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[780] - Initiation à la dissertation

Il s’agissait de recenser les diverses méthodes pour initier des élèves de Seconde à la dissertation et de trouver des sujets sur lesquels chacun puisse s’exprimer, malgré le faible nombre de références littéraires.
Synthèse mise à jour le 27-07-11 par Corinne Durand Degranges.

 

Conseils

- Commencer par réfléchir collectivement sur un sujet d’écrit : faire chercher des arguments, les noter au tableau, les classer et chercher ensuite des exemples : cela permet aux élèves de réaliser qu’ils ont des références, grâce aux lectures faites en collège par exemple.
- Procéder à l’analyse du sujet, à la recherche de références dans les textes du corpus ou dans d’autres textes étudiés pendant l’année puis à l’élaboration du plan.
- Faire un cours magistral ou distribuer une fiche-méthode sur la dissertation.
- Donner des exercices ciblés aux élèves. Par exemple : élaborer un plan détaillé, rédiger une introduction, etc.

Méthode 1 : donner un sujet de dissertation en fin de séquence

- Donner un sujet sur l’objet d’étude qu’on vient de traiter permet aux élèves d’avoir de nombreux exemples que tout le monde les comprend puisque ce sont les références communes à la classe. Cela justifie par ailleurs la révision des textes étudiés lors de la séquence et cela permet, même aux élèves faibles et très médiocres lecteurs, de réussir l’exercice. Savoir, au début de la séquence, qu’elle s’achèvera par une dissertation sur cet objet d’étude les encourage à s’intéresser aux cours, justifie la prise de notes et la relecture de ces notes. Au début, on peut autoriser le classeur qui sert surtout aux élèves sérieux qui savent où retrouver l’exemple pertinent.
- On peut ajouter aux textes de la séquence un corpus à lire en lecture cursive.
- Partir d’un groupement ou d’une œuvre qu’on vient d’étudier permet aux élèves d’avoir un appui. Par exemple, pour le roman, on peut proposer le sujet : " Comment le roman peut-il nous donner une vision du monde ?" après avoir étudié Bel-Ami. Certes, ce sont des sujets de type agrégation, "sur programme", mais les élèves voient ainsi comment exploiter ce qu’ils ont lu.
- Proposer un sujet de type bac, en lien avec l’objet d’étude étudié, avec un corpus de 3 textes environ, dans lequel on place au moins un extrait de l’oeuvre étudiée en classe, ou un texte du groupement. Il ne faut pas oublier qu’au bac, il ne faut plus sanctionner les élèves qui ne citent aucun autre texte que ceux du corpus.

Méthode 2 : travailler à partir de fiches de lecture

- Cette méthode a été expérimentée d’avril à juin, presque exclusivement en modules.
- Au préalable, à partir de février-mars, les élèves transforment tous les textes et œuvres étudiés en "fiches de lecture".
- Puis, deux modules d’une heure sur la méthode : comment on travaille au brouillon pour savoir analyser le sujet, apprendre à repérer le type de plan. L’application se fait sur des sujets du bac : au début les élèves ne comprennent rien aux sujets puis ils comprennent que par exemple s’il y a "vouée à ", le sujet comporte une idée d’obligation ou de restriction et cela induit nécessairement un plan dialectique. Ils se prennent au jeu. A chaque fois il faut faire repérer l’objet d’étude qui correspond à un genre ou sous-genre littéraire.
- Ensuite, devoir maison. Le travail préparatoire se fait sur "qu’est-ce qu’un bon roman ?" : ils doivent trouver les titres des grandes parties, pour la fois suivante ils cherchent des arguments et/ou des exemples. Le plan est élaboré en classe.
- Puis un module sur la correction du plan détaillé : pour chaque argument on propose un ou deux exemples d’œuvres, soit en utilisant les œuvres lues en classe soit en leur présentant d’autres livres qu’on les incite à lire ; pour les "mauvais lecteurs", on peut conseiller de lire au moins quelques extraits de l’œuvre et de faire une fiche.
- Enfin, un module sur la troisième partie, beaucoup plus complexe, qui fait réinvestir le travail sur le roman réaliste et naturaliste. Les élèves ont le troisième paragraphe à rédiger seuls, en classe ou à la maison.
- Pour finir : un devoir d’une heure sur un autre sujet de dissertation.

Méthode 3 : donner un sujet vaste et facile à comprendre

- Pour commencer d’emblée in medias res, le sujet suivant : "qu’attendez-vous de la lecture d’une œuvre littéraire ?".
Cela permet aux élèves de démarrer assez vite parce que la question est facile à comprendre.
Cela leur permet également de placer des arguments assez basiques : se laisser emporter par une histoire, s’identifier aux personnages, etc. Le professeur pourra ensuite introduire des aspects plus littéraires : découvrir une vision du monde, avoir un plaisir d’ordre esthétique etc.

- Un sujet très simple qui fonctionne même avec des secondes : "La littérature ne sert-elle qu’à divertir ?"

Méthode 4 : donner d’abord un sujet de « réflexion »

- Pour les Secondes, on ne travaille pas d’abord la dissertation type bac mais on l’approche d’une façon détournée, en leur faisant rédiger une réflexion, à laquelle on se garde bien de donner un autre nom qu’argumentation, sur une œuvre étudiée : ça peut être un travail sur les fonctions de personnages au théâtre, sur les lieux dans un roman etc. Cela peut même être un bilan d’une séquence « Lycéens au cinéma ».

- En fin de séquence sur le roman, on pose une question du type dissertation mais qui n’est pas annoncée comme telle. Les élèves y répondent si possible sous la forme d’un débat. Ils remarquent que la réponse est multiple et que le sujet pose donc problème.

- Le cours magistral a lieu ensuite, pour définir la dissertation, ses objectifs, les compétences nécessaires pour la développer et la rédiger.

Méthode 5 : mener le travail sur toute l’année

- De temps en temps au cours de l’année, on demande aux élèves de lister des arguments et des exemples précis à partir des thèmes que l’on étudie. Par exemple, dans le cadre de l’argumentation sur le thème des voyages : « quels intérêts y a-t-il à voyager ? ». Cela permet également de faire la synthèse des textes étudiés en cours. Par exemple, à partir du travail de l’écriture : « un écrivain a-t-il moins de valeur s’il s’inspire des auteurs qui l’ont précédé ? ». Ils doivent en trouver trois ou quatre arguments chacun, et on les met ensuite en commun en les regroupant enfin par critères, thèmes, thèse/antithèse.
Et à la fin de l’année, ils travaillent sur des sujets de dissertation assez faciles. Par exemple, sur le théâtre : « Quels intérêts peut-on retirer de la lecture ou de la représentation d’une tragédie classique ? ».
Le professeur en profite a posteriori pour leur faire noter dans la marge ou en guise de synthèse méthodologique les étapes pour analyser un sujet et lui trouver des arguments et exemples, reformuler la problématique et élaborer un plan.
- Il pourrait être intéressant de fabriquer un tableau à trous avec des idées, des arguments et des exemples que les élèves devraient compléter avec leurs propres réflexions et connaissances.
- Pour chaque objet d’étude, on demande aux élèves de faire des anthologies littéraires à l’intérieur desquelles ils vont présenter, selon certaines consignes, les différents textes qu’ils auront choisis.

Méthode 6 : mettre en place un jeu de rôle

- Commencer à initier les élèves à l’argumentation en leur proposant une sorte de jeu de rôles.
- Par exemple, à la suite de l’étude de la pièce de théâtre Phèdre : ils endossent un rôle qui va les placer dans un tribunal pour décider si oui ou non Phèdre est coupable. Certains prennent le rôle d’avocats, d’autres de jurés. Généralement, les élèves comprennent bien qu’ils doivent convaincre en utilisant des arguments illustrés d’exemples. C’est assez ludique, et très instructif : ils réutilisent des éléments vus en classe et pratiquent déjà la dissertation mais à l’oral.
- On peut alors facilement aborder la théorie.

Synthèse WebLettres
- [477] Initiation à la dissertation en 2de


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Denise Delepine

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