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[146] - Science-fiction ou fantastique : « les corridors de l’espace-temps »

Afin d’élaborer une séquence qui distingue Science-fiction et fantastique, il s’agissait de trouver une nouvelle courte de science-fiction qui aborde ce que Van Herp appelle « les corridors de l’espace-temps ».
Le projet consistait à comparer une nouvelle de Science-fiction à d’autres, fantastiques celles-là, de J. STERNBERG et J. RAY dans lesquelles on voit le héros soit entrer dans un espace qu’il est le seul à percevoir (La ruelle ténébreuse, Rues de RAY et Les pas de Sternberg), soit découvrir que son espace a disparu (L’erreur de Sternberg).

 

Références d’ouvrages

- En BD, Enki BILAL est incontournable (et il sort un film Immortel), de même que MOEBIUS.

Pour ce qui est d’un espace qui a disparu, il y aurait peut-être ce récit :
- Arthur CLARKE, Le mur de Ténèbres, nouvelle issue du recueil Les neuf milliards de noms de Dieu (librio). L’histoire est celle d’un pays qui se trouve bloqué côté nord par un immense mur dont on ne sait rien : ni le nom de ceux qui l’ont érigé, ni l’époque, ni la raison. On ne connaît pas non plus la taille de ce mur ni même la matière qui le compose. Et il faut des semaines pour s’en approcher. Bref, il s’avère à la fin que ce mur serait le bout de l’univers, sa limite, sa fin. J’aime beaucoup la phrase qui clôt le récit : « Mirage insensé. Mieux que personne, en effet, il (le héros) savait que le Mur ne possédait qu’un seul côté ».
Je ne sais pas si ce récit est bien de la SF. Cela me fait plutôt penser à une nouvelle de Borges...

- Charles L. HARNESS, L’enfant en proie au temps dans le volume 2 de L’anthologie de la science fiction chez Librio (préfacée par Jacques Sadoul). L’histoire est celle d’une jeune fille qui, grâce à une machine, voyage dans le temps et se trouve être sa propre mère.

- Robert HEINLEIN, La maison biscornue, (And he built a crooked house, 1941). Nouvelle.

- Jack LEWIS, Qui a copié ? dans le volume 2 de L’anthologie de la science fiction chez Librio, la courte nouvelle de permet de découvrir à travers un échange de lettres entre un auteur et un éditeur, les déboires dudit auteur. Celui-ci en effet voit tous ses manuscrits refusés parce qu’un individu mystérieux envoie systématiquement le même récit aux mêmes éditeurs mais AVANT lui.

- Lewis PADGETT, (pseudonyme de Henry Kuttner et Catherine Moore), Tous schmouales étaient les Borogoves, nouvelle traduite à l’origine par Boris Vian (Mimsy were the Borogoves, 1943).

- A. E. Van VOGT, Les armureries d’Isher, (The weapon shops of Isher, 1951), roman. Une exploitation grandiose en son genre : si je me souviens à peu près, un infortuné journaliste, parce qu’il a ouvert une porte qu’il n’aurait jamais dû ouvrir, est la tragique victime d’un jeu de balançoire temporelle qui n’aboutit à rien de moins, comme le suggère la fin, que... l’origine de l’univers ! (le début, la fin et un passage médian peuvent être facilement isolés du reste du roman).

- Richard MATHESON, Escamotage (13 pages), in La dimension fantastique. Librio n° 150.
- Theodore STURGEON, Hier c’était lundi (20 pages), in La dimension fantastique 2. Librio n° 234.
Bien que dans des recueils de textes dits fantastiques, ces deux nouvelles me semblent relever de la SF la frontière n’est pas toujours aisée à délimiter.
Vous avez raison. Et la littérature anglo-saxonne se moque particulièrement de nos classifications. Je pense au « fantasy » particulièrement. Ceci étant, comme il faut bien donner quelques repères avant de les brouiller à nouveau..., on est contraint de montrer aux élèves des textes nettement « typés » et ce n’est pas toujours évident.

Références cinématographiques

- A la fin du film (parce que ce n’est pas visible dans la nouvelle) 2001, Odyssée de l’espace de S. KUBRICK, il y a le trajet dans l’espace, matérialisé par un long cheminement dans un tunnel strié et coloré.
- A. WACHOWSKI, Matrix (le premier film)
- Je crois qu’il y a aussi un trajet simulé dans le film Contact de R. ZEMECKIS (avec Jodie Foster) à la fin, quand elle a fini de construire la machine sur les plans qui lui ont été envoyés précises.
- Je confirme, vous devez pouvoir vous servir d’extraits de Contact. Une jeune femme embarque seule pour un voyage dans l’espace, elle passe dans des couloirs qu l’amènent vers d’autres mondes, on montre au spectateur ce qu’elle voit, qui elle rencontre puis elle revient sur Terre (pense-t-elle) s’évanouit... On la sort de la navette, elle est persuadée d’avoir passé des heures dans ces mondes alors qu’il ne s’est écoulé que quelques minutes sur Terre et que sa navette n’a pas bougé. C’est entre SF et fantastique (à la Todorov).

Séries télé

- Plusieurs épisodes de Stargate de R. D. ANDERSON.
- Quelques épisodes de Babylon 5 de R. COMPTON.
- Plusieurs épisodes de Star Trek nouvelle génération de G. RODDENBERRY.
Dans les séries, le principe est toujours le même : à la suite d’un contact avec un objet inconnu d’origine extra-terrestre ou du dérèglement d’un appareil, le ou les héros se retrouvent dans une sorte de monde parallèle.

Les séries Star Trek sont très riches, voici quelques références pour la série Star Trek Nouvelle Génération (avec Patrick Stewart dans le rôle du Capitaine Picard) qui semblent correspondre à ce que vous cherchez, il y en a beaucoup d’autres :
- Saison 5, épisode Lumière intérieure : le capitaine Picard est atteint par rayon émis par une sonde d’origine inconnue et se retrouve simple tisserand sur la planète Kata où il va vivre toute une vie d’homme. A la fin de l’épisode, il revient à lui sur son vaisseau et constate que son évanouissement n’a duré que quelques minutes.
- Saison 5, épisode Déphasage : pris dans une expérience romulienne bizarre, deux membres d’équipage découvrent qu’ils ne peuvent être ni vus, ni entendus par leurs compagnons qui les croient morts. Tout finit par s’arranger.
En faisant une recherche avec Google, vous trouverez certainement des sites dédiés aux différentes séries afin de vous familiariser avec leurs "mythologies" respectives. Vous pouvez également contacter le magazine Génération séries
qui a consacré de nombreux articles à ces séries.

Quelques remarques de colistiers

Ce que je trouve formidable dans la SF, c’est d’une part l’utilisation qui est faite des grands mythes et textes littéraires et d’autre part la dimension critique et humaniste. C’est souvent un bon support pour travailler l’argumentation, aussi bien au collège qu’au lycée.
En littérature, mes préférés sont :

- BARJAVEL, La nuit des temps
- Ray BRADBURRY, Chroniques martiennes, Fahrenheit 451, Un remède à la mélancolie
- Frank HERBERT, Dune
- A. HUXLEY, Le meilleur des mondes
- ORWELL, 1984
- WELLS, La guerre des mondes
Il existe également une anthologie SF chez Librio Une histoire de la science-fiction en 3 volumes, de Jacques Sadoul avec une bonne introduction au genre.
On peut consulter le site portail NooSFere
Au cinéma, la plupart des classiques du genre ont fait l’objet d’une adaptation. Parmi mes films préférés, il y a :
- L. BESSON, Le Cinquième Elément
- B. HASKIN, La Guerre des Mondes
- S. SPIELBERG, A. I., Intelligence Artificielle

À propos de votre demande d’un traitement de science-fiction du thème de l’accès (ou de la perte d’accès) à des « lieux » étrangers à la configuration spatio-temporelle perçue comme normalité (disons, notre monde ordinaire) : c’est effectivement un thème où les possibilités de cerner des spécificités de la science-fiction sont particulièrement réduites. Les postulats relatifs à la multiplicité des dimensions, des univers, aux rapports espace-temps, etc. sont trop éloignés de nos repères empiriques ou rationnels pour être distingués de ceux de la magie, du surnaturel, du mystère incompréhensible. D’un point de vue littéraire, la puissance du verbe de science-fiction proviendra sans doute surtout de références mathématiques ou cosmogoniques plus ou moins floues...


Ce document correspond à la synthèse de contributions de collègues professeurs de lettres échangées sur la liste de discussion Profs-L ou en privé, suite à une demande initiale postée sur cette même liste. Cette compilation a été réalisée par la personne dont le nom figure dans ce document. Ce texte est protégé par la législation en vigueur. Fourni à titre d’information seulement et pour l’usage personnel du visiteur, il est protégé par les droits d’auteur en vigueur. Toute rediffusion à des fins commerciales ou non est interdite sans autorisation.




Françoise Chatelain

Professeur de français en Belgique, niveau lycée à l’Athénée Royal de La Louvière



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