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[466] - Le commentaire comparé

Il s’agissait de s’interroger sur la pratique du commentaire comparé en classe de 1re : doit-il être vu par toutes les classes ? comment l’aborder ?
Synthèse mise en ligne par Valentine Dussert ; dernière actualisation le 25 juillet 2007.

 

Classes et épreuves concernées

- Le commentaire comparé peut tomber dans toutes les séries à l’écrit. Il est déjà tombé en L en 2004 sur l’objet d’étude « l’épistolaire » (corpus de lettres de Flaubert dont deux à commenter).
- On peut noter que la question transversale prépare à ce travail en favorisant la confrontation des documents du corpus.
- Certains collègues proposent également une étude comparée de deux textes à l’oral.
- Le commentaire comparé semble devoir être tout particulièrement pratiqué en 1re L, notamment dans le cadre de l’objet d’étude « Les réécritures ».

Quelques suggestions de textes

- ARAGON L., « Les yeux d’Elsa » et ELUARD P., « La courbe de tes yeux ».
- BAUDELAIRE C., « Chant d’automne » et VERLAINE P., « Chanson d’automne ».
- BAUDELAIRE C., poèmes des Fleurs du mal réécrits en prose dans Le Spleen de Paris : « La Chevelure » et « Un hémisphère dans une chevelure » ; « Le Crépuscule du soir » et « Crépuscule du soir » ; « A une passante » et « Le Désir de peindre » ; « Invitation au voyage » (le poème en prose, brouillon du poème en vers ?).
- BEAUMARCHAIS, Le Mariage de Figaro, acte II scène 1 (Comtesse / Suzanne) et acte III, scène 5 (Comte / Figaro).
- HUGO V., Ruy Blas (acte IV, scène 1, long aparté de Ruy Blas) et MUSSET (de) A., Lorenzaccio (acte IV, scène 3, monologue de Lorenzaccio).
- LA FONTAINE (de) J. et ANOUILH J., « Le Chêne et le Roseau ».
- LACLOS, deux lettres des Liaisons dangereuses.
- MAUPASSANT (de) G., Bel ami, première et dernière page.
- MAUPASSANT (de) G., Une vie, première et dernière page.
- MOLIERE, Tartuffe (récit que fait Orgon de sa rencontre avec Tartuffe) et LA BRUYERE, Les Caractères (portrait d’Onuphre).
- MONTESQUIEU, Lettres persanes, « Un homme faisait tous les jours à dieu cette prière » et VOLTAIRE, Traité sur la tolérance, « Prière à Dieu ».
- RABELAIS F., Gargantua, chapitres XX (l’éducation des sophistes) et XXI (l’éducation humaniste).
- VOLTAIRE, Candide, première et dernière page.
- VOLTAIRE, L’Ingénu, première et dernière page.
- Deux fables d’un même auteur, ou une fable et sa réécriture par un autre auteur.
- Deux poèmes baroques.
- Un poème en vers et un poème en prose.
- L’incipit et l’explicite d’un roman.
- Deux textes d’auteurs différents mais appartenant à un même mouvement littéraire et / ou abordant un même thème.

Exemples de pratiques

- En 1ère L, on peut aborder le commentaire comparé dans le cadre des réécritures. On peut comparer un poème en vers et un poème en prose : « A une passante » et « Le désir de peindre » (textes plus courts que ceux de « La Chevelure ») : c’est très éclairant, sur la liberté d’expression que donne le poème en prose (il suit « les ondulations de la rêverie » et du fantasme baudelairien). En effet celui-ci se libère de l’anecdote vécue pour arriver tout de suite dans le symbole (disparition du contexte urbain), le fantasme féminin y est beaucoup plus érotique et suggestif, l’image de la femme encore plus diabolique et surtout, le poème en vers se clôt sur un regret et un échec, tandis que le poème en prose sublime la frustration par le « désir de peindre », et donc par la constructive perspective de l’ouverture sur l’art... Question méthode, j’organise la lecture analytique autour d’axes thématiques (ici, l’évocation de la femme, l’attitude du poète, les significations du poème), puis je procède par ressemblances et différences. Pour amener les élèves à comparer les deux poèmes, on peut leur poser les questions suivantes : en quoi l’image de la femme est-elle différente dans les deux poèmes ? Les sentiments du poète sont-ils les mêmes ?
- Autre possibilité : commencer par demander aux élèves un commentaire composé classique d’un texte pendant qu’en classe nous étudions en lecture analytique l’autre texte. Puis nous construisons ensemble le plan du commentaire comparé sur le modèle 1. Quoi ? 2. Comment ? 3. Dans quel but ? Cette méthode vaut ce qu’elle vaut mais elle présente l’avantage de pouvoir s’appliquer dans tous les commentaires, comparés ou non, dès lors que le texte est suffisamment étudié. Je développe ensuite le plan afin de leur donner un modèle. Cela permet de réfléchir également sur les deux types de commentaires à partir d’un même texte. Plus tard dans l’année, au mois d’avril, je leur donne un sujet de commentaire comparé à réaliser eux-mêmes. Par exemple l’année dernière dans la séquence sur le théâtre nous avions élaboré le plan du commentaire comparé d’Onuphre de LA BRUYERE et du récit que fait Orgon de sa rencontre avec Tartuffe. Les élèves ont ensuite comparé « Chant d’automne » de BAUDELAIRE et « Chanson d’automne » de VERLAINE.
- J’ajouterai que c’est réalisable à l’oral : par exemple, lorsque un élève a étudié la 1ère et la dernière page d’une oeuvre, lui proposer une réflexion globale sur les deux textes peut être très intéressant ! Je l’ai déjà fait faire aux candidats (pour Une Vie, pour Candide et pour l’Ingénu), ce fut toujours plutôt une réussite .... J’ai également proposé un commentaire comparé dans le Mariage de Figaro entre la scène 1 de l’acte II (Comtesse / Suzanne) et la scène 5 de l’acte III (Comte / Figaro) : duo et / ou duel ? Les élèves à l’oral réussissent très bien cet exercice.
- J’aborde toujours la question avec mes premières, en général en leur demandant un travail de préparation et en menant le commentaire ensemble en classe - pas assez pour qu’ils soient vraiment « préparés », mais j’espère ainsi dédramatiser l’exercice en leur montrant qu’il est tout à fait abordable si on ne panique pas devant la nouveauté. En général, nous faisons le même travail préparatoire que pour le commentaire. Les grands repérages permettent de cerner les points communs et les principales différences entre les textes. On fait l’étude de détail linéaire au brouillon sur deux colonnes ou deux feuilles en vis-à-vis pour pouvoir, au moment du découpage en grandes parties, tirer des traits en crayon entre les remarques qui, dans les deux textes, concernent les mêmes thèmes, procédés, etc. J’insiste sur la nécessité que chaque partie aborde obligatoirement les deux textes (et, si possible, chaque paragraphe). Ce n’est au fond pas plus difficile de trouver un plan pour deux textes que pour un (à condition que les textes soient choisis pour cela).

La question du plan de commentaire comparé

- Les colistiers s’entendent sur le fait qu’il faut proscrire un plan dissociant les deux textes (I. Texte A et II. Texte B), qui ne permet pas la comparaison.
- Pour certains, le plan thématique semble assez approprié, mais il ne doit pas empêcher d’étudier la poétique des textes (forme, registres, énonciation...).
- Le plan ressemblances / différences peut également être utilisé, mais davantage de collègues sont réticents à son égard.
- On peut procéder par axes thématiques, mais éventuellement ensuite subdiviser autour de ressemblances / différences pour chaque axe.

Ressources

- La revue NRP Lycée n°2 de novembre 2002 propose un entraînement au commentaire comparé accompagné d’indications méthodologiques. Les textes étudiés sont un extrait Ruy Blas de V. HUGO (acte IV, scène 1, long aparté de Ruy Blas) et un extrait de Lorenzaccio d’A. de MUSSET (acte IV, scène 3, monologue de Lorenzaccio). La revue propose un travail en plusieurs temps : en classe, élucider les raisons du rapprochement de ces deux textes, puis élaborer un projet de lecture ; en travail à la maison pour les élèves, cerner la spécificité de chaque texte pour répondre au projet de lecture ; enfin élaborer un plan qui éclaire le rapprochement des deux textes tout en mettant en valeur la spécificité de chacun. On conseille d’éviter un plan séparant les deux textes ou un plan ressemblances / différences, mais plutôt d’adopter un plan par axes cernant les enjeux majeurs communs aux deux textes et soulignant dans chaque partie convergences, nuances et différences. Chacun de ces points est détaillé dans la revue.
- Un exemple de commentaire comparé des « Yeux d’Elsa » d’ARAGON et de « La courbe de tes yeux... » d’ELUARD par Michèle Tillard.
- En ligne sur WebLettres, un commentaire comparé réalisé par Emmanuelle Roussel : « Spleen » de Baudelaire et de Laforgue (voir dans la rubrique « cours à télécharger », « première », « poésie »).

Merci à Michèle Tillard, Isabelle Farizon, Agnès, Sabine Saric, Anne Fouilloux, Valentine Dussert, Ghislaine Zaneboni, Mark Hache, Bernard Théry, Aurélie Dauvin.


Ce document constitue une synthèse d’échanges ayant eu lieu sur Profs-L (liste de discussion des professeurs de lettres de lycée) ou en privé, suite à une demande initiale postée sur cette même liste. Cette compilation a été réalisée par la personne dont le nom figure dans ce document. Fourni à titre d’information seulement et pour l’usage personnel du visiteur, ce texte est protégé par la législation en vigueur en matière de droits d’auteur. Toute rediffusion à des fins commerciales ou non est interdite sans autorisation.
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