L'HUMANISME
Un cours :
https://lettresmodernessorbonnenouvellep3.blogspot.com/2016/12/histoire-litteraire-xvie-siecle.html
Au CDI :
https://0450049j.esidoc.fr/search.php?pid=&action=Record&id=0450049j_11554&num=10&total=14
https://0450049j.esidoc.fr/search.php?pid=&action=Record&id=MF_MF160908092221_2016&num=15&total=414
liens utiles (à réactualiser ?):
http://www.authorstream.com/Presentation/Tanna976-2557915-humanisme/
http://www.site-magister.com/humanis.htm#axzz5gMXImAbR
http://www.memo.fr/article.asp?ID=MOD_REN_007
Érasme
Test connaissances :
l''humanisme
1) Repérez l''affirmation erronée sur les caractéristiques de la Renaissance :
a) mouvement de retour à l''Antiquité classique
b) renouveau philosophique lié l''expansion du monde connu
c) phénomène de rupture totale avec la religion.
2) Rabelais est originaire :
a) du Montargois
b) de la Touraine
c) de la Vendée.
3) Quelle assertion biographique est erronée :
a) le Pape, Paul III, autorise Rabelais à changer d''ordre
b) l''auteur entretient une correspondance avec l''helléniste Guillaume Budé
c) il exerce la médecine à Montpellier puis à Lyon
d) il traduit le Tiers livre
e) ses livres sont condamnés par la Sorbonne
f) il est protégé par le cardinal Jean du Bellay et le suit à Rome.
4) Quelle langue n''est pas étudiée par les humanistes ? :
a) grec
b) hébreu
c) chaldéen
d) perse
e) arabe
5) Quelle science « totale » (parce qu''elle combine des disciplines diverses) jouit d''un statut prestigieux au XVIe siècle :
a) rhétorique
b) médecine
c) astrologie
d) théologie.
6) François 1er crée en 1530 :
a) le Collège des lecteurs royaux
b) l''Académie Française
c) la Sorbonne.
7) Qui pense que ce n''est pas la nature humaine qui est mauvaise, mais l''éducation qu''il reçoit et la culture qui résulte de ses contacts avec ses semblables (en opposition avec Saint Augustin) :
a) Erasme
b) Calvin
c) Vespucci ?
8) Le mouvement évangélique (Lefèvre d''Etaples, Guillaume Briçonnet, Marguerite de Navarre) aspire à :
a) la purification des pratiques et des croyances chrétiennes
b) la destruction de la hiérarchie ecclésiastique
c) la construction d''églises et de cathédrales.
9) Gargantua est rédigé et publié
a) avant
b) après Pantagruel ?
10) Ces récits, sur le modèle du roman médiéval commencent par :
a) une histoire sentimentale et courtoise héritée de la fin''amor
b) une généalogie et l''enfance, la formation du héros
c) une description spatio-temporelle précise.
Illustr. Utopie de More
11) Ils se terminent sur l''évocation d''un « envers » du monde, la présence d''un Ailleurs :
a) la société thélémite et les villes et paysages que renferme la bouche de Pantagruel
b) une utopie sous-marine et un voyage dans le Nouveau Monde
c) l''exploration de la lune et du château de Chambord.
12) Grandgousier est un géant :
a) bon vivant, honnête et pacifique
b) décérébré inhospitalier et bilieux
c) indifférent, casanier et lymphatique.
13) Gargantua est :
a) le fils de Grandgousier et père de Pantagruel
b) le fils de Panurge et de Gargamelle
c) l''ami de frère Jean et de Janotus.
14) En venant au monde Gargantua réclame :
a) à boire
b) à manger
c) des livres.
15) Il naît
a) de l''oreille droite de sa mère Gargamelle
b) de l''oreille gauche
c) par les voies naturelles
d) par la bouche.
16) Quel épisode est mal situé chronologiquement dans le Pantagruel
a) la mort de Badebec lors de l''accouchement
b) la lutte contre les Dipsodes
c) la découverte à Paris du savoir stérile de la bibliothèque Saint-Victor
d) la rencontre avec Panurge un personnage haut en couleurs
e) les recommandations du narrateur Alcofribas Nasier (anagramme de Rabelais).
17) Qui représente le mieux l''antithèse de la sagesse et de l''équilibre :
a) Picrochole
b) Janotus de Bragmardo
c) Thubal Holopherne ?
18) L''ennemi de Grandgousier est :
a) Picrochole
b) Jean des Entommeures
c) Panurge
19) Ce dernier a pu être comparé à :
a) Charles Quint
b) François 1er
c) Borgia
20) L''éducation d''Holopherne est une éducation
a) désastreuse
b) complète à la fois morale, physique, intellectuelle
c) trop stricte.
Illust. G.Doré, Gargantua urine sur les parisiens
21) Quelle citation est extraite du prologue de Gargantua :
a) « Science sans conscience n''est que ruine de l''âme »
b) /ils/ exerçaient leurs corps comme ils avaient auparavant exercé leurs âmes »
c) « Rire est le propre de l''homme »
d) « Cette vie est transitoire, mais la parole de Dieu demeure éternellement».
22) La forme de comique verbal liée au choix des noms propres (« que grand tu as » pour Gargantua) se nomme :
a) onomastique
b) scatologie
c) satire.
23) Quel personnage évoque par son nom « le hachis » dans la langue locale de l''époque
a) Entommeures
b) Panurge
c) Picrochole.
24) « Depuis que le monde moinant moina de moinerie » il s''agit ici d''une création verbale ou :
a) néologisme
b) allitération
c) paronomase.
25) Les géants aiment faire « la bête à deux dos », boire la « purée septembrale » dans la tradition populaire gauloise. Ces expressions sont :
a) des périphrases
b) des litotes
c) des hyperboles.
26) Quel axe de lecture semble inapproprié à l''étude des romans rabelaisiens :
a) une fiction gigantale comme les aimait le folklore de l''époque
b) un texte d''idées évangéliques et humanistes
c) une épopée comique car parodique
d) une satire des mœurs du temps
e) des portraits psychologiques détaillés.
Chambord
Gargantua
roman "hénaurme" (démesurément comique)?
Problématiques : Dans quelle mesure Gargantua est-il un récit de la démesure?
&
Comment la démesure de Gargantua donne la mesure de l'homme selon l'humanisme" ?

Rabelais (vie, ½uvre, époque, mouvement culturel associé). Rabelais, un homme de foi, de sciences et de Lettres.

Étude du prologue de Gargantua : un pacte de lecture inédit?
Un personnage haut en couleur : Frère Jean des Entommeures, une croisade d'ivrogne?


Portrait de Rabelais par Anatole France
«J'avoue pourtant que ce qui le frappe le plus dans Rabelais ne m'a jamais été très sensible. [...] J'avoue que les incongruités de Pantagruel ne me font pas plus rire que celles des gargouilles du XIVe siècle. J'ai tort, sans doute: mais il vaut mieux le dire. Je serai tout à fait franc: ce qui me fâche dans le curé de Meudon, c'est qu'il soit resté à ce point moine et homme d'église; ses plaisanteries sont trop innocentes; elles offensent la volupté et c'est leur plus grand tort.
Pour ce qui est de la morale, je le tiens quitte; ses livres sont d'un honnête homme et j'y retrouve [...] un grand souffle d'humanité, de bienveillance et de bonté. Oui, Rabelais était bon; il détestait naturellement «les hypocrites, les traîtres qui regardent par un pertuys, les cagots, escargots, matagots, hypocrites, caffars, empantouflés, papelards, chattemites, pattes pelues et autres telles sectes de gens qui se sont déguisés comme masques pour tromper le monde».
«Iceux, disait-il, fuyez, abhorrissez et haïssez autant, que je fais.»
Le fanatisme et la violence étaient en horreur à sa riante, libre et large nature. C'est par là encore qu'il fut excellent. Comme la sœur du roi, cette bonne Marguerite de Navarre, il ne passa jamais dans le parti des bourreaux, tout en se gardant de rester dans celui des martyrs. Il maintint ses opinions, jusqu'au feu exclusivement, estimant par avance, avec Montaigne, que mourir pour une idée, c'est mettre à bien haut prix des conjectures. Loin de l'en blâmer, je l'en louerai plutôt. Il faut laisser le martyre à ceux qui, ne sachant point douter, ont dans leur simplicité même l'excuse de leur entêtement. Il y a quelque impertinence à se faire brûler pour une opinion. Avec le Sérénus de M. Jules Lemaître, on est choqué que des hommes soient si sûrs de certaines choses quand on a soi-même tant cherché sans trouver, et quand finalement on s'en tient au doute. Les martyrs manquent d'ironie et c'est la un défaut impardonnable, car sans l'ironie le monde serait comme une forêt sans oiseaux; l'ironie c'est la gaieté de la réflexion et la joie de la sagesse. Que vous dirai-je encore? J'accuserai les martyrs de quelque fanatisme; je soupçonne entre eux et leurs bourreaux une certaine parenté naturelle et je me figure qu'ils deviennent volontiers bourreaux dès qu'ils sont les plus forts. J'ai tort, sans doute. Pourtant l'histoire me donne raison. Elle me montre Calvin entre les bûchers qu'on lui prépare et ceux qu'il allume; elle me montre Henry Estienne échappé à grand'peine aux bourreaux de la Sorbonne et leur dénonçant Rabelais comme digne de tous les supplices.
Et pourquoi Rabelais se serait-il livré «aux diables engipponnés»? Il n'avait point une foi dont il pût témoigner dans les flammes. Il n'était pas plus protestant que catholique, et s'il avait été brûlé à Genève ou à Paris ç'eût été par suite d'un fâcheux malentendu. Au fond [...] Rabelais n'était ni un théologien ni un philosophe, il ne se connaissait aucune des belles idées qu'on lui a trouvées depuis. Il avait le zèle sublime de la science, et pourvu qu'il étudiât à son aise la médecine, la botanique, la cosmographie, le grec et l'hébreu, il se tenait satisfait, louait Dieu et ne haïssait personne, hors les diables engipponnés. Cette ardeur de connaître enflammait alors les plus nobles esprits. Les trésors des lettres antiques exhumés de la poussière des cloîtres étaient remis au jour, illustrés par de savants éditeurs, multipliés sous les presses des imprimeurs de Venise, de Bâle et de Lyon. Rabelais publia pour sa part quelques manuscrits grecs. Comme ses contemporains, il admirait pêle-mêle tous les ouvrages des anciens. Sa tête était un grenier où s'empilaient Virgile, Lucien, Théophraste, Dioscoride, la haute et la basse antiquité. Mais surtout il était médecin, médecin errant et faiseur d'almanachs. Le Gargantua et le Pantagruel ne tinrent pas plus de place dans sa vie que le Don Quichotte dans celle de Cervantès, et le bon Rabelais fit son chef-d'œuvre sans le savoir, ce qui est généralement la manière dont on fait les chefs-d'œuvre. Il n'y faut qu'un beau génie, et la préméditation n'y est pas du tout nécessaire. Aujourd'hui qu'il y a une littérature et des mœurs littéraires, nous vivons pour écrire, quand nous n'écrivons pas pour vivre. Nous prenons beaucoup de peine, et pendant que nous nous efforçons de bien faire, la grâce nous échappe avec le naturel. Pourtant la plus grande chance qu'on ait de faire un chef-d'œuvre (et je confesse qu'elle est petite) c'est de ne s'y point préparer, d'être sans vanité littéraire et d'écrire pour les muses et pour soi. Rabelais fit candidement un des plus grands livres du monde.»
ANATOLE FRANCE, La vie littéraire, tome III, Calmann-Lévy, Paris, [n. d.].

GUSTAVE FLAUBERT
« Quoi de plus mal bâti que bien des choses de Rabelais, Cervantès, Molière
et d'Hugo ? Mais quels coups de poing subits ! Quelle puissance dans un seul mot ! Nous, il faut entasser l'un sur l'autre un tas de petits cailloux pour faire nos pyramides qui ne vont pas à la centième partie des leurs, lesquelles sont d'un seul bloc. Mais vouloir imiter les procédés de ces génies-là, ce serait se perdre. Ils sont grands, au contraire, parce qu'ils n'ont pas de procédés. Hugo en a beaucoup, c'est là ce qui le diminue. Il n'est pas varié, il est constitué plus en hauteur qu'en étendue.
*******
Il ne faut jamais craindre d'être exagéré. Tous les très grands l'ont été, Michel-Ange, Rabelais, Shakespeare, Molière.» (Correspondance, 1850-1854)

FRANÇOIS-RENÉ DE CHATEAUBRIAND
«Toutes les libertés meurent à la fois, la liberté politique dans les états congédiés, la liberté religieuse par la prise de La Rochelle; car la force huguenote demeura anéantie, et l'édit de Nantes ne fut que la conséquence de la disparition du pouvoir matériel des protestants. La liberté littéraire périt à son tour : on avait passé de l'école naïve, simple, originale d'Amyot, de Rabelais, de Marot, de Montaigne, à l'école artificielle et boursouflée de Ronsard. Malherbe rentra dans la première route: les sujets étrangers à nos moeurs et à nos croyances furent choisis de préférence. Alors s'éleva l'Académie française, haute cour du classique, qui fit comparaître devant elle, comme premier accusé, le génie de Corneille.»
(Analyse raisonnée de l'histoire de France)
HONORÉ BALZAC
«Chez nous Rabelais, homme sobre qui ne buvait que de l'eau, passe pour un amateur de bonne chère, pour un buveur déterminé. Mille contes ridicules ont été faits sur l'auteur d'un des plus beaux livres de la littérature française, le Pantagruel.» (Études de moeurs: Scènes de la vie privée, t. 4)
ANATOLE FRANCE
«Rabelais fut, sans le savoir, le miracle de son temps. Dans un siècle de raffinement, de grossièreté et de pédantisme il fut incomparablement exquis, grossier et pédant. Son génie trouble ceux qui lui cherchent des défauts. Comme il les a tous, on doute avec raison qu'il en ait aucun. Il est sage et il est fou; il est naturel et il est affecté; il est raffiné et il est trivial; il s'embrouille, s'embarrasse, se contredit sans cesse. Mais il fait tout voir et tout aimer. Par le style, il est prodigieux et, bien qu'il tombe souvent dans d'étranges aberrations, il n'y a pas d'écrivain supérieur à lui, ni qui ait poussé plus avant l'art de choisir et d'assembler les mots.» (La vie littéraire)
ALAIN TOURAINE
Rabelais moderne
«Si la confiance exclusive placée dans la raison instrumentale et dans l'intégration sociale est chargée de dangers, la destruction allègre du sacré, de ses interdits et de ses rites est un accompagnement indispensable de la modernité. Nul ne représente mieux que Rabelais cette soif de vivre, de manger, d'apprendre, de prendre son plaisir et de construire un monde nouveau, conforme à l'imagination, aux désirs et à la raison, plutôt qu'à des textes sacrés, à des coutumes ou à des hiérarchies établies. Les sociétés industrielles avancées sont aujourd'hui très éloignées de cette libération première... mais elles risquent aussi d'être attirées par le rêve d'une société close, communautaire, protégée contre le changement. La meilleure protection contre ce retour à la communauté fermée est l'appétit de Rabelais, complété par le doute de Montaigne.» (Critique de la modernité)
