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[736] - "Ciel" ou "Dieu" au théâtre

Il s’agissait de savoir pourquoi dans Dom Juan de Molière, on parle du « Ciel », et non pas de « Dieu ».
Toutes les réponses reçues vont dans le même sens : la bienséance voulait qu’on ne prononce pas le nom de Dieu sur scène.
Synthèse mise en ligne par Sarah Pépin.

 

Réponses des colistiers

- On ne pouvait prononcer le nom de "DIEU", sauf dans des formules toutes faites (comme : "mon Dieu !", "Dieu merci !") sur une scène de théâtre. Donc, chaque fois, on disait à la place : "CIEL", mais le sens des propos est le même.

- Du point de vue religieux, on n’avait pas - on ne l’a toujours pas chez les puristes- le droit chez les catholiques, d’employer le nom de Dieu, sauf dans les prières, sous peine de blasphème, ce qui était fort grave et puni ! C’est la raison pour laquelle, dans les jurons anciens, il y a souvent "bieu", "bleu" et autres sons proches pour ne pas prononcer le nom de Dieu. 
Molière allait avoir déjà pas mal d’ennuis, il n’allait pas y ajouter le blasphème caractérisé.

- Il est écrit quelque part (dans les évangiles ? dans les Dix commandements ?) qu’on ne doit pas prononcer "en vain" le nom de Dieu. Donc, le XVIIe s. respectant à la lettre ce genre d’obligation, les personnages disent "le Ciel" au lieu de "Dieu".

- La religion ne peut "paraître" sur la scène. "Ciel" serait alors un euphémisme pour Dieu.

- Le mot Dieu avec la majuscule aurait choqué au théâtre (l’imprononçable comme disent les Juifs). Entorse donc à la bienséance. Alors que "les dieux", récurrent dans les tragédies (le Panthéon grec évidemment) ne choquait pas du tout. De même Tartuffe est un dévot "laïc" car il n’était pas du tout possible de placer un vrai ecclésiastique sur scène .


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Laure Dechavanne

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