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Camus : je révise !

Par Laucun - publié le vendredi 12 juin 2015 à 02:11

Fiche œuvre

Albert Camus, l'Étranger (1942) : un itinéraire tourné vers l'absurde


Si tu veux être philosophe, écris des romans (Carnets)


I/ L'auteur (1913-1960) : un écrivain humaniste (biographie à compléter)


- Né milieu pauvre illettré (père ouvrier agricole décédé guerre 14-18, mère sourde et grand-mère autoritaire, quartier populaire de Belcourt).


- 1930 : __________________________________________


- Journaliste : Alger Républicain, Paris-Soir, Combat, l'Express...


- Écrivain engagé : résistant, guerre d'Algérie, peine de mort.

« Pessimiste quant à la condition humaine, je suis optimiste quant à l'homme ».


- L'Algérie, le soleil et la mer : très attaché terre natale décrite dans l'Envers et l'endroit et Noces.


- Philosophe de l'absurde : il rend compte de cette notions dans le cycle de l'absurde ; Étranger, Mythe de Sisyphe, Caligula (cf colonne de droite)


- 1957 : _______________________________________________________________


« Chaque génération se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu'elle ne le refera pas. Mais sa tâche est plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde ne se défasse ».


- 1960 : Meurt accident ___________________.


II/ La structure de l'œuvre : un itinéraire vers l'absurde


A/ Le genre de l'œuvre : une confession sans remords, sans désir de Salut ?


Au terme de « roman », Camus préférait celui de « récit » pour qualifier son œuvre. Biographie, chronique, carnet, confession, apologue... à quel genre peut-on rattacher l'Étranger ?



Les caractéristiques d'un journal

Les marques d'un récit philosophique

-


         - absence de date précise

> aspect intemporel.

-


    - ton froid, distant (écriture blanche)

> objectivité

- mention de sensations heureuses ou désagréables

> subjectivité

- thèmes : amour, justice, mort, existence

> notions universelles

- emploi de paroles rapportée directement et indirectement

> témoignage

-



- utilisation du passé composé

> récit rétrospectif (passé proche)


-




B/ Un récit bipartite (= 2 temps) ou en trois ou quatre parties ?

Étudier et compléter le tableau



Première partie


(6 chap.) avant le crime


La scène du meurtre

Deuxième partie


(5 chap) après le crime


La page finale

(explicit)

Situation initiale ___________ : annonce par le narrateur du décès de la mère. L'ouverture déjà une fermeture. Ce thème sera le fil noir de l'œuvre.


Événement perturbateur : un crime sans _______________ (ni jalousie, ni racisme, ni légitime défense) // acte gratuit.

Enfermement d'un an prison ; il s'en accommode tel Sisyphe et son rocher (même si désirs frustrés de cigarettes, de femme). Le temps passe comme de longs dimanches.


Dénouement : l'acceptation de l'absurde donc de la mort. Compréhension découvre et accepte l'absurde dans une communion suave avec l'indifférence du monde.

Événements du quotidien linéaire (sans intrigues) : enterrement, cinéma (Fernandel), bains de mer, rencontres (Marie Cardona, Salamano, Raymond Sintès, etc.). > Temps de la routine, du futur immédiat, du travail, de rares joies simples et sensuelles.



Le personnage est agi :

soleil = symbole douloureux de la ______________________; répercussion cosmique.


Événements de la machine judiciaire : interrogatoires, audiences, procès, témoignages à charge à décharge, jugement (deux jours de procès). Satire de la Justice (en tant qu'institution) transparaît.



La veille de sa mort, lucide, il se libère des fausses illusions. Homme vrai, sans dieu, seul au monde.

Un tps long : une page tournée correspond environ 1 heure 30 de fiction > Personnage comme enfermé ds quotidien, ses journées passent tels des dimanches (corset temporel). L'anti-héros se plie aux désirs des autres par ennui, plutôt que par goût ou volonté.




Une scène descriptive. Un acte de prise de cs de l'absurde.

Temps court : l'unité de tps est le mois (sauf les deux jours du procès). Tempo lent = tps de la réflexion, du souvenir, de la méditation. Il se regarde « se réfléchit » dans gamelle de fer. Prépare révolte contre la transcendance (le Salut) incarnée par aumônier.



Réflexion sur la peine _________________. Erreur judiciaire ? Meursault comme le martyr « le seul Christ que nous méritions »

Ton plat, froid, objectif, neutre. Perso. vu comme à travers une vitre. Paradoxe subjectivité limitée aux perceptions (svt désagréables), esprit sans interprétation, sans ambition professionnelle, ni sentimentales, sans idéaux, sans engagement, sans attente, sans transcendance.



Style changé : métaphorique (à l'image de la dernière page). Présence de multiples figures : personnification, hyperbole, oxymore, zeugme, etc.



Écriture oscillant entre le constat et les marques d'une subjectivité. Ton polémique (satire de la justice, de la religion).



Style ________________, symbole de la réconciliation de l'homme (anthropos) et du monde (cosmos) par l'intermédiaire du langage (logos).



III/ Micro-lectures (extraits commentés)

A. L'incipit : « Aujourd'hui maman est morte ».



B. Un dimanche chez Meursault : « Un peu plus tard, pour faire quelque chose, j'ai pris un vieux journal et je l'ai lu. J'y ai découpé une réclame des sels Kruschen et je l'ai collée dans un vieux cahier où je mets les choses qui m'amusent dans les journaux. Je me suis, aussi lavé les mains et, pour finir, je me suis mis au balcon » .


Passage extrait du chapitre 2 où le personnage décrit son quotidien après la mort de sa mère dans son appartement. Ses occupations semblent futiles tant elles semblent dérisoires. Il s'agit en effet de lire des informations périmées dans un journal qui en principe met en avant les nouvelles, les faits divers, inouïs du jour. La dimension absurde de l'activité sans héroïsme de Meursault apparaît à travers l'impression temporelle « un peu plus tard », les verbes d'action « faire, prendre, lire » placés sur le même plan et le rythme de la phrase avec des propositions de plus en plus brèves. Le narrateur semble faire l'expérience du sentiment d'absurdité de l'existence réduit à des actes sans finalité. Il baille sa vie. Plus tard, dans la prison, le journal sera cette fois sujet d'une méditation : l'histoire du tchécoslovaque (deuxième partie, chapitre 2).


C. La demande en mariage : « Le soir, Marie est venue me chercher et m'a demandé si je voulais me marier avec elle. J'ai dit que cela m'était égal et que nous pourrions le faire si elle le voulait. Elle a voulu savoir alors si je l'aimais. J'ai répondu comme je l'avais déjà fait une fois, que cela ne signifiait rien mais que sans doute je ne l'aimais pas. « Pourquoi m'épouser alors ? » a-t-elle dit. Je lui ai expliqué que cela n'avait aucune importance et que si elle le désirait, nous pouvions nous marier. »


Il s'agit d'un dialogue retranscrit entre le narrateur et Marie Cardona son amie depuis peu. Le chiasme (forme AB/BA) ici mis en évidence, traduit l'indifférence apparente de Meursault au sujet de sa proposition de mariage. Impression de désinvolture réitérée dans la répétition de « cela », tant le pronom démonstratif paraît péjoratif pour désigner un événement qui semble d'habitude capital dans une existence humaine (le mariage). Refus du mensonge romantique ?


D. Un voisin : « Tous les soirs, tous les matins, depuis que le chien avait eu cette maladie de peau, Salamano le passait à la pommade ».



E. Le meurtre : « Il m'a semblé que le ciel s'ouvrait sur toute son étendue pour laisser pleuvoir du feu. Tout mon être s'est tendu et j'ai crispé ma main sur le revolver. La gâchette a cédé, j'ai touché le ventre poli de la crosse et c'est là, dans le bruit à la fois sec et assourdissant, que tout a commencé. J'ai secoué la sueur et le soleil. J'ai compris que j'avais détruit l'équilibre du jour, le silence exceptionnel d'une plage où j'avais été heureux. »




F. Au tribunal : « Nous avons attendu très longtemps, près de trois quarts d'heure, je crois. Au bout de ce temps, une sonnerie a retenti. Mon avocat m'a quitté en disant : « Le président du jury va lire les réponses. On ne vous fera entrer que pour l'énoncé du jugement. » Des portes ont claqué. Des gens couraient dans des escaliers dont je ne savais pas s'ils étaient proches ou éloignés. »




G. Explicit : « Lui parti, j'ai retrouvé le calme. J'étais épuisé et je me suis jeté sur ma couchette. Je crois que j'ai dormi parce que je me suis réveillé avec des étoiles sur le visage. Des bruits de campagne montaient jusqu'à moi. Des odeurs de nuit, de terre et de sel rafraîchissaient mes tempes. La merveilleuse paix de cet été endormi entrait en moi comme une marée. »



IV/ Le personnage et le titre dévoilés ?


A/ Meursault : un « homme sans qualités » ? (onomastique : Mort (Meur-) / soleil (sault)).


Un anti-héros en apparence

En réalité, un homme non sans qualités...

- personnage spectateur passif (routine, dimanche au balcon, vit dans une seule pièce). Incapable de se projeter dans l'avenir (pas d'ambition amoureuse ou professionnelle).

-

- des préoccupations futiles (le dimanche)

-

- prisonnier de ses sensations (soleil lors de l'enterrement et du meurtre)

-

- un meurtrier sans culpabilité ni remords apparents

-


B/ Le titre éponyme

Camus a songé à plusieurs titres ou sous-titres pour son œuvre « La Pudeur », « Un homme heureux », « un homme libre » », « un homme comme les autres ». Ces titres changent-ils la vision de la première page, de l'horizon d'attente, du roman globalement ?


V. La notion d'absurde : faire face à la contingence




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