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[214] - Comment occuper la première heure de l’année en Seconde

Que faire lors de la première heure de cours en Seconde, après les présentations et les formalités administratives ? Telle a été la question à laquelle les colistiers ont été nombreux à répondre.

 

Dans l’ensemble, d’après l’enquête, les professeurs accordent un statut à part à ces premières heures, entre la fin du collège, les vacances, et le lycée. Les propositions vont principalement dans deux directions : initier les élèves aux « techniques » du travail en Seconde, en proposant un échantillon représentatif des activités, et favoriser une ouverture d’esprit pour commencer l’année en beauté : ouverture à la personnalité des élèves, à leur travail antérieur, au plaisir de la lecture et de l’écriture, à diverses questions existentielles. Ces deux aspects - méthodologie et questionnement - sont très souvent combinés en un savant dosage, variable selon le professeur.
Les contributions des colistiers sont classées des plus « existentielles » aux plus « méthodologiques ».
En outre, on trouvera en annexe les réflexions suscitées par une question proche posée sur la liste en septembre 2003, mais orientée plutôt sur l’art et la manière d’orchestrer les présentations d’usage.
En conclusion, nous débordons tous de créativité, il faudrait employer au moins tout le premier trimestre pour mettre en œuvre toutes ces propositions... et il faut avouer que les élèves ont bien de la chance d’avoir des profs géniaux comme nous !

Surtout pas de programme !

La première heure, LES premières heures, ce sont des heures bénies, et les plus importantes de l’année. Je ne leur parle surtout pas de programme !!! Je leur parle de leur chance d’étudier dans le cinquième pays le plus riche du monde ... de cette magie de l’eau courante, inconnue pour des centaines de millions d’individus ; magie de l’électricité, des soins remboursés... de la fragilité de notre planète de notre tardive apparition sur cette planète - à l’échelle d’une semaine, le repère J.C se situerait le dimanche soir, vers 23 H 59 ’ et des poussières ! De leurs objectifs à court terme/bac, à moyen terme/étudiant, à long terme/parents, citoyens du monde...
Puis, dans une seconde phase, comme je suis prof de lettres, je leur parle des mots, des langues, des jongleurs de mots... Je leur demande à tous d’écrire un texte qui commence par « Pour moi les mots sont comme... » ou « Pour moi les livres sont comme ... ». Je leur parle des écrivains, des textes....
BREF... de tout ce qui est vital, capital.....mais surtout pas de programme dans les deux premières heures !
(Jean-Yves Ragot)

A quoi sert le français ?

J’ai l’intention -comme l’éternelle répétition n’est pas ma tasse de thé- de traiter l’objet d’étude argumenter etc. d’une manière un peu particulière cette année. Dans le thème de l’éducation je vais me borner à la question « pourquoi lire ? »
J’ai un peu pompé l’idée dans le fascicule des 13 propositions de séquences qui accompagnent le nouveau manuel Bordas Français/Littérature Seconde de Aubrit & Labouret (p.28). Je vais m’en inspirer et reprendre cela selon mes goûts et y ajouter mes propres textes mais votre enquête me séduit comme mise en route. Les textes qui ont retenu mon attention chez Labouret sont les deux premiers (Flaubert & Stendhal). Je vais rajouter un extrait de Emile (« je hais les livres » écrit Rousseau) et diverses choses qui vantent « l’éducation pratique » pour donner plus de piquant.

Mieux connaître les élèves :

Cette année en Seconde j’ai testé l’écriture de l’autobiographie et ça a été une idée plutôt bien accueillie qui a permis en outre de beaucoup mieux connaître les élèves avant de commencer l’année et de pouvoir faire allusion à quelques événements lors de la rencontre parents profs.
Je recommencerai donc l’expérience l’an prochain.

Une petite idée que je présente en formation : une fiche de rentrée (format A3) sous la forme d’un schéma actantiel... Intérêt ? Mon premier cours est une (révision) présentation fonctionnelle de cet outil (tellement utile ensuite pour résumer une œuvre par exemple)
- L’élève (actant) est au centre du schéma (le « héros » de son année ; au « centre de la pédagogie » et en est « acteur »).
- Et puis l’on découvre ses adjuvants (grande sœur, collègue, notre rôle attendu ou rêvé...).
- Et mieux les obstacles qu’il devra vaincre (peurs, envies, activités parallèles... attention aux mythomanes : j’ai eu une élève violée, atteinte d’un cancer comme maman, en foyer parce que de parents divorcés et dont le frère handicapé venait de fuguer suite à la mort de sa grand-mère juive ancienne déportée... tout ça pour la même).
- Cela permet aussi de présenter (en amont) le / mon projet de l’année (français en Seconde) sous la même forme.
- Avec le CDI et les TICE comme adjuvants personnels.
- En fin d’année, de rendre ces fiches, de reparler de ces « destinataires » (bénéfices atteints) permet de passer un bon moment...
(P. Misandeau)

Il m’arrive de distribuer le questionnaire de Proust ; ils y répondent personnellement, puis ils découvrent les réponses de l’auteur.
Mais, plus souvent, je fabrique un faux questionnaire de Proust, plus adapté : ils jouent bien le jeu, et souvent m’en reparlent au cours de l’année ou à la fin (un élève m’a suggéré d’ailleurs de le leur redonner en juin, pour voir l’évolution)
(Liliane Martinet)

Chaque élève choisit une photo et fait comme s’il l’envoyait à un copain pour raconter ce qui l’a marqué à ce moment là... Vous aurez donc un recueil de lettres illustré et une vue très personnelle du voyage. La réalité risque d’y perdre beaucoup mais au profit de l’expression personnelle.
A l’occasion d’un voyage de classe auquel d’ailleurs je n’avais pas moi-même participé, on peut aussi demander de faire un mini compte rendu, rapport, etc. -je ne sais comment appeler cela- très subjectif du genre impressions de voyage, journal, carnet de route, évocation d’un moment fort, photo, gravure, carte postale à commenter. Cet aspect est plus littéraire que le reportage pur. La présentation est plutôt orale.
Problème : c’est un peu long car il faut passer tous les élèves et si certains ne font pas grand-chose, les heures menacent d’être vides. Il faut alors un tri préalable rédigé -même partiellement- des présentations.
(G-B)

J’ai aussi pratiqué la présentation de début d’année avec des variantes du genre : vous vous présentez OU vous présentez une gravure, une photo, un texte, un thème qui vous tient à cœur (5 min. environ).
C’est long... Encore une fois car il faut passer tous les élèves et l’année de travail démarre lentement par voie de conséquence. J’ai un peu abandonné cet exercice pour diverses raisons, sans que cela soit d’ailleurs définitif.
(GB)

Le plaisir de la lecture :

Pour répondre à votre question sur la première heure de seconde, elle est souvent employée à la lecture d’un conte initiatique, des Amérindiens ou du Japon, et après le pur plaisir de l’histoire, j’essaie d’introduire la notion de polysémie, et l’accès à une lecture symbolique.
(Danielle Trotzky)

Je commence par la présentation du programme sous forme d’un tableau que les élèves rempliront au fur et à mesure pendant l’année scolaire avec l’intitulé de nos séquences en regard des objets d’étude : le but est de les rendre conscients de la progression adoptée.
Ensuite, très vite, j’ouvre une séquence sur la lecture de nouvelles autour de la problématique : qu’est-ce que lire ? La réponse à venir sera, entre autres : « lire, c’est élire » (des indices, des interprétations...)
Mes premiers textes sont des nouvelles énigmatiques, à double sens, pour surprendre, aiguiser la curiosité et préparer la classe à la lecture analytique. Cette séquence est toujours appréciée par les élèves et mon seul souci est de ne pas leur proposer un texte déjà étudié au collège car l’effet serait raté : certaines nouvelles commencent à être un peu trop connues, hélas !
Compte tenu des demandes nombreuses qui m’ont été adressées en privé, je fais réponse sur la liste.
Rien de très original, je le crains, dans mon corpus. Je me suis largement inspirée de manuels et des échanges sur cette liste. Nous travaillons sur Quand Angèle fut seule, Lucien (Les Petits Outrages de C. Bourgeyx) mais aussi des textes où l’implicite est important : Vercors, Un petit garçon, Villiers de l’Isle Adam, Véra, avec son double dénouement. Parfois, j’ajoute une autre nouvelle fantastique : Les Souris (Buzzati, L’Ecroulement de la Baliverna) qui peut se lire à deux niveaux. J’accompagne ces études de lectures cursives appropriées, par ex : Kressman Taylor, Inconnu à cette adresse.
(Michèle Granier)

Le plaisir de l’écriture

Je leur fais lire « J’aime / J’aime pas » de Jacques Lacarrière ; nous commentons en cherchant à savoir pourquoi c’est un texte littéraire. Et ils fabriquent leur propre liste ensuite
La consigne : leur texte doit lui aussi jouer sur les mots, les sons, les rythmes ; créer la surprise, etc.
(Liliane Martinet)

En général, en Seconde, je les mets dans la situation de l’écrivain. Je leur demande d’écrire la première page d’un récit fantastique -20 lignes maximum.
Je bloque module et aide soit deux fois la moitié de la classe en début d’année pour analyser ces travaux. Je recopie certains débuts ou seulement certains passages.
Pourquoi X a-t-il choisi d’écrire à la première personne et Y a la troisième ? Pourquoi X a-t-il choisi de situer l’action dans la réalité quotidienne alors que Y l’a située dans un vieux manoir ? Etc.
Ce travail me permet bien sûr de définir les fonctions d’un début de roman mais surtout de les faire réfléchir.
- aux choix que doit faire l’écrivain - Quels choix ? - Choix conscients ou intuitifs ? - Pour accréditer l’invraisemblable, pour favoriser l’identification... (on peut immédiatement vérifier si l’auteur l’a fait exprès : il est là. Il peut répondre ! Et on a des surprises dans les deux sens : certains auteurs expliquent bien leur choix. D’autres sont surpris quand toute la classe reconnaît le personnage d’une série télé pas du tout fantastique auquel il n’avait pas pensé, par exemple.)
- aux savoirs du lecteur : les « constantes » du genre fantastique (ébauche d’une ébauche de « grille de lecture »)
- aux effets produits sur le lecteur qui va reconnaître le coup du vieux manoir (appel à sa culture) ou qui au contraire va être déconcerté (par rapport à sa culture) = le plaisir de lire !
Ce petit travail -non noté- me permet à la fois d’introduire ma séquence sur le fantastique et la méthodologie (?) de la lecture analytique.
Je peux ensuite proposer de faire le même travail sur le début d’un récit fantastique littéraire. Le troisième travail de ce type est noté. Ensuite, on passe à l’utilisation du fantastique dans des textes réalistes..
(Françoise Valette).

Prise de conscience de la culture personnelle :

Table des matières (titre, auteur, date et courant littéraire, thèmes, activités pratiquées, remarques personnelles) des textes et documents étudiés l’année précédente (valable pour les doublants). Cela permet entre autres des échanges selon établissements d’origine et montre qu’on ne recommence pas tout à zéro, ni chaque année, ni du collège au lycée.
(Françoise Delcour)

Remplir une frise chronologique, mais ce n’est pas très palpitant, ou alors les élèves sont complètement stressés car ils ont l’impression de ne rien connaître.

Présentation de la progression de l’année, du programme.

Moi, j’ai commencé cette année en leur faisant découvrir leur manuel de textes et les grandes lignes du programme par de petits exercices du genre : trouver un texte de tel auteur, de telle époque, appartenant à tel objet d’étude, trouver la biographie de tel auteur, des notions sur tel point... dans le manuel.
Puis j’ai enchaîné sur la notion de texte littéraire pour orienter le travail de l’année (chercher un texte littéraire, non littéraire, puis on creuse la notion à l’aide de différents exercices et lectures) ; ça a plutôt bien fonctionné, je recommencerai peut-être.
(Danielle Mauffrey)

Je me souviens de la proposition d’un(e) colistier(e) qui, en début d’année, faisait découvrir le manuel en proposant un questionnaire aux élèves... J’ai essayé, ça marche assez bien : surtout, les élèves ne peuvent plus ignorer ensuite que leur manuel propose un sommaire, un index... J’en ai profité pour leur signaler que le manuel ne s’utilise pas uniquement en cours, qu’ils peuvent l’utiliser pour leur travail personnel même lorsque la consigne ne le précise pas. Là, j’avoue que le résultat n’est guère probant...

Cette démarche me paraît surtout intéressante pour ceux qui changent de manuel cette année : sachant que le manuel sera réutilisé les années suivantes, on peut améliorer le questionnaire... et/ou le concevoir en équipe !
(P.Mazon)

Technique de rédaction, méthode de lecture analytique, d’argumentation :

Les deux premières semaines sont généralement consacrées à trois activités :
- Un test d’évaluation, qui me permet d’organiser l’A.I. très vite.
- Une (ou plusieurs) comparaison(s) de couples de textes -l’un littéraire, l’autre non- sur le même « thème », afin de (tenter de) faire percevoir l’importance du « comment cela est-il dit », et le lien entre procédé d’écriture et sens.
- Une (re)mise en place de la technique de rédaction d’une réponse à l’écrit.
(Christine)

Personnellement je lance un travail sur la prise de notes : un échange avec les élèves sur pour quoi prendre des notes, accompagné dans les heures suivantes d’expériences qui mettent en lumière l’influence de l’organisation sur la mémorisation. Cette « séquence » dure une petite semaine et se poursuit par des exercices de courts exposés d’élèves qui correspondent à ce qu’on étudie en classe. Ce travail sur les notes est poursuivi tout au long de l’année avec le contenu du cours.
(J.P. Bouveret )

Petit travail écrit non noté mais ramassé du type « conseillez (ou déconseillez) un livre ou un film lu ou vu pendant les vacances », ce qui permet ensuite de démarrer sur une séquence « éloge et blâme » ou de réviser le paragraphe argumentatif.

L’un des manuels, parmi les quatorze kilogrammes reçus en spécimen (Bréal) propose une activité « quand le texte s’éclaire » : il s’agit -sauf erreur de compréhension - de présenter la démarche d’analyse des textes, à partir d’un extrait d’une oraison funèbre de Bossuet. Les auteurs invitent les élèves à « vaincre cette résistance stimulante », mais la population à laquelle j’enseigne n’a pas vraiment le goût des luttes cérébrales...

ANNEXE :

La fameuse première heure !!!!

D’abord, je dis bonjour, écris mon prénom et mon nom au tableau et je leur fais écrire les réponses à des questions que je note au tableau. Rien sur ce que l’administration peut me fournir en cas de besoin, comme l’adresse, la profession de leurs parents mais plutôt sur les raisons qui les ont amenés dans notre établissement, quel(s) métiers les attireraient, ce qui les a touchés, intéressés, impressionnés, fait grandir durant les deux années passées, quel est le film qui leur a plu dans les mois précédents.
Il n’y a aucune obligation pour eux de répondre, certains s’y refusent pour tout ou partie, d’autres le font « scolairement », certains sont ravis.
Ensuite, je ramasse les feuilles en prenant le temps de les parcourir une à une et je dis un mot à chacun, j’en profite pour vérifier la prononciation des noms et des prénoms.
Et c’est seulement après que je dis quelques mots sur le travail de l’année qui vient, les modules, l’aide individualisée. Je leur distribue une feuille avec le canevas du début de l’année en précisant que cela peut évoluer. Je leur précise les règles qui me sont propres, l’organisation du classeur, le retour des copies et les sanctions encourues au cas où...
Je leur demande ensuite de se mettre par deux et je leur donne un travail d’écriture du genre : « Vous écrivez à votre meilleur ami qui a choisi un autre établissement et vous lui donnez trois raisons qui lui feront regretter de ne pas être venu avec vous ou trois raisons qui le rassureront sur son propre choix. »
Ce travail est à terminer pour le cours suivant.
Dès que les livres sont là, je prends une heure pour leur montrer par des recherches et des exercices comment s’en servir.
Le fait que je travaille dans un lycée agricole où beaucoup d’élèves sont internes (ils sont donc là depuis 24 h. ou presque), ils ont la plupart du temps plutôt « choisi » d’être là, enfin, le lycée est dans un parc, avec beaucoup d’espace dehors même s’ils en manquent un peu dedans.

Premières présentations

Pour ce qui est de la présentation des élèves, plutôt que de leur demander la traditionnelle fiche de début d’année avec les renseignements conventionnels, une méthode qui marche assez bien consiste à leur faire rédiger un cours texte suivant la consigne : « Ecrivez la première page de votre autobiographie ». Cela permet à la fois de découvrir la personnalité de l’élève et de découvrir certains points forts ou faibles.
Avec la présentation, la première heure est passée ; cela permet de ne pas débuter tout de suite la première séquence.

Interviews croisées :

Bonne façon de créer inauguralement du lien dans la classe et de pratiquer de l’oral.
A partir d’un questionnaire (ouvert aux inventions des élèves), chaque élève interroge un autre élève qu’il ne connaît pas puis doit le présenter positivement au reste du groupe-module (assis côte à côte, face au groupe). L’interviewé intervient ensuite pour dire s’il est d’accord avec le portrait qu’on vient de faire de lui. Quant à l’interviewer, il peut en quelque sorte faire valoir sa personnalité à travers les choix de questions et son originalité...
Sur une heure, il faut urger un peu (avec des effectifs de 25 dans mon lycée, soit 12 en module), mais l’expérience est appréciée par les élèves.

Pourquoi pas un petit jeu de rôle pour amener les élèves à se présenter, se connaître, et travailler à la fois oral et théâtre ? Moi je leur propose une simulation d’entretien d’embauche : 10 minutes pour réfléchir aux deux rôles : postulant et personne chargée du recrutement : je propose n’importe quoi comme métier, chanteuse lyrique, routier, hôtesse de l’air... Le hasard décide au dernier moment de la distribution...
Bonne humeur garantie, et on a avancé...

Parfois, tout simplement, faire connaissance.
Surtout en Seconde, ils arrivent de tellement de classes différentes. Je pratique la découverte mutuelle par « familles » : la « famille » de tous ceux qui jouent d’un instrument de musique ; la « famille » de ceux qui pratiquent un sport, et je subdivise... La « famille » de ceux qui sont des collectionneurs de...etc.
Ainsi ils apprennent à mieux se connaître, ils se repèrent, ils découvrent celles/ceux qui partagent leur passion... et le prof principal apprend en même temps.
Parfois des discussions naissent spontanément. Julie est vice championne de France de ... On lui pose des questions....Franck est cervalobélophile...Tout le monde s’interroge... (il collectionne les sous bocks de bière)...

Une réflexion sur le sens des apprentissages en français ?

A partir du questionnaire suivant -toute la classe passe par groupe de 8- chaque élève commente ses choix, ce qui est l’occasion de confronter des représentations diverses, et pour chacun, de s’ouvrir à d’autres. Le questionnaire est proposé à la fin de chaque trimestre, et le prof peut alors tenter de le relier à ce qui a été fait pendant le trimestre.
Le test s’appuie sur une typologie des motivations scolaires qui distingue :
- la motivation « utilitariste » des élèves qui vivent leur scolarité comme une première étape de leur futur métier, une « pré-professionalisation ». Ces élèves voient la matière comme une succession de tâches à effectuer, sans qu’ils leur donnent de sens. Items du premier tiers
- la motivation « épistémique » des élèves qui sont intéressés par la matière elle-même peuvent y renvoyer les items du second tiers...
- la motivation « identitaire » des élèves qui voient dans l’école un lieu où ils peuvent construire leur identité, leur personnalité. Dernier tiers.
La façon dont l’élève se représente la matière influence évidemment son degré d’investissement : un élève utilitariste aura du mal à voir l’intérêt qu’il y a à étudier tel poème surréaliste « sauf pour ceux qui veulent devenir poètes » !

Objectifs possibles

Non pas étiqueter les élèves (à partir d’une typologie qui est réductrice évidemment), mais susciter un dialogue dans le groupe qui fasse « bouger » les représentations très utilitaristes de Michael qui ne voit dans le français qu’une matière à passer au bac, ou celles de Jonathan pour qui le français, c’est intégrer du vocabulaire pour « mieux parler devant les patrons »...
La séance d’AI ne pourra pas installer de nouvelles représentations, mais elle pourra quand même fendiller l’ancien système de pensée de l’élève.
On pourrait envisager de soumettre ensuite aux élèves des textes qui mettent en scène des personnages en situation scolaire, illustrant les différentes motivations possibles.
Les réponses personnelles peuvent être réutilisées aussi lors d’entretiens individuels dans la suite de l’année.

- Nom prénom
- A quoi sert le français ?
- Choisis 3 propositions avec lesquelles tu es le plus d’accord (A)
- Indiques-en une avec laquelle tu es le plus en désaccord (D)
- Complète la rangée 22 par une proposition personnelle
- Au dos, tu justifieras 2 de tes choix , si possible avec des exemples.
1) à avoir une bonne note au bac de français
2) à enrichir sa culture générale
3) à enrichir son vocabulaire
4) à savoir rédiger des CV et des lettres de motivation
5) à mieux parler dans la vie de tous les jours
6) à apprendre leur métier pour ceux qui veulent devenir prof de français
7) à apprendre leur métier pour ceux qui veulent devenir écrivain
8) à apprendre à écrire comme Victor Hugo
9) à connaître les principales figures de rhétorique ( métaphore, hyperbole, hypallage...)
10) à connaître la vie des auteurs des siècles passés (Molière, Voltaire, Zola ...)
11) à voir ce que les auteurs du passé ont dit sur tel ou tel sujet
12) à découvrir la littérature contemporaine
13) à savoir mieux argumenter mes prises de position personnelle
14) à mieux comprendre le journal
15) à prendre du plaisir
16) à mieux se comprendre soi-même
17) à devenir un citoyen responsable et lucide
18) à développer sa personnalité
19) à développer sa créativité
20) à s’évader
21) à développer son esprit critique

La revue Phosphore est une mine d’or pour scander l’année de Seconde : les étapes de l’orientation ; toutes les fiches « Spécial méthodes de travail », « règles d’or pour travailler à l’aise » ou « pour réussir sa Seconde »...En puisant dans les années précédentes vous trouverez de quoi occuper ces heures...

Allez donc faire un tour au CDI de votre établissement : peut-être trouverez-vous ces documents
Je m’en sers depuis plusieurs années, je fais des fiches à mes élèves du type « méthodes de travail » en attendant que le contenu de cette heure soit « rythmé par l’actualité » de la classe.

Un voyage d’intégration

Depuis deux ans, je réalise avec des élèves en début d’année un voyage d’intégration (activités de sport en eaux vives et escalade dans les arbres). Nous travaillons ensuite sur les photos et le film réalisés durant ces trois jours. Les années passées, nous avions utilisé les « Unes » de journaux et magazines (que nous avions détournées en réalisant des montages avec Photoshop) ou encore les romans photos pour rendre compte de ce séjour, et amener les élèves à produire un texte et à s’interroger sur l’utilisation de l’(eur) image. J’avoue que cette année, je suis à cours d’idée. Comment rendre compte d’une manière originale et motivante pour les élèves de cette expérience ?

Evaluer les connaissances

Les cahiers d’évaluation ont bel et bien été supprimés à la rentrée dernière. Cependant, vous pourrez trouver de nombreux exercices pour une évaluation de début d’année sur le site de la DEP (Division de l’Evaluation et de la Prospective). Ils permettent de faire un bilan sur les acquis de l’année précédente (CM2 / 6e ou 3e / 2de), donnent des idées de remédiation et proposent des prolongements pédagogiques. Moins fastidieux que les anciens cahiers, ces tests ont aussi le mérite de s’adapter à votre demande au cours des séquences étudiées puisqu’ils sont utilisables tout au long de l’année.

Autre synthèse à consulter
- Idées pour terminer l’année en Seconde


Ce document correspond à la synthèse de contributions de collègues professeurs de lettres échangées sur la liste de discussion Profs-L ou en privé, suite à une demande initiale postée sur cette même liste. Cette compilation a été réalisée par la personne dont le nom figure dans ce document. Ce texte est protégé par la législation en vigueur. Fourni à titre d’information seulement et pour l’usage personnel du visiteur, il est protégé par les droits d’auteur en vigueur. Toute rediffusion à des fins commerciales ou non est interdite sans autorisation.




Sylvie Arras

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