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Pour ou contre la nouvelle orthographe ?

Édito publié dans la WebLettre du mois de mars 2012.

Les habitués des listes d’échanges entre professeurs de français le savent : si l’on veut déclencher de vives empoignades entre collègues, il suffit de poser cette question : « pour ou contre la réforme de l’orthographe ? ». Le résultat ne se fait jamais attendre ; à peine la question posée, les passions se déchainent. Rapidement, les arguments les plus pertinents (quelle que soit l’opinion défendue) se trouvent noyés sous les propos excessifs, les traits d’ironie et autres noms d’oiseau. WebLettres a voulu comprendre ce qui se cachait derrière une telle passion.
L’association a voulu tenter d’y voir plus clair, ne serait-ce que pour vérifier si ceux qui crient le plus fort sont forcément ceux qui ont raison ou, tout au moins, ceux qui représentent le plus grand nombre.
Cent vingt personnes ont accepté de répondre à notre sondage et leurs réponses prouvent que le sujet continue d’enflammer les esprits. Nous avons pu lire quelques propos virulents jetant l’anathème sur quiconque ne partage pas telle conviction mais nous avons aussi découvert des propositions intéressantes, méritant réflexion. L’association remercie d’ailleurs toutes les personnes qui ont pris le temps de donner leur point de vue.
Ce sondage offre une photo contrastée qui, certes montre de fortes résistances, mais révèle aussi qu’une majorité des enseignants ayant répondu est prête à franchir le cap : 78% des personnes trouvent qu’il y a des éléments positifs dans la réforme mais 80% ne l’enseignent pas (par méconnaissance de celle-ci). Et si 34% pensent que la réforme leur fait perdre quelque chose contre 32% qui pensent y gagner quelque chose, 27% voudraient qu’elle aille plus loin !
À la lecture de ces résultats, il semble donc que les professeurs soient plus ouverts à cette réforme qu’on ne le laisse généralement entendre. Pourquoi ? Parce que l’orthographe recommandée aplanit d’inutiles difficultés, rend logique ce qui ne l’est pas sans toucher fondamentalement aux grands principes.
Alors, si ces changements n’ont d’autre but que de rendre l’enseignement plus agréable, plus pertinent, il faut bien se poser cette question : ne serait-il pas temps de s’y mettre... enfin ?

Consultez ce lien pour en savoir davantage sur l’orthographe recommandée

 

I) Vous et la nouvelle orthographe

A. Savez-vous de quand date la dernière réforme de l’orthographe ?
- 33,5% des personnes savent que c’est 1990.
- 30% donnent une autre date.*
- 27% ne savent pas.
- 6% répondent « oui », sans précision.
- 3,5% ne répondent pas.

*Parmi les 30% qui donnent une réponse approximative, on trouve :
- 55,5% pensent qu’elle date des années 90.
- 39% pensent qu’elle est après les années 90 (2000-2010).
- 5,5% des personnes pensent qu’elle est avant les années 90 (années 70).

B. Selon vous, sur quoi porte la nouvelle orthographe ?
(91 % d’opinions exprimées).

Parmi celles qui se sont exprimées :
- 97,5 % sur des points conséquents.*
- 2,5 % des détails insignifiants.

*Les changements perçus :
- 92 réponses sur la recherche d’harmonisation, de simplification dont : accents (25), traits d’union, ponctuation, tirets, autres signes (25), suppression des exceptions, difficultés, manque de logique (18).
- 54 réponses concernent l’orthographe lexicale dont : noms composés (9), féminisation de noms de métier (2), orthographe des nombres (7), phonétique (3), double consonne (15).
- 9 réponses concernent la grammaire dont : le participe passé (5).
- 4 réponses concernent la conjugaison.

C. Enseignez-vous la nouvelle orthographe ? Pourquoi ?
(96% d’opinions exprimées)
- 81% non
- 19% oui

Détail des réponses négatives :
- 23,4% non, par méconnaissance.
- 15,6% non, je suis hostile à cette réforme pour des raisons pédagogiques.
- 15,6% non, je suis hostile à cette réforme pour des raisons idéologiques.
- 14,7% non, mais je tolère les nouvelles graphies.
- 6,9 % non, parce que j’ai l’habitude de l’orthographe apprise à l’école.
- 4,3% non (sans autre explication).

Détail des réponses positives :
- 9,5% oui, je suis favorable à cette réforme.
- 9,5% oui, je m’y mets progressivement.

D. Quelles conséquences la nouvelle orthographe aurait-elle selon vous sur l’avenir de la langue, de l’enseignement de la langue ?
- 35,9 % s’opposent fortement à une nouvelle orthographe.*
- 21,6 % des personnes estiment que les conséquences seront positives.**
- 20,8 % que la nouvelle orthographe n’aura pas de conséquences réelles.
- 12,5 % ne répondent pas.
- 9,12 % présentent une réponse mitigée.***

*Les conséquences négatives :
- Perte des repères, des caractéristiques de l’histoire de la langue, de la compréhension, de la Littérature ; enseignement au rabais, démagogie ; manière de s’adapter à la nullité des apprenants donc contribuer à rendre les nouvelles générations crétines.

**Les principales conséquences positives :
- Gain de temps dans l’enseignement au profit des textes, plus de simplicité, plus de tolérance ; preuve de la vie de la langue ; évolution bénéfique car encadrée.

***Les réponses mitigées s’appuient sur le fait que :
- la population sera divisée en deux catégories ; les enseignants ne sont pas formés ou pas prêts.

II) Quelle évolution de la langue ?

A. Quels changements vous semblent bienvenus dans la réforme ?
(69 % d’opinions exprimées)
- 78,3 % pensent qu’il y a des changements bienvenus dans la réforme.*
- 21,7 % pensent qu’aucun changement n’est le bienvenu.

*Les changements bienvenus :
- Tous (18 % des réponses exprimées).
- Ceux amenant une cohérence et une simplification, la suppression d’exceptions.
Sont notamment signalés :
- Les changements concernant les accents et le tréma.
- Ceux concernant les traits d’union, dans les numéraux composés et les noms composés.
- Ceux qui touchent la conjugaison des verbes en -eler et -eter.
- Ceux concernant le pluriel des mots empruntés.
- Ceux qui concernent le pluriel des noms composés.
- L’accord du participe passé de « laisser » suivi d’un infinitif.

B. Si l’on vous demandait votre avis, que seriez-vous d’accord de changer dans l’orthographe ?
(75% d’opinions exprimées)
- 50% acceptent plus de modifications.*
- 18,5% ne veulent rien changer.
- 5% disent ne pas savoir quoi répondre.
- 1,5% souhaitent « changer la réforme » donc revenir à ce qui était avant la réforme.

*Parmi ceux qui acceptent plus de modifications :
- 60% souhaitent réformer l’orthographe grammaticale en profondeur et en priorité.**
- 30% souhaitent réformer l’orthographe lexicale en profondeur et en priorité.***
- 5% sont pour une réforme plus audacieuse soit par une observation puis une sélection des fautes faites logiquement soit par une adéquation graphie et son en utilisant des systèmes utilisés dans d’autres langues.
- 3,5% préfèrent que ce soient des spécialistes qui décident de ce qu’il faut réformer et ne se sentent pas compétents pour décider.
- 1% souhaite que l’orthographe grammaticale ET lexicale soient réformées.
- 0,5% ne précisent pas quels points seraient à modifier

**Les points d’orthographe grammaticale qui seraient à réformer sont les suivants :
- 27,8 % les accords du participe passé.
- 14,2% l’accord des adjectifs de couleur.
- 11 % la conjugaison des verbes en -dre, -eler ou -eter.
- 11% la conjugaison des verbes pronominaux.
- 11% la conjugaison des verbes irréguliers.
- 11% l’accord des noms composés.
- 2,8% la concordance des temps.
- 2,8% le subjonctif.
- 2,8% le Présent de l’Indicatif.
- 2,8% le pluriel des mots.
- 2,8% l’accord des numéraux.

***Les points d’orthographe lexicale qui seraient à réformer sont les suivants :
- 28,2% les exceptions mais 1/5 exclut les exceptions liées à l’étymologie alors que pour 2/5, ce sont surtout les exceptions liées à l’étymologie qui doivent être réformées.
- 21,5% les mots ayant plusieurs graphies.
- 17,3 % les doubles consonnes.
- 5,5% tel, tel que.
- 5,5% les adverbes.
- 5,5% le h muet, les consonnes muettes.
- 5,5% le trait d’union.
- 5,5% les mots d’origine étrangère.
- 5,5% l’accent circonflexe.

C. Que voudriez-vous ne voir changer sous aucun prétexte ?
(73% d’opinions exprimées)
- 16% tout ce qui concerne l’étymologie.
L’attachement aux racines grecques ou latines est le plus fort. L’idée de pouvoir lier les mots à leurs langues d’origine constitue le point récurrent. Une intervention signale toutefois que la langue espagnole est fondée sur la phonétique et qu’elle n’y a rien perdu.
- 14.9% l’orthographe grammaticale et les conjugaisons.
Les réponses combinent les accords nominaux et les accords sujet/verbe. La question de l’accord du participe passé est également présente. Plusieurs réponses marquent le souhait de le conserver.
- 13.5% tout doit rester tel quel.
L’avis est parfois justifié : on garde l’orthographe au nom du respect des traditions (comme on garde les vestiges architecturaux), parce que nos grands-parents écrivaient sans faire de fautes, parce que ce serait trop difficile d’apprendre autre chose.
- 12.5% les accents.
L’attachement aux accents est parfois fondé sur des raisons étymologiques (garder la trace d’une lettre disparue) mais c’est aussi un attachement esthétique (notamment pour l’accent circonflexe).
- 11.4% rien n’est interdit.
Les remarques sont les suivantes : le changement est inéluctable (c’est l’évolution normale des langues) et il n’y a pas de raison de s’opposer à un changement s’il est logique et s’il fait l’unanimité.
- 11,4% l’orthographe lexicale.
Encore une fois, ce sont des raisons étymologiques qui sont le plus souvent citées (respects des racines des mots pour conserver la perception des familles de mots).
- 2.3% les noms composés.
Une réponse leur reproche leur pluriel, une autre leur soudure.
- 1.1% les nombres composés.
Regret de traits d’union.
- 1.1% les lettres finales muettes.
Maintenir les finales quand elles interviennent au féminin (petit / petite).
- 1.1% les noms propres.
Autres :
- 5,7% réponses épidermiques impossibles à interpréter.
- 4,5% réponses trop générales pour être interprétées.
- 4,5% réponses qui relèvent de la grammaire et non de l’orthographe.

III) Espoirs et résistances

A. Que pensez-vous gagner / perdre avec la nouvelle orthographe ?
Une question complexe : certaines réponses n’évoquent qu’un aspect de la question -sans qu’on sache toujours s’il s’agit de gain ou de perte-, d’autres évoquent les deux aspects en se plaçant du côté des professeurs et de celui des élèves ; certaines réponses semblent hors sujet.
- 32,5 % sans réponse.
- 23,33 % pensent perdre quelque chose.*
- 21,6 % pensent gagner quelque chose avec la nouvelle orthographe.**
- 18,33 % pensent qu’il n’y a rien à gagner ni à perdre.***
- 4,2 % autre réponse.

*Les pertes liées à la nouvelle orthographe
- Cela ferait perdre le sens de la langue, la culture et l’histoire ; les élèves -et les futurs adultes- y perdraient en lisibilité et gagneraient en médiocrité et en laxisme. On perdrait aussi une certaine magie de la langue.

**Les gains de la nouvelle orthographe :
- Cela toucherait à la simplification et à la clarification de la langue ; permettrait d’éradiquer la phobie de l’orthographe, l’idée que la langue française est difficile ; cela réconcilierait les élèves avec la langue ; permettrait aux professeurs d’être des professeurs de lettres et non d’orthographe.

***Ni gain ni perte :
- La réforme est trop timide ; elle ne touche pas le vrai problème, qui est d’ordre grammatical et non lexical.

B. Selon vous, d’où vient cette passion, ces jugements si tranchés sur la nouvelle orthographe ? Quelles cordes sensibles l’orthographe fait-elle vibrer ?
(79.2% d’opinions exprimées, une réponse pouvant comporter plusieurs avis).
Remarque préalable : la question n’a pas laissé indifférent. La plupart des réponses proposent des réponses très tranchées (pour ou contre) confortant l’esprit même de la question, l’orthographe suscite jugements tranchés et passions.
- 30,5% l’orthographe est perçue comme une valeur culturelle (identité française), c’est la raison pour laquelle sa modification provoque des résistances.
- 17,9% la résistance face à la nouvelle orthographe est liée à un attachement au passé (nostalgie ou passéisme selon l’opinion de la personne qui répond).
- 16,9% l’orthographe permet de créer une élite (l’observation relève d’un jugement négatif ou positif).
- 11,6% l’orthographe est un outil qui permet d’évaluer les élèves.
- 8,4% l’orthographe représente un code, une loi que tout le monde n’est pas prêt à transgresser ou abolir.
- 8.4% ne répondent pas directement (réponses hors sujet ou mouvement d’humeur)
- 5, 3% la résistance à une nouvelle orthographe est liée à la difficulté de son apprentissage. Simplifier l’orthographe pour les plus jeunes serait injuste pour ceux qui ont dû l’apprendre dans toute sa difficulté.
- 1% ne sait pas.

C. À votre avis, refuser de changer l’orthographe ou vouloir la changer vous positionne-t-il idéologiquement voire politiquement ?
(71.7% d’opinions exprimées)
- 36.6 % non.*
- 35 % oui.**

*Aucun positionnement :
- On constate une évolution constante de l’orthographe, selon une certaine « logique ». Les changements sont simplement liés à une simplification.
- Refuser le changement relève d’une « rigidité psychologique » ou d’un « clivage entre paresse et courage » (selon l’opinion défendue).
- Vouloir changer marque un désir volonté de « céder au jeunisme ».
- Plusieurs réponses sont ironiques.

**Positionnement idéologique voire politique :
- Pour 7.5 %, il s’agit de conservatisme.
Selon les points de vue, les uns parlent de ce refus comme d’un « nationalisme chauvin typique de la France », d’une crispation sur « le mirage d’une orthographe figée », d’une « peur de la jeunesse » ou d’une « forme de corporatisme », tandis que les autres refusent de « céder à la facilité », d’« abaisser leurs exigences ».
- Trois réponses évoquent un enjeu démocratique en considérant l’orthographe comme sélective.
- Une réponse conclut en affirmant que vouloir ou refuser un changement d’orthographe est « éminemment politique ».

IV) Si vous enseignez (ou pensez enseigner) la nouvelle orthographe, merci de répondre à ces questions.

A. Faites-vous encore référence à l’ancienne orthographe ?
(25% d’opinions exprimées)
- 96% oui.
- 4% non.

B. Concrètement, qu’enseignez-vous à vos élèves qui relève de la nouvelle orthographe ?
(35% d’opinions exprimées)
- Les accents, et surtout les accents circonflexes (8 réponses).
- La conjugaison (8 réponses).
- Tout, au hasard des rencontres (7 réponses).
- Les deux graphies des mots si besoin, pour montrer que l’orthographe n’est pas figée (6 réponses).
- Le trait d’union (5 réponses).
- Les nombres (4 réponses).
- Le pluriel des noms composés (3 réponses).
- Un professeur a affiché les dix règles principales dans sa salle de classe.
- Le mot « Clé » seulement (1 réponse).
- Rien (9 réponses)*

*Détail :
- Deux personnes signalent tout faire pour ne pas enseigner la nouvelle orthographe.
- Deux personnes estiment que pour l’instant le problème ne se situe pas dans l’enseignement de l’orthographe, mais de celui de la grammaire.
- Une personne parle de l’existence de la réforme pour montrer l’intérêt de l’orthographe traditionnelle.
- Une personne apporte une réponse à caractère ironique écrite en phonétique.
- Un professeur répond pour expliquer qu’il ne se sent pas concerné car il n’enseigne pas le français.

C. Êtes-vous vigilant aux documents ou aux manuels utilisés tout au long de l’année ?
(41% d’opinions exprimées).
- 43% non
- 39% oui
- 10% parfois
- 8% autres réponses
Ne comprend pas la question, n’utilise pas de manuel etc.

D. Si vous enseignez en 3e, vérifiez-vous que les dictées et les questions posées au brevet soient conformes à la nouvelle orthographe ?
(33% d’opinions exprimées)
- 55% non
- 30% oui
- 28 % divers
N’enseigne pas en 3e, enseigne en Belgique etc.

E. Pensez-vous avoir déjà pénalisé un élève qui faisait usage de la nouvelle orthographe ?
(47.5% d’opinions exprimées)
Plutôt non
- 26,6 % non.
- 2,5 % ne pensent pas avoir pénalisé d’élève (sans en être sûr).
Plutôt oui
- 7,5 % oui mais ce n’était pas intentionnel (méconnaissance de la nouvelle orthographe).
- 5,9 % oui et c’est volontaire (refus d’accepter la nouvelle orthographe).
- Oui sans précision 4,2 %.
Autre
- Une réponse ironique.





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