banniere

L'espace visiteurs

[504] - Participation orale en Première

Il s’agissait, d’une part, de réfléchir aux moyens de préparer efficacement les élèves à une prise de parole prolongée, dans le cadre restreint de nos horaires de cours en classe de Première ; d’autre part, de savoir comment évaluer cette participation. La synthèse se présente comme une collecte de témoignages et d’échanges.
Synthèse mise en ligne par Valentine Dussert.

 

Entraînement à la prise de parole

- Dix minutes en début de cours :
« Je fais passer les élèves à l’oral en début de cours sur le texte étudié en lecture analytique lors de la séance précédente. En fait, lorsque nous finissons l’explication, nous cherchons ensemble d’autres questions possibles. Puis, à eux de préparer une de ces questions à partir de l’explication faite en classe. Ensuite, le cours suivant, un élève passe et les autres évaluent. Inconvénients : cela fait "perdre" 10 minutes, et ce n’est pas évident de faire passer tous les élèves, sauf dans le cas d’un petit effectif. Avantage : l’exercice a le mérite de faire mesurer très rapidement aux élèves la nécessité d’une écoute attentive des explications en classe.
- Séparer la classe en groupes :
« Lors de séances en groupe (lorsque l’horaire de la classe le prévoit...) je lance une recherche au CDI : sur un mouvement littéraire, un genre, un auteur... pendant que les élèves travaillent, j’essaie d’interroger 3 élèves sur un texte de la liste bac. Je les ai prévenus une semaine à l’avance ; je commence dès octobre et en général je les vois au moins deux fois par an. »
- Entraînements multiples :
« A chaque séquence je charge trois ou quatre élèves de réaliser des études d’ensemble ciblées et guidées par des consignes précises. Je mets d’autre part les élèves en situation d’oral type examen sur les textes que nous avons au préalable étudiés par groupes en classe. Leur exposé bénéficie donc de la cogitation collective, ceci afin d’éviter de perdre trop de temps au moment de la correction : on peut revenir essentiellement sur la correction de l’expression orale et moins sur le contenu déjà largement défriché avant la prestation. »
- Travail par binômes :
« Les élèves se mettent en groupes de 2 et étudient un texte. Un élève vient présenter son travail. Je peux demander selon le moment de l’année et la méthodologie abordée, un axe, une introduction, une lecture analytique entière... »
- Autres propositions :
*Un élève vient présenter ce qui a été fait lors du cours précédent (lecture analytique, étude d’un document iconographique).
*Oral blanc.
*Présentation orale d’une lecture cursive.
*Jeu d’une courte scène de théâtre.
*Exposés.

Évaluer la participation

- Évaluation collective par les autres élèves de la classe :
« Au cours suivant une lecture analytique, un élève passe et les autres pratiquent la prise de notes, puis évaluent. Après la prestation de leur camarade, on affine, on développe ou corrige ce qui a été dit. »
- La note de participation :
(1) « Depuis 2 ou 3 ans, je mets une note de participation, pour que leur moyenne de trimestre ne soit pas justement qu’une moyenne d’exercices écrits. Celle-ci est établie sur des critères simplistes : j’ai un petit classeur avec une page par élève et chaque fois qu’ils prennent la parole (quelles que soient la durée et la pertinence de leur intervention), je mets la date et une croix. A la fin du trimestre, je regarde le nombre de croix de ceux qui ont parlé le plus, le moins, et j’essaye de faire une échelle de notes propre à la classe (ce qui permet de tenir compte des différentes dynamiques de classes et de la différence d’horaires entre les séries : plus on a d’heures, plus on a l’occasion de participer !). Cette note me semble peu satisfaisante, mais les élèves ne s’en plaignent pas ; et le système est quand même assez incitatif. Au 3ème trimestre, la note d’oral blanc remplace celle de la participation régulière (la tenue de ce classeur étant quand même assez fastidieuse). »
(2) « Je mets une note de participation à mes élèves. Sur une feuille où figurent tous les noms des élèves, je mets un bâton. Puis je fais un bilan. A cela, j’ajoute des points pour la mise au travail, que je considère comme faisant partie de la participation : je contrôle de temps en temps l’état du travail des élèves sur un exercice donné dix minutes avant. Je vérifie parfois si de petits exercices à faire à la maison ont été faits correctement et j’en tiens compte également dans la note finale de participation. Mais je reconnais aussi que le système est un peu lourd même si les élèves ne s’en plaignent pas.
(3) « Pour la note de participation, je vous soumets ma pratique : chaque élève part avec un 10, et au fil des + ou des - , la note baisse ou augmente. Je passe comme contrat de départ que les élèves attentifs mais timides se verront octroyer des + s’ils répondent au moins une fois par cours, le tout étant de dépasser sa timidité ou sa réserve. La gestion n’est pas trop compliquée même si évidemment l’arbitraire peut parfois prévaloir. »
(4) « En tous cas, depuis que je note l’oral, j’ai vraiment un regain de participation dans les classes, et c’est bien agréable : dans l’ensemble, ils y prennent goût, et au 3ème trimestre, plus besoin de la carotte ou du bâton pour qu’ils s’y mettent. Je leur explique, avec une métaphore, qu’on peut suivre le cours sans rien dire, de la même façon qu’on peut apprendre les règles du basket en suivant le match depuis le banc de touche ; mais que pour bien percevoir l’intérêt du jeu, savoir le pratiquer et en ressentir le plaisir, il faut aller sur le terrain ! D’où l’engrenage : les meilleurs élèves participent bien à l’oral parce que l’oral les rend meilleurs (évaluation immédiate et individualisée de ce qu’ils disent, donc de la manière dont ils ont compris le cours, relation privilégiée avec le prof pendant les quelques secondes où ils prennent la parole, implication active qui limite l’ennui, mémorisation spontanée de ce qui aura été dit autour de leur intervention, etc.) »
- Des réserves sur cette note de participation :
(1) « Vous dites ne pas tenir compte de la pertinence des prises de parole. Je comprends évidemment la raison de ce choix, du moins, je l’imagine (comment évaluer - sur le vif qui plus est - la pertinence d’une intervention, c’est très subjectif). Mais cela me gêne. J’ai eu des élèves l’an dernier qui parlaient dans tous les sens pour se faire remarquer et me "frotter la manche". Je les imagine avec une très bonne note en participation (évidemment, ils avaient quand même de bons points car ils essayaient de raisonner et de participer). Je ne trouve pas que l’évaluation en ressorte très juste.
(2) « De plus, vous n’évaluez pas la qualité linguistique des prises de parole. Ce n’est pas un reproche, mais un constat parce que je pense que cette évaluation est impossible.
(3) « Je me permets une remarque sur le système de notation reposant sur les interventions des élèves en classe. Il m’est apparu que bon nombre de nos élèves sont très actifs par leur effort d’attention et demandent d’être évalués et estimés pour cette activité. Il n’est humainement pas possible (ni finalement souhaitable, si on imagine ce que ça donnerait...!) d’avoir 30 élèves qui participent à chaque cours. Je leur laisse leur naturel en cherchant à ménager, notamment dans les travaux de groupes, moins intimidants, des situations qui me permettent de veiller à leur investissement dynamique dans le travail. »
- Quelques solutions pour une difficulté - évaluer les « timides » :
(1) « Pour les plus timides, je leur impose des occasions de parler : reprise des notes de la fois précédentes par exemple. »
(2) « Les "muets", je les interroge pour la lecture, pour une reformulation, ou également pour faire le point sur ce que nous avons fait. »

Merci à Paule GIBAUD, Cyril JEAN, Stéphanie LAMANT, Nathanaëlle PIRARD, Marlène PINEAU, Christelle LE OUEDEC, Myriam C. et FRANCE pour leur contribution.


Ce document constitue une synthèse d’échanges ayant eu lieu sur Profs-L (liste de discussion des professeurs de lettres de lycée) ou en privé, suite à une demande initiale postée sur cette même liste. Cette compilation a été réalisée par la personne dont le nom figure dans ce document. Fourni à titre d’information seulement et pour l’usage personnel du visiteur, ce texte est protégé par la législation en vigueur en matière de droits d’auteur. Toute rediffusion à des fins commerciales ou non est interdite sans autorisation.
Pour tout renseignement : Contact




Isabelle Farizon

- Dernières publications :
[724] - Réalité des personnages de roman
[592] - Mises en scène de L’Ecole des Femmes
[570] - Poèmes sur la montagne
[557] - Exploiter un exemple littéraire dans une argumentation
[555] - Lectures cursives de romans contemporains pour la Première









Forum relatif à cet article

  • Le forum est ouvert - 13-03-2006 - par Administrateur

    Vous pouvez à votre tour apporter une contribution à cet échange en proposant des titres, adresses de sites, références bibliographiques voire témoignages qu’il vous semblerait utile de publier en complément de cette synthèse.

    MENTIONS LÉGALES
    Cet espace est destiné à vous permettre d’apporter votre contribution aux thèmes de discussion que nous vous proposons. Les données qui y figurent ne peuvent être collectées ou utilisées à d¹autres fins. Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site. Seront en particulier supprimées, toutes les contributions qui ne seraient pas en relation avec le thème de discussion abordé, la ligne éditoriale du site, ou qui seraient contraires à la loi. Vous disposez d’un droit d’accès, de modification, de rectification et de suppression des données qui vous concernent. Vous pouvez, à tout moment, demander que vos contributions à cet espace de discussion soient supprimées. Pour exercer ce droit, http://www.weblettres.net/index3.php?page=contact.


contact Contact - Qui sommes-nous? - Album de presse - Aider WebLettres - S'abonner au bulletin - Admin


© Copyright WebLettres 2002-2017
Les dossiers de WebLettres sont réalisés avec Spip