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[550] - L’Aide individualisée en début d’année

Il s’agissait de trouver des suggestions pour animer l’heure d’aide individualisée en début d’année, dans les trois premières semaines, avant les résultats des évaluations diagnostiques communes à toutes les classes souvent mises en place dans les établissements.
Synthèse mise en ligne par Valentine Dussert.
Dernière modification le 21 août 2008 par Valentine Dussert.

 

Faire connaissance

- Chercher à mieux connaître les élèves, les faire parler, leur demander ce qui les gêne ou les inquiète le plus, afin qu’ils comprennent que cette heure est une offre d’aide et non une punition ; les thèmes de travail se dégagent très vite (cela peut se faire de mille manières, à l’écrit ou à l’oral).
- On peut utiliser le « questionnaire de Proust » (plus ou moins aménagé, simplifié et adapté) : le résultat est en général positif ; passée la surprise, les élèves se prêtent au jeu et apprécient cet exercice original. On peut lire et expliquer ensemble le questionnaire (oui, les garçons peuvent apprécier une qualité chez un homme...) puis chacun répond le plus honnêtement possible ; ils peuvent ensuite rédiger leur portrait en utilisant les réponses. Ainsi ils produisent sans trop y penser une page rédigée, ce qui permet de repérer leurs difficultés, et aussi des les découvrir vraiment (ils sont en général très sincères et on retrouve souvent au fil de l’année ce que l’on a lu...). Il peut être intéressant aussi de faire lire les réponses à ce questionnaire données par des écrivains ; celles de Marguerite Yourcenar sont particulièrement intéressantes.
- On peut aussi faire rédiger un texte sur le thème du « Si j’étais... », en s’appuyant éventuellement sur des exemples littéraires : MARIE-NOËL, « Si j’étais plante... » dans Notes intimes ; Pierre DESPROGES, « Si j’étais Dieu » ; Catherine RIHOIT, « Ah, si j’étais !... » ; et, tout à fait récent, Jacques A. BERTRAND, « Inventaire » dans Le Dictionnaire des Papous dans la tête. Bonne introduction au fait littéraire et façon intéressante de découvrir (un peu) les élèves.
- On peut encore donner à lire une page de mini-biographies, comme celles que l’on trouve à la fin des manuels de littérature, puis demander aux élèves d’écrire leur propre biographie, comme si c’était celle de quelqu’un d’autre, jusqu’à leur âge actuel. On ne vérifiera pas l’authenticité des informations, et la fiction n’est donc pas interdite... mais souvent, à la fin du cours, un élève vient dire : « vous savez, c’est vrai tout ce que j’ai dit ! ». Cet exercice d’écrire vise surtout à leur faire prendre de la distance par rapport à leur propre histoire.
- Afin de faire plus ample connaissance avec les élèves, et qu’eux-mêmes apprennent à se connaître entre eux, on peut utiliser l’exercice du photolangage pour l’expression orale. On leur propose toute une série de photographies collectées dans des magazines, chacun en choisit deux comme support de sa présentation, l’une devant le représenter en tant qu’individu (ou en tant qu’élève) et l’autre censée représenter sa vision du cours de français en général. Chacun prend donc la parole à son tour (le professeur aussi) et montre au groupe les photos choisies en les accompagnant des commentaires qu’il juge utiles... Cela peut paraître saugrenu, mais les élèves y trouvent un réel intérêt, et même les plus timides se prennent au « jeu ». Cela donne au professeur des informations de toutes sortes sur leur niveau d’expression, leurs attentes, leurs difficultés.
- On peut enfin leur poser une question comme « Y a-t-il quelque chose (quoi que ce soit) que vous n’avez pas et que vous aimeriez beaucoup avoir (même si c’est impossible) ? Précisez. ». On reçoit parfois des réponses étonnantes et très éclairantes. Promesse absolue est faite que personne en dehors du professeur ne lira leur réponse, qu’il n’est d’ailleurs pas obligatoire de donner. La majorité des élèves répond avec une grande sincérité. Cela permet de demander une rédaction un peu développée. Une autre question, plus banale : demander à chacun son principal défaut et sa principale qualité selon lui/elle et selon les autres.

Faire des exercices

- Rappel des règles d’orthographe usuel, conjugaisons, valeur des temps... pour faire le point en distribuant des outils (liste des règles) et pouvoir ensuite focaliser son attention sur les autres points de l’évaluation commune.
- Pour des exercices, voir les sites du CCDMD et le Cours autodidactique de français écrit.
- Faire de la méthodologie : faire venir tous les élèves à une ou deux séances au début de l’année (en groupes de 8 maximum) afin de travailler sur la lecture des consignes - c’est loin d’être inutile, même pour les élèves sérieux et travailleurs dont les méthodes ne sont jamais vraiment au point. Au cours de l’année, on peut continuer avec les mêmes groupes - ainsi tous les élèves viennent.

Ressources

- Rappel : Texte du B.O. définissant l’Aide Individualisée.
- La revue NRP Lycée propose de nombreuses séances d’aide individualisée et de modules « clé en main ».
- Sur WebLettres, dans les « Cours et séquences », on trouvera plusieurs ressources pour l’aide individualisée.
- Voir aussi la synthèse WebLettres n°214, Comment occuper la première heure de l’année en Seconde ?.

Complément : favoriser l’oral en AI

- Il existe un exercice à partir de photos, issues de paysages, de sports, d’animaux, de revues... on en propose un nombre important et chaque élève se doit d’en choisir une qu’il présente comme il le souhaite. Cela débloque souvent la parole et en AI c’est tout à fait gérable.
- On peut travailler les exercices de théâtre d’improvisation du genre « le gardien de but » (voir une mine d’exercices sur le site Dramaticon).
- On peut proposer des exercices de « mise en voix » comme ils se pratiquent pour une option théâtre, par exemple ou des exercices ponctuels : des comédiens intervenant en cours avant un spectacle avaient choisi quelques répliques très courtes (du Roi Lear en l’occurrence), qu’il fallait crier alors que le reste du groupe faisait du bruit ; cela oblige à dépasser son appréhension et permet un échauffement physique. Puis il s’agissait de faire entendre, posément mais à voix forte les mêmes répliques, pour travailler les différentes possibilités de sens sans le dire aux élèves ; au bout d’un quart d’heure, tout le monde savait les quelques mots qu’il avait à dire et proposait spontanément des « interprétations » différentes. Il peut être judicieux aussi de sortir de la salle de classe traditionnelle et d’aller dans une pièce vide où les élèves peuvent et doivent bouger. D’autres petits exercices peuvent être envisagés, comme faire une ronde et passer un prénom d’un élève à l’autre en compliquant avec des changements de sens quand on tape dans les mains par exemple. Il y a aussi, mais c’est plus difficile, un travail de mime à partir d’une concentration sur une émotion, la colère, la joie... en fixant comme par un arrêt sur image le corps.
- Il existe des exercices basiques mais assez ludiques qui permettent, en introduction de séance par exemple, de débloquer même les plus timides (et parfois de révéler des personnalités cachées) : proposer une liste de virelangues (les élèves parcourent la liste, puis choisissent un virelangue que tout le monde devra redire à son tour) et un document sur le jeu des adverbes : chaque élève doit à tour de rôle dire la même phrase (choisir une phrase un peu farfelue rend l’exercice plus intéressant) d’une certaine manière, et les autres doivent deviner quelle est cette manière (tristement, en bégayant, avec l’accent anglais, etc.). Après, on peut passer à des exercices plus sérieux, mais pour débloquer les élèves, ça marche très bien.


Ce document constitue une synthèse d’échanges ayant eu lieu sur Profs-L (liste de discussion des professeurs de lettres de lycée) ou en privé, suite à une demande initiale postée sur cette même liste. Cette compilation a été réalisée par la personne dont le nom figure dans ce document. Fourni à titre d’information seulement et pour l’usage personnel du visiteur, ce texte est protégé par la législation en vigueur en matière de droits d’auteur. Toute rediffusion à des fins commerciales ou non est interdite sans autorisation.
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Catherine Baldous

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