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[259] - La représentation théâtrale au XVIIe siècle

Il s’agissait de mieux connaître les conditions de la représentation théâtrale au XVIIe siècle.
Synthèse mise en ligne par Valentine Dussert.

 

Remarques sur les conditions du spectacle

- Les troupes de théâtre, à l’époque, jouent dans les jeux de paume ou tripots et on ne connaît pas en France d’autre manière d’organiser la salle, qui se compose donc d’un parterre où le public se tient debout et de marches dans le fond. Les spectacles ont lieu l’après-midi.
- La représentation ne commençait que lorsque la salle était pleine, aussi quand la nuit commençait à tomber on pouvait « passer à l’esbrouffe » c’est-à-dire se faire passer pour tel ou tel aristocrate à la faveur de l’ombre et être ainsi dispensé de payer sa place !
- À propos de l’ambiance dans le théâtre, il me semble qu’effectivement le silence et le recueillement n’y existaient pas vraiment ; voir le début de Cyrano de Bergerac (les trois premières scènes).

Remarques sur la situation sociale des comédiens

- Quant à l’excommunication des comédiens, c’est une spécialité française du XVIIe siècle à l’instigation de quelques évêques. Apparemment, c’est une conséquence directe de la professionnalisation et de la montée sur scène des femmes qui sont victimes de harcèlement sexuel de la part de quelques spectateurs privilégiés. L’accusation de vie dissolue (pourtant loin des débauches des « grands ») se retourne contre toute la profession. Les auteurs, quand ils ne sont pas également comédiens, sont des écrivains, et comme en plus Richelieu commet quelques pièces de théâtre avec un certain Desmarets qui signe les oeuvres à sa place, il serait peut-être délicat de s’attaquer à cette catégorie professionnelle même après la mort du Cardinal.
- Les comédiens se dépouillent momentanément de l’identité que Dieu leur a donnée pour endosser celle d’un autre, fût-il un personnage de fiction. En ce sens, ils vont à l’encontre de la volonté divine. C’est du moins la façon dont ils étaient considérés à l’époque par l’Église. Les auteurs, eux, gardent leur identité.

Remarques sur la diction

- Si Molière ne rencontrait aucun succès avec ses mises en scène de tragédies, c’est justement parce qu’il était à contre-courant (la mode était à la déclamation) et préconisait de dire les vers « comme l’on parle ». C’est Baron (quasi « fils-adoptif » de Molière) qui a imposé le ton naturel au début du XVIIIe siècle.
- La diction forcée, non naturelle, a perduré très longtemps. Il faudrait écouter les enregistrements (rares) de Sarah Bernhard (il y en a un dans l’Encyclopédie Encarta) et même les débuts du cinéma parlant.

Références critiques et cinématographiques

- CHAOUCHE S., L’Art du comédien : déclamation et jeu scénique en France à l’Age classique (1629-1680), ed. Champion, Paris, 2001 (sur l’actio).
- CHAOUCHE S., Sept traités sur le jeu du comédien et autres textes, de l’action oratoire à l’art dramatique (1657-1750), ed. Champion, Paris, 2001 (sur l’actio).
- DESCOTES M., Le Public de théâtre et son histoire, ed. PUF, Paris, 1964 (cette thèse est une mine d’informations).
- MNOUCHKINE A., Molière (film).


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Marc Devresse

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