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[525] - Policiers « sanglants » et thrillers

Il s’agissait de trouver des romans policiers de facture classique, mais dont le style serait plus « sanglant » que celui d’un Simenon ou d’une Agatha Christie.
Synthèse mise en ligne par Valentine Dussert.

 

Suggestions des colistiers

- ALEXANDER K., C’était demain.
Mélange de policier et de science-fiction : réécriture de La Machine à explorer le temps qui met H. G. WELLS aux prises avec Jack l’éventreur alors que la machine les a propulsés tous les deux au XXe siècle (voir aussi le film avec J. Depp).
- AUBERT B., Transfixion ; La Mort des bois.
Le premier est dur et touche aux problèmes de la drogue et de la transsexualité. Le second est moins gore et plaît aux adolescents.
- BELLETTO R., L’Enfer.
Prix Gutenberg du meilleur suspense, prix du Livre Inter et Femina : montée du suspens, psychologie du personnage principal, détournement des codes du polar, présence d’un enfant (peu courant dans ce type de littérature), épisodes un peu « gore », description de Lyon par temps de canicule...
- BIZIEN J.-L., La mort en prime time.
Une expérience de télé-réalité qui tourne très mal.
- CARR C., L’Aliéniste.
Au XIXe siècle à New York, un médecin aliéniste apporte son aide à la police pour élucider les meurtres horribles de jeunes marginaux qui n’intéressent guère les autorités. Environ 600 pages.
- CONNELLY M., Le Poète (un peu moins gore que d’autres).
- CORNWELL P., Jack l’éventreur affaire classée (de type documentaire : vise à élucider l’identité de Jack).
- CROMMELYNCK, Monsieur Larose est-il l’assassin ? (un petit bijou, mais pas gore, plutôt proche de Steeman).
- CROUZET V., La Tête du cobra, ed. Poche 37129.
- EVANS P., Voyage au cœur des ténèbres, ed. Pocket.
Un thriller contemporain ne payant pas de mine, mais magistralement écrit. L’employé d’une morgue tombe amoureux d’une morte examinée par le légiste et, à force de poser trop de questions, va s’attirer de graves ennuis. Au fur et à mesure du récit, on regarde le narrateur d’un autre oeil...
- GIOVANNI J., Comme un vol de vautours, ed. Poche 37131.
- GRANGE J.-C., Les Rivières pourpres ou Le Vol des cigognes.
Intrigues fascinantes reposant sur des énigmes que les policiers doivent élucider, meurtres sophistiqués, très pervers (comme chez Chattam) car descriptions crues, sans pitié pour les protagonistes. Voir aussi Le Concile de Pierre qui surfe sur la vague ésotérique.
- IZZO J.-C., Trilogie marseillaise (assez dure, mais peu d’énigmes).
- JAMES P. D., Les Meurtres de la Tamise (reprise d’une enquête du début du XIXe siècle mal menée).
- JONQUET T., Le Manoir des immortelles.
Un tueur en série opérant à la faux ! (pose d’intéressantes questions sur les choix énonciatifs).
- LARSSON, Le Cercle celtique.
Deux Suédois se lancent sur les traces d’un groupe celtique qui commet des crimes rituels, en plein hiver sur la mer du nord en bateau : superbes descriptions de l’Ecosse ! mais il faut aimer la voile !
- LE CORRE H., L’Homme aux lèvres de saphir.
Beaucoup de sexe, et beaucoup de références littéraires (Lautréamont...) et historiques (la Commune...) à mettre en place pour que les élèves dépassent l’aspect sexuel et sanguinolent (mais le livre n’est pas forcément destiné aux élèves).
- PEARL M., Le Cercle de Dante.
Un groupe d’écrivains américains (dont Longfellow) travaille à la traduction de l’œuvre de Dante. L’Amérique puritaine de la fin du XIXe siècle admet difficilement cette tâche peu en accord avec les principes du protestantisme le plus rigide de la Nouvelle-Angleterre et les pressions ne manquent pas pour contrer le projet. C’est alors que des notables sont assassinés dans des conditions qui évoquent les supplices de l’Enfer... Soupçonnés, les membres du cercle vont enquêter. Pas mal fichu, très documenté tant sur Dante que sur les cercles littéraires du XIXe siècle mais peut-être trop de références culturelles à expliquer aux élèves ?
- PEARS I., Le Cercle de la Croix.
Roman fascinant mais pas « gore » (qui a plu à quelques élèves bons lecteurs - un millier de pages !).
- PENNAC D., Au bonheur des ogres.
Offre des passages intéressants, par exemple au chapitre 2 : « Le cadavre est celui d’un homme d’une soixantaine d’années qui a dû être ventru si on en juge par ce que son ventre a éparpillé autour de lui. La bombe l’a presque coupé en deux. Tout en vomissant le plus discrètement possible, va savoir pourquoi, je pense à Louna... ».
- PRESTON et CHILD, La Chambre des curiosités.
Des squelettes du XIXe s. sont retrouvés dans le chantier d’une tour en construction à New York, un enquêteur du FBI qui travaille sans mandat fait appel à l’aide d’une archéologue du Museum. Peu après des crimes semblables sont commis. Environ 600 pages.
- PREVOST G., Les Sept crimes de Rome.
Léonard de Vinci enquêteur avec des crimes assez spectaculaires.
- SERFATY T., Le Gène de la révolte, ed. Poche 37146.
Classé comme thriller ; mais il s’agit d’un ouvrage dans lequel il va falloir découvrir qui se cache derrière les horreurs de l’avant plan, donc il y a une énigme à résoudre, un mystère à dévoiler ; dans le style « gore » ce n’est pas mal...
- TABACHNIK M., Le Cinquième jour (un des pires dans le genre).
- TARTT D., Le Maître des illusions, ed. Pocket.
L’intrigue se passe sur le campus d’une université américaine et mêle histoires de drogues et d’ambitions... Les avis sont mitigés : une colistière en a retenu qu’il était gore, une autre écrit qu’elle ne le trouve pas gore, mais dit qu’il cible plus les motivations du crime (intéressant pour des hellénistes). Ce roman n’est pas dépourvu de cruauté, mais celle-ci réside simplement dans la psychologie des personnages, leur inconscience, ainsi que le processus assez insidieux qui fait que le lecteur lui-même se met à « espérer » l’assassinat de Bunny ! Une autre le trouve bon parce qu’il pousse à réfléchir, au-delà de l’intrigue policière, sur le métier, l’emprise consciente ou non que les profs exercent sur leurs élèves, la vanité qu’ils peuvent en tirer mais aussi la responsabilité qu’ils endossent (elle l’associe au Cercle des poètes disparus). C’est un roman vraiment long et qui risque de rebuter des lecteurs moyens. La deuxième moitié lasse parfois certains lecteurs car elle est l’interminable description de leur dérive toxicomane et dépressive à tous, sans que quoi que ce soit de vraiment dramatique ne s’en dégage. Peut-être insister plutôt sur la première partie du texte, riche en analepses et divers autres procédés narratifs ?
- THILLIEZ F., Deuils de miel.
- WALTER M., Le Sang du renard, Lame de fond, Cuisine sanglante.
Peut-être plus pour le professeur que pour l’élève, sauf le dernier : thrillers dont la particularité (voire l’avantage) est de laisser le lecteur sur sa faim puisque l’auteur ne résoud pas toute l’énigme.
- Un roman mettant en scène S. Holmes aux prises avec Jack l’éventreur.

Compléments

- Proposition d’activités : proposer plusieurs livres et demander aux élèves, par petits groupes, de préparer une sorte de résumé oral (chaque membre du groupe doit lire à haute voix pour la classe un passage marquant), le but de l’exercice étant de donner envie aux autres groupes de lire également le livre ; un autre but étant de les amener à lire correctement à voix haute (ce qui semble devenir de plus en plus difficile alors que toutes les études scientifiques s’accordent à dire que ce type de lecture est la démonstration de la capacité du lecteur à être reconnu comme « lecteur expert »).
- NB : une colistière s’interroge sur la place de ce genre de littérature en classe (est-on autorisé à aborder / proposer des textes dont certains passages pourraient choquer... ?).


Ce document constitue une synthèse d’échanges ayant eu lieu sur Profs-L (liste de discussion des professeurs de lettres de lycée) ou en privé, suite à une demande initiale postée sur cette même liste. Cette compilation a été réalisée par la personne dont le nom figure dans ce document. Fourni à titre d’information seulement et pour l’usage personnel du visiteur, ce texte est protégé par la législation en vigueur en matière de droits d’auteur. Toute rediffusion à des fins commerciales ou non est interdite sans autorisation.
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Nathanaëlle Pirard

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