman ou pièce)

Pourquoi j’ai mangé mon père, Roy Lewis 1960


Production : faire un livret autour des écrits d’invention à partir de la lecture cursive ( préface, interview de l’auteur, lettre d’un personnage...)





LA 1 :Un apologue : peut-on parler de saut qualitatif de l’animal à l’homme ?

Les Animaux dénaturés, Vercors, 1952





LA 2 : L’argumentation directe, Voltaire, article « Bêtes », Dictionnaire philosophique, 1764


LA 3 : Une dystopie : La Planète des singes, Chap II Pierre Boulle,1963


LA 4 : La psychologie expérimentale

Pierre Boulle, La planète des singes, Chap XVI, 1963


Doc 1 : Corpus  sur la persistance de la bestialité chez l’homme

H.G.Wells, L’île du docteur Moreau, 1896, chap XIV

Extraits du film de Rupper Wyatt, La Planète des singes : Les origines, 2011


Doc 2 :L’homme seul est responsable de son inhumanité

Rousseau, Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes.1755


Doc 3 :Que mesure réellement les tests d’intelligence ?

J.M.Coetzee, Elisabeth Costello



Doc 4 : Utilisation de la théorie de l’évolution de nos jours. Clip de Coldplay, Lifetime





Parcours 3



Séquence 1

PROBLÉMATIQUE : Comment le théâtre traite-t-il la représentation de la violence à travers le personnage du criminel ?


Axes :

La tragédie, respect des règles et écarts

La mise en scène, les métiers, une relecture du texte

Les rapports de force entre personnages sur scène


Lectures cursives : Au choix

Huis-clos Sartre ; Camus, Les justes, Grumberg, L’Atelier

LA 1 Jean Giraudoux, Électre, acte II, scène 9 (extrait), 1937.





LA 2 Camus, Les justes, « Tous regardent Kaliayev...la révolution triomphe. »Acte II, 1949





LA 3 Genet, Les bonnes, Le monologue de Solange « Hurlez si vous voulez...nous sommes perdues »






LA 4 Mouawad, Incendies, 4è partie,sc 31 « Un jeune homme en haut d’un immeuble...Kurk »,2009

Doc 1 : Corpus

Pierre Corneille, Horace, acte IV, scène 5 (extrait), 1641./ Alfred de Musset, Lorenzaccio, acte IV, scène 11, 1834/

=> Comment les extraits du corpus parviennent-ils à représenter ou à évoquer des actes violents ?






Doc 2 :Extrait de Comment jouer Les Bonnes de Genet

Doc 2 bis : Adaptations théâtrales (Pierangelo Summa et Richard Soudée, 2000 Clayssen, 2011) et cinématographiques (Chabrol, 1995 et Denis, 2000)



Doc 3 :Documents pour la mise en scène (3 Photogrammes de Nihad, paroles de la chanson de Supertramp)

Séquence 2


PROBLÉMATIQUE : Dans quelle mesure le théâtre de l’absurde est-il engagé ?


Axes :

L’originalité de l’écriture scénique de Ionesco

Une farce tragique

Le théâtre de l’absurde

Le thème de la métamorphose du personnage et l’engagement

L’évolution de Bérenger


Production : Faire la maquette de la scène d’exposition sous un format numérique ou en réalité avec une fiche rassemblant les notes d’intention de votre mise en scène

Oeuvre intégrale : Ionesco, Rhinocéros, 1957


LA 1 la scène d’exposition, « Décor, une place...se sont assis »


LA 2 1ère apparition, « Nous avons fêté l’anniversaire...se mouche », Acte I



LA 3 Métamorphose de Jean, « Réfléchissez voyons...piétinerai », Acte II, tableau II



LA 4 Monologue final, « C’est moi...capitule pas. »



Doc 1 : Extraits de Présent passé, passé présent, Ionesco et son ½uvre





Doc 2 : La mise en scène : interview E. Demarcy-Mota, +Photos J.L.Barrault



Doc 3 : Lorsque j’étais une oeuvre d’art, d’Eric-Emmanuel Schmitt

La tentation de la métamorphose

Parcours 4



Séquence 1

OBJET D’ÉTUDE :Écriture poétique et quête de sens


Oeuvre intégrale : Les Fleurs du Mal, 1857


PROBLÉMATIQUE : La femme vue par Baudelaire : muse ou objet de dégoût ?


Axes :

La femme dans le recueil (incarnation du Mal, femme idéale, s½ur, mère)

Ambivalence du sentiment amoureux,blâme et éloge

Une forme fixe:le sonnet pour une femme idéale

Le memento moris, objet du désir


Production : synthèse sur Baudelaire et les femmes par recherche sur le site Gallica et par entrée de termes


LA 1 Préface, Au lecteur, «  La sottise...mon frère. »



LA 2 Parfum exotique



LA 3 A celle qui est trop gaie



LA 4 Une charogne





Doc 1 : HDA

Manet, Lola de Valence et quatrain de Baudelaire, 1862

Manet, Jeanne Duval, 1862




Doc 2 :

Ronsard, Quand vous serez bien vieille, 1524

Ronsard, A Cassandre, 1524









Visa et signature du proviseur signature du professeur


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