Français - blog de la 1er S 2 du lycée Queneau d'Yvetot

Pour lire Montaigne dans le texte...

Par lissonnv - 16:02, mercredi 15 novembre 2017 .. Lien


Le texte de Montaigne en français ancien (XVIe siècle)

Par lissonnv - 16:01, mercredi 15 novembre 2017 .. Lien

Pour tout cecy, je ne veux pas qu’on emprisonne ce garçon, je ne veux pas qu’on l’abandonne à la colere et humeur melancholique d’un furieux maistre d’escole : je ne veux pas corrompre son esprit, à le tenir à la gehenne et au travail, à la mode des autres, quatorze ou quinze heures par jour, comme un portefaiz : Ny ne trouveroys bon, quand par quelque complexion solitaire et melancholique, on le verroit adonné d’une application trop indiscrette a l’estude des livres, qu’on la luy nourrist. Cela les rend ineptes à la conversation civile, et les destourne de meilleures occupations. Et combien ay-je veu de mon temps, d’hommes abestis, par temeraire avidité de science ? Carneades s’en trouva si affollé, qu’il n’eut plus le loisir de se faire le poil et les ongles. Ny ne veux gaster ses meurs genereuses par l’incivilité et barbarie d’autruy. La sagesse Françoise a esté anciennement en proverbe, pour une sagesse qui prenoit de bon’heure, et n’avoit gueres de tenue. A la verité nous voyons encores qu’il n’est rien si gentil que les petits enfans en France : mais ordinairement ils trompent l’esperance qu’on en a conceuë, et hommes faicts, on n’y voit aucune excellence. J’ay ouy tenir à gens d’entendement, que ces colleges où on les envoie, dequoy ils ont foison, les abrutissent ainsin.

Au nostre, un cabinet, un jardin, la table, et le lict, la solitude, la compagnie, le matin et le vespre, toutes heures luy seront unes : toutes places luy seront estude : car la philosophie, qui, comme formatrice des jugements et des meurs, sera sa principale leçon, a ce privilege, de se mesler par tout. Isocrates l’orateur estant prié en un festin de parler de son art, chacun trouve qu’il eut raison de respondre : Il n’est pas maintenant temps de ce que je sçay faire, et ce dequoy il est maintenant temps, je ne le sçay pas faire : Car de presenter des harangues ou des disputes de rhetorique, à une compagnie assemblée pour rire et faire bonne chere, ce seroit un meslange de trop mauvais accord. Et autant en pourroit-on dire de toutes les autres sciences : Mais quant à la philosophie, en la partie où elle traicte de l’homme et de ses devoirs et offices, ç’à esté le jugement commun de tous les sages, que pour la douceur de sa conversation, elle ne devoit estre refusée, ny aux festins, ny aux jeux : Et Platon l’ayant invitée à son convive, nous voyons comme elle entretient l’assistence d’une façon molle, et accommodée au temps et au lieu, quoy que ce soit de ses plus hauts discours et plus salutaires.

Æquè pauperibus prodest, locupletibus æque,
Et neglecta æquè pueris senibusque nocebit.

Ainsi sans doubte il choumera moins, que les autres : Mais comme les pas que nous employons à nous promener dans une galerie, quoy qu’il y en ait trois fois autant, ne nous lassent pas, comme ceux que nous mettons à quelque chemin dessigné : aussi nostre leçon se passant comme par rencontre, sans obligation de temps et de lieu, et se meslant à toutes noz actions, se coulera sans se faire sentir. Les jeux mesmes et les exercices seront une bonne partie de l’estude : la course, la lucte, la musique, la danse, la chasse, le maniement des chevaux et des armes. Je veux que la bien-seance exterieure, et l’entre-gent, et la disposition de la personne se façonne quant et quant l’ame. Ce n’est pas une ame, ce n’est pas un corps qu’on dresse, c’est un homme, il n’en faut pas faire à deux. Et comme dit Platon, il ne faut pas les dresser l’un sans l’autre, mais les conduire également, comme une couple de chevaux attelez à mesme timon. Et à l’ouïr semble il pas prester plus de temps et de solicitude, aux exercices du corps : et estimer que l’esprit s’en exerce quant et quant, et non au contraire ?

Au demeurant, cette institution se doit conduire par une severe douceur, non comme il se fait. Au lieu de convier les enfans aux lettres, on ne leur presente à la verité, qu’horreur et cruauté : Ostez moy la violence et la force ; il n’est rien à mon advis qui abatardisse et estourdisse si fort une nature bien née. Si vous avez envie qu’il craigne la honte et le chastiement, ne l’y endurcissez pas : Endurcissez le à la sueur et au froid, au vent, au soleil et aux hazards qu’il luy faut mespriser : Ostez luy toute mollesse et delicatesse au vestir et coucher, au manger et au boire : accoustumez le à tout : que ce ne soit pas un beau garçon et dameret, mais un garçon vert et vigoureux. Enfant, homme, vieil, j’ay tousjours creu et jugé de mesme. Mais entre autres choses, cette police de la plus part de noz colleges, m’a tousjours despleu. On eust failly à l’adventure moins dommageablement, s’inclinant vers l’indulgence. C’est une vraye geaule de jeunesse captive. On la rend desbauchée, l’en punissant avant qu’elle le soit. Arrivez y sur le point de leur office ; vous n’oyez que cris, et d’enfants suppliciez, et de maistres enyvrez en leur cholere. Quelle maniere, pour esveiller l’appetit envers leur leçon, à ces tendres ames, et craintives, de les y guider d’une troigne effroyable, les mains armées de fouets ? Inique et pernicieuse forme. Joint ce que Quintilian en a tres-bien remarqué, que cette imperieuse authorité, tire des suittes perilleuses : et nommément à nostre façon de chastiement. Combien leurs classes seroient plus decemment jonchées de fleurs et de feuillées, que de tronçons d’osiers sanglants ? J’y feroy pourtraire la joye, l’allegresse, et Flora, et les Graces : comme fit en son eschole le philosophe Speusippus. Où est leur profit, que là fust aussi leur esbat. On doit ensucrer les viandes salubres à l’enfant : et enfieller celles qui luy sont nuisibles.

 



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En France, embellie par l’imagination de Treitschke, l’histoire prospère. En 1906, dans la préface de sa Bibliographie des chemins de fer, de Villedeuil ajoute, parmi les conséquences médicales présumées du voyage en train, la danse de Saint-Guy produite par les trépidations. Il évoque aussi la cécité en utilisant un terme médical vieilli : les chemins de fer « enflammeraient la rétine » à cause de la succession fugace des images, toujours sans donner de référence, malgré les 826 pages que compte ce recueil bibliographique5 ! En 1957, un article de L’Express, à l’occasion des 120 ans de l’inauguration de la ligne Paris-Saint-Germain, explique que, dans les années 1840, des « pythies sinistres » annonçaient que les chemins de fer « provoqueraient des maladies nerveuses, voire l’épilepsie et la danse de Saint-Guy », qu’ils « enflammeraient la rétine et feraient avorter les femmes enceintes ». L’auteur ajoute : « Ce ne sont pas là les marmonnements de rebouteux, mais des prophéties communiquées publiquement à l’académie de médecine6. » L’histoire est par la suite reprise dans des livres de vulgarisation et des manuels d’histoire du supérieur. Elle entre dans la culture commune7.

Notons pour conclure qu’en 1860, alors que se cristallisait la rumeur d’une crainte liant folie et chemins de fer, la médecine et les tribunaux commençaient à étudier (et indemniser) les traumatismes nerveux causés par les accidents ferroviaires, ce qui n’avait rien à voir avec la danse de Saint-Guy8. En fait, les innombrables plaintes, procès et pétitions ne s’opposaient pas aux chemins de fer mais aux accidents qu’ils provoquaient et aux compagnies soupçonnées de faire des économies au détriment de la sécurité des voyageurs. La sécurité actuelle des systèmes ferroviaires est l’heureuse héritière de ces contestations.

Extrait de l’introduction de

Jean-Baptiste Fressoz, L’apocalypse joyeuse, une histoire du risque technologique, éd. Du Seuil, 2012.


Un lien intéressant ici pour aller plus loin :

https://www.histoire-image.org/etudes/premiers-chemins-fer


Résultat de recherche d’images pour "publicité chemin de fer XIX"





Fiche descriptive de la séquence 1 (possibles changements dans l’année)

Par lissonnv - 10:01, mercredi 25 octobre 2017 .. Lien



Les pages qui suivent dans le recueil "Au Coeur du monde" de Candrars (1924-1929) Ed. Poésie/Gallimard

Par lissonnv - 09:57, mercredi 25 octobre 2017 .. Lien





Blaise Cendrars ; "Dans le rapide de 19h40", synthèse de la lecture analytique :

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Edward HOPPER (peintre américain, 1882-1967) : American locomotive

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Jacques Prévert "Pour toi mon amour",

Par lissonnv - 07:14, jeudi 19 octobre 2017 .. Lien
Pour comprendre la vision de l’amour, libéré des "chaînes" que le poème de Cendrars doit exprimer, tout comme Jacques Prévert (1900-1977) l’exprime à sa manière pleine de provocation, dans ce poème :




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Documents, ressources de cours et liens en français à destination des premières S2 du lycée Queneau à Yvetot. Professeur : V. Lissonnet

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