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[1091] - Etudier un roman contemporain en première L

La question était de découvrir des romans contemporains à faire étudier à une classe de 1ère L.
Synthèse mise en ligne par Murielle Taïeb.

 

- ADAM O., A l’abri de rien
Dépassée par les évènements, Marie se sent mal dans sa vie. Seuls son mari et ses enfants semblent la rattacher à sa vie. Mais, lorsqu’elle rencontre des immigrés clandestins, elle décide de les aider en leur donnant tout ce qu’elle possède : vêtements, argent... S’enfonçant dans la dépression, la jeune femme n’arrive plus à discerner ses priorités et délaisse les siens au profit de ces hommes qui ont tout quitté pour un monde meilleur.
- BENAMEUR J., Les Insurrections singulières
Parcours de lutte et de rébellion, voyage au centre de l’héritage familial, aventure politique intime et histoire d’une rédemption amoureuse, Les Insurrections singulières emboite les pas d’abord incertains d’un fils d’ouvrier en délicatesse avec lui-même. Entre la France qu’on dit profonde et la terre nouvelle du Brésil, sur les traces d’un pionnier oublié de la sidérurgie du XIXe siècle, Jeanne Benameur signe le roman d’une mise au monde.
- CARRERE E., L’Adversaire
C’est l’histoire d’un incroyable mensonge qui finit dans le sang. Pendant dix-huit ans, Jean-Claude Romand a fait croire à tout le monde, même à ses proches, qu’il avait réussi ses examens de médecine, passé l’internat et qu’il était devenu chercheur à l’OMS. En janvier 1993, le faux médecin assassinait sa femme, ses enfants et ses parents.
- CHALANDON S., Le Quatrième mur (Prix Goncourt des Lycéens 2013)
« L’idée de Samuel était belle et folle : monter l’Antigone de Jean Anouilh à Beyrouth. Voler deux heures à la guerre, en prélevant dans chaque camp un fils ou une fille pour en faire des acteurs. » Plaît aux élèves mais certains ont du mal à entrer dans l’histoire. Séquence sur la NRP. Demande à être bien contextualisé.
- CLAUDEL P., Le Rapport de Brodeck
« Je m’appelle Brodeck et je n’y suis pour rien. Je tiens à le dire. Il faut que tout le monde le sache. Moi ne n’ai rien fait, et lorsque j’ai su ce qui venait de se passer, j’aurais aimé ne jamais en parler, ligoter ma mémoire, la tenir bien serrée dans ses liens de façon à ce qu’elle demeure tranquille comme une fouine dans une nasse de fer. »
- DAOUD K., Meursault contre-enquête
Un homme, tel un spectre, soliloque dans un bar. Il est le frère de l’Arabe tué par Meursault dans L’Étranger, le fameux roman d’Albert Camus. Il entend relater sa propre version des faits, raconter l’envers du décor, rendre son nom à son frère et donner chair à cette figure niée de la littérature : « l’Arabe ».
- DARRIEUSSECQ M., Naissance des fantômes
Roman sur la disparation d’un mari. Le mari qui descend chercher du pain et ne revient jamais, c’est une chose qui arrive, aussi incroyable que cela paraisse ! Les faits divers l’attestent. La narratrice abandonnée peuple sa solitude de fantômes. Mais il ne s’agit pas de simples figures de style ou de symboles déprimants de sa nouvelle solitude.
- ECHENOZ J., Envoyée spéciale
Constance étant oisive, on va lui trouver de quoi s’occuper. Des bords de Seine aux rives de la mer Jaune, en passant par les fins fonds de la Creuse, rien ne devrait l’empêcher d’accomplir sa mission. Seul problème : le personnel chargé de son encadrement n’est pas toujours très bien organisé.
- FERNEY A., Grâce et dénuement
Dans un décor de banlieue, une bibliothécaire décide d’initier à la lecture des enfants gitans privés de scolarité. Marche bien avec les élèves qui sont fascinés par l’histoire et l’intrication fiction/réel.
- FERNEY A., Dans la Guerre
Roman historique dans lequel on suit l’aventure de Prince, un chien soldat, et de son maître. La vie sur le front et à l’arrière à travers des personnages attachants.
- GARDE F., Ce qu’il advint du sauvage blanc
Au milieu du XIXe siècle, Narcisse Pelletier, un jeune matelot français, est abandonné sur une plage d’Australie. Dix-sept ans plus tard, un navire anglais le retrouve par hasard : il vit nu, tatoué, sait chasser et pêcher à la manière de la tribu qui l’a recueilli. Il a perdu l’usage de la langue française et oublié son nom. Que s’est-il passé pendant ces dix-sept années ?
- GERMAIN S., Petites scènes capitales
« L’amour, ce mot ne finit pas de bégayer en elle, violent et incertain. Sa profondeur, sa vérité ne cessent de lui échapper, depuis l’enfance, depuis toujours, reculant chaque fois qu’elle croit l’approcher au plus près, au plus brûlant. L’amour, un mot hagard. »
- GERMAIN S., Magnus (Prix Goncourt des Lycéens 2005)
« D’un homme à la mémoire lacunaire, longtemps plombée de mensonges puis gauchie par le temps, hantée d’incertitudes, et un jour soudainement portée à incandescence, quelle histoire peut-on écrire ? »
- GREMILLON H., Le Confident
« Camille vient de perdre sa mère. Parmi les lettres de condoléances, elle découvre un étrange courrier, non signé. Elle croit d’abord à une erreur mais les lettres continuent d’arriver, tissant le roman de deux amours impossibles, de quatre destins brisés. Peu à peu, Camille comprend qu’elle n’est pas étrangère au terrible secret que cette correspondance renferme. »
- GRIMBERT P., Un Secret
Souvent les enfants s’inventent une famille, une autre origine, d’autres parents. Le narrateur de ce livre, lui, s’est inventé un frère. Un frère aîné, plus beau, plus fort, qu’il évoque devant les copains de vacances, les étrangers, ceux qui ne vérifieront pas... Et puis un jour, il découvre la vérité, impressionnante, terrifiante presque. Et c’est alors toute une histoire familiale, lourde, complexe, qu’il lui incombe de reconstituer. Une histoire tragique qui le ramène aux temps de l’Holocauste, et des millions de disparus sur qui s’est abattue une chape de silence.
- HOUELLEBECQ M., La Carte et le territoire
L’art, l’argent, l’amour, le rapport au père, la mort, le travail, la France devenue un paradis touristique sont quelques-uns des thèmes de ce roman, résolument classique et ouvertement moderne.
- HUSTON N., Lignes de failles (Prix Femina – 2006 ; Prix France Télévisions - Roman – 2006)
Entre un jeune Californien du XXIe siècle et une fillette allemande des années 1940, rien de commun si ce n’est le sang. Pourtant, de l’arrière-grand-mère au petit garçon, chaque génération subit les séismes politiques ou intimes déclenchés par la génération précédente.
- JOLLIEN A., Eloge de la faiblesse
Récit autobiographique prenant. Alexandre Jollien, handicapé moteur, a, de par sa pugnacité et son intelligence, su tirer profit de cet handicap. Il nous invite par ailleurs à une réflexion sur la distinction entre le normal et l’anormal.
- KERANGAL M., Corniche Kennedy
Une séquence dans le manuel Hatier. « Les petits cons de la corniche. La bande. On ne sait les nommer autrement. Leur corps est incisif, leur âge dilaté entre treize et dix-sept, et c’est un seul et même âge, celui de la conquête : on détourne la joue du baiser maternel, on crache dans la soupe, on déserte la maison. » Le temps d’un été, quelques adolescents désœuvrés défient les lois de la gravitation en plongeant le long de la corniche Kennedy.
- KERANGAL M., Réparer les vivants (Prix Relais des voyageurs lecteurs – 2014 ; Grand Prix RTL- Lire – 2014 ; Prix France Culture- Télérama – 2014)
Le roman d’une transplantation cardiaque. Telle une chanson de gestes, il tisse les présences et les espaces, les voix et les actes qui vont se relayer en vingt-quatre heures exactement. Séquence Folio. Plaît beaucoup, l’histoire touche les élèves mais ce n’est pas une œuvre facile à cause de l’originalité du style et de l’écriture
- LEMAITRE P., Au revoir là-haut (Prix Goncourt – 2013 ; Prix France Télévisions - Roman – 2013)
Ils ont miraculeusement survécu au carnage de la Grande Guerre, aux horreurs des tranchées. Albert, un employé modeste qui a tout perdu, et Edouard, un artiste flamboyant devenu une « gueule cassée », comprennent vite pourtant que leur pays ne veut plus d’eux. Désarmés, condamnés à l’exclusion, mais refusant de céder au découragement et à l’amertume, les deux hommes que le destin a réunis imaginent alors une escroquerie d’une audace inouïe. Roman adapté en bande dessinée.
- MARTINEZ C., Du Domaine des murmures (Prix Goncourt des Lycéens 2011)
En 1187, le jour de son mariage, devant la noce scandalisée, la jeune Esclarmonde refuse de dire "oui" : elle veut faire respecter son vœu de s’offrir à Dieu, contre la décision de son père, le châtelain régnant sur le domaine des Murmures. La jeune femme est emmurée dans une cellule attenante à la chapelle du château, avec pour seule ouverture sur le monde une fenestrelle pourvue de barreaux. Mais elle ne se doute pas de ce qui est entré avec elle dans sa tombe.
- MODIANO P., Dora Bruder
« J’ignorerai toujours à quoi elle passait ses journées, où elle se cachait, en compagnie de qui elle se trouvait pendant les mois d’hiver de sa première fugue et au cours des quelques semaines de printemps où elle s’est échappée à nouveau. C’est là son secret. Un pauvre et précieux secret que les bourreaux, les ordonnances, les autorités dites d’occupation, le Dépôt, les casernes, les camps, l’Histoire, le temps - tout ce qui vous souille et vous détruit - n’auront pas pu lui voler. »
- N’DIAYE M., Trois femmes puissantes (Prix Goncourt 2009)
Trois récits, trois femmes qui disent non. Elles s’appellent Norah, Fanta, Khady Demba. Chacune se bat pour préserver sa dignité contre les humiliations que la vie lui inflige avec une obstination méthodique et incompréhensible.
- O’TOOLE P., La Conjuration des imbéciles (Prix Pulitzer 1981)
À trente ans passés, Ignatus vit encore cloîtré chez sa mère, à La Nouvelle-Orléans. Harassée par ses frasques, celle-ci le somme de trouver du travail. C’est sans compter avec sa silhouette éléphantesque et son arrogance bizarre… Chef-d’œuvre de la littérature américaine, portrait d’un Don Quichotte yankee inclassable, et culte.
- PAGANO E., Les Mains gamines
Une histoire terrible : une enfant pendant une année scolaire tout entière, en CM2, est tous les jours systématiquement violée par les garçons de sa classe – tous les garçons sauf un. Aujourd’hui, le temps a passé. Elle est domestique de l’un de ses anciens tortionnaires. Elle écrit dans un carnet, elle essaie de dépasser cette histoire qui est aussi un secret collectif, elle n’y arrive pas...
- QUIGNARD P., Villa Amalia
Ann Hidden plaque tout après la trahison de l‘être aimé, pire elle efface tout jusqu’à changer d’identité. Mais peut-on disparaitre totalement ?
- DE ROSNAY T., Elle s’appelait Sarah
Paris, juillet 1942 : Sarah, une fillette de dix ans qui porte l’étoile jaune, est arrêtée avec ses parents par la police française, au milieu de la nuit. Paniquée, elle met son petit frère à l’abri en lui promettant de revenir le libérer dès que possible. Paris, mai 2002 : Julia Jarmond, une journaliste américaine mariée à un Français, doit couvrir la commémoration de la rafle du Vel d’Hiv. Soixante ans après, son chemin va croiser celui de Sarah, et sa vie changer à jamais.
- SORMAN J., La Peau de l’ours
Le narrateur, hybride monstrueux né de l’accouplement d’une femme avec un ours, raconte sa vie malheureuse. Ce roman en forme de conte, qui explore l’inquiétante frontière entre humanité et bestialité, nous convie à un singulier voyage dans la peau d’un ours. Une manière de dérégler nos sens et de porter un regard neuf et troublant sur le monde des hommes.
- DE VIGAN D., Les Heures souterraines
Roman sur la violence silencieuse. Au cœur d’une ville sans cesse en mouvement, multipliée, où l’on risque de se perdre sans aucun bruit.
- DE VIGAN D., Rien ne s’oppose à la nuit
« Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l’écho inlassable des morts, et le retentissement du désastre. Aujourd’hui je sais aussi qu’elle illustre, comme tant d’autres familles, le pouvoir de destruction du verbe, et celui du silence. »
- DE VIGAN D., D’Après une histoire vraie (Prix Renaudot 2015, Prix Goncourt des Lycéens 2015)
Dans ce roman aux allures de thriller psychologique, Delphine de Vigan s’aventure en équilibriste sur la ligne de crête qui sépare le réel de la fiction. Ce livre est aussi une plongée au cœur d’une époque fascinée par le Vrai.

Synthèses à consulter

[954] - Roman contemporain à étudier en première


Ce document constitue une synthèse d’échanges ayant eu lieu sur Profs-L (liste de discussion des professeurs de lettres de lycée) ou en privé, suite à une demande initiale postée sur cette même liste. Cette compilation a été réalisée par la personne dont le nom figure dans ce document. Fourni à titre d’information seulement et pour l’usage personnel du visiteur, ce texte est protégé par la législation en vigueur en matière de droits d’auteur. Toute rediffusion à des fins commerciales ou non est interdite sans autorisation.

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Violaine Theraroz

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