Mon cours de français

"La la Land" de Damien Chazelle (2017)

Par Magiprof - publié le lundi 16 janvier 2017 à 10:45 dans À voir ou à lire absolument !

Comme nous avons vu "Chantons sous la pluie" de Stanley Donen en novembre,  ce film est une suite logique : une comédie musicale mais avec les éléments les plus traditionnels (pas de décors, même si nous retrouvons la déception face au monde hollywoodien).

+ L’AMOUR avec ce couple fascinant !


Afficher l’image d’origine

Afficher l’image d’origine


Au c½ur de Los Angeles, une actrice en devenir prénommée Mia sert des cafés entre deux auditions. 


De son côté, Sebastian, passionné de jazz, joue du piano dans des clubs miteux pour assurer sa subsistance. 


Tous deux sont bien loin de la vie rêvée à laquelle ils aspirent…
Le destin va réunir ces doux rêveurs, mais leur coup de foudre résistera-t-il aux tentations, aux déceptions, et à la vie trépidante d’Hollywood ?





Adaptation d’ "Une Vie" de MAUPASSANT par Stéphane Brizé (2017)

Par Magiprof - publié le lundi 16 janvier 2017 à 07:32 dans Cours 4ème

Allociné : Vous avez dit à propos de l’adaptation : "Pour être fidèle, il faut trahir". Une phrase qui ne ressemble pas à votre cinéma en général mais à ce film en particulier...

Stéphane Brizé : "Oui, une phrase qui est également ironique si l’on considère l’histoire de mon héroïne. Le rapport à l’adaptation est une drôle de chose. On accède à une oeuvre par sa force littéraire, ce qui est le cas avec Maupassant, mais il s’agit ensuite de s’en défaire. Il faut combattre ce qu’on a au départ aimé. Dans le cas de grands romans comme ça, il y a aussi un troc avec le public car ce sont des romans qui existent dans l’insconscient collectif, les gens connaissent l’histoire donc on ne peut pas tout effacer de cette histoire ; chose que j’avais faite dans Mademoiselle Chambon. Le film n’a strictement rien à voir avec le roman vu qu’il n’y avait qu’une scène en commun. Cela n’empêchait pas l’adaptation qui était un écho aux personnages.



http://www.dailymotion.com/video/x54maiq_une-vie-sortie-de-salle-stephane-brize-judith-chemla-jean-pierre-darroussin-yolande-moreau_shortfilms"

L’adaptation est une bataille contre la littérature

Pour Une vie, je ne pouvais pas faire la même chose car les événements dramaturgiques sont très bien pensés par l’auteur. Par contre, j’ai été obligé d’inventer un chemin de cinéma pour relier les éléments saillants du récit. Il s’agit en outre d’une histoire qui met en scène le temps, et l’outil que Maupassant convoque est celui de la chronologie.

"Corniche Kennedy" (janvier 2017) de Dominique Cabrera

Par Magiprof - publié le lundi 16 janvier 2017 à 07:24 dans À voir ou à lire absolument !

Ce film est adapté du roman de Maylis de Kerangal, écrivaine à l’écriture électrique qui mime bien cette jeunesse trouble et au bord du précipice.




http://www.dailymotion.com/video/x51i8jk_corniche-kennedy-film-adolescent-2017-bande-annonce-filmsactu_shortfilms"


Corniche Kennedy. Dans le bleu de la Méditerranée, au pied des luxueuses villas, les minots de Marseille défient les lois de la gravité.


Marco, Mehdi, Franck, Mélissa, Hamza, Mamaa, Julie : filles et garçons plongent, s’envolent, prennent des risques pour vivre plus fort.


Suzanne les dévore des yeux depuis sa villa chic. Leurs corps libres, leurs excès. Elle veut en être. Elle va en être.



Les métaphores !!! (figures de style)

Par Magiprof - publié le vendredi 13 janvier 2017 à 06:58 dans Fiches Mme Merlen et aides
Les métaphores sont des images = on compare quelque chose avec autre chose.

Dans cette vidéo, les balles de golf, les cailloux et le sable sont aussi des métaphores
: de la vie et de ce qui la constitue. Regardez !





Semaine EGALITE Filles-Garçons

Par Magiprof - publié le samedi 7 janvier 2017 à 03:58 dans Activités avec mes élèves

     = 8 mars



De nombreuses idées germent dans vos esprits pour que nous puissions exposer à l’espace EQUINOXE en Mars 2017. C’est formidable !

"On ne nait pas femme, on le devient" (Simone de Beauvoir)

Par cette célèbre phrase, Simone de Beauvoir et tout le mouvement féministe affirment que les caractéristiques du masculin et du féminin sont d’abord des constructions culturelles et sociales.


Afficher l’image d’origineAfficher l’image d’origine  ’LesAfficher l’image d’origine Afficher l’image d’origine

6ème : Carte mentale sur les préjugés + collage-accumulation façon MILLER "We can do it"

4ème : "J’accuse" à la manière de ZOLA pour dénoncer les injustices dans le monde
+ Mannequin Challenge

Mannequin Challenge présentation
 
+ Court-métrage sur les expressions
 
8 mars



     

"La Cour de Babel" de Julie BERTUCCELLI - film documentaire de 2014

Par Magiprof - publié le samedi 7 janvier 2017 à 03:48 dans À voir ou à lire absolument !
Afficher l’image d’origine ’Résultat Afficher l’image d’origine
Comment ne pas apprécier ce film qui présente une classe d’accueil pour des enfants venant de l’étranger pour différentes raisons (politiques, sociales, familiales...)?

Ils viennent d’arriver en France. Ils sont Irlandais, Serbes, Brésiliens, Tunisiens, Chinois ou Sénégalais... Pendant un an, Julie Bertuccelli a filmé les échanges, les conflits et les joies de ce groupe de collégiens âgés de 11 à 15 ans, réunis dans une même classe d’accueil pour apprendre le français. Dans ce petit théâtre du monde s’expriment l’innocence, l’énergie et les contradictions de ces adolescents qui, animés par le même désir de changer de vie, remettent en cause beaucoup d’idées reçues sur la jeunesse et l’intégration et nous font espérer en l’avenir...



http://www.dailymotion.com/video/x1a6hrh_la-cour-de-babel-bande-annonce-vf_shortfilms"




Quelques extraits:


http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19541446&cfilm=221636.html


http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19541445&cfilm=221636.html


http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19541447&cfilm=221636.html





 

"Les Roses noires", documentaire de 2011 d’Hélène MILANO

Par Magiprof - publié le mardi 29 novembre 2016 à 02:40 dans À voir ou à lire absolument !

Coralie, Kahina, Moufida, adolescentes âgées de 13 à 18 ans, vivent en banlieue parisienne ou dans les quartiers nord de Marseille. Ici, elles interrogent leur rapport au langage, revendiquant leur particularité et l’attachement à l’identité d’un groupe, mais disent aussi la blessure liée au sentiment d’exclusion, au manque. Et puis, au sein de leur quartier, au-delà des mots des garçons qu’elles disent comme un masque qui les protège, elles dévoilent les enjeux intimes de cette stratégie langagière.



Afficher l’image d’origineAfficher l’image d’origine    


https://www.youtube.com/watch?v=YJegnWsbMSo




Thé littéraire 4ème (2016-2017)

Par Magiprof - publié le vendredi 25 novembre 2016 à 05:16 dans Activités avec mes élèves


Cette année, le thé littéraire que je propose au CDI à mes 4è, a changé de formule : nous avons travaillé sur l’ORAL et la PRISE de PAROLE autour d’une lecture : "Maïté coiffure" de Marie-Aude MURAIL.


J’ai pu leur montrer :

- l’importance des salons littéraires et mondains (du 17è au 19è siècle notamment)

- la construction du roman autour des clichés  que l’on doit dépasser

- les préjugés qui sont dénoncés dans le roman


Le tout en vérifiant que chacun avait bien compris l’histoire du roman.


Merci à TOUS pour votre travail, votre participation et votre enthousiasme qui ont rendu ce moment très positif, avec des échanges riches et variés!


Merci aussi à Mme CHABOUD, notre professeur documentaliste pour son accueil et ses apports tout au long de la séance !!!


Quelques photos pour illustrer ce moment :

4ème F (vendredi 25 Novembre 2016):


  



4ème C (vendredi 25 Novembre 2016):


Et elles se cachent!!!! (Nur, Betul...on vous voit!)




Marie-Aude MURAIL

Par Magiprof - publié le jeudi 24 novembre 2016 à 12:03 dans À voir ou à lire absolument !

Avant le thé littéraire, Mme CHABOUD, notre professeur documentaliste, a présenté de nombreux livres de Marie-Aude MURAIL, présents au CDI.


http://marieaude.murail.pagesperso-orange.fr/frame/jeux-principal.htm


http://www.babelio.com/auteur/Marie-Aude-Murail/2319



 Résultat d’images pour Maité coiffure    Résultat d’images pour dirty rouge sang marie aude murail


Séries avec un personnage qui revient:

    


Passez au CDI pour en emprunter!!!


"Chantons sous la pluie" (1952) de Stanley DONEN - collège au cinéma 2016-2017

Par Magiprof - publié le mercredi 9 novembre 2016 à 06:51 dans À voir ou à lire absolument !

 



Nous sommes allés voir ce beau film avec la 6èH et la 6èI.



http://www.dailymotion.com/video/x5tf2p_gene-kelly-chantons-sous-la-pluie-s_music"

Je leur ai montré:

- le rôle des personnages et SURTOUT la place de la femme dans ce cinéma des années 50

- le passage du cinéma muet au cinéma parlant

- l’hommage au cinéma.


MERCI à eux pour leur travail et nos échanges !


"le Havre" (2011) de Ari KAURISMÄKI - collège au cinéma 2016-2017

Par Magiprof - publié le mardi 1 novembre 2016 à 11:19 dans À voir ou à lire absolument !

Découverte d’un film social: je vous ai aussi montré un extrait de "Welcome" de Philippe LIORET.



Marcel Marx a remisé ses ambitions et ses succès d’écrivain, autant que sa vie de bohême. Il s’est installé au Havre, dans un vieux quartier, en compagnie d’Arletty, qui partage sa vie, et de sa chienne Laïka. Il gagne maintenant sa vie en cirant des chaussures à la gare. Il est témoin de la découverte par la police d’un container rempli de clandestins africains. Un enfant parvient à s’échapper. Marcel part à la recherche du gamin et, lorsqu’il l’a retrouvé, l’héberge. Le petit Idrissa veut rejoindre sa mère en Angleterre. Mais comment ? Marcel et tout le quartier vont lui venir en aide, tandis que l’ambigu commissaire Monet et un détestable voisin rôdent dans les parages.


Afficher l’image d’origine

   http://www.transmettrelecinema.com/film/le-havre/#outils

 

"No man is an island" = Aucun homme n’est une île

Par Magiprof - publié le lundi 3 octobre 2016 à 02:28 dans À voir ou à lire absolument !

                     Comme je le cite toujours : poème célèbre  de John DONNE (poète anglais du 17ème siècle)


"Aucun homme n’est une île, un tout, complet en soi ;

tout homme est un fragment du continent,

une partie de l’ensemble ;

si la mer emporte une motte de terre,

l’Europe en est amoindrie,

comme si les flots avaient emporté un promontoire,

le manoir de tes amis ou le tien ;

la mort de tout homme me diminue,

 parce que j’appartiens au genre humain ;

 aussi n’envoie jamais demander pour qui sonne le glas :

c’est pour toi qu’il sonne."


Résultat d’images pour île


et en anglais :

No man is an island,
Entire of itself,
Every man is a piece of the continent,
A part of the main.
If a clod be washed away by the sea,
Europe is the less.
As well as if a promontory were.
As well as if a manor of thy friend’s
Or of thine own were:
Any man’s death diminishes me,
Because I am involved in mankind,
And therefore never send to know for whom the bell tolls;
It tolls for thee.                         

"Bel Ami" de MAUPASSANT adapté par les américains...une expérience!

Par Magiprof - publié le vendredi 16 septembre 2016 à 07:42 dans Cours 4ème

Ce n’est pas l’idéal mais cela a le mérite de placer ce personnage de Georges Duroy, qui désire réussir dans le journalisme (double de Maupassant?), incarné par Robert Pattinson. Il côtoie quand même Uma Thurman.!

Adapté par Declan Donnellan et Nick Ormerod en 2012




Le Slam

Par Magiprof - publié le mercredi 7 septembre 2016 à 05:19 dans À voir ou à lire absolument !
Le SLAM (« claquer » en anglais) est un mouvement poétique, social et culturel inventé en 1986 par Marc Smith, meneur de la troupe de poètes le Chicago Poetry.

Des scènes ouvertes pour s’exprimer : bars, salles de spectacles... et pour seuls ingrédients : le corps, la voix, le texte et le public.

C’est un tournoi de poésie, où le slammeur doit faire preuve de créativité, d’humour et s’exprimer librement. Le Slam rend la poésie accessible à tous.

Abd Al MALIK                        Grand Corps Malade                

Afficher l’image d’origine   Afficher l’image d’origine    Résultat de recherche d’images pour "nevché"
Nevché


Grand Corps Malade

Par Magiprof - publié le mercredi 7 septembre 2016 à 05:08 dans Cours 4ème

La découverte de la poésie moderne passe indéniablement par ce slammeur aux textes forts:
Afficher l’image d’origine

Né en Seine Saint Denis (Paris) en 1977, il fait beaucoup de sport et se destine à poursuivre dans cette voie.

 Pourtant, un accident alors qu’il est animateur de colonie de vacances va rompre ses rêves.
Il est gravement blessé et risque d’être tétraplégique.

Pendant la rééducation, il écrit, il découvre le Slam et rapidement va connaître le succès.
Son nom de scène vient de sa grande taille et des séquelles de son accident. Il se déplace difficilement.


http://www.dailymotion.com/video/x16f00y_grand-corps-malade-funambule-clip-officiel_music"

Ses albums:
2006 - Midi 20
2008 - Enfant de la ville
2010 - 3ème Temps
2013 - Funambule
2015 - Il nous restera ça


  ’Résultat          ’Résultat                ’Résultat


  

Rentrée scolaire

Par Magiprof - publié le dimanche 4 septembre 2016 à 10:00

 



PENSEZ à acheter votre TD  :


 Cahier d’orthographe cycle 3 / 6e - éd. 2016      Cahier d’orthographe cycle 4 / 4e - éd. 2016


Merci d’avance.

Le monstre : collection

Par Magiprof - publié le dimanche 4 septembre 2016 à 02:38 dans Cours 6ème

Résultat d’images pour cerbère

Le Cerbère


Résultat d’images pour scylla

Scylla


Atelier Théâtre 2016 avec Jean-Luc (metteur en scène) et les Petites Utopies

Par Magiprof - publié le mardi 21 juin 2016 à 19:06 dans Activités avec mes élèves

Les élèves ont été très actifs pendant ces séances de travail, de recherche et de découverte de soi par le biais du théâtre.





Création et récitation d’une anthologie poétique en 4ème - Lyrisme

Par Magiprof - publié le mardi 29 mars 2016 à 01:01 dans Cours 4ème


Il s’agit encore et toujours d’exprimer ses sentiments!!!


Voici le document final:

http://www.weblettres.net/blogs/uploads/m/Magiprof/55080.pdf


Thé littéraire 4ème (2016)

Par Magiprof - publié le jeudi 24 mars 2016 à 12:14 dans Activités avec mes élèves

Cette année, le livre proposé aux élèves pour le thé littéraire était "Maïté coiffure" de Marie-Aude MURAIL : vrai succès, les élèves ont apprécié la lecture et le temps d’échange au CDI.


Vendredi 18 mars: 4ème H

 


Mardi 22 Mars: 4ème E




Ces séances se sont conclues sur un échange très intéressant sur les préjugés, l’amour et les métiers (qui ne sont pas POUR garçons ou POUR filles).


Belle leçon de tolérance donnée par tous les élèves qui sont parfaits!!! Merci à tous

Le sujet de réflexion (ma carte mentale)

Par Magiprof - publié le jeudi 24 mars 2016 à 04:28 dans Fiches Mme Merlen et aides

Les expansions du nom (ma carte mentale)

Par Magiprof - publié le jeudi 24 mars 2016 à 04:25 dans Fiches Mme Merlen et aides

Les temps simples de l’INDICATIF (ma carte mentale)

Par Magiprof - publié le jeudi 24 mars 2016 à 04:22 dans Fiches Mme Merlen et aides

Classés à gauche , temps composés et                  à droite, temps simples:


L’hypothèse se fait à l’imparfait!

Par Magiprof - publié le mardi 8 mars 2016 à 05:07 dans Fiches Mme Merlen et aides

"Mustang" de Deniz Gamze Ergüven (2015)

Par Magiprof - publié le lundi 7 mars 2016 à 15:47 dans À voir ou à lire absolument !

C’est le début de l’été.Dans un village reculé de Turquie, Lale et ses quatre s½urs rentrent de l’école en jouant avec des garçons et déclenchent un scandale aux conséquences inattendues.La maison familiale se transforme progressivement en prison, les cours de pratiques ménagères remplacent l’école et les mariages commencent à s’arranger.Les cinq s½urs, animées par un même désir de liberté, détournent les limites qui leur sont imposées.


Afficher l’image d’origine

Mademoiselle Cocotte de MAUPASSANT

Par Magiprof - publié le lundi 29 février 2016 à 11:50

Voici le lien: http://maupassant.free.fr/textes/cocotte.html

 ou


 Nous allions sortir de l’Asile quand j’aperçus dans un coin de la cour un grand homme maigre qui faisait obstinément le simulacre d’appeler un chien imaginaire. Il criait, d’une voix douce, d’une voix tendre : "Cocotte, ma petite Cocotte, viens ici, Cocotte, viens ici, ma belle" en tapant sur sa cuisse comme on fait pour attirer les bêtes. Je demandai au médecin :
    - Qu’est-ce que celui-là ?
    Il me répondit :
    - Oh ! celui-là n’est pas intéressant. C’est un cocher, nommé François, devenu fou après avoir noyé son chien.
    J’insistai :
    - Dites-moi donc son histoire. Les choses les plus simples, les plus humbles, sont parfois celles qui nous mordent le plus au coeur.
    Et voici l’aventure de cet homme qu’on avait sue tout entière par un palefrenier, son camarade.
    "Dans la banlieue de Paris vivait une famille de bourgeois riches. Ils habitaient une élégante villa au milieu d’un parc, au bord de la Seine. Le cocher était ce François, gars de campagne, un peu lourdaud, bon coeur, niais, facile à duper.
    Comme il rentrait un soir chez ses maîtres, un chien se mit à le suivre. Il n’y prit point garde d’abord ; mais l’obstination de la bête à marcher sur ses talons le fit bientôt se retourner. Il regarda s’il connaissait ce chien. Non, il ne l’avait jamais vu.
    C’était une chienne d’une maigreur affreuse avec de grandes mamelles pendantes. Elle trottinait derrière l’homme d’un air lamentable et affamé, le queue entre les pattes, les oreilles collées contre la tête, et s’arrêtait quand il s’arrêtait, repartant quand il repartait.
    Il voulait chasser ce squelette de bête et cria : "Va-t’en. Veux-tu bien te sauver ! Hou ! hou !" Elle s’éloigna de quelques pas et se planta sur son derrière, attendant ; puis, dès que le cocher se remit en marche, elle repartit derrière lui.
    Il fit semblant de ramasser des pierres. L’animal s’enfuit un peu plus loin avec un grand ballottement de ses mamelles flasques ; mais il revint aussitôt que l’homme eut tourné le dos.
    Alors le cocher François, pris de pitié, l’appela. La chienne s’approcha timidement, l’échine pliée en cercle, et toutes les côtes soulevant sa peau. L’homme caressa ces os saillants, et, tout ému par cette misère de bête : "Allons, viens !" dit-il. Aussitôt elle remua la queue, se sentant accueillie, adoptée, et, au lieu de rester dans les mollets de son nouveau maître, elle se mit à courir devant lui.
    Il l’installa sur la paille dans son écurie ; puis il courut à la cuisine chercher du pain. Quand elle eut mangé tout son soûl, elle s’endormit, couchée en rond.
    Le lendemain, les maîtres, avertis par leur cocher, permirent qu’il gardât l’animal. C’était une bonne bête, caressante et fidèle, intelligente et douce.
    Mais, bientôt, on lui reconnut un défaut terrible. Elle était enflammée d’amour d’un bout à l’autre de l’année. Elle eut fait, en quelque temps, la connaissance de tous les chiens de la contrée qui se mirent à rôder autour d’elle jour et nuit. Elle leur partageait ses faveurs avec une indifférence de fille, semblait au mieux avec tous, traînait derrière elle une vraie meute composée de modèles les plus différents de la race aboyante, les uns gros comme le poing, les autres grands comme des ânes. Elle les promenait par les routes en des courses interminables, et quand elle s’arrêtait pour se reposer sur l’herbe, ils faisaient cercle autour d’elle, et la contemplaient la langue tirée.
    Les gens du pays la considéraient comme un phénomène ; jamais on n’avait vu pareille chose. Le vétérinaire n’y comprenait rien.
    Quand elle était rentrée, le soir, en son écurie, la foule des chiens faisait le siège de la propriété. Ils se faufilaient par toutes les issues de la haie vive qui clôturait le parc, dévastaient les plates-bandes, arrachaient les fleurs, creusaient des trous dans les corbeilles, exaspérant le jardinier. Et ils hurlaient des nuits entières autour du bâtiment où logeait leur amie, sans que rien les décidât à s’en aller.
    Dans le jour, ils pénétraient jusque dans la maison. C’était une invasion, une plaie, un désastre. Les maîtres rencontraient à tout moment dans l’escalier et jusque dans les chambres de petits roquets jaunes à queue empanachée, des chiens de chasse, des bouledogues, des loulous rôdeurs à poil sale, vagabonds sans feu ni lieu, des terre-neuve énormes qui faisaient fuir les enfants.
    On vit alors dans le pays des chiens inconnus à dix lieues à la ronde, venus on ne sait d’où, vivant on ne sait comment, et qui disparaissaient ensuite.
    Cependant François adorait Cocotte. Il l’avait nommée Cocotte, sans malice, bien qu’elle méritât son nom ; et il répétait sans cesse : "Cette bête-là, c’est une personne. Il ne lui manque que la parole."
    Il lui avait fait confectionner un collier magnifique en cuir rouge qui portait ces mots gravés sur une plaque de cuivre : "Mademoiselle Cocotte, au cocher François."
    Elle était devenue énorme. Autant elle avait été maigre, autant elle était obèse, avec un ventre gonflé sous lequel pendillaient toujours ses longues mamelles ballottantes. Elle avait engraissé tout d’un coup et elle marchait maintenant avec peine, les pattes écartées à la façon des gens trop gros, la gueule ouverte pour souffler, exténuée aussitôt qu’elle avait essayé de courir.
    Elle se montrait d’ailleurs d’une fécondité phénoménale, toujours pleine presque aussitôt que délivrée, donnant le jour quatre fois l’an à un chapelet de petits animaux appartenant à toutes les variétés de la race canine. François, après avoir choisi celui qu’il lui laissait pour "passer son lait", ramassait les autres dans son tablier d’écurie et allait, sans apitoiement, les jeter à la rivière.
    Mais bientôt la cuisinière joignit ses plaintes à celles du jardinier. Elle trouvait des chiens jusque sous son fourneau, dans le buffet, dans la soupente au charbon, et ils volaient tout ce qu’ils rencontraient.
    Le maître, impatienté, ordonna à François de se débarrasser de Cocotte. L’homme, désolé, chercha à la placer. Personne n’en voulut. Alors il se résolut à la perdre, et il la confia à un voiturier qui devait l’abandonner dans la campagne de l’autre côté de Paris, auprès de Joinville-le-Pont.
    Le soir même, Cocotte était revenue.
    Il fallait prendre un grand parti. On la livra, moyennant cinq francs, à un chef de train allant au Havre. Il devait la lâcher à l’arrivée.
    Au bout de trois jours, elle rentrait dans son écurie, harassée, efflanquée, écorchée, n’en pouvant plus.
    Le maître, apitoyé, n’insista pas.
    Mais les chiens revinrent bientôt plus nombreux et plus acharnés que jamais. Et comme on donnait, un soir, un grand dîner, une poularde truffée fut emportée par un dogue, au nez de la cuisinière qui n’osa pas la lui disputer.
    Le maître, cette fois, se fâcha tout à fait, et, ayant appelé François, il lui dit avec colère :
    - Si vous ne me flanquez pas cette bête à l’eau avant demain matin, je vous fiche à la porte, entendez-vous ?
    L’homme fut atterré, et il remonta dans sa chambre pour faire sa malle, préférant quitter sa place. Puis il réfléchit qu’il ne pourrait entrer nulle part tant qu’il traînerait derrière lui cette bête incommode ; il songea qu’il était dans une bonne maison, bien payé, bien nourri ; il se dit que vraiment un chien ne valait pas ça ; il s’excita au nom de ses propres intérêts ; et il finit par prendre résolument le parti de se débarrasser de Cocotte au point du jour.
    Il dormit mal, cependant. Dès l’aube, il fut debout et, s’emparant d’une forte corde, il alla chercher la chienne. Elle se leva lentement, se secoua, étira ses membres et vint fêter son maître.
    Alors le courage lui manqua, et il se mit à l’embrasser avec tendresse, flattant ses longues oreilles, la baisant sur le museau, lui prodiguant tous les noms tendres qu’il savait.
    Mais une horloge voisine sonna six heures. Il ne fallait plus hésiter. Il ouvrit la porte : "Viens", dit-il. La bête remua la queue, comprenant qu’on allait sortir.
    Ils gagnèrent la berge, et il choisit une place où l’eau semblait profonde. Alors il noua un bout de la corde au beau collier de cuir, et ramassant une grosse pierre, il l’attacha de l’autre bout. Puis il saisit Cocotte dans ses bras et la baisa furieusement comme une personne qu’on va quitter. Il la tenait serrée sur la poitrine, la berçait, l’appelait "ma belle Cocotte, ma petite Cocotte", et elle se laissait faire en grognant de plaisir.
    Dix fois il la voulut jeter, et toujours le coeur lui manquait.
    Mais brusquement il se décida, et de toute sa force il la lança le plus loin possible. Elle essaya d’abord de nager, comme elle faisait lorsqu’on la baignait, mais sa tête, entraînée par la pierre, plongeait coup sur coup ; et elle jetait à son maître des regards éperdus, des regards humains, en se débattant comme une personne qui se noie. Puis tout l’avant du corps s’enfonça, tandis que les pattes de derrière s’agitaient follement hors de l’eau ; puis elles disparurent aussi.
    Alors, pendant cinq minutes, des bulles d’air vinrent crever à la surface comme si le fleuve se fût mis à bouillonner ; et François, hagard, affolé, le coeur palpitant, croyait voir Cocotte se tordant dans la vase ; et il se disait, dans sa simplicité de paysan : "Qu’est-ce qu’elle pense de moi, à c’t’heure, c’te bête ?"
    Il faillit devenir idiot ; il fut malade pendant un mois ; et, chaque nuit, il rêvait de sa chienne ; il la sentait qui léchait ses mains ; il l’entendait aboyer. Il fallut appeler un médecin. Enfin il alla mieux ; et ses maîtres, vers la fin de juin, l’emmenèrent dans leur propriété de Biessard, près de Rouen.
    Là encore il était au bord de la Seine. Il se mit à prendre des bains. Il descendait chaque matin avec le palefrenier, et ils traversaient le fleuve à la nage.
    Or, un jour, comme ils s’amusaient à batifoler dans l’eau, François cria soudain à son camarade :
    - Regarde celle-là qui s’amène. Je vas t’en faire goûter une côtelette.
    C’était une charogne énorme, gonflée, pelée, qui s’en venait, les pattes en l’air en suivant le courant.
    François s’en approcha en faisant des brasses ; et, continuant ses plaisanteries :
    - Cristi ! elle n’est pas fraîche. Quelle prise ! mon vieux. Elle n’est pas maigre non plus.
    Et il tournait autour, se maintenant à distance de l’énorme bête en putréfaction.
    Puis, soudain, il se tut et il la regarda avec une attention singulière ; puis il s’approcha encore comme pour la toucher, cette fois. Il examinait fixement le collier, puis il avança le bras, saisit le cou, fit pivoter la charogne, l’attira tout près de lui, et lut sur le cuivre verdi qui restait adhérent au cuir décoloré : "Mademoiselle Cocotte, au cocher François."
    La chienne morte avait retrouvé son maître à soixante lieues de leur maison !
    Il poussa un cri épouvantable et il se mit à nager de toute sa force vers la berge, en continuant à hurler ; et, dès qu’il eut atteint la terre, il se sauva éperdu, tout nu, par la campagne. Il était fou !"


20 mars 1883

Le registre FANTASTIQUE

Par Magiprof - publié le jeudi 11 février 2016 à 18:22 dans Cours 4ème



Il faut qu’il y ait un DOUTE dans la tête du lecteur (ou du spectateur) :

- suis-je fou? Ai-je rêvé? cauchemardé?

- Ai-je réellement assisté à un phénomène surnaturel? Fantôme? Mort-vivant?



Ces récits ne laissent pas indemnes:

MAUPASSANT, Le Horla


MERIMEE, La Vénus d’Ille

GAUTIER, Le Pied de momie


Bram STOKER, Dracula


Oscar WILDE, Le Portrait de Dorian Gray



Mary SHELLEY, Frankenstein


Le FANTASTIQUE: "Les Autres" d’Alejandro AMENABAR

Par Magiprof - publié le jeudi 11 février 2016 à 18:08 dans Cours 4ème


Dans notre travail sur le registre fantastique, nous avons étudié des extraits de ce film.




Le cinéma et le fantastique - pas avant 12 ans (et sous réserve si vous êtes sensible)

Par Magiprof - publié le jeudi 11 février 2016 à 06:26 dans À voir ou à lire absolument !

Difficile au cinéma de rester sur le doute fantastique. Pour la peur, on pense tout de suite à HITCHCOCK : les Oiseaux, Psychose...


 


 

 

De nombreux emprunts à la littérature (Voir mon autre article avec Le Portrait de Dorian Gray ou Dracula).


J’ajouterai STEVENSON, L’Etrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde ==> Dédoublement de personnalité



Mais finalement, le registre FANTASTIQUE tel qu’on l’étudie et qu’il existait à l’époque de Maupassant, cherchait à créer de l’angoisse chez les lecteurs. Au cinéma, tout ceci, cette tension, s’apparente aux films d’épouvante:


Le Projet Blair witch Le Projet Blair Witch joue sur la caméra et l’angoisse


  Dark water d’Hideo Nakata (2002)


ou, du même artiste: Ring









Stanley KUBRICK joue aussi sur le doute et l’angoisse, la FOLIE qu’on retrouve chez MAUPASSANT:

- Shining






"La Pirogue" de Moussa Touré

Par Magiprof - publié le jeudi 11 février 2016 à 05:52 dans À voir ou à lire absolument !

Voici notre 2ème film pour Collège au cinéma.




Des hommes et une femme quittent le Sénégal à bord d’une grande pirogue, en compagnie d’autres émigrants guinéens, pour rejoindre l’ « eldorado » espagnol et européen via les îles Canaries.


 Ils doivent affronter la solitude de la mer, une violente tempête et une panne de moteur qui les laisse perdus au milieu de l’immensité liquide.


Film sorti en 2012.

Valeurs imparfait et passé simple

Par Magiprof - publié le samedi 30 janvier 2016 à 16:41 dans Fiches Mme Merlen et aides


Les valeurs du présent (ma carte mentale)

Par Magiprof - publié le samedi 30 janvier 2016 à 04:40 dans Fiches Mme Merlen et aides

 

"M Ibrahim et les fleurs du Coran" d’Eric-Emmanuel Schmitt

Par Magiprof - publié le samedi 16 janvier 2016 à 08:02 dans Cours 4ème

Un roman magnifique !!! Découverte du souphisme à travers le personnage de Monsieur Ibrahim!! Philosophie tolérante de l’Islam.


Paris, dans les années 1960. Momo, garçon juif de 12 ans, mal aimé, vit seul avec son père. Ibrahim, le vieux sage, tient une épicerie arabe. Un jour, leurs regards se croisent...


Afficher l’image d’origine


Adaptation filmique (MAIS il faut lire le roman!!)



http://www.dailymotion.com/video/xk21s_monsieur-ibrahim-et-les-fleurs-du-c_news"

Sites utiles pour vos recherches

Par Magiprof - publié le mercredi 25 novembre 2015 à 16:05 dans À voir ou à lire absolument !

Sites pour travailler sur la mythologie:

- GRECQUE ==> http://mythologica.fr/grec/

- romaine ==> http://mythologica.fr/rome/


Dictionnaires (pour la jeunesse ou non): PENSEZ à croiser vos ressources pour les vérifier!!!


- https://fr.vikidia.org/wiki/Accueil

- étymologie: http://www.cnrtl.fr/etymologie/

- synonymes: http://www.cnrtl.fr/synonymie/

- BECHERELLE :http://bescherelle.com/

-



RECHERCHES sur un auteur : http://www.alalettre.com/index.php



Testez votre orthographe!!

http://www.projet-voltaire.fr/uae_ipad/main.php



Suggestion de lectures pour le collège :

http://eduscol.education.fr/cid60809/presentation.html


"Wadjda" (2012) de Haifaa Al-Mansour

Par Magiprof - publié le mercredi 25 novembre 2015 à 04:31 dans À voir ou à lire absolument !

’Affiche 

Wadjda, douze ans, habite dans une banlieue de Riyad, capitale de l’Arabie Saoudite. Bien qu’elle grandisse dans un milieu conservateur, c’est une fille pleine de vie qui porte jeans et baskets, écoute du rock et ne rêve que d’une chose : s’acheter le beau vélo vert qui lui permettra de faire la course avec son ami Abdallah. Mais au royaume wahhabite, les bicyclettes sont réservées aux hommes car elles constituent une menace pour la vertu des jeunes filles.

http://www.weblettres.net/blogs/uploads/m/Magiprof/53883.pdf


Tablettes ou Smartphones pour réviser!

Par Magiprof - publié le mercredi 25 novembre 2015 à 03:07 dans Fiches Mme Merlen et aides

Aucune excuse ne sera acceptée pour ne rien faire: avec votre smartphone ou votre tablette, vous pouvez réviser :


Bibliographie : le genre épistolaire

Par Magiprof - publié le vendredi 20 novembre 2015 à 11:55 dans Cours 4ème

Correspondances célèbres de:

- Mme de Sévigné

- George SAND (alias Aurore Dupin) = 40000 lettres envoyées

- VOLTAIRE

- Gustave FLAUBERT

- Victor HUGO

 



Romans épistolaires:

- Aurélien Malte de Jean-François CHABAS

- Oscar et la dame rose d’Eric- Emmanuel SCHMITT

- Si tu veux être mon ami de Mervet Akram Sha’ban et Galit FINK

- De Sacha à Macha de Yaël HASSAN

- Lettres de l’intérieur de John MARSDEN

- Papa Longues-jambes de Jean Webster

- Inconnu à cette adresse de Kressman TAYLOR

- Lettres à une disparue de Véronique MASSENOT

- Je t’attends de Thierry LEFEVRE

- Lettres de Lo de Camille POUZOL

- Ta Lou qui t’aime de Elisabeth BRAMI


  



"L’Enfant" de MAUPASSANT

Par Magiprof - publié le lundi 21 septembre 2015 à 03:41 dans Cours 4ème

"Mademoiselle Cocotte" de MAUPASSANT

Par Magiprof - publié le mercredi 16 septembre 2015 à 10:03 dans Cours 4ème

"Aux champs" de MAUPASSANT

Par Magiprof - publié le jeudi 3 septembre 2015 à 03:39 dans Cours 4ème

Audiolivre

http://www.guydemaupassant.fr/players/AuxChamps/playerMaupassant.htm


Aux champs par Guy de MAUPASSANT

A Octave Mirbeau

Les deux chaumières étaient côte à côte, au pied d’une colline, proches d’une petite ville de bains. Les deux paysans besognaient dur sur la terre inféconde pour élever tous leurs petits. Chaque ménage en avait quatre. Devant les deux portes voisines, toute la marmaille grouillait du matin au soir. Les deux aînés avaient six ans et les deux cadets quinze mois environ ; les mariages et, ensuite les naissances, s’étaient produites à peu près simultanément dans l’une et l’autre maison.

Les deux mères distinguaient à peine leurs produits dans le tas ; et les deux pères confondaient tout à fait. Les huit noms dansaient dans leur tête, se mêlaient sans cesse ; et, quand il fallait en appeler un, les hommes souvent en criaient trois avant d’arriver au véritable.

La première des deux demeures, en venant de la station d’eaux de Rolleport, était occupée par les Tuvache, qui avaient trois filles et un garçon ; l’autre masure abritait les Vallin, qui avaient une fille et trois garçons.

Tout cela vivait péniblement de soupe, de pomme de terre et de grand air. A sept heures, le matin, puis à midi, puis à six heures, le soir, les ménagères réunissaient leurs mioches pour donner la pâtée, comme des gardeurs d’oies assemblent leurs bêtes. Les enfants étaient assis, par rang d’âge, devant la table en bois, vernie par cinquante ans d’usage. Le dernier moutard avait à peine la bouche au niveau de la planche. On posait devant eux l’assiette creuse pleine de pain molli dans l’eau où avaient cuit les pommes de terre, un demi-chou et trois oignons ; et toute la lignée mangeait jusqu’à plus faim. La mère empâtait elle-même le petit. Un peu de viande au pot-au-feu, le dimanche, était une fête pour tous, et le père, ce jour-là, s’attardait au repas en répétant : "Je m’y ferais bien tous les jours"

Par un après-midi du mois d’août, une légère voiture s’arrêta brusquement devant les deux chaumières, et une jeune femme, qui conduisait elle-même, dit au monsieur assis à côté d’elle :

- Oh ! regarde, Henri, ce tas d’enfants ! Sont-ils jolis, comme ça, à grouiller dans la poussière.

L’homme ne répondit rien, accoutumé à ces admirations qui étaient une douleur et presque un reproche pour lui.

La jeune femme reprit :

- Il faut que je les embrasse ! Oh ! comme je voudrais en avoir un, celui-là, le tout petit.

Et, sautant de la voiture, elle courut aux enfants, prit un des deux derniers, celui des Tuvache, et, l’enlevant dans ses bras, elle le baisa passionnément sur ses joues sales, sur ses cheveux blonds frisés et pommadés de terre, sur ses menottes qu’il agitait pour se débarrasser des caresses ennuyeuses.

Puis elle remonta dans sa voiture et partit au grand trot. Mais elle revint la semaine suivante, s’assit elle-même par terre, prit le moutard dans ses bras, le bourra de gâteaux, donna des bonbons à tous les autres ; et joua avec eux comme une gamine, tandis que son mari attendait patiemment dans sa frêle voiture.

Elle revint encore, fit connaissance avec les parents, reparut tous les jours, les poches pleines de friandises et de sous.

Elle s’appelait Mme Henri d’Hubières.

Un matin, en arrivant, son mari descendit avec elle ; et, sans s’arrêter aux mioches, qui la connaissaient bien maintenant, elle pénétra dans la demeure des paysans.

Ils étaient là, en train de fendre du bois pour la soupe ; ils se redressèrent tout surpris, donnèrent des chaises et attendirent. Alors la jeune femme, d’une voix entrecoupée, tremblante commença :

- Mes braves gens, je viens vous trouver parce que je voudrais bien... je voudrais bien emmener avec moi votre... votre petit garçon...

Les campagnards, stupéfaits et sans idée, ne répondirent pas.

Elle reprit haleine et continua.

- Nous n’avons pas d’enfants ; nous sommes seuls, mon mari et moi... Nous le garderions... voulez-vous ?

La paysanne commençait à comprendre. Elle demanda :

- Vous voulez nous prend’e Charlot ? Ah ben non, pour sûr.

Alors M. d’Hubières intervint :

- Ma femme s’est mal expliquée. Nous voulons l’adopter, mais il reviendra vous voir. S’il tourne bien, comme tout porte à le croire, il sera notre héritier. Si nous avions, par hasard, des enfants, il partagerait également avec eux. Mais s’il ne répondait pas à nos soins, nous lui donnerions, à sa majorité, une somme de vingt mille francs, qui sera immédiatement déposée en son nom chez un notaire. Et, comme on a aussi pensé à vous, on vous servira jusqu’à votre mort, une rente de cent francs par mois. Avez-vous bien compris ?

La fermière s’était levée, toute furieuse.

- Vous voulez que j’vous vendions Charlot ? Ah ! mais non ; c’est pas des choses qu’on d’mande à une mère çà ! Ah ! mais non ! Ce serait abomination.

L’homme ne disait rien, grave et réfléchi ; mais il approuvait sa femme d’un mouvement continu de la tête.

Mme d’Hubières, éperdue, se mit à pleurer, et, se tournant vers son mari, avec une voix pleine de sanglots, une voix d’enfant dont tous les désirs ordinaires sont satisfaits, elle balbutia :

- Ils ne veulent pas, Henri, ils ne veulent pas !

Alors ils firent une dernière tentative.

- Mais, mes amis, songez à l’avenir de votre enfant, à son bonheur, à ...

La paysanne, exaspérée, lui coupa la parole :

- C’est tout vu, c’est tout entendu, c’est tout réfléchi... Allez-vous-en, et pi, que j’vous revoie point par ici. C’est i permis d’vouloir prendre un éfant comme ça !

Alors Mme d’Hubières, en sortant, s’avisa qu’ils étaient deux tout petits, et elle demanda à travers ses larmes, avec une ténacité de femme volontaire et gâtée, qui ne veut jamais attendre :

- Mais l’autre petit n’est pas à vous ?

Le père Tuvache répondit :

- Non, c’est aux voisins ; vous pouvez y aller si vous voulez.

Et il rentra dans sa maison, où retentissait la voix indignée de sa femme.

Les Vallin étaient à table, en train de manger avec lenteur des tranches de pain qu’ils frottaient parcimonieusement avec un peu de beurre piqué au couteau, dans une assiette entre eux deux.

M. d’Hubières recommença ses propositions, mais avec plus d’insinuations, de précautions oratoires, d’astuce.

Les deux ruraux hochaient la tête en signe de refus ; mais quand ils apprirent qu’ils auraient cent francs par mois, ils se considèrent, se consultant de l’oeil, très ébranlés.

Ils gardèrent longtemps le silence, torturés, hésitants. La femme enfin demanda :

- Qué qu’t’en dis, l’homme ? Il prononça d’un ton sentencieux :

- J’dis qu’c’est point méprisable.

Alors Mme d’Hubières, qui tremblait d’angoisse, leur parla de l’avenir du petit, de son bonheur, et de tout l’argent qu’il pourrait leur donner plus tard.

Le paysan demanda :

- C’te rente de douze cents francs, ce s’ra promis d’vant l’notaire ?

M. d’Hubières répondit :

- Mais certainement, dès demain.

La fermière, qui méditait, reprit :

- Cent francs par mois, c’est point suffisant pour nous priver du p’tit ; ça travaillera dans quéqu’z’ans ct’éfant ; i nous faut cent vingt francs.

Mme d’Hubières trépignant d’impatience, les accorda tout de suite ; et, comme elle voulait enlever l’enfant, elle donna cent francs en cadeau pendant que son mari faisait un écrit. Le maire et un voisin, appelé aussitôt, servirent de témoins complaisants.

Et le jeune femme, radieuse, emporta le marmot hurlant, comme on emporte un bibelot désiré d’un magasin.

Les Tuvache sur leur porte, le regardaient partir muets, sévères, regrettant peut-être leur refus.

On n’entendit plus du tout parler du petit Jean Vallin. Les parents, chaque mois, allaient toucher leurs cent vingt francs chez le notaire ; et ils étaient fâchés avec leurs voisins parce que la mère Tuvache les agonisait d’ignominies, répétant sans cesse de porte en porte qu’il fallait être dénaturé pour vendre son enfant, que c’était une horreur, une saleté, une corromperie.

Et parfois elle prenait en ses bras son Charlot avec ostentation, lui criant, comme s’il eût compris :

- J’t’ai pas vendu, mé, j’t’ai pas vendu, mon p’tiot. J’vends pas m’s éfants, mé. J’sieus pas riche, mais vends pas m’s éfants.

Et, pendant des années et encore des années, ce fut ainsi chaque jour des allusions grossières qui étaient vociférées devant la porte, de façon à entrer dans la maison voisine. La mère Tuvache avait fini par se croire supérieure à toute la contrée parce qu’elle n’avait pas venu Charlot. Et ceux qui parlaient d’elle disaient :

- J’sais ben que c’était engageant, c’est égal, elle s’a conduite comme une bonne mère.

On la citait ; et Charlot, qui prenait dix-huit ans, élevé dans cette idée qu’on lui répétait sans répit, se jugeait lui-même supérieur à ses camarades, parce qu’on ne l’avait pas vendu.

Les Vallin vivotaient à leur aise, grâce à la pension. La fureur inapaisable des Tuvache, restés misérables, venait de là.

Leur fils aîné partit au service. Le second mourut ; Charlot resta seul à peiner avec le vieux père pour nourrir la mère et deux autres soeurs cadettes qu’il avait.

Il prenait vingt et un ans, quand, un matin, une brillante voiture s’arrêta devant les deux chaumières. Un jeune monsieur, avec une chaîne de montre en or, descendit, donnant la main à une vieille dame en cheveux blancs. La vieille dame lui dit :

- C’est là, mon enfant, à la seconde maison.

Et il entra comme chez lui dans la masure des Vallin.

La vieille mère lavait ses tabliers ; le père, infirme, sommeillait près de l’âtre. Tous deux levèrent la tête, et le jeune homme dit :

- Bonjour, papa ; bonjour maman.

Ils se dressèrent, effarés. La paysanne laissa tomber d’émoi son savon dans son eau et balbutia :

- C’est-i té, m’n éfant ? C’est-i té, m’n éfant ?

Il la prit dans ses bras et l’embrassa, en répétant : - "Bonjour, maman". Tandis que le vieux, tout tremblant, disait, de son ton calme qu’il ne perdait jamais : "Te v’là-t’i revenu, Jean ?". Comme s’il l’avait vu un mois auparavant.

Et, quand ils se furent reconnus, les parents voulurent tout de suite sortir le fieu dans le pays pour le montrer. On le conduisit chez le maire, chez l’adjoint, chez le curé, chez l’instituteur.

Charlot, debout sur le seuil de sa chaumière, le regardait passer.

Le soir, au souper il dit aux vieux :

- Faut-i qu’vous ayez été sots pour laisser prendre le p’tit aux Vallin !

Sa mère répondit obstinément :

- J’voulions point vendre not’ éfant !

Le père ne disait rien.

Le fils reprit :

- C’est-i pas malheureux d’être sacrifié comme ça !

Alors le père Tuvache articula d’un ton coléreux :

- Vas-tu pas nous r’procher d’ t’avoir gardé ?

Et le jeune homme, brutalement :

- Oui, j’vous le r’proche, que vous n’êtes que des niants. Des parents comme vous, ça fait l’malheur des éfants. Qu’vous mériteriez que j’vous quitte.

La bonne femme pleurait dans son assiette. Elle gémit tout en avalant des cuillerées de soupe dont elle répandait la moitié :

- Tuez-vous donc pour élever d’s éfants !

Alors le gars, rudement :

- J’aimerais mieux n’être point né que d’être c’que j’suis. Quand j’ai vu l’autre, tantôt, mon sang n’a fait qu’un tour. Je m’suis dit : "V’là c’que j’serais maintenant !".

Il se leva.

- Tenez, j’sens bien que je ferai mieux de n’pas rester ici, parce que j’vous le reprocherais du matin au soir, et que j’vous ferais une vie d’misère. Ca, voyez-vous, j’vous l’pardonnerai jamais !

Les deux vieux se taisaient, atterrés, larmoyants.

Il reprit :

- Non, c’t’ idée-là, ce serait trop dur. J’aime mieux m’en aller chercher ma vie aut’part !

Il ouvrit la porte. Un bruit de voix entra. Les Vallin festoyaient avec l’enfant revenu.

Alors Charlot tapa du pied et, se tournant vers ses parents, cria :

- Manants, va !

Et il disparut dans la nuit.

Atelier Théâtre avec Grégory Faivre

Par Magiprof - publié le dimanche 21 juin 2015 à 18:54 dans Activités avec mes élèves

Un moment de partage absolument génial!

Le texte,




FICHE 13 : ORTHOGRAPHE Participe passé

Par Magiprof - publié le samedi 25 avril 2015 à 14:42 dans Fiches Mme Merlen et aides

à vérifier absolument:


Fiche 12 ORTHOGRAPHE

Par Magiprof - publié le samedi 25 avril 2015 à 14:40 dans Fiches Mme Merlen et aides

Accords de base à vérifier:

- dans le GN

- accord sujet / verbe




After class pour la classe de 3ème

Par Magiprof - publié le samedi 25 avril 2015 à 14:36 dans Cours 3ème

Je vous propose de réviser via ce site, pas seulement en français mais aussi pour d’autres matières au BREVET.


http://www.afterclasse.fr/#!Dashboard



Vous pouvez vous inscrire en me communiquant votre adresse mail.


Courage!

"Le Cid" de CORNEILLE / Adaptations

Par Magiprof - publié le samedi 25 avril 2015 à 03:47 dans Cours 4ème

Voici quelques adaptations au théâtre:


Celle de Thomas LE DOUAREC

https://www.youtube.com/watch?v=bHwH1mhiu1k


celle de Bénédicte BUDAN


AU CINEMA : par Anthony MANN avec Charlton HESTON et Sophia LOREN


http://www.dailymotion.com/video/x2dwtce_le-cid-realise-par-anthony-mann-morceaux-choisis_shortfilms




INTERNET pour s’exercer en français!

Par Magiprof - publié le samedi 25 avril 2015 à 02:47 dans Fiches Mme Merlen et aides

"La Planète des singes" de Pierre BOULLE

Par Magiprof - publié le lundi 13 avril 2015 à 17:15 dans À voir ou à lire absolument !

C’est un récit d’ANTICIPATION, publié en 1961 et qui a été adapté de nombreuses fois au cinéma. C’est une réflexion sur l’être humain et ses prétentions où les dominants sont des singes évolués avec des castes.





SCHAEFFNER l’adapte au cinéma en 1968:


http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19418819&cfilm=12791.html


La science fiction


c’est un genre littéraire cinématographique qui décrit des situations et des évènements appartenant à un avenir plus ou moins proche et un univers imaginé. 
c’est un genre dont la fiction se fait sur l’évolution de l’humanité et en particulier sur les conséquences de ces progrès scientifique . il est apparut la première fois en 1851 

Ses caractéristiques:


*l’utilisation d’un vocabulaire scientifique fabriqué 
*le voyage dans le temps ,dans les lieux 
*la présentation des progrès comme une forme de menace pour l’homme 
Ses domaines: 
le futur, la science, l’homme . 

L’âge d’or:


si la science fiction a vu le jour en Europe et s’est bien développée en France, en Angleterre et en Allemagne, ce sont les Etats unis entre 1920 et 1950 qui donnent à ce genre son âge d’or .




"Les Raisins de la colère" (1940) de John FORD

Par Magiprof - publié le lundi 13 avril 2015 à 17:10 dans À voir ou à lire absolument !

Un jeune homme rentre à la ferme familiale en Oklahoma, après avoir purgé une peine de quatre ans de prison pour homicide involontaire. La Grande Dépression sévit alors et comme beaucoup d’autres fermiers, sa famille est chassée de son exploitation. Ensemble, ils partent à travers le pays dans l’espoir de trouver, un jour, du travail en Californie. C’est le début d’un périple éprouvant, de camps de réfugiés en bidonvilles de fortunes, dans une Amérique en proie à la misère et à l’oppression...




https://www.youtube.com/watch?v=7G9JgxcleMc



http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19543033&cfilm=1268.html


"Le Gamin au vélo" (2011) des frères DARDENNE

Par Magiprof - publié le lundi 13 avril 2015 à 17:06 dans À voir ou à lire absolument !

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19211617&cfilm=179072.html


Ces réalisateurs belges sont connus pour leur réalisme social.

Dans ce film, Cyril, bientôt 12 ans, n’a qu’une idée en tête : retrouver son père qui l’a placé provisoirement dans un foyer pour enfants. Il rencontre par hasard Samantha, qui tient un salon de coiffure et qui accepte de l’accueillir chez elle pendant les week-ends. Mais Cyril ne voit pas encore l’amour que Samantha lui porte, cet amour dont il a pourtant besoin pour apaiser sa colère .

"Duel" (1971) de Steven SPIELBERG

Par Magiprof - publié le lundi 13 avril 2015 à 16:03 dans À voir ou à lire absolument !

Un des premiers films de SPIELBERG (celui qui a fait "ET", "Jurassic Park", "La Liste de Schindler", "Il faut sauver le soldat Ryan"...)


https://www.youtube.com/watch?v=o-vgfolxW3s


Au volant de sa voiture, David Mann quitte la ville pour un rendez-vous professionnel situé à plusieurs heures de route. Il n’a pas de temps à perdre, mais un camion-citerne le ralentit. Mann le double mais, redoublé par le camion, il est une nouvelle fois ralenti. Dans une station-service où il s’arrête pour faire le plein et où le camion s’arrête aussi, David Mann tente de voir qui est le conducteur de cet énorme engin. Mais l’homme semble étrangement insaisissable : il est impossible d’apercevoir son visage. Une certaine tension gagne David Mann.
À nouveau sur la route, il voit ressurgir le camion, qui le double puis freine pour le ralentir encore, se déporte ensuite sur le côté pour l’empêcher de doubler et, finalement, fait signe qu’il est possible de le dépasser alors qu’une voiture arrive en face. David Mann commence à comprendre que le camionneur est un homme dangereux, fou peut-être, capable, sans doute, de provoquer sa mort. 

"Persepolis" (2007) de Marjane SATRAPI et Vincent PARONNAUD

Par Magiprof - publié le lundi 13 avril 2015 à 15:59 dans À voir ou à lire absolument !



http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18733354&cfilm=110204.html



Téhéran, 1978 : Marjane, huit ans, songe à l’avenir et se rêve en prophète sauvant le monde. Choyée par des parents modernes et cultivés, particulièrement liée à sa grand-mère, elle suit avec exaltation les événements qui vont mener à la révolution et provoquer la chute du régime du Chah. Avec l’instauration de la « République islamique » débute le temps des « commissaires de la révolution » qui contrôlent tenues et comportements. Marjane, qui doit porter le voile, se rêve désormais en révolutionnaire. Bientôt, la guerre contre l’Irak entraîne bombardements, privations, et disparitions de proches. La répression intérieure devient chaque jour plus sévère. Dans un contexte de plus en plus pénible, sa langue bien pendue et ses positions rebelles deviennent problématiques. Ses parents décident alors de l’envoyer en Autriche pour la protéger. À Vienne, Marjane vit à quatorze ans sa deuxième révolution : l’adolescence, la liberté, les vertiges de l’amour mais aussi l’exil, la solitude et la différence.

"Joue-la comme Beckham" (2002) de Gurinder CHADHA

Par Magiprof - publié le lundi 13 avril 2015 à 15:51 dans À voir ou à lire absolument !

Dans le cadre de l’opération "Collège au cinéma"



http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18673522&cfilm=43170.html





Fiche 11 : Le vocabulaire 3

Par Magiprof - publié le lundi 13 avril 2015 à 15:51 dans Fiches Mme Merlen et aides

à retenir:


FICHE 10 : Vocabulaire 2

Par Magiprof - publié le lundi 13 avril 2015 à 15:50 dans Fiches Mme Merlen et aides


FICHE 9 : Vocabulaire 1

Par Magiprof - publié le lundi 13 avril 2015 à 15:49 dans Fiches Mme Merlen et aides

Vocabulaire à connaître:



FICHE 8: Les liens entre les propositions

Par Magiprof - publié le lundi 13 avril 2015 à 15:48 dans Fiches Mme Merlen et aides

Fiche à retenir:


FICHE 7 : Les formes de phrases

Par Magiprof - publié le lundi 13 avril 2015 à 15:46 dans Fiches Mme Merlen et aides

Fiche à retenir:


FICHE 6 : Les 4 types de phrases

Par Magiprof - publié le lundi 13 avril 2015 à 15:45 dans Fiches Mme Merlen et aides

Fiche à retenir:



FICHE 5 : le mot QUE

Par Magiprof - publié le lundi 13 avril 2015 à 15:44 dans Fiches Mme Merlen et aides

Fiche à retenir:



FICHE 4 : Les fonctions dans le groupe nominal

Par Magiprof - publié le lundi 13 avril 2015 à 15:42 dans Fiches Mme Merlen et aides

Fiche à retenir:



FICHE 3 : Les fonctions dans la phrase

Par Magiprof - publié le lundi 13 avril 2015 à 15:41 dans Fiches Mme Merlen et aides

Fiche à retenir:


"This is England" (2007) de Shane MEADOWS

Par Magiprof - publié le lundi 13 avril 2015 à 04:32 dans À voir ou à lire absolument !

Dans le cadre de "Collège au cinéma" (vu en 2011):


http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18743506&cfilm=120682.html



Réalisme social : ce film nous fait suivre une bande de jeunes "skinheads".

Shaun, 12 ans, père soldat décédé dans la guerre des Malouines, est dés½uvré.

 Il va se construire une famille avec ses amis skinheads (Milky, Pukey, Kez, Gadget et Woody).

 Il rencontrera un homme, Combo, à peine sorti de prison, qui va lui montrer l’orientation extrémiste de ses idées.


"L"homme de Rio" (1964) de Philippe de BROCA

Par Magiprof - publié le lundi 13 avril 2015 à 04:08 dans À voir ou à lire absolument !

Dans le cadre de "Collège au cinéma"

L

Bande annonce:

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19511860&cfilm=81253.html


Dossier pédagogique:




" Le Tableau " (2011) de Jean-François LAGUOINIE

Par Magiprof - publié le lundi 13 avril 2015 à 03:56 dans À voir ou à lire absolument !

FICHE 2 : Les classes grammaticales invariables

Par Magiprof - publié le lundi 13 avril 2015 à 03:40 dans Fiches Mme Merlen et aides

Fiche 2 à retenir:

FICHE 1 : Les classes grammaticales variables

Par Magiprof - publié le lundi 13 avril 2015 à 03:37 dans Fiches Mme Merlen et aides

Fiche à retenir:


"Blancanieves" de Pablo BERGER

Par Magiprof - publié le mercredi 8 avril 2015 à 05:09 dans À voir ou à lire absolument !
Collège au cinéma
http://a142.idata.over-blog.com/0/57/07/69/Cin-ma/2013/Blancanieves-02.jpg

"Suite française" adapté par Saul DIBB, d’après Irène Némirovsky

Par Magiprof - publié le mercredi 8 avril 2015 à 04:54 dans À voir ou à lire absolument !
Irène Némirovsky, née le 24 février 1903 à Kiev, morte le 17 août 1942 à Auschwitz, est une romancière russe d’origine ukrainienne et de langue française.

Matthias Schoenaerts et Michelle Williams dans le film britannique, français et belge de Saul Dibb, "Suite française".



Comme toujours, il est difficile de juger d’une adaptation d’un roman sur un sujet aussi épineux que la 2nde guerre mondiale et l’occupation.
Le réalisateur s’inspire surtout de "Dolce", deuxième partie d’une oeuvre qu’Irène Némirovsky n’a pas pu achever étant donné qu’elle a été déportée.

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19551057&cfilm=214084.html

"Héraklès tue les oiseaux du lac Stymphale" BOURDELLE

Par Magiprof - publié le mercredi 8 avril 2015 à 04:25 dans À voir ou à lire absolument !
Antoine BOURDELLE en 1909 crée une sculpture d’Hercule:



http://www.musee-orsay.fr/fr/outils-transversaux/galerie-video/1-minute-au-musee/herakles-archer.html


Monstres mythologiques pour classe de 6ème

Par Magiprof - publié le mardi 7 avril 2015 à 21:54 dans Cours 6ème

Comme nous rédigeons un récit épique, je vous donne le lien pour voir les monstres que nous avons trouvés.

 

- le cerbère

- le minotaure

- Scylla, monstre marin



Johann Bodin illustration


 

- Les Gorgones: 


On distingue trois soeurs, trois Gorgones:
- Euryale,
- Sthéno,
- Méduse (la seule mortelle).


Méduse d’après le peinture LE CARAVAGE

Résultat de recherche d’images pour "méduse le caravage"


 

et les gorgones (Persée va vaincre Méduse)

 

Résultat de recherche d’images pour "persée et les gorgones"

- un centaure

image centaure

 

CHIRON:

Résultat de recherche d’images pour "centaure chiron"


- L’Hydre de Lerne


hydre.jpg


- Le Sphinx

 

 

 



- Le Griffon

 (mi aigle, mi lion)


 


- Le Cyclope



- Chimère

C’est  un hybride avec une tête de lion, un corps (et une autre tête) de chèvre, et une queue de serpent.
Résultat de recherche d’images pour "chimère"  Résultat de recherche d’images pour "chimère"

 

 (+ voir tous les hybrides créés)

http://mgr2.free.fr/pages/monstres/monstres.php

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_cr%C3%A9atures_fantastiques_de_la_mythologie_grecque

 

 

Rencontre avec l’écrivain Ahmed KALOUAZ

Par Magiprof - publié le lundi 16 mars 2015 à 01:28 dans Activités avec mes élèves

Avec la classe de 3ème C, nous avons rencontré Ahmed KALOUAZ, occasion d’un échange sur la création.



Des élèves concentrés et curieux:


Projet de lecture : marque-page en 6ème I

Par Magiprof - publié le lundi 16 mars 2015 à 01:23 dans Activités avec mes élèves

Découverte et partage de lectures avec les 6ème + Participation au concours "Petites plumes".


Beau travail ! Les votes ont été nombreux!! BRAVO !



Thé littéraire (2015)

Par Magiprof - publié le lundi 16 mars 2015 à 01:07 dans Activités avec mes élèves

Autour du livre : "La Fille du Dr Baudouin" de Mrie- Aude MURAIL


Merci à tous pour votre enthousiasme et vos remarques constructives!!  



  Classe de 4ème E:


   



Classe de 4ème C:


 


Révisions 3ème : Temps simples et temps composés

Par Magiprof - publié le vendredi 6 mars 2015 à 01:36 dans Fiches Mme Merlen et aides

VIRELANGUES en 6ème I

Par Magiprof - publié le vendredi 27 février 2015 à 14:27 dans Cours 6ème



 


Nur : « Les dromadaires font de la grammaire avec leur grand-mère. »


Alaattin : « Kader le dromadaire mange des pommes de terre par terre avec son poster de tonnerre. »


Mathieu : « Le dromadaire Casper fait un éclair »


Joris : « Théo prit le bateau, mangea du gâteau et fit tomber son chapeau à l’eau. Oh ! c’est balaud ! »


Ophélie : « Le chapeau de Mattéo est sur le bateau. »


Mattéo : « Théo au bord de l’eau monte sur un bateau et met son chapeau. »


Théo : « Mattéo l’oiseau but de l’eau dans un lavabo. »


Manon : « Thibault met son chapeau dans son château en forme de bateau entouré d’eau pour qu’il soit beau. »


Martin : « Le héros met son chapeau, monte dans le bateau ; le bateau va trop vite, il perd son chapeau. »


Sarah : « Le dromadaire ne voulait pas se taire car il avait peur du tonnerre et des éclairs. »


Nathan : « Le dromadaire par terre s’enterre vers l’Enfer. »


Dolorès : « Hélène, la reine, emmène sa pelote de laine vers la fontaine pour enlever le pollen. »


Kader : « Kader avait peur des éclairs et mangeait des pommes de terre. Son animal était le dromadaire. »


Yonh : « Théo le bonobo prit le bateau entouré de clodos. »


 

Bravo à tous!!!


Convaincre ou persuader

Par Magiprof - publié le mercredi 25 février 2015 à 15:53 dans Fiches Mme Merlen et aides

Les règles du théâtre classique

Par Magiprof - publié le mercredi 25 février 2015 à 03:50 dans Fiches Mme Merlen et aides


Règles du théâtre classique

https://www.youtube.com/watch?v=85TDWrGq9Dk


"Lettres de l’intérieur" de John MARSDEN

Par Magiprof - publié le vendredi 21 novembre 2014 à 11:53 dans À voir ou à lire absolument !

Roman épistolaire (= roman fictif fait de lettres)

Mandy répond à la petite annonce de Tracey pour entamer une correspondance. Aux deux bouts de l’Australie, les filles nouent peu à peu une amitié, se confient l’une à l’autre. Mandy parle de son frère dont elle a peur, violent et amateur d’armes ; Tracey raconte une vie aisée et facile. Un jour, Mandy donne une lettre à un ami qui est censé la remettre directement à Tracey… Mais Tracey n’est pas là où elle dit être. Mandy demande des explications.

"Bande de filles" de Céline SCIAMMA

Par Magiprof - publié le jeudi 6 novembre 2014 à 11:40 dans À voir ou à lire absolument !

L’année dernière, nous avions vu "Tomboy" de Céline SCIAMMA grâce à Collège au cinéma.

Cette année, "Bande de filles" retient notre attention.



http://www.dailymotion.com/video/x2hl65o_bande-annonce-de-bande-de-filles-de-celine-sciamma_news"


Résultat d’images pour afffiche bande de filles

Marieme vit ses 16 ans comme une succession d’interdits. La censure du quartier, la loi des garçons, l’impasse de l’école. Sa rencontre avec trois filles affranchies change tout. Elles dansent, elles se battent, elles parlent fort, elles rient de tout. Marieme devient Vic et entre dans la bande, pour vivre sa jeunesse.
Du bleu partout...

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19547711&cfilm=220471.html




   

"Léon" de Léon Walter TILLAGE / AUTOBIOGRAPHIE

Par Magiprof - publié le jeudi 6 novembre 2014 à 11:35 dans Cours 3ème
Dans ce texte, on découvre la ségrégation dans le Sud des Etats-Unis à travers  un jeune garçon noir : Léon.

Leon Walter Tillage est né en 1936, en Caroline du Nord. Son arrière-grand-mère était esclave, son père, métayer. Métayer, alors, cela voulait dire travailler toute l’année pour payer les dettes de l’année précédente, et ne jamais rien posséder soi-même. Être noir, dans les années quarante et cinquante, cela signifiait qu’on pouvait entrer dans certains magasins, mais par la porte de derrière, et qu’on entendait l’employé demander aux clients blancs : " Est-ce qu’il vous dérange ? Cela vous ennuie-t-il qu’il reste là ? Voulez-vous que je le mette dehors ? " Cela signifiait surtout qu’on pouvait perdre la vie, sans raison et sans espoir de justice. Le père de Leon est mort sous les yeux de sa femme et de ses enfants, écrasé par une voiture conduite par de jeunes Blancs. Ils lui ont foncé dessus à deux reprises, pour s’amuser. Leon avait tout juste quinze ans. Il se souvient d’avoir longtemps fait sept kilomètres à pied pour aller à l’école. Il se souvient que le conducteur du bus scolaire des Blancs arrêtait son véhicule pour que ses petits passagers puissent aller jeter des pierres aux écoliers noirs. De l’angoisse des siens les soirs où ils savaient que les membres du Ku Klux Klan allaient sortir. Il se souvient aussi que ses parents disaient : " Ç’a été voulu comme ça. C’est comme ça que ça doit être. Vous n’obtiendrez jamais d’être les égaux des Blancs ", et qu’il a refusé de les croire. Il a préféré écouter les paroles de Martin Luther King et risquer sa vie en participant à des marches pacifiques. Et un jour, enfin, les premières victoires sont venues.



"Le journal de Zlata" de Zlata FILIPOVIC

Par Magiprof - publié le jeudi 6 novembre 2014 à 11:29 dans Cours 3ème



1991. Zlata a onze ans lorsque la guerre éclate à Sarajevo. Du jour au lendemain, l’insouciance de la jeunesse laisse place à l’indignation. Les jeux, l’école et les rires ont disparu devant les tirs incessants, la mort des proches, les nuits d’angoisse dans les caves. Pour dire sa colère, il ne reste à Zlata que son journal, tendrement surnommé Mimmy. " L’horreur a remplacé le temps qui passe ", écrit-elle avec une lucidité poignante. Un texte exceptionnel qui nous fait partager le quotidien d’une enfant de la guerre.
http://www.dzana.net/115-journal-zlata.html



 

"The Search" de Michel HAZANAVICIUS

Par Magiprof - publié le jeudi 6 novembre 2014 à 11:27 dans À voir ou à lire absolument !

Après le film "The Artist", largement primé, Michel Hazanavicius revient avec un film poignant sur la 2nde guerre de Tchéchénie en 1999 : "The Search", inspiré  du livre de Fred ZINNEMANN, Anges marqués.

voici le lien pour la bande d’annonce: (sortie le 26 novembre 2014)
http://www.allocine.fr/article/fichearticle_gen_carticle=18634031.html




ORTHOGRAPHE - site de travail pour toutes les classes

Par Magiprof - publié le mercredi 8 octobre 2014 à 06:48 dans Fiches Mme Merlen et aides

Voici un site à utiliser régulièrement pour revoir les règles apprises dès le primaire:

http://exercices.free.fr/francais/orth/index.htm






      

CAILLEBOTTE, "Les Raboteurs de parquet"

Par Magiprof - publié le lundi 8 septembre 2014 à 04:16 dans À voir ou à lire absolument !

Pour notre travail sur le réalisme, nous avons vu un tableau d’Auguste RENOIR. Cette petite analyse permet un complément intéressant:

http://www.musee-orsay.fr/fr/outils-transversaux/galerie-video/1-minute-au-musee/les-raboteurs-de-parquet.html






  

AIDE pour les recherches biographiques

Par Magiprof - publié le mardi 6 mai 2014 à 07:06 dans Fiches Mme Merlen et aides
Sur les auteurs:
http://www.alalettre.com/index.php

Photo de Camus«Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. J’ai reçu un télégramme de l’asile : "Mère décédée. Enterrement demain. Sentiments distingués." Cela ne veut rien dire. C’était peut-être hier.»



METHODE-->
Fiche biographique

Auteur (date de naissance et date de mort)


Sa vie


- Lieux de naissance et de vie

- Etudes, métiers, activités
- Principaux évènements personnels
- Personnages ou évènements ayant marqué l’auteur

Son oeuvre


- Les genres littéraires


Choisissez dans cette liste : roman, théâtre, nouvelle, poésie. Indiquez un titre d’oeuvre pour chaque genre littéraire abordé par l’auteur


- Les sujet des oeuvres


Quels évènements, personnages, milieu , sentiments sont évoqués dans l’oeuvre de l’auteur?


- Le style


Quelles sont les caractéristiques principales de l’art d’écrire de l’auteur?



"La leçon de piano" (1993) de Jane CAMPION

Par Magiprof - publié le dimanche 13 avril 2014 à 16:56 dans À voir ou à lire absolument !

Palme d’or au festival de Cannes

Les mouvements de caméra sont formidables et apportent au sujet.



Au siècle dernier en Nouvelle-Zélande, Ada, mère d’une fillette de neuf ans, s’apprête à suivre son nouveau mari au fin fond du bush. Il accepte de transporter tous ses meubles à l’exception d’un piano qui échoue chez un voisin illettré. Ne pouvant supporter cette perte, Ada accepte le marché que lui propose ce dernier. Regagner son piano touche par touche en se soumettant à ses fantaisies.


http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19445235&cfilm=7807.html


Thé littéraire

Par Magiprof - publié le dimanche 6 avril 2014 à 03:37 dans Activités avec mes élèves
Nous avons préparé un "Thé littéraire" avec mes 2 classes de 4ème, mardi, autour d’un roman de Marie-Aude MURAIL, Oh boy!
Nous avons échangé, débattu autour de ce livre: merci à tous pour votre enthousiasme et à Mme Chaboud pour nous avoir accueillis au CDI.




NOUVELLE REALISTE n° 1: Un Mariage d’amour de ZOLA

Par Magiprof - publié le samedi 8 février 2014 à 07:42 dans Cours 4ème

Un mariage d’amour

Michel avait vingt-cinq ans lorsqu’il épousa Suzanne, une jeune femme de son âge, d’une maigreur nerveuse, ni laide, ni belle, mais ayant dans son visage effilé deux grands beaux yeux qui allaient largement d’une tempe à l’autre. Ils vécurent trois années sans querelles, ne recevant guère que Jacques, un ami du mari, don la femme devint peu à peu passionnément amoureuse. Jacques se laissa aller à la douceur cuisante de cette passion. D’ailleurs, la paix du ménage ne fut pas troublée ; les amants étaient lâches, et reculaient devant la certitude d’un scandale. Sans en avoir conscience, ils en arrivèrent lentement au projet de se débarrasser de Michel. Un meurtre devait tout arranger, en leur permettant de s’aimer en liberté et selon la loi

Un jour, ils décidèrent le mari à faire une par lie de campagne2. On alla à Corbeil3, et là, lors que le dîner eut été commandé, Jacques proposa et fit accepter une promenade en canot sur la Seine. Il prit les rames et descendit la rivière  tandis que ses compagnons chantaient et riaient comme des enfants.

Quand la barque fut en pleine Seine, cachée derrière les hautes futaies4 d’une île, Jacques sai­sit brusquement Michel et essaya de le jeter à l’eau. Suzanne cessa de chanter ; elle détourna la tête, pâle, les lèvres serrées, silencieuse et fris­sonnante. Les deux hommes luttèrent un instant sur le bord de la barque qui s’enfonçait en cra­quant. Michel, surpris, ne pouvant comprendre, se défendit, muet, avec l’instinct d’une bête qu’on attaque; il mordit Jacques à la joue, enleva pres­que le morceau, et tomba dans la rivière en appe­lant sa femme avec rage et terreur. Il ne savait pas nager.

Alors Jacques, prenant Suzanne dans ses bras, se jeta à l’eau de façon à faire chavirer la barque. Puis il se mit à crier, à appeler au secours. Il sou­tenait la jeune femme, et, comme il était excel­lent nageur, il atteignit aisément la rive, où plusieurs personnes se trouvaient déjà rassem­blées.

La terrible comédie était jouée. Suzanne, éva­nouie et froide, gisait sur le sable ; Jacques pleu­rait, se désespérait, implorant de prompts secours pour son ami. Le lendemain, les jour­naux racontèrent l’accident, et les amants ayant toujours été aussi prudents que lâches, la pen­sée qu’un crime avait pu être commis ne vint à personne. Jacques en fut quitte pour expliquer la large morsure de Michel, en disant qu’un clou de la barque lui avait déchiré la joue.

Il fallait attendre au moins treize mois. Les amants s’étaient concertés à l’avance et avaient décidé qu’ils agiraient avec la plus grande prudence. Ils évitèrent de se voir ; ils ne se rencontrèrent que devant témoins.

Le moindre empressement aurait peut-être éveillé les soupçons.

Jacques, pendant les huit premiers jours, alla régulièrement à la Morgue6 chaque matin.

Quand il eut retrouvé et reconnu sur une des dalles blanches le cadavre de Michel, il le réclama au nom de la veuve et le fit enterrer. Il avait commis froidement le crime, et il éprouva un frisson d’épouvante en face de sa victime, horriblement défigurée, toute marbrée de taches bleues et vertes. Dès lors, il eut toujours devant les yeux le visage gonflé et grimaçant du noyé.

Dix-huit mois s’écoulèrent. Les amants se virent rarement; à chaque rencontre, ils éprouvèrent un étrange malaise. Ils attribuèrent cette sensation pénible à la peur, à l’âpre désir qu’ils avaient d’en finir avec cette funèbre histoire, en se mariant et en goûtant enfin les douceurs de leur amour. Jacques souffrait surtout de sa solitude; les dents de Michel avaient laissé sur sa joue des traces blanches, et il semblait parfois au meurtrier que ces cicatrices brûlaient sa chair et dévoraient son visage. Il espérait que Suzanne, sous ses baisers, apaiserait la cuisson des terribles brûlures.

Quand ils crurent avoir assez attendu, ils se marièrent, et toutes leurs connaissances applau­dirent. Ils goûtèrent, pendant les préparatifs de la noce, une joie nerveuse qui les trompa eux­mêmes. La vérité était que, depuis le crime, ils frissonnaient tous deux la nuit, secoués par d’ef­frayants cauchemars, et qu’ils avaient hâte de s’unir contre leur épouvante pour la vaincre.

Lorsqu’ils se trouvèrent seuls dans la cham­bre nuptiale, ils s’assirent, embarrassés et inquiets, devant un feu clair qui éclairait la pièce de larges clartés jaunes.

Jacques voulut parler d’amour, mais sa bou­che était sèche, et il ne put trouver un mot; Suzanne, glacée et comme morte, cherchait en elle avec désespoir sa passion qui s’en était allée de sa chair et de son coeur.

Alors, ils essayèrent d’être banals et de causer comme des gens qui se seraient vus pour la pre­mière fois. Mais les paroles leur manquèrent. Tous deux ils pensaient invinciblement au pau­vre noyé, et, tandis qu’ils échangeaient des mots vides, ils se devinaient l’un l’autre. Leur cause­rie cessa; dans le silence, il leur sembla qu’ils continuaient à s’entretenir de Michel. Ce terri­ble silence, plein de phrases épouvantées et cruelles, devenait accablant, insoutenable. Suzanne, toute blanche dans sa toilette de nuit, se leva et, tournant la tête

« Vous l’avez vu à la Morgue? demanda-t-elle d’une voix étouffée.

- Oui, répondit Jacques en frissonnant.

- Paraissait-il avoir beaucoup souffert ? »

Jacques ne put répondre. Il fit un geste, comme pour écarter une vision ignoble et odieuse, et il s’avança vers Suzanne, les bras ouverts.

« Embrasse-moi, dit-il en tendant la joue où se montraient des marques blanches.

- Oh ! non, jamais..., pas là ! » s’écria Suzanne qui recula en frémissant.

Ils s’assirent de nouveau devant le feu, effrayés et irrités. Leurs longs silences étaient coupés par des paroles amères, par des reproches et des plaintes.

Telle fut leur nuit de noces.

Dès lors, un drame navrant se passa entre les deux misérables. Je ne puis en raconter tous les actes, et je me contente d’indiquer brièvement les principales péripéties.

Le cadavre de Michel se mit entre Jacques et Suzanne. Au lit, ils s’écartaient l’un de l’autre et semblaient lui faire place. Dans leurs baisers, leurs lèvres devenaient froides, comme si la mort se fût placée entre leurs bouches. Et c’étaient des terreurs continuelles, des effrois brusques qui les séparaient, des hallucinations qui leur mon­traient leur victime partout et à chaque heure.

Cet homme et cette femme ne pouvaient plus s’aimer. Ils étaient tout à leur épouvante. Ils ne vivaient ensemble que pour se protéger contre le noyé. Parfois encore ils se serraient avec force l’un contre l’autre, s’unissaient avec désespoir, mais c’était afin d’échapper à leurs sinistres visions.

Puis la haine vint. Ils s’irritèrent contre leur crime, ils se désespérèrent d’avoir troublé leur vie à jamais. Alors ils s’accusèrent mutuellement. Jacques reprocha amèrement à Suzanne de l’avoir poussé au meurtre, et Suzanne lui cria qu’il mentait et qu’il était le seul coupable. La colère accroissait leurs angoisses, et chaque jour, pour le moindre souvenir, la querelle recom­mençait, plus âpre et plus cruelle. Les deux assassins tournaient ainsi comme des bêtes fau­ves, dans la vie de souffrance qu’ils s’étaient faite, se déchirant eux-mêmes, haletants, obligés de se taire.

Suzanne regretta Michel, le pleura tout haut, vanta au meurtrier les vertus de sa victime, et Jacques dut vivre en entendant toujours parler de cet homme qu’il avait jeté à l’eau et dont le cadavre était si horrible sur une dalle de la Morgue. Il avait souvent des heures de délire, et il accablait sa complice d’injures, la battait, lui répétait avec des cris l’histoire du meurtre, et lui prouvait que c’était elle qui avait tout fait, en lui donnant la folie de la passion.

S’il n’avait eu peur de trop souffrir, il se serait coupé la joue, pour enlever les traces des dents de Michel. Suzanne pleurait en regardant ces cicatrices, et le visage de Jacques était devenu pour elle un objet d’horreur dont la vue la secouait d’un éternel frisson.

Enfin se joua le dernier acte de ce drame poi­gnant. Après la haine, vinrent la crainte et la lâcheté ; les deux assassins eurent peur l’un de l’autre.

Ils comprirent qu’ils ne pouvaient vivre plus longtemps dans la fièvre du remords ; ils voyaient avec terreur leur abattement mutuel, et ils tremblaient en pensant que l’un d’eux par­lerait à coup sûr un jour ou l’autre.

Alors ils se surveillèrent ; leurs souffrances étaient intolérables, mais ils ne voulaient pas la délivrance par le châtiment. Ils se suivirent par­tout, ils s’étudièrent dans leurs moindres actes ; à chaque nouvelle querelle, ils se menaçaient de tout dire, puis ils se suppliaient à mains jointes de garder le silence, et ils restaient soupçonneux et farouches. Vie terrible, qui les traînait dans toutes les angoisses du remords et de l’effroi.

Ils en vinrent chacun à l’idée de se débarras­ser d’un complice redoutable. Suzanne espérait vivre plus calme, lorsqu’elle ne verrait plus la joue couturée de Jacques, et Jacques pensait pou­voir tuer son premier crime en tuant Suzanne.

Un jour, ils se surprirent, versant mutuelle­ment du poison dans leurs verres. Ils éclatèrent en sanglots, leur fièvre tomba, et ils se jetèrent dans les bras l’un de l’autre. Ils pleurèrent long­temps, demandant pardon, comprenant leur infa­mie, se disant que l’heure était venue de mourir. Ce fut là une dernière crise qui les soulagea.

Ils burent chacun le poison qu’ils avaient versé, et expirèrent à la même heure, liés dans la mort comme ils avaient été liés dans le crime. On trouva sur une table leur confession, et c’est après avoir lu ce testament sinistre, que j’ai pu écrire l’histoire de ce mariage d’amour.

 

Émile Zola (1840-1902), « Un mariage d’amour », nouvelle publiée dans Le Figaro en décembre 1866

1. L’histoire proprement dite est reproduite intégralement. Seules ont été coupées une quinzaine de lignes introductives de Zola qui expliquent les circonstances de rédaction de cette nouvelle. 2. partie de campagne: promenade à la campagne. 3. Corbeil: ville située non loin de Paris, au confluent de la Seine et de l’Essonne. 4. futaies : forêt d’arbres. 5. en fut quitte pour expliquer : n’eut qu’à expliquer. 6. Morgue: institut médico-légal où l’on entrepose les cadavres à identifier.

 

Les points de vue

Par Magiprof - publié le jeudi 6 février 2014 à 07:08 dans Fiches Mme Merlen et aides

http://www.ralentirtravaux.com/lettres/cours/points_vue.php




http://www.ralentirtravaux.com/lettres/cours/points_vue_interne_externe_zero.php



 S’entraîner!

Rencontre avec Emdé - lundi 27 janvier 2014

Par Magiprof - publié le vendredi 31 janvier 2014 à 12:31 dans Activités avec mes élèves

Lundi, nous avons rencontré le carnettiste Emdé.


GRand moment de partage et d’émotion : merci à tous!!!


Voyagitude

http://voyagitudes.over-blog.com/


6ème H enthousiaste!! et quelques carnets de nos voyages imaginaires...




 

La 6ème D




Page précédente | Page 1 sur 3 | Page suivante
Documents complémentaires pour enrichir mes cours.
«  Janvier 2017  »
LunMarMerJeuVenSamDim
 1
2345678
9101112131415
16171819202122
23242526272829
3031 

Derniers commentaires

- <%RecentCommTitle%>

Canal RSS

Abonnement




Hit-parade