Penser après les cours...!

Madame du Chatelet, une femme des Lumières (1ST2S3)

Par cyberblaise - publié le samedi 11 décembre 2010 à 15:48 dans 1ST2S3 (2010-2011)

La maréchale dans le texte "Femmes soyez soumises à votre mari" peut faire penser à l'amie de Voltaire, madame du Chatelet. sur le site de la BNf, vous en saurez plus sur cette figure exemplaire des Lumières: http://expositions.bnf.fr/lumieres/pedago/fiche_2.pdf

L'Ingénu: réponses au contrôle de lecture (1ST2S3)

Par cyberblaise - publié le jeudi 9 décembre 2010 à 15:06 dans 1ST2S3 (2010-2011)

1.      Pourquoi l'Ingénu se nomme-t-il ainsi ? Comment se nomme-t-il après son baptême ? Quelles connotations peut-on trouver à ces noms ? Il l'affirme lui-même : "Je dis toujours naïvement ce que je pense." Après son baptême, il devient : Hercule l'Ingénu de Kerkabon. Si l'Ingénu évoque le naturel et l'innocence, Hercule se rapporte plutôt au courage, à la force physique et à la vigueur (y compris sexuelle, comme le montrent certaines allusions dans le texte, notamment au moment où l'Ingénu veut prouver son amour à Melle de Saint-Yves) Le nom d'hercule renvoie au héros de la mythologie qui a fait les 12 travaux, le texte fait d'ailleurs allusion à un treizième travil plus érotique.Le Huron sera digne de son nom en chassant les Anglais des côtes de basse Bretagne. Comme "Candide" qui signifie "blanc, innocent"étymologiquement, l'ingénu est un surnom qui met l'accent sur l'état d'innocence de celui qui vient à peine de naître et qui n'a pas été influencé par quelque éducation que ce soit. Il ne faut pas oublier non plus le sens plus habituel d'ingénu : peu au courant des choses de l'amour ou feignant de ne pas être au courant cf l'ingénue au théâtre, le rôle d'ingénue, d'où la valeur légèrement ironique du nom.

Le nom de famille Kerkabon est très clairement breton: "ker" c'est la maison.Par connotation, ce nom évoque un foyer chaleureux et aimant, des gens accueillants et dévoués.

 

 

2.      Qui est l'Ingénu ? Indiquez son pays d'origine, sa filiation, etc.

C'est un Huron.c'est-à-dire un membre d'une tribu amérindienne. Il vient du Canada. En fait, il est le neveu du prieur de Kerkabon et de sa sœur car leur frère et sa femme se sont embarqués pour le Canada et n'ont pas donné de nouvelles depuis. Le prieur les croit morts. L'Ingénu ayant les yeux clairs, il ne peut être un vrai Huron.Il a été élevé par des indiens  mais il n'est pas vraiment métisse, tout au plus a-t-il une double culture comme le prouve la discussion sur a façon de "faire mariage" chez les Hurons .

En savoir plus sur les Hurons du Canada, ils étaient considérés comme les alliés des Français de la région du Canada que l'on appelait la Nouvelle France:

http://www.thecanadianencyclopedia.com/index.cfm?PgNm=TCE&Params=F1ARTF0003920

 

 

3.      De quelle manière l'Ingénu veut-il se faire baptiser ? Pourquoi ? Que veut montrer Voltaire à travers cette anecdote ?

Il veut se faire baptiser dans la rivière, comme dans le Nouveau Testament. Melle de Saint-Yves parvient finalement à le convaincre de se faire baptiser à l'église. Voltaire montre ainsi combien l'église s'est écartée des pratiques des premiers chrétiens ; il dénonce aussi le caractère artificiel de certains sacrements et se révolte contre les persécutions et le sviolences faites au nom du respect de ces sacrements alors que les chrétiens eux-mêmes ne se fondent pas totalement sur leurs livres saints. Cet épisode est uen façon humoristique de lutter contre le fanatisme religieux.

 

4.      De quelle manière ses sentiments pour Melle de Saint-Yves se manifestent-ils au début ? et par la suite ? A quoi ce changement est-il dû ?

Il commence par débarquer chez elle et se ruer dans sa chambre afin de lui prouver son amour. Elle se débat et son frère explique à l'Ingénu que cela ne se fait pas. Après son séjour en prison, l'expression de ses sentiments est beaucoup plus raffinée. Il a appris à maîtriser ses instincts.

 

5.      A quelle occasion devient-il un héros ? Pourquoi peut-on dire que cela constitue le début de ses ennuis ? (

Il se bat comme un lion contre les Anglais qui ont débarqué en France dans l'intention de piller le prieuré. Il est vainqueur. Mais lorsqu'il se rend à Versailles pour recevoir une récompense de la part de Louis XIV, il rencontre un groupe de protestants (voir question suivante).

 

6.      Qui rencontre-t-il en se rendant à Versailles ? Quel sentiment cette rencontre suscite-t-elle chez lui ?

Il rencontre des protestants victimes de la révocation de l'Edit de Nantes. Il est ému par leur sort et discute avec eux de l'influence des jésuites sur les décisions royales. Leur conversation est surprise par un espion, qui prévient Versailles.L'épisode critique la façon dont le royaume est gouverné et l'influence désastreuse des jésuites sur le Roi. voltaire critique les conséquences économiques et sociales de la persécutions des protestants pour le Royaume et uen fois proteste contre le fanatisme religieux, la délation et l'absence de véritable justice puisque les enfermements sont arbitraires et ne donnent pas lieu à procès.

 

7.      Pourquoi est-il embastillé et avec qui ?

Il a tenu des propos anti-jésuites. De plus, son ennemi, le bailli, qui voulait marier son fils à Melle de Saint-Yves, a comploté pour favoriser son arrestation. Il est embastillé avec Gordon, un janséniste.

 

8.      Quel changement ce séjour à la Bastille produit-il chez lui ? (2 points)

Il accède à la connaissance (les arts, notamment le théâtre, l'histoire, la géométrie, la physique, la philosophie…), développe son esprit critique et une pensée autonome.Il est changé " de brute en homme". Paradoxe de la prison, elle lui permet de se "civiliser": La lecture agrandit l'âme et un ami la console".Le malheur peut être bon à quelque chose.

 


Tout ce qu'il faut savoir sur l'argumentation pour l'examen de première.

Par cyberblaise - publié le vendredi 3 décembre 2010 à 08:30 dans 1ST2S3 (2010-2011)

Sur le blog d'un collègue se trouve cette fiche très complète pour réviser ce qu'il faut connaître de l'argumentation. Vous y trouverez tout ce que nous avons expliqué en cours et même davantage! Les définitions de mots sont à apprendre par coeur.

http://sabariscon.e-monsite.com/rubrique,fiche-sur-l-argumentation,509511.html

Fiche sur l'objet d'étude: "Convaincre, persuader, délibérer"


Fiche sur l'objet d'étude : « Convaincre, persuader, délibérer »/ Argumentation


I - Les acquis de la classe de 2nde :

Théoriquement, en classe de seconde, vous avez traité l'objet d'étude suivant : « Démontrer, convaincre, persuader ».

Il s'agissait de vous faire percevoir et comprendre les différences, mais aussi les liens entre ces trois verbes.

-       démontrer : il s'agit de prouver, nous sommes dans le domaine des données vérifiables (proche d'une démarche scientifique).

-       Convaincre : il s'agit de faire passer une thèse, une idée en s'appuyant sur des arguments rationnels

-       Persuader : il s'agit de faire passer une thèse mais en s'appuyant sur des facteurs affectifs

Il s'agissait  de comprendre les différentes démarches argumentatives, leurs effets sur le destinataire, et de renforcer l'approche des genres et des registres (notamment étude du registre polémique). L'accent aura été mis sur la différence entre un mode argumentatif rationnel et un mode argumentatif affectif.


II - En classe de 1ère :

Il s'agit de savoir distinguer les verbes convaincre, persuader et délibérer, mais aussi de savoir distinguer l'argumentation directe de l'argumentation indirecte, à travers les problèmes que posent les différentes formes de l'essai, de la fable ou du conte philosophique. Il s'agit toujours d'analyser les démarches argumentatives et leurs effets sur le destinataire. Il s'agit de bien comprendre que le texte argumentatif est le lieu d'un dialogue avec l'auditoire (ou le lecteur).

-       un nouveau verbe est introduit : délibérer. La délibération consiste en la confrontation de points de vue divers visant à la constitution de son propre jugement, par un individu ou un groupe.

-       Une nouvelle notion : l'argumentation indirecte. Cette dernière suppose une prise de position implicite, elle vise à susciter l'adhésion par l'agrément, le plaisir.

Savoir distinguer argumentation directe et indirecte :

Dans l'argumentation directe, le discours se signale explicitement comme tel, contrairement à l'argumentation indirecte. C'est cet élément qui permettra de distinguer l'essai (argu directe) de l'apologue (fable, conte), récit fictif (argu indirecte).

L'argumentation a partie liée avec d'autres objets d'études. Elle intervient souvent, par exemple, dans les dialogues de théâtre. On parle aussi de monologues délibératifs lorsqu'un personnage fait le point sur sa situation et cherche quelle attitude adopter et quelle décision prendre face à une difficulté.

Il s'agit également de comprendre que l'argumentation peut appartenir au non- littéraire (articles de presse, dessins de presse, publicités) comme au littéraire.

III - Allons plus loin :

L'argumentation comprend l'ensemble des moyens verbaux qui permettent d'emporter ou de renforcer l'adhésion de l'auditoire ou du lecteur à une thèse ou à une vision des choses.

Les recherches actuelles tendent à considérer que l'argumentation ne se limite pas au discours et que tout échange verbal comporte toujours une dimension plus ou moins argumentative.

Une œuvre argumentative répond à plusieurs visées : convaincre, persuader, démontrer ou délibérer (qui peuvent se mêler).

-       démontrer et convaincre : on fait appel à la raison de lecteur. On recourt à un raisonnement construit de manière logique (importance des connecteurs logiques). On appuie ce raisonnement sur des arguments qui auront valeur de preuves (des idées, du domaine de l'abstrait souvent) que l'on illustre par des exemples. Démontrer consiste à prouver la vérité d'une hypothèse par un raisonnement DEDUCTIF et des preuves indiscutables. Laisse transparaître le moins possible la subjectivité.

-       Persuader : on use de moyens détournés, faisant appel aux sentiments, pour gagner l'adhésion de son interlocuteur. On use alors souvent du registre satirique pour se moquer de son adversaire, du registre polémique pour porter une attaque contre une idée ou une personne, ou du registre pathétique pour susciter la compassion, la pitié.

-       Délibérer : signifie discuter, avec soi-même ou avec d'autres, ceci afin de prendre une décision ou d'émettre un avis sur une question précise.  Le message se construit progressivement à partir des positions des différents interlocuteurs, des confrontations entre les différents points de vue.

-       Justifier : on développe un point de vue en l'expliquant et en prouvant sa validité par des arguments et des exemples

-       Réfuter : on repousse un argument ou une thèse en prouvant qu'ils ne sont pas valables

-       Concéder : c'est reconnaître qu'une partie de la thèse adverse est valide, pour ensuite, réfuter le reste de la thèse. C'est un bon moyen de convaincre dans la mesure où la concession permet d'entrer  dans le raisonnement de l'adversaire pour mieux le dépasser.

-       Un réquisitoire : discours prononcé pour accuser

-       Un plaidoyer : discours visant à défendre

-       Implicite = ce qui est sous-entendu, présupposé

-       L'ironie : du grec « eironeia » qui signifie « interrogation ». Le terme doit son sens précis à la méthode de Socrate qui feignait l'ignorance pour faire ressortir l'ignorance réelle de son interlocuteur. C'est une manipulation du sens. On feint de dire le contraire de ce que l'on pense, en espérant que l'interlocuteur comprendra bien ce que l'on pense vraiment.

-       Polémique : c'est un discours agressif (du grec polémos qui signifie « guerre »). C'est aussi un registre.  Le discours polémique nomme et cite l'adversaire, s'attaque à sa personne, le discrédite en recourant notamment à l'ironie, à la caricature, à la violence verbale (on peut trouver ce registre dans le pamphlet et le réquisitoire notamment).

-       Raisonnement déductif : il part d'une hypothèse pour en déduire les conséquences

-       Raisonnement inductif : il part de l'observation d'un cas particulier pour établir une cause générale ou aboutir à une vérité générale

-       Raisonnement par analogie : il s'agit de rapprocher deux domaines particuliers dont l'un est familier au destinataire (en gros on compare, on établit des relations). Importance alors de la métaphore.

-       Raisonnement par l'absurde : consiste à montrer qu'une thèse est fausse parce que si on l'admettait comme valable, ses conséquences seraient absurdes

-       Raisonnement causal : est un raisonnement qui établit un lien entre la cause et les effets


Le discours argumentatif est par nature POLYPHONIQUE puisqu'il est le lieu d'un débat entre plusieurs thèses. Pour identifier les positions des différents locuteurs on s'appuie sur les pronoms personnels, la ponctuation, les connotations des termes employés, le lexique appréciatif ou dépréciatif, les procédés de modalisation (certainement, peut-être, questions, conditionnel ...).

Il est donc fondamental de s'intéresser à la dimension DIALOGIQUE du texte argumentatif, c'est à dire de s'interroger sur l'interaction  entre le locuteur et le ou les destinataires. Il faut aussi s'intéresser à l'image de celui qui parle et l'idée qu'on se fait de ceux à qui il s'adresse.

Un peu d'histoire :

L'argumentation est née au V° siècle avt JC, en Grèce, société démocratique de la l'antiquité, dans laquelle il était donc important de pouvoir influencer les choix et les décisions des citoyens. Aristote en propose une théorie dans son ouvrage la Rhétorique, au IV° avt JC. Elle est alors comprise comme un discours destiné à mener vers certaines conclusions un public non spécialisé, par le moyen d'un raisonnement. Dans ce contexte de la démocratie, on constate que l'argumentation a des ses origines  partie liée avec la liberté, mais aussi avec l'affrontement (on cherche à régler les conflits par la parole).

A l'époque la rhétorique désigne l'art de bien dire dans le but d'agir sur autrui. C'est l'art de convaincre, le domaine de la parole efficace.

L'argumentation, à l'époque, repose sur l'éloquence, puisque tout se situe à l'oral. On dénombre alors 3 types d'éloquence qui servent encore à l'analyse des textes argumentatifs aujourd'hui :

-       le délibératif : qui se propose de prendre une décision

-       le judiciaire : qui porte un jugement

-       l'épidictique  qui souhaite évaluer, qui distribue des blâmes ou des louanges

Le discours repose sur 3 types de preuves :

-les preuves éthiques : qui cherchent à plaire, à disposer favorablement l'interlocuteur

- les preuves pathétiques : qui cherchent à mobiliser les émotions de l'auditoire

- les preuves logiques : qui aspirent à démontrer.


V - Les genres de l'argumentation :

 

A - argumentation directe :

-       l'essai : exercice de réflexion littéraire dont l'initiateur fut Montaigne au XVI°. L'auteur, sans chercher à être exhaustif (absolument complet), propose ses réflexions. Il se caractérise par la présence affichée et affirmée du « JE ». Attention : ce n'est pas une écriture intime, mais un discours argumenté dans lequel l'auteur s'adresse à ses contemporains. Ce genre comporte un caractère fortement SUBJECTIF, puisqu'il se nourrit de l'expérience de son auteur. L'essai est donc ancré dans un contexte, un temps et un lieu particuliers. Le genre est libre dans sa forme, il est en prose  et présente souvent une pensée en cours d'élaboration, ce qui peut justifier une certaine discontinuité dans les idées (l'auteur peut passer du coq à l'âne). Il s'agit souvent pour l'auteur de proposer au lecteur des pistes de réflexion à partir desquelles il se forgera sa propre opinion.  Le mot apparait avec Montaigne vers 1571/72. Il vient du latin « exagium » qui signifie « balance, pesée sur un instrument «  et au XV° « épreuve, expérience ». On constate donc le lien avec la délibération (qui consiste en une pesée des différents points de vue). Ce type d'écriture est une sorte de mise à l'épreuve de l'auteur face à ses idées et à ses expériences. On peut parler d'une littérature d'idées, d'une littérature critique qui s'interroge sur le MOI, le monde ou sur la littérature elle-même. Il ne s'agit pas de confondre avec un récit autobiographique : l'essai insiste sur les desseins, les intentions et les pensées et non sur les actes et les événements. La lettre, genre amplement pratiqué dans l'antiquité se rapproche de l'essai. L'essai répond à une volonté de rompre avec une approche normative. Il veut témoigner de ce qu'une question peut être abordée de plusieurs biais. La présence du « JE » est inséparable de celle du « TU », le lecteur.  L'essai, de ce point de vue se rapproche du sermo, conversation entre amis, en vogue au XVII°. C'est un art de la sociabilité. L'auteur cherchera d'ailleurs à séduire le lecteur par des traits d'humour, la satire, le recours au paradoxe (pour choquer)

-       Le pamphlet :  à l'origine le mot désigne un mode de diffusion, un ouvrage court et bon marché, distribué sitôt imprimé, abordant d'un sujet d'actualité sur un ton polémique. Le pamphlet ignore les règles de la bienséance : on y rencontre des invectives personnelles. Il s'agit d'anéantir l'adversaire.

-       Le dialogue : du grec « dialogos » qui signifie non pas deux mais « parole qui circule ». dans ce cas il s'agit de la transcription littéraire au style direct d'une conversation réelle ou fictive, qui peut constituer un genre autonome s'il occupe la totalité de l'œuvre, qui sera alors de nature argumentative. Dialogue philosophique ou d'idées, il repose sur le principe d'une confrontation de laquelle doit émerger une vérité (CF. Diderot Entretiens de d'Alembert »). Le dialogue permet de refléter la diversité des opinions. Il propose en quelque sorte une mise en scène de l'art d'argumenter. On repèrera des marques de la spontanéité et de l'oralité (ponctuation expressive par exemple). Efforts pour donner des équivalences lisibles de la parole échangée. Il a souvent une fonction DIDACTIQUE. Ce genre antique, s'est renouvelé au XVIII°, avec le développement des Salons. IL s'agit par opposition à la rhétorique classique de développer une parole plus naturelle, spontanée. Le dialogue devient vraiment espace de débat qui cherche à tempérer l'absolutisme politique. Le XVIII° = âge d'or de la conversation. Le genre connaît un recul au XIX°, puis nouvel essor au XX°.

-       La lettre ouverte : associe la forme de la lettre au pamphlet. L'exemple le plus célèbre est sans doute le fameux J'accuse d'Emile Zola au moment de l'affaire Dreyfus. L'auteur s'adresse directement au destinataire, mais il rend le contenu de sa lettre public, en la publiant le plus souvent dans la presse. Le destinataire en est donc double : la personne à laquelle elle est adressée, mais aussi le public. Le destinataire peut être un personnage fictif qui endossera alors une dimension symbolique.


B - Argumentation indirecte :

-       le conte philosophique : ce genre est né au XVIII°. récit faisant souvent une place au merveilleux (mais pas obligatoirement) et s'accompagnant d'une réflexion (cf. Contes de voltaire).

-       La fable : récit bref mettant en scène des animaux, des végétaux, des objets ou des humains, narrant une anecdote fictive et renfermant un enseignement moral, explicite ou implicite. Elle attend du lecteur la capacité  à déchiffrer une situation à partir de sa mise en intrigue

-       L'apologue : le terme désigne tout visée de fiction ayant une visée argumentative. On distingue généralement une partie narrative et une moralité. Il est en vers ou en prose. Ce genre utilise le détour pour instruire. Il comporte un double statut : narratif et démonstratif. Il présente une double vertu : procure un plaisir élémentaire et une nourriture intellectuelle et morale. Ceci explique pourquoi Platon, qui avait banni Homère et les poètes de sa cité idéale dans La République, conservait Esope, auquel il réservait même une place essentielle. On associe le DOCERE et le PLACERE. Le narrateur joue de la duplicité du texte. Il s'agit de persuader le destinataire d'adopter une conduite acceptable par la DOXA, soit la norme en vigueur.

-       La parabole : du grec « parabolé » qui signifie « comparaison, rapprochement ». Le mot est d'abord employé pour les récits allégoriques qui, dans la Bible, sont porteurs d'un enseignement moral. Ils sont simples, inspirés de la vie quotidienne, afin d'être aisément compris de tous. Ils se distinguent également par leur brièveté (ex : le Bon Samaritain). Par extension, le mot désigne un récit porteur d'un enseignement moral, qui se distingue de l'apologue par sa tonalité religieuse (tonalité qui dans les temps modernes peut être remplacée par un message historique ou politique comme La ferme des animaux  de Georges Orwell).

-       L'utopie : du grec « ou » qui signifie « non » et « topos » qui signifie « lieu » : le mot désigne un monde imaginaire, idéal dans lequel les hommes vivraient en parfaite harmonie. Implicitement l'utopie critique la société réelle à laquelle appartient l'auteur. On peut mentionner « l'abbaye de Thélème » de Rabelais qui propose un lieu d'enseignement idéal par opposition à la pédagogie dispensée au XVI°. Au XX°, on dénombre davantage de contre-utopies (cf. 1984 de Orwell, Le meilleur des mondes de Aldous Huxley).

-       Le fabliau : texte court en vers, qui développe une petite histoire pour en tirer souvent une petite leçon. Genre en vogue au Moyen âge. Ce sont des histoires à rire qui s'opposent à la littérature sérieuse de l'époque

Dans ces différents genres, la pensée n'est pas assénée de manière dogmatique. L'écrivain propose et le lecteur dispose. 


 

Une émission de radio sur Jean Genet, l'auteur des Bonnes (1ST2S3)

Par cyberblaise - publié le jeudi 2 décembre 2010 à 18:24 dans 1ST2S3 (2010-2011)

A podcaster: http://www.franceculture.com/emission-une-vie-une-oeuvre-jean-genet-1910-1986-2010-11-28.html

Je mettrai mes notes sur l'émission en ligne bientôt.

Commentaire de l'extrait "femme soyez soumise à votre mari" de Voltaire

Par cyberblaise - publié le jeudi 2 décembre 2010 à 08:06 dans 1ST2S3 (2010-2011)

Voici quelques pistes pour aider la classe de 1ST2S3 à rédiger le commentaire demandé pour le lundi 6 décembre.Envoyez-moi un courriel si vous avez besoin d'une aide supplémentaire.


Commentaire » Femmes soyez soumises à votre mari » de Voltaire.

Introduction à inventer : présentation de l'auteur, de l'œuvre et de l'extrait. Problématique centrée sur la découverte du lecteur d'un personnage féminin audacieux. Annonce du plan suggéré

Développement en trois parties ;

I.                    Personnage au franc parler et au fort tempérament .

Arguments possibles  :Affirmation de soi, vivacité du discours, évocations sans fausse pudeur de réalités crues étonnantes pour l'époque, pas le souci de la bienséance et des convenances quand il s'agit de défendre la cause des femmes. Langage imagé et pittoresque, parfois irrespectueuse. Culture utilisée pour argumenter.

(Chaque argument doit faire l'objet d'un paragraphe étayé par des analyses de procédés d'écriture ou des citations du texte)

 

II.                  Personnage des Lumières qui cherche à convaincre comme un philosophe.

Arguments possibles : argumentation bien menée qui recourt au raisonnement inductif ou déductif : partir d'abord d'exemples pour généraliser ensuite ou l'inverse. De l'expérience personnelle à la généralisation ; argument d'autorité réfuté. Raisonnement concessif : examiner les arguments des adversaires pour mieux les réduire à néant. Raisonnement comparatif, démonstration à l'aide d'exemples. Revendication d'une égalité homme- femme au plan des capacités et en même temps reconnaissance d'une complémentarité. Refus de l'esclavage au nom de cette complémentarité. Modèle de reine tout à fait typique des souverains éclairés qu'ont soutenus les philosophes des Lumières : mot «  lumières » associés aux bienfaits et à la recherche du bonheur des sujets, mécénat. Plaidoyer en faveur d'une éducation véritable des femmes.

 

III Personnage d'oratrice habile qui sait aussi persuader son interlocuteur : Arguments possibles : s'implique personnellement dans son discours, implique son interlocuteur. Utilise des registres différents pour séduire son auditeur : l'ironie, la moquerie, la caricature ou provoque par des accents polémiques, mais elle sait aussi mettre en valeur son point de vue en faisant l'éloge des capacités des femmes et en cherchant à émouvoir son interlocuteur par la peinture de la dure condition féminine et le courage des femmes. Tous les procédés rhétoriques sont bons pour emporter l'adhésion de l'abbé qui d'ailleurs se garde bien de répliquer.

Conclusion : bilan de l'étude menée et ouverture sur un texte comparable, une autre figure de femme, un rapprochement avec aujourd'hui.

 


L'Ingénu le mag. un travail en ligne de lycéens bretons.

Par cyberblaise - publié le dimanche 28 novembre 2010 à 13:01 dans 1ST2S3 (2010-2011)

Pour appronfondir votre connaissance de l'oeuvre, utilisez le travail de vos camarades du lycée de l'Iroise, c'est drôle et précis à la fois, bien illustré et bien documenté. il n'est pas interdit d'ailleurs de leur laisser un petit message de remerciement et de félicitation.

http://i-voix.over-blog.com/article-presentation-l-ingenu-le-mag-59083000.html

Voltaire, un intellectuel contre le fanatisme.(1ST2S3)

Par cyberblaise - publié le dimanche 28 novembre 2010 à 12:08 dans 1ST2S3 (2010-2011)

Pour en savoir plus sur cet aspect de la personnalité et de l'oeuvre de Voltaire:

http://users.skynet.be/litterature/ressources/voltairecadre.htm

Michel de Montaigne

Par cyberblaise - publié le mardi 19 octobre 2010 à 15:26 dans 1ST2S3 (2010-2011)

Le mouvement de la négritude.(1ST2S3)

Par cyberblaise - publié le lundi 11 octobre 2010 à 12:29 dans 1ST2S3 (2010-2011)

En savoir plus ici:

http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/aime-cesaire/negritude.asp


Le site donne la parole à certains des inventeurs du concept.

Discours sur le colonialisme d'Aimé Césaire.

Par cyberblaise - publié le lundi 11 octobre 2010 à 09:18 dans 1ST2S3 (2010-2011)

Vous pouvez entendre le Discours dit par le grand metteur en scène Antoine Vitez:

http://www.dailymotion.com/video/x56dse_cesaire-lecture-du-discours-sur-le_news

 

la biographie d'Aimé Césaire:

http://www.lehman.cuny.edu/ile.en.ile/paroles/cesaire.html

 

Un autre extrait du Discours:

« Il faudrait d'abord étudier comment la colonisation travaille à déciviliser le colonisateur, à l'abrutir au sens propre du mot, à le dégrader, à le réveiller aux instincts enfouis, à la convoitise, à la violence, à la haine raciale, au relativisme moral, et montrer que, chaque fois qu'il y a au VietNam une tête coupée et un oeil crevé et qu'en France on accepte, une fillette violée et qu'en France on accepte, un Malgache supplicié et qu'en France on accepte, il y a un acquis de la civilisation qui pèse de son poids mort, une régression universelle qui s'opère, une gangrène qui s'installe, un foyer d'infection qui s'étend et qu'au bout de tous ces traités violés, de tous ces mensonges propagés, de toutes ces expéditions punitives tolérées. de tous ces prisonniers ficelés et interrogés, de tous ces patriotes torturés, au bout de cet orgueil racial encouragé, de cette jactance étalée, il y a le poison instillé dans les veines de 1'Europe, et le progrès lent, mais sûr, de l'ensauvagement du continent. [...]

 

Des échos aujourd'hui au Dicours sur le Colonialisme de Césaire: les réactions de la journaliste Audrey Pulvar aux propos racistes tenus par M.Guerlain:

 


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Ce blog est une invitation à se cultiver après les cours pour mes élèves du lycée Camille See de Colmar. J'aimerais qu'il devienne le lieu d'approfondissement des petites digressions qui font le charme des cours et aussi l'occasion d'échanger nos bonheurs de lecture et des informations sur les événements culturels susceptibles de nourrir notre vie.
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