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[659] - Accueillir un écrivain en classe

Il s’agissait de recueillir l’expérience et les idées des collègues qui avaient déjà reçu un écrivain dans leur classe : préparation de la rencontre, déroulement, exploitation... La synthèse se présente comme un recueil organisé de témoignages.
Synthèse mise en ligne par Valentine Dussert.

 

Préparation de la rencontre

Au collège
- « Au collège, j’ai eu l’occasion de rencontrer des écrivains. C’était grâce à un projet mis en place par les documentalistes de plusieurs établissements. Nous lisions plusieurs livres jeunesse (tous les genres) puis faisions une sélection. L’année d’après la dizaine de livres était proposée aux élèves (niveau 3e et 2e BEP). Ils lisaient à leur rythme (tout, en partie, très peu). »
- « J’ai préparé la venue par la lecture ou l’étude d’une ou plusieurs œuvres avec les élèves. Puis on prépare des questions. Pour ne pas en rester là, j’aimais bien faire imaginer d’autres choses aux élèves : des jeux, des pubs, un journal de lecture, des séances un peu décalées... Avec des 6ème, on avait fait le procès de l’auteur... Elle a super bien joué le jeu. Un excellent souvenir... Généralement cela se passe bien mais cela dépend aussi de la personnalité de l’auteur. Certains sont très sympa, d’autres plus en retrait... »
Au lycée
- « Avant la venue de l’écrivain, les élèves lisent un de ses ouvrages. Nous le travaillons ensuite : lectures analytiques, analyse des principaux personnages, thèmes, structure de l’ouvrage. Puis les élèves préparent une série de questions que nous envoyons à l’écrivain. »
- « Parfois, j’ai obtenu des brouillons de l’écrivain que j’avais fait étudier en amont, c’est intéressant pour les élèves, qui découvrent le "travail du style" d’un écrivain VIVANT ... »
- « Dans mon lycée, nous avons un projet qui s’intitule "Rencontres d’auteurs" et dans ce cadre nous recevons des écrivains (ou des libraires). En général, les élèves doivent lire en lecture cursive une œuvre de l’invité, puis élaborer une rencontre en posant des questions, avec un porte-parole différent pour chaque question. »
- « J’ai demandé à mes élèves de lire l’œuvre indiquée, dans la mesure du possible (en fait nous disposions de peu de temps !). Ou une autre. Je leur ai demandé de préparer des questions : sur le roman, sur le métier, la publication, l’écriture, la source, les conditions de travail, etc. En général les élèves ne manquent pas d’idées. Cela a tout à fait occupé le temps de la rencontre. »
- « Avec "Les petites fugues" en Franche-Comté, nous venons d’accueillir Véronique Ovaldé ; un collègue de BTS avait travaillé sur le thème tours et détours, après lecture de plusieurs romans et repérages, j’avais quant à moi préparé une carte d’identité rapide + photos, débuts de romans, frappants chez cet auteur + 1ère de couverture. »

Déroulement de la rencontre

Au collège
- « Selon les disponibilités des écrivains, un venait parler de son métier, de son livre, de sa passion. Ces échanges étaient fructueux et donnaient envie aux élèves qui n’avaient pas lu le livre ou qui n’avaient pas lu du tout de se lancer dans la lecture. Ils changeaient aussi de regard sur le métier d’écrivain. »
Au lycée
- « Lorsque l’écrivain vient, il se présente, puis répond aux questions préparées par les élèves : généralement, il explique comment il crée, (ce miracle de la création), dans quelles conditions, il explique le choix du titre... Il pose aussi des questions aux élèves pour savoir comment ils ont compris son ouvrage, comment ils l’ont interprété. Quelquefois, il apporte des documents (brouillons, photographies, extraits musicaux...). C’est un véritable échange entre les élèves et lui. Un petit goûter préparé par les élèves (biscuits, jus de fruit) termine souvent la rencontre. »
- « En ce qui me concerne, je fais souvent intervenir des écrivains dans mes classes de 1ère STI (Michelle Tourneur, Patrice Salsa, Carine Fernandez...). Ce sont toujours des rencontres fructueuses pour les élèves qui ne sont pourtant pas de grands lecteurs. Pendant la rencontre, ils prennent des notes (soit les réponses à chaque question, soit en se partageant la tâche à 2 ou 3, pour qu’ils ne restent pas le nez collé sur leur feuille). [...] En général, ces rencontres marchent très bien. »
- « Cette année, au lycée, j’ai la chance que les documentalistes aient mis en place un projet avec un écrivain. Cette fois-ci, un atelier d’écriture est proposé aux élèves de seconde (une classe générale, une classe Pro). Ils le verront tous les 15 jours de janvier jusqu’à fin mai (2h). Ils vont écrire des textes sur la ville, sur leur ville (description, création de personnages, dialogue...). Pour le moment, ils sont allés au CDI pour lire des textes sur la naissance des banlieues, sur la vision des banlieues (textes informatifs et articles de presse). La semaine prochaine, la documentaliste leur lira des passages d’un roman de l’écrivain (type biographie), et le présentera ainsi que le projet. A la rentrée, la première séance permettra à l’écrivain de les rencontrer et d’échanger. L’atelier d’écriture proprement dit débutera la semaine d’après. »
- « La rencontre s’est très bien passée, car Véronique Ovaldé est non seulement une pointure, mais simple et vivante, et a parlé aussi de l’édition qui est son nouveau métier... Une collègue avait une année travaillé en création façon Oulipo pour recevoir Robert Bobert et les élèves avaient relié leurs écrits pour le lui offrir ».

Exploitation en classe après la rencontre

- « Ensuite, on exploite la rencontre de manière variée : par exemple, en Première, les élèves doivent pouvoir rendre compte à l’oral de l’E.A.F. de la rencontre qui est présentée comme une activité-classe. En Seconde, pour la dernière rencontre en date, nous avons mis au point ensemble une transcription partielle de l’entretien pour le journal du lycée : à eux de taper le texte et de le donner aux rédacteurs... Peut-être mettrons-nous aussi cette interview sue le site du lycée. »
- « Après la rencontre, je leur ai demandé d’écrire une préface, ou un article portant par exemple sur la rencontre, sur un point traité... »
- « Je n’ai jamais fait vraiment d’exploitation après (sinon un débat, une discussion) car le travail préparatoire a toujours été important. »

Réflexions et jugements

- « Mais je restais souvent sur ma faim car la pratique même de l’écriture restait abstraite et de ce point de vue je trouvais que la rencontre ne permettait pas aux élèves d’envisager les difficultés que rencontre l’écrivain. Ils continuaient de le voir comme quelqu’un qui a des facilités pour écrire et qui ne rencontre pas les difficultés auxquelles ils doivent faire face. [...] Je reste persuadée qu’une simple rencontre avec un écrivain n’est pas suffisante même si les élèves en tirent souvent quelque chose. Tout dépend aussi de la personnalité de l’écrivain (je me souviens d’une qui avait renvoyé en cours des élèves sous prétexte que le demi-groupe était trop nombreux. Je vais la voir pour lui faire remarquer qu’elle est en train de charger le groupe n°2. Elle me répond avec agressivité devant les élèves qui n’ont pas apprécié son ton désobligeant, du coup la séance était tendue. Son intervention était du blabla sur le lecteur... bref = sans intérêt). Il est donc bon de pouvoir rencontrer l’écrivain avant ou de communiquer avec lui afin de lui dire ce que sont les attentes des élèves, du prof... les siennes... »
- « Bref, les possibilités sont nombreuses et il faut à mon avis en profiter pour sortir des sentiers battus et laisser libre cours à son imagination...Il va sans dire que les élèves ne jouent pas toujours le jeu et que cela les ennuie parfois tout autant qu’un travail plus classique... »

Merci à Annie, Hélène Chaillot, Céline Saux, Emilie Carlie, Agnès Conquet, Régine Banse.


Ce document constitue une synthèse d’échanges ayant eu lieu sur Profs-L (liste de discussion des professeurs de lettres de lycée) ou en privé, suite à une demande initiale postée sur cette même liste. Cette compilation a été réalisée par la personne dont le nom figure dans ce document. Fourni à titre d’information seulement et pour l’usage personnel du visiteur, ce texte est protégé par la législation en vigueur en matière de droits d’auteur. Toute rediffusion à des fins commerciales ou non est interdite sans autorisation.
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Violaine Gaubert-Gombouka

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