CultureEAF

Dom juan : savoirs le mythe

Par Laucun - publié le jeudi 29 janvier 2015 à 12:05 dans 06W Réécriture

Réécouter la pièce (ici mise en scène par Jean Vilar) :


https://www.franceculture.fr/emissions/les-nuits-de-france-culture/le-theatre-et-luniversite-dom-juan-ou-le-festin-de-pierre



I/ Le mythe de Dom Juan


http://lewebpedagogique.com/francais_1s3/2009/12/


La naissance de Dom Juan : Le personnage de Dom Juan naît sous la plume de Tirso de Molina dans les années 1620. Son auteur souhaitait écrire un sermon sous une forme plaisante en invitant les fidèles à expier leurs péchés tant qu'il en est temps. Dom Juan, jeune libertin insouciant, demande l'absolution de ses péchés mais trop tard.


https://www.youtube.com/watch?v=_zjHF5TnWdk&feature=youtu.be



Un personnage mythique ? Le terme « mythe » désigne tout récit légendaire, transmis par la tradition, s'interrogeant sur la place de l'homme sur le plan social, politique et religieux. il est symbolique, allégorique (il représente sous forme concrète, une abstraction une idée, une représentation); Alors quels sont les éléments qui font de Dom Juan un mythe ?

Premièrement, ce personnage est passé du personnage de papier à celui de source de fascination et de réflexion qu'une foule d'auteurs s'est appropriée. Il devient un anti-modèle ou à l'inverse un héros en rébellion contre l'ordre des choses et du temps. Deuxièmement, c'est la présence finale de la statue de pierre qui donne une dimension mythique au personnage. Ce face à face du héros avec la Mort montre le destin de tout homme.


http://agora.qc.ca/dossiers/don_juan





L'évolution du mythe : Avant d'arriver en France, Dom Juan voyage et passe par l'Italie, étape durant laquelle il va se trouver imprégné du jeu comique de la commedia dell'arte. Une fois en France, c'est sous la plume de Dorimon (auteur et comédien) dans le Festin de pierre en 1659 que le personnage développe son athéisme provocateur. On considère d'ailleurs la pièce de Dorimon comme la source d'inspiration majeure de Molière.

Avec Molière, Dom Juan dépasse l'image du séducteur, montre l'hypocrisie religieuse ( à la manière de Tartuffe), interroge l'individualisme libertaire.




Au XVIIIe siècle, le mythe prend une dimension nouvelle avec Mozart et son Don Giovanni qui se livre aux tromperies et aux actions les plus odieuses pour satisfaire une quête sans fin qui ne peut que le perdre


http://www.site-magister.com/prepas/page12b.htm#axzz5gMXImAbR


Au XIXe siècle, Dom Juan s'évade du théâtre et gagne l'espace du roman et de la poésie. Il s'agit d'une évolution fondamentale du mythe puisque le personnage se sauve ou doit être sauvé même in extremis. Il se présente comme l'incarnation du héros romantique. Ses conquêtes féminines apparaissent comme une soif d'infini.


Au XXe siècle, deux orientations majeures se dessinent. La première met à mal le mythe en mettant en scène un Dom Juan soumis à la paternité ou à la vieillesse comme dans La Dernière Nuit de Don Juan (1921) de Rostand. La seconde orientation est celle de l'analyse. Dom Juan devient l'objet de réflexions littéraires, philosophiques et psychanalytiques qui s'intéressent au phénomène du « donjuanisme » et à ses répercussions.





II / Molière Une pièce classique ou baroque ?




Au XVIIe siècle, les arts sont influencés par un courant que l'on a nommé « baroque » au XXe siècle du nom portugais donné aux pierres irrégulières : « barroco ». Les créations baroques mettent en valeur l'éclat de l'Eglise catholique et témoignent d'un goût du spectaculaire voire de la surcharge. En France, durant ce même siècle, le classicisme, sous le règne de Louis XIV, se développe. Les artistes prônent un retour à l'ordre et à la sobriété. Des règles précises définissent alors les attentes théâtrales : rigueur, vraisemblance, bienséance. Dom Juan, créé en plein classicisme, répond en partie aux attentes des théoriciens mais s'inscrit largement dans le courant baroque pour mieux refléter la caractéristique principale de son héros : l'inconstance (le mouvement).

  • Une pièce classique ?

1- Un genre mal défini : Les dramaturges classiques définissent clairement comédie et tragédie. Molière, pourtant, mêle les deux genres, parfois au sein d'une même scène.

2- Une vraisemblance douteuse : Le classicisme rejette les fantaisies baroques et s'attache à ce que l'action soit crédible. La peinture des m½urs de son temps (dialogues entre les paysans, négociations avec le créancier M. Dimanche) contribue à créer une dimension classique. Toutefois, le non respect de la règle classique des 3 unités rompt avec le classicisme (unité de lieu : un lieu unique : Dom Juan traverse toutes sortes de lieux ; unité de temps : vingt-quatre heures : l'acte V se déroule sur une seconde journée ; unité d'action : une action unique : plusieurs intrigues démarrent sans aboutir)

3- La bienséance malmenée : La bienséance se définit comme le respect des goûts et des croyances du public : il s'agit de ne pas le choquer. Molière va à l'encontre de ces règles puisque les croyances religieuses sont malmenées : Dom Juan demande à un pauvre d'insulter Dieu en jurant (cette scène a été supprimée dans les heures qui ont suivi la première tant elle a suscité des remous), des pratiques théâtrales non admises par le classicisme sont présentes : la mort spectaculaire de Dom Juan a lieu sur scène, les personnages mangent sur scène, se touchent ou parlent de médecine.

  • Une pièce baroque

1- Dom Juan, modèle du héros baroque : Dom Juan, toujours en mouvement et imprévisible, vit pleinement sa liberté qu'il revendique dans ses tirades de revendication d'idées ou de m½urs. Il emplit la scène de sa présence dynamique. Molière rend sa personnalité difficile à cerner : c'est un homme de paradoxes, capable de la plus basse lâcheté (il laisserait volontiers Sganarelle être capturé à sa place) comme du courage le plus noble (il sauve Carlos de la mort dans la sombre forêt).




2- Un univers en mouvance : Dans le baroque, les changements et métamorphoses sont nombreux dans le spectacle : les lieux : 5 lieux qui occasionnent 4 changements de décor rythment la pièce ; les costumes : Dom Juan et Sganarelle se déguisent, Elvire change de tenue, le spectre féminin devient une représentation du Temps ; les éléments du décor : la statue du Commandeur s'anime, le ciel se déchire pour laisser tomber des éclats, la terre s'ouvre pour engloutir le pécheur...


3- Le goût du spectaculaire : Les dramaturges baroques cherchent à marquer les esprits par des représentations frappantes. Molière a ainsi recourt aux effets impressionnants produits par les nouveaux moyens techniques mis à disposition dans les « pièces à machines » empruntées aux italiens. Un système lourd et mécanique permet de créer toutes sortes de trucages parfois coûteux.


https://www.youtube.com/watch?v=5gsWnpbz2eo


Site : https://www.histoireimage.org/fr/etudes/festival-avignon


Site : https://www.lesarchivesduspectacle.net/?Parametre=dom+juan&pbRechercher=



               

Page précédente | Page 2 sur 6 | Page suivante
Afin de bachoter avec raison mais non sans passion
«  Juillet 2026  »
LunMarMerJeuVenSamDim
 12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
2728293031 

Liens

Derniers commentaires

- La suite (par Visiteur non enregistré)
- Eleve de première es1 (par Visiteur non enregistré)
- Commentaire sans titre (par Visiteur non enregistré)
- Commentaire sans titre (par Visiteur non enregistré)
- Questions d'entretien séquence 4 (par Visiteur non enregistré)

Canal RSS

Abonnement