Des poèmes pour Raymond

Série de quatrains de Nina L. (seconde 8)

Par raymondqueneau - publié le jeudi 19 octobre 2017 à 06:52
Création de quatrains à bouts-rimés :
Principe  : choisir au hasard, parmi un ensemble, deux papiers pliés. Sur chacun des papiers sont écrits deux mots qui riment.
Écrire un quatrain à effet de style à partir de ces mots.
Libre disposition des rimes et poème en vers libre possible.

Je suis privée de lumière
Il fait si triste dans ce cimetière
Je n’ai plus aucun espoir
Seule... enfermée dans cette grande armoire.

Tu trouveras dans ma trousse
Une petite pomme
Je l’utiliserai comme gomme
Pour effacer ta frousse.

Je suis tombée d’une falaise
Je me suis cassé les dents
Je vois des filaments
Tout ça n’était qu’un malaise.

Première série : des poèmes réalisés par des élèves de seconde selon le principe des bouts rimés que vous rappelle cet extrait de "Ridicule" de Patrice Leconte

Par raymondqueneau - publié le jeudi 19 octobre 2017 à 06:48


Et on en profite pour rendre un hommage à l’immense acteur Jean Rochefort décédé récemment.

Réouverture du site : édition 2017, à vos poèmes !

Par raymondqueneau - publié le jeudi 19 octobre 2017 à 06:42

Jeune fille au coeur sombre par Cécile Martin, 2d5

Par raymondqueneau - publié le samedi 11 mars 2017 à 16:03
Jeune fille au coeur sombre

Adieu atmosphère obscure
J’ai arrêté d’aimer
Les roses se sont envolées
L’amour enflammé m’a brûlé

J’ai perdu mon temps
J’ai créé une mer de mes larmes
Tu m’as fait vivre un criminel supplice
Tu as brisé mon coeur sans effort

Je suis seule désormais
Mon coeur est devenu aussi obscur que la nuit
Mon âme est une ombre divine
Qui souffre à encore t’aimer

Et je suis seule désormais
Et je suis morte amoureuse

Par Loïs Hourdin, 2d1

Par raymondqueneau - publié le samedi 11 mars 2017 à 15:56
1)
Cette princesse

Cette princesse
Aussi belle qu’une déesse
Garde dans son coeur
Une grande part de douleur
Sa peau de glace
Plus noire que la nuit
Dans si peu d’espace
Elle pleure sous la pluie
Aux étoiles du ciel
Elle laisse filer une larme
Sa chevelure couleur miel
Elle, baisse les armes.

Si vous avez le temps
Ecoutez ses adieux
Ce n’est qu’une enfant
Qui espère trouver mieux

2)
Dans ma tête

Dans ma tête un brouillard
Je lève les yeux au plafond
Hantée par mes démons
Je range mon placard.
Ils ne me laisseront jamais,
C’est décidé je m’en vais
Je quitte enfin ce monde
Rempli de mauvaises ondes
On s eretriuvera au Paradis
(ou peut-être en Enfer)
Pour moi c’est fini
Je repose six pieds sous terre

3)
Un été au soleil
Un chien aboit
Il a vu une abeille
Piquer un petit chat

Bouts rimés, Laure Loutrel, 2d5

Par raymondqueneau - publié le samedi 11 mars 2017 à 03:53
N°1
Il perdit l’usage de son cristallin
Et même toutes ses poudres de perlimpinpin
Ainsi que toute cette masse de Dolipranes
N’a pu faire cesser les douleurs de son crâne

N°2
Au loin il vit une magnifique girafe
L’invita à dîner, avec une telle joie
Pour la séduire, il aurait fait quoi ?
Il lui aurait donné un verre de sa carafe

Une série de poèmes de Mathilde Deparois, 2d1 : un véritable petit recueil!

Par raymondqueneau - publié le dimanche 5 mars 2017 à 04:23

1)

Ombre fantastique se dégageant du miroir

D’un velours angoissant et satiné

Se dressait une robe maussade

Clartée plus noire que la nuit

Portée par un spectre fait de grâce

Ciel livide émanant d’une larme furtive

Glas funèbre emportant le soldat

Lumière d’éternité éteinte à tout jamais

 

Mathilde DEPAROIS

 

2)

Intrigante et effroyable surprise

Corps inanimé sous une bâche

Démembré à coup de hache

Sang dégoulinant, teinte cerise

 

Mathilde DEPAROIS

 

3)

Posée devant un ruisseau

Sorti un asticot

Il était rayé comme un zèbre
Rayure noire tel un cortège funèbre

 

Mathilde DEPAROIS

 

4)

Canevas de la strophe 1

Nuit virulente, quais poussiéreux et silencieux

Lune immaculée, blanche tâches de vieillesse ombres étirées

Mer endormie dort les fonds marins somptueux cieux

Voilier cristallisé flots tétanisés sombre réalité

 

Canevas de la strophe 2


Souvenir lésé c½ur embourbé

Fleur du mal livre enchanteresse

Larmes vives revivre les instants oubliés

Regrets avalés rêveur inconscient

 

Canevas de la strophe 3


Continuons à rêver, juste. Imagine

Chaque personnage que tu dessines

Deviendra-t-il invisible

Ou juste un être sensible

 

5)

Lucie rêvant d’un monde fait de lumière

Lumière émanant de son âme

Lueur divine

Limpide iris

Léthargie abyssale

L’âme frémissante

L’envie d’une évasion

L’heure viendra

Le glas sonnera

La porte s’ouvrira

La liberté sera au bout de tes doigts

La sensation d’euphorie t’emportera

La vérité éclatera

L’espoir s’en ira

La lumière se noircira

 

6)

Fièvre vite montée

Veine pourpre émanant d’un ½il ensanglanté

Sommeil profond après t’être défoncée

À coups de bouteilles en verre, verre émietté

Entre la fumée des cigarettes encore allumées

Te voilà allongée

Sur le carrelage glissant

Ta chevelure brûle au rythme du tabac fumant

Ton esprit crame devant tant d’absurdité

La substance se propage

Dans un sang souillé

Par la stupidité de l’âge

 

DEPAROIS Mathilde

 

7)

Songes inachevés

Par le son du réveil

Elle vagabonde dans le pré

Tout son être est en éveil

Poussée par le vent saccadé

Elle court vers sa destinée

Qui n’est autre qu’une virée

Vers une étrange contrée

Faite de lumières fantastiques

Et d’ombres fantasmagoriques

Elle s’engouffre dans un lieu inanimé

Rêve ou réalité ?

 

DEPAROIS Mathilde

 

8)

Passé rattrapant le présent

Vie volant en cent mille moments

Mains écorchées par la nervosité

Existence décapitée

Courant et hurlant

Il pleurait intérieurement

Son souffle coupé

Il tomba sur la chaussée

Recouvert d’un drap blanc

Des anges soignent son bras ballant

Mais pas son esprit flambant

Vingt-heures, heure de panique, heure de l’apocalypse

 

DEPAROIS Mathilde

 

9)

Un massacre peut vite survenir

Ville abandonnée

Personne ne peut s’en souvenir

C’est bien normal après ce qu’il s’est passé

 

DEPAROIS Mathilde


10)

Dans la pénombre de la nuit, je marche

Seule, dans la rue parsemée d’air pollué

Tremblant au moindre bruit

Je ferme les yeux pensant à mon arrivée

Musique sur les oreilles

Je m’évade à travers l’harmonie des sons

Voix somptueuse à l’unique timbre

Vingt-heures, heures des ténèbres

L’anxiété monte telle une fusée

Le souffle court j’avance sans me retourner

Sous les lampadaires je me sens comme une star née

Mais en réalité je ne suis personne

Perdue avec cette mélodie berçant ma route

Moment, stop, temps d’arrêt

Le temps semble s’ancrer

Dans un tableau fait de tâches d’ébène

Où sont disséminé des éclats d’espoir

 

DEPAROIS Mathilde


11)

Un beau corps ne renferme pas toujours une belle âme

Suis-je la seule à le penser ?

Notre société n’est pas conforme à cette idée

Ravivez-nous cette flamme !

Deux êtres qui ne s’aiment que par leur seul et unique esprit

Ceci est la véritable beauté

L’apparence est la seule chose qui compte aujourd’hui…

Quelle sombre réalité…

Nous sommes tombés bien bas

Tu n’aimes que son physique mais tu ne le connais pas

Dis-le-moi en toute transparence

Es-tu consciente ?

Nous n’aimons pas une âme

Nous n’aimons pas un corps

Nous aimons la symbiose de ces deux éléments

 

DEPAROIS Mathilde


Autres poèmes "jeux"

Si j’étais une saison, je serais l’été

Si j’étais un plat, je serais un gâteau au chocolat

Si j’étais un animal, je serais un panda

Si j’étais une chanson, je serais Dark Necessities des Red Hot Chili Peppers

Si j’étais une couleur, je serais le bleu

Si j’étais une nouvelle je serais le Horla

Si j’étais un film, je serais le Labyrinthe

Si j’étais une arme, je serais un katana

Si j’étais un endroit, je serais Tokyo

Si j’étais un oiseau, je serais une colombe

Si j’étais une musique, je serais le rock

Si j’étais un élément, je serais l’eau

Si j’étais un végétal, je serais une rose

Si j’étais un fruit, je serais une mûre

Si j’étais un bruit, je serais un son de guitare

Si j’étais un loisir, je serais le dessin

Si j’étais une planète, je serais saturne

Si j’étais un vêtement, je serais un t-shirt

 

J’aime rêver du futur

J’aime chambarder la société

J’aime entrer dans les rêves

J’aime soupirer dès que cela ne va pas

J’aime écouter cette musique qui berce ma vie

J’aime la noirceur de la nuit

J’aime chaud les rayons du soleil qui s’imprègne sur mon visage

J’aime froid la neige qui tombe sur mes cheveux

J’aime larmes de tristesse

J’aime tempête emportant la vie

J’aime prunelle la couleur de ses ailes

J’aime ton esprit

J’aime ton sourire

J’aime rien

J’aime luisante la flamme dans tes yeux

J’aime brisant le silence

J’aime les roses rouges fanées J’aime la rosée

J’aime fumante l’étincelle soie vanille bouche à bouche

J’aime bleu la profondeur des océans

J’aime les flots calmes

J’aime connu connaissant l’inconnu

J’aime illusion saisissante

J’aime paresseux le chant des oiseaux

J’aime sphérique la Terre qui s’autodétruit

J’aime librement ses sentiments confus

J’aime uniquement cette lueur dans son âme

J’aime tout J’aime le néant

J’aimerai un monde parfait, ironique utopie

Un poème macabre : Gabriel Martin, "Petit poème d’un grand tueur"

Par raymondqueneau - publié le jeudi 2 mars 2017 à 16:07
Petit poème d’un grand tueur

Adieu plaisant soleil
Les derniers mots de ma victime avant la mort
Dans son tombeau
Où gisent des épaves
Aux couleurs vermeilles
L’envie d’un meurtre me hantait jusqu’alors

Il a empoisonné mes yeux par sa laideur
Cependant rien de plus horrible que son odeur
Un seul regard sur lui fit frémir ma peau
Désormais il devait prendre son repos au fond de l’eau

Le poison pouvait être une arme redoutable
Cependant son coeur se tairait en silence
J’ai un don pour le meurtre tout dans le silence
Comme un serpent au venin redoutable

Quoi que lui trancher la caritide serait peut-être mieux
(J’imagine l’odeur du sang remonter à mes narines)
Ce parfum doux comme la mer, rien de mieux

Mon méfait est accompli
Son corps git à présent sur la jetée, sans vie
Ses yeux ne m’auront vu qu’une fois
Je voulais planté mon couteau dans son coeur une seule et dernière fois

Je devais l’envoyer à présent dans sa tombe marine
Les vagues en seront rouges de son sang
Mes mains en seront recouvertes, c’est si plaisant
Son corps flottant au milieu de l’onde marine

La lueur de la lune reflète sa chair
Les vagues l’emportent jusqu’au point du jour

Ne me jugez pas, ce n’est pas que son mauvais air
Il ne répondait jamais à mon bonjour
 

La Nature par Robin Foutel, 1er ES1

Par raymondqueneau - publié le dimanche 29 janvier 2017 à 11:11
Dès le réveil, elle nous éblouit
Sous sa robe se cache un trésor
Sans toi nous ne serions pas là
Sans toi nous n’aimerions pas la vie


La nature est magnifique
L’horloge tourne, le temps passe
Et l’Homme se détruit, sans même le savoir
Destructeur de ce qui ne lui appartient pas
Démuni face à elle, incontrôlable
Protégeons la, sauvons la
Avant qu’il ne soit trop tard.

Poèmes de composition surréaliste : composition collective

Par raymondqueneau - publié le vendredi 20 janvier 2017 à 04:45
Méthode : après un moment d’endormissement (relatif!) les élèves sont réveillés : ils doivent alors composer une phrase, un texte d’une façon la plus automatique possible. Un mot déclencheur leur est proposé. Le premier était "éclat", le second "transatlantique".

Eclat
Un éclat de chocolat

Un éclat de lumière dans ses yeux recule sous le vent sans avoir de sens, il pense à devenir meilleur tout en restant serein

Éclat de mon amour, je suis condamnée

Eclat de ta lâcheté, je me suis trompée

L’éclat de la lueur de la bougie s’estompe, remplacé par les souvenirs  

Un éclat de noisette tombe de la fenêtre de la grand-mère 

L’éclat de son regard perturbe mon esprit rêveur


Et d’un magnifique éclat ses yeux brillent, mouillés par les larmes Abondantes qui perlent sur ses joues pâles, presque translucides


Quelques vers transatlantique (monostiques = vers uniques) :


Sur un navire transatlantique je partais vers l’au-delà


Le c½ur gros, l’homme doit partir vers cet endroit, dont il ne connaît rien

 

Le transatlantique traverse l’aquatique


Tes yeux bleus me font faire un voyage transatlantique

Un site pour enrichir son vocabulaire de mots rares

Par raymondqueneau - publié le lundi 16 janvier 2017 à 18:15
Ici, vous trouverez de quoi donner à vos textes une couleur insolite, parfois déconcertante avec des mots rares :
https://webnext.fr/langue-francaise.php

PS : site indiqué par Manuela qui l’a utilisé pour enrichir ses poèmes de mots à la résonance poétique étrange.


Par Manuela MONTEIRO, seconde 1 : un hommage à Charlie et deux déclinaisons de couleurs

Par raymondqueneau - publié le vendredi 13 janvier 2017 à 06:51

Qu’est ce que la vie aujourd’hui ?

Qu’est ce que celle au paradis ?

Qu’est ce que l’orage après la pluie ?

Qu’est ce que ces pauvres gens victimisés ?

Qu’est ce que c’est que cette pauvre réalité ?

 

 

Mais quelle sombreté

Nous on reste crispé

Par le sept janvier

Plus de dix décès

 

 

Leur mort nous a touchés

Une pauvre vie névrosée

Toutes ces personnes tuées

 

 

On est tous relevés et unis

Je suis Charlie et ça pour la vie

 

 

 

 

 

 

Blanc

 

Blanc, le reflet de l’âme nouvelle

Un doux flocon nivéal obombre ce verger

Au fond d’un paysage hiémal

Cette lueur est le reflet de la luminosité

 

 

Noir

 

Noir, sombre champ chromatique et cimetière sanguineux

Mistral caligineux qui souffle sur ces catacombes

Mon visage écorché par ces sanglots charbonneux

Cette lame plante ma veine telle une bombe


Manuela Monteiro

"Marie", Baptiste Guédon, 1er ES 1

Par raymondqueneau - publié le samedi 7 janvier 2017 à 16:39

Marie, tu étais dans ton Paradis.

En cette nuit, dans les rues de la ville

En cet été, ma fée, je t’admirais.

Nous restions face à face, sur mon c½ur,

Des vents violents portaient ce bonheur.

 

 

Tu étais majestueuse, tu m’éblouissais.

Sur des violettes blanches, se posaient,

Avec délicatesse, de beaux oiseaux.

Une brise marine caressait cette princesse,

Dont le regard m’a fait soudain renaître.

 

 

Pour toi, un grand empire j’aurais donné,

Toujours, tu aurais ma fidélité.

J’étais prêt à lui offrir toute ma vie.

D’une immense joie, j’étais envahi.

Toute de suite, je compris, je t’aime Marie !

 

 

Baptiste Guesdon 1ES1

"La syllabe imposée" par Lucas Greff

Par raymondqueneau - publié le samedi 7 janvier 2017 à 16:31

La syllabe imposée

 

Je déambulais, décoiffé, dérivant

Je découvris un décapsuleur débraillé

Au début, ma déception fut déchirante

Je déclarais vouloir décamper des décombres

Pour déconner je demandais aux demoiselles

Si elles voulaient le découper pour décorer

A la fin d’un débat débile elles déclamèrent

D’un air fort dépité que c’était démodé.

"M comme" et "J’aime" par Manuela Monteiro

Par raymondqueneau - publié le samedi 7 janvier 2017 à 16:26

M comme mon

A comme amitié

T comme triomphante,

H comme haït

I comme incompréhensiblement

L comme  les autres

D comme donc

E comme ennemis


J’aime

J’aime rêver de la vie

J’aime chambarder la mienne

J’aime respirer

J’aime profiter

J’aime les roses J’aime la pluie

J’aime arroser les roses de l’univers, de la galaxie

J’aime la neige

J’aime le sable

J’aime l’hiver

J’aime l’été

J’aime rigoler J’aime pleurer

J’aime rêver

 Mais sans m’attrister

J’aime mes amis

J’aime ma famille

J’aime la vie

J’aime ses intempéries

J’aime la liberté J’aime voyager

J’aime les couleurs

J’aime la sombreté

J’aime le jour

J’aime la nuit

J’aime la sincérité  J’aime la convivialité

J’aime penser

J’aime rêvasser

J’aime mon pays

J’aime ses natas de pastis

J’aime la solidarité

J’aime aider

J’aime blanc

J’aime noir

J’aime la musique qui m’ensorcèle

J’aime librement

J’aime uniquement

J’aime vivre J’aime rêver

J’aimerai  vivre à jamais

"Programme" par Mathilda Dechamps (poème en prose)

Par raymondqueneau - publié le samedi 7 janvier 2017 à 04:36

« Je viens d’arriver dans le salon, ce midi, il est vingt heures, le téléfilm va commencer. C’est le premier film policier que je vais voir, je ne sais pas comment ça va se dérouler...les gens sur le canapé disent que c’est vraiment bien.

J’ai hâte et en même temps j’ai peur. En entendant la musique je me mets à paniquer et les personnes assises se plaignent de mon attitude qui les empêche de regarder correctement le programme.

Je prie pour que l’un d’eux change de chaine... au début ce n’est pas effrayant puis une scène horrible s’offre a moi... Je vois mal. À cause des éclaboussures. Tout ce sang partout. Sur moi. Sur les murs. C’est fou ce qu’un corps humain peut contenir.

Sirènes hurlantes.

On se bouscule dans les escaliers. Les flics défoncent la porte.

Comme dans Starsky et Hutch. Un feuilleton ringard que je me repasse de temps en temps. Ça gueule dans tous les sens. On ne s’entend plus. Quel bordel. Marre de ces conneries.

L’homme qui m’a adopté ce matin trouve la télécommande.

Il m’éteint.

Enfin.»

"Jouer avec les couleurs" par Constance Barbaray

Par raymondqueneau - publié le samedi 7 janvier 2017 à 04:28

                                 Jouer avec les couleurs

 

 

Noir

Je suis dans les esprits moindres, associé à la mort,

Les  noces funèbres peuvent être néanmoins les plus belles.

Personne ne peut le recouvrir, sa force est suprême

L’élégance est la pensée ressurgissant en arrière de son nom.

 

Kaki 

Peu utilisé, seulement pour des abords militaires,

L’harmonie inspirée entre le vert et le noir.

Je suis pourtant des plus discrets,

Lorsqu’il s’agit de vivre en accord avec la nature.

 

Rouge

Le sang imprègne mon identité,

Pour les plus sombres je suis une obsession.

Contrastant avec leurs esprits

Voulant à tout prix m’extirper de leur être. 

Poème en D, par Adèle Brard et Elisa Caillieu

Par raymondqueneau - publié le samedi 7 janvier 2017 à 04:25

Débouchant la bouteille,

Les débiles dépravés désirent déconner mais,

Dés½uvrés, ils déambulent dans la ruelle déserte

Déplumés par leur despote, ils se défoncent à la desperados,

Dégobillant leurs déjeuners

Dépourvu d’espérance,

Ils débordent de déception

Dépités de ce débit déroutant, ils décuvent désespérément

D’effroi, ils découvrent leur déchéance, se délitant

Dégradés, en état de déliquescence, dégénérés,

Ils dérivent sur un décrépi décédé en descendant un dénivelé.

 

                                                                                                                                   

 

 

 

          ...mensonge ?

De Jade Balarni, 2d 5 : Quatre jours

Par raymondqueneau - publié le mercredi 7 décembre 2016 à 06:15

Quatre jours

Entendez vous mon cher

J’ai vécu de vous attendre

Entendez la douce nuit

L’amour endormi

 

Cet amour d’antan

Cette douce nuit s’éclatant

Nos deux c½urs s’emmêlant

Qui se lèvent jusqu’au firmament

 

Source de couleurs

Sourire parfumé

Mon monde dépend de vos yeux azurs

De ce rêve éveillé

 

Mais ces yeux se sont fermés

Ils me déchirent le c½ur

Me scapellent en douceur

Ignorant mon c½ur torturé

Mariana Malot, 2d 5 : deux poèmes

Par raymondqueneau - publié le mercredi 7 décembre 2016 à 06:10

A mon frère

 

Aucun mot n’est trop grand, trop fou quand c’est pour lui.

Je te ramènerai plein de petits bonbons.

Je te chanterai plein de petites chansons.

 

Et je te gâterai comme un petit ourson.

Vois-tu, même si je ne suis plus là pour toi.

Je penserai à toi, jusqu’au dernier soir.

 

Je te retrouverai mon petit frère aimé.

Et quand  j’arriverai, je me mettrai sur ton lit.

Une jolie peluche, pour te rassurer la nuit.


En une après-midi.

J’étais une petite fille, sans histoire et ravie.

Mais, en une après-midi on m’a tout repris.

Mes envies, mes rêves, mes buts, ils sont tous partis.

Alors, j’ai construit ma vie comme on me l’a dit.

 

Ma plus grande tristesse c’était de m’éloigner.

De l’endroit où je me sentais le plus aimée.

Sans me soucier, je regardais le temps passée.

Mais je savais que j’étais bien accompagnée.

 

Avec mes frères, et ces personnes autour de moi.

Qui m’ont donné l’envie d’être heureuse comme autrefois.

Mais tout cela ne me redonnera pas cette foi.

En la famille qui était si importante pour moi.

 

Alors mon esprit été encore envahi.

De mon histoire, de ma famille, de mes amies.

Et en une après-midi, je me suis dis.

Ma vie est si triste pourquoi ne pas la reconstruire?

 

Malot Mariana  

Un poème en prose, d’Adèle Brard également. La barre est haute cette année...

Par raymondqueneau - publié le dimanche 4 décembre 2016 à 15:57

Le chat sur la colline

Il y avait beaucoup de chats au village. Il y en avait beaucoup, mais il y avait aussi LE chat.
Le chat sur la colline.
Il n’était à personne et personne n’en voulait.
Il était banal. Gris, le poil terne, un museau tout rose...
C’était le chat sur la colline.

"Sur la colline" était sa particule, pareille à celle d’un noble telle que "Jean de la Roche-qui-Brille". Et bien lui, c’était "Sur la colline". Personne ne l’avait nommé ainsi mais c’était ainsi qu’il se nommait.

Le chat sur la colline.

Le vieux matou passait ses journées à dormir sur une caisse. Une vieille caisse. Une caisse en bois.
Il lui ressemblait beaucoup, à la caisse.
Quand le soleil était au zénith, il se dirigeait paresseusement chez le poissonnier. Ce dernier lui jetait des têtes de sardines et le chat sur la colline repartait cahin caha.

On ne dit pas le chat sur la colline comme on dirait le chat EST sur la colline. "Sur la colline" est la particularité du chat sur la colline, pas l’endroit où il se trouve.
D’ailleurs, il n’y a pas de colline au village et le chat est sur sa caisse.
On aurait tout aussi bien pu l’appeler le chat sur la caisse.

Quelques poèmes très originaux d’Adèle Brard, de 2d1 :

Par raymondqueneau - publié le dimanche 4 décembre 2016 à 07:45

La Ficelle 

 

Si l’extravagant

                moine,

         l’emporte avec

                                  L

                                  A

                                   F

                                   I

                                   C

                                   E

                                   L

                                   L

                                   E

                              ma décision est prise

                                                      La Terre est une

 

 

 

                                                                                                                                                    échelle.


Bout rimé : pour connaître la règle d’écriture de ces quatrains très pratiqués dans les salons sous l’ancien régime, visionnez cet extrait de l’excellent film Ridicule de Patrice Lecomte :




Trousse/Frousse/Fraise/Braise : "Annoncez!" :


Gloups

Il eut fallu la mort aux trousses

Voulant me happer telle une fraise

Pour que m’envahisse la frousse

Et sous mes fesses s’attise la braise.

 

Lunettes/Mouette/Flottant/Eléphant : "Annoncez!" :


Effet hypnotique

Il me semble que sans lunette,

La triste et chétive petite mouette

Toute légère au vent flottant

M’apparut énorme éléphant.

 

Funèbres/Zèbre/Asticot/Ruisseaux : "Annoncez!" :


Quotidien

Rocambolesques et funèbres

Les aventures d’un Zèbre

Toujours rampant en asticot

Passa par monts, vaux et ruisseaux.


Adèle Brard

Un poème de Julie Petit, 1erES1

Par raymondqueneau - publié le jeudi 1 décembre 2016 à 08:10

Telle une fleur qui brille

L’été se dessine,

Il éclaire la ville

Eclaire les vitrines.

 

Le regard des statues

Et leurs ombres divines

M’adressent un salut

D’un silence je devine.

Le ciel noir se dessine,

La nuit jette l’ancre,

Le jour fait grise mine,

Mon stylo n’a plus d’encre.

Et un poème-histoire en deux vers

Par raymondqueneau - publié le dimanche 13 novembre 2016 à 09:23
La laide bourgeoise; madame Bulois est outrée
Un bel homme l’a complimentée, il était aveugle

(Jade Balarni, 2d 5)

Année scolaire 2016 - 2017 réouverture du blog, arts poétiques de Raymond Queneau

Par raymondqueneau - publié le dimanche 13 novembre 2016 à 09:18

Quelques arts poétiques de notre Raymond Queneau pour commencer : l’art poétique est un texte écrit par un poète à de jeunes auteurs qui voudraient s’essayer à l’art difficile de la poésie. Le plus connu des anciens est celui de Nicolas Boileau au XVIIe siècle.

Raymond Queneau en a écrit plusieurs dans un ton humoristique ou plus sérieux :

« Pour un art poétique »
Raymond Queneau

Prenez un mot prenez en deux
faites les cuir’ comme des ½ufs
prenez un petit bout de sens
puis un grand morceau d’innocence
faites chauffer à petit feu
au petit feu de la technique
versez la sauce énigmatique
saupoudrez de quelques étoiles
poivrez et mettez les voiles
Où voulez vous donc en venir ?
A écrire Vraiment ? A écrire ?


Bien placés bien choisis

quelques mots font une poésie

les mots il suffit qu’on les aime

pour écrire un poème

on sait pas toujours ce qu’on dit

lorsque naît la poésie

faut ensuite rechercher le thème

pour intituler le poème

mais d’autres fois on pleure on rit

en écrivant la poésie

ça a toujours kékchose d’extrême

un poème

 

Raymond Queneau, « Pour un art poétique », L’Instant fatal (1948), Gallimard, édit.



La Chair Chaude des Mots [Extrait du recueil "Le Chien à la mandoline" - 1958
Raymond Queneau]

Prends ces mots dans tes mains et sens leurs pieds agiles
Et sens leur coeur qui bat comme celui du chien
Caresse donc leur poil pour qu’ils restent tranquilles
Mets-les sur tes genoux pour qu’ils ne disent rien

Une niche de sons devenus inutiles
Abrite des rongeurs l’ordre académicien
Rustiques on les dit mais les mots sont fragiles
Et leur mort bien souvent de trop s’essouffler vient

Alors on les dispose en de grands cimetières
Que les esprits fripons nomment des dictionnaires
Et les penseurs chagrins des alphadécédets

Mais à quoi bon pleurer sur des faits si primaires
Si simples éloquents connus élémentaires
Prends ces mots dans tes mains et vois comme ils sont faits

 

Poèmes en prose, architecture et peinture

Par raymondqueneau - publié le dimanche 1 mai 2016 à 14:04
Un groupe d’élèves de seconde 5 à réalisé des poèmes suite à une visite du Musée des Beaux Arts de Rouen et du MUMA, au Havre. Parfois, c’est la ville qu’ils ont observée.
Ces poèmes sont inspirés de Petits poèmes en prose de Charles Baudelaire (1869). Ils évoquent d’une façon personnelle et inspirée ces "images" vues en extérieur ou dans les musées

Un monde sans vie

Par raymondqueneau - publié le vendredi 29 avril 2016 à 17:12

Je viens de loin, d’un certain endroit,

Ou les étoiles ne parlent pas,

Des tombes décorées de croix,

Se succèdent pas à pas,


Sous terre des corps pourris,

ayant une odeur de charogne,

Des humains dépourvus de vie,

ne pouvant finir ivrogne,


corps vidés,

têtes dépitées,

chair décomposée,

ossements empilés.


SALESSE Lily



L’aître Saint-Maclou
L’histoire de ce lieu étrange et exceptionnel remonte à la Grande Peste noire de 1348. L’aître Saint-Maclou est un ancien cimetière charnier datant du XVIe siècle. Il constitue un des rares exemples d’ossuaire de ce type subsistant en Europe.

Révolution.

Par raymondqueneau - publié le vendredi 29 avril 2016 à 17:08

REVOLUTION


Une bagarre pour la liberté, libère les seins de cette femme,

Les enfants qui suivent une mère lumière, font une révolution autour d’elle

comme les planètes du système solaire, un drap tricolore, tendu par le vent

flotte sur nos frères pour une marche vers le futur.


Oui, les choses changeront, grâce à une bataille

où les courageux ont leur place comme ils auront leurs noms,

gravés sur nos pierres séculaires.  


                                                              Torvic Gohu.

Marée noire

Par raymondqueneau - publié le vendredi 29 avril 2016 à 05:24

Marée noire

 

Les vagues les porteront, le vent les emportera

 

Les cadavres sont là, empilés sur une eau corbeau, là où vit Médusa.

 

Flots de sang et de mort, l’odeur empeste.

Des lambeaux de voiles virevoltent et s’envolent avec l’espoir.

                                                                       

Les hommes, chair sur os glacials.

Le vent les emportera, les vagues les porteront.

 

« Je repousserai le feu qui te donne espoir, aiderai les vagues à te renverser, accélérerai le niveau de la marée et détruirai ton morceau de noisetier. »

 

Le sanglot des flots, le cri des vagues.

Le désespoir des êtres perdus.

 

Les vagues les porteront, le vent les emportera.



Manon

 

 

L’escalier

Par raymondqueneau - publié le vendredi 29 avril 2016 à 05:22

Un escalier est un long parcours pour un corps fatigué de sa longue journée.


Les larges marches, la peinture écaillée, témoignent de la douleur des vies passées.


Le grincement des marches, au son des pas, comme un poids, c’est la lourdeur d’un être usé.


Arrivé en haut, suite à un effort de longue durée, l’atmosphère est froide, presque gelée.


Des écritures sur les murs, comme un appel au secours, à la liberté.


Il n’y a plus d’issue. Je suis piégée.


Seule une porte condamnée semble m’appeler vers une issue qui me sauverait.


Je me retourne pour contempler ce désastre, et fais face à un royaume ravagé


Il n’y a là que des corps, et un visage d’une pâleur effrayante.


Cependant je reste fascinée par la beauté du ciel étoilé, de la lune.


Et de sa clarté.


Axelle.




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Poèmes des élèves du lycée Queneau d'Yvetot, rassemblés ici pour participer au festival de poésie et concourir au prix attribué à cette occasion.
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