Penser après les cours...!

inscriptions aux options (602)

Par cyberblaise - publié le mercredi 12 juin 2013 à 12:23 dans 02w 1èreL/Es Camille See
Ella que j'ai rencontrée hier a dû vous transmettre que les inscriptions aux options facultatives auront lieu le mercredi 19 juin de 13h à 14h30 au secrétariat.

En option facultative, vous pouvez prendre théâtre, musique, arts plastiques, histoire des arts et LV3.

 S'il y a trop de monde, les cours sont cependant d'abord destinés à ceux qui ne sont pas inscrits dans la spécialité concernée mais qui ont pris l'enseignement d'exploration adéquat ou l'option déjà en seconde. C'est pourquoi pour ma part en théâtre je demande une lettre de motivation.Mes secondes qui ne sont pas inscrits en première L reprendront théâtre en option facultative mais je n'ai pas idée du nombre total de demandes.

Vous pouvez vous présenter en candidats libres à toutes les options facultatives en vous inscrivant au premier trimestre prochain.


Médée de Corneille dans la mise en scène de Paulo Correia

Par cyberblaise - publié le samedi 8 juin 2013 à 14:19 dans 02w1èreL 602
Un article publié sur le blog d'une classe qui a assisté au spectacle avec différentes critiques dans la presse:
https://www.weblettres.net/blogs/article.php?w=Parolesdegelee&e_id=66430

Des extraits de captations:
http://www.youtube.com/watch?v=IRzxUA41o-Q

http://www.youtube.com/watch?v=jPYQBwBD3CM

http://www.youtube.com/watch?v=xH5HP8P1gwI

http://www.youtube.com/watch?v=fJm7O3ZH4kE

http://www.youtube.com/watch?v=-vOdIOgspzw

Une présentation video de la pièce qui donne la parole au directeur du théâtre national de Nice, au comédien qui joue Créon, à la comédienne qui incarne Médée.
http://www.youtube.com/watch?v=BmtdT0DO5b4

Où trouve-t-on de la poésie aujourd'hui?

Par cyberblaise - publié le samedi 8 juin 2013 à 14:06 dans 02w 1èreL/Es Camille See
A la radio:
France Culture émission ça rime à quoi de Sophie Nauleau:
http://www.franceculture.fr/emission-ca-rime-a-quoi-jacques-roubaud-2013-05-26

Cette émission vous fera connaître un autre poète, oulipien de surcroît, amoureux de Paris: Jacques Roubaud

Cette semaine au marché de la poésie à Paris:
http://poesie.evous.fr/IMG/pdf/31_marche_poesie.pdf

Partout en France lors du printemps des poètes:
http://www.printempsdespoetes.com/

A la Maison de la Poésie à Paris où elle est donnée à entendre et mise en spectacle:
http://www.maisondelapoesieparis.com/

Salomé

Par cyberblaise - publié le vendredi 7 juin 2013 à 19:18 dans 02w1èreL 602
http://www.mediterranees.net/mythes/salome/: vous trouverez là les nombreuses réécriture du mythe de salomé et surtout l'hypotexte biblique.
Pour une étude du poème d'Apollinaire:
http://enseignerpartager.free.fr/documents/textes/apollinairesalome.pdf

Conduite pour le cabaret Vian dernière version

Par cyberblaise - publié le vendredi 7 juin 2013 à 18:01 dans 01w option théâtre 2nde Camille See

Cabaret Vian : Conduite générale

Musique de Jazz Duke Ellington

1. -Présentation comique de Boris Vian par Dorian

Proposition de Dorian : « Bonsoirs mes chers messieurs mesdames et les z'enfants: je suis né en 1920 au temps des charrettes et des promenades campagnardes, alors la nature côtoyait la civilisation; la nature... j'aurais  désiré y vivre, voler comme les oiseaux dans les cieux ou encore sentir le vent me caresser et m'emporter vers un monde meilleur. J'ai dû  écrire en signant Vernon Sullivan, un pseudonyme ridicule. Je préférais l'anagramme Bison Ravi.  Je jouais du jazz et sûrement pas pour me plaindre des battements de mon c½ur malade. Si vous aimez une joie de vivre fragile, de la violence pas tout à fait gratuite, du jazz sexy et beaucoup d'ironie dans les paroles, venez au Cabaret Vian. 

 Mais puisque vous êtes là,  écoutez bien et ne vous emmêlez pas les pinceaux: Le spectacle va commencer. »  Sur les mots « le spectacle va commencer», claquement sur les cuisses pour faire un rythme qui  amène la chanson : « on est  pas là pour se faire engueuler ». Quelqu'un ( ?) lance la chanson. Celle-ci servira dans la suite du spectacle de leitmotiv.

2.-Je suis snob : Tout le monde un même accessoire que Pierre dans son costume (chemises)  Pierre reste seul en scène pendant que les autres s'habillent des chemises, il se lave, en chantonnant, Juliette lui apporte une serviette. Hélène : serveuse avec plateau et coupes de champagne, Pierre doit donner le signal qu'on vienne l'habiller en tendant la main pour que Manon vienne lui faire la manucure, les autres entrent pour le pomponner ensuite,  quand vous avez fini votre tâche, il faut vous en aller progressivement.Pierre continue à fredonner pendant qu'on l'habille, à la fin demande une veste pour sortir car il fait un peu frisquet.( Cécile)

 Lorsqu'il sort pour entrer dans la galerie d'art, il  est accueilli par Hélène qui lui offre un verre ainsi qu'aux autres visiteurs – attention à bien jouer des personnages de snobs-qui font leur entrée, on peut entendre leur « merci ,merci » répété , ils se congratulent un verre à la main, bien faire attention à regarder les tableaux pour les faire exister, bien faire attention à trouver chacun votre personnage de snob, utiliser les caractéristiques de votre clown. Lorsque Cécile dit son texte, elle peut s'interrompre pour saluer des gens avec le visage qui s'éclaire et les bras ouverts.

 Mélanie : cri d'admiration : waoh, c'est bath ! jette le champagne su la tableau,  son cri est le signal de la convergence vers le tableau du fond, tout le monde s'extasie et en fait autant ( attention à se reculer ensuite); Hélène scandalisée pousse un ah et laisse tomber son plateau, tous le monde lui fait « chut » outré, ( Il faut que ce soit rythmé), la folie gagne, après le champagne, on jette des billets et on se roule dedans avec bonheur, au début rires puis rires en play- back, Pierre discute avec une personne qui brusquement tombe, devant le spectacle absurde de tous qui se roulent au sol, Pierre chante son couplet complètement désabusé, sort un appareil à faire des bulles , n'y arrive pas toujours : tout le monde applaudit.

Sortie de cette séquence amorcée par Jeanne qui se lève et chante « je suis snob… », tout le monde sort, enlève les chemises, préparation des six chaises pour « Sermonette »

3. -Sermonette : 6 chaises, texte à dire comme un prédicateur qui fait un sermon en chaire, très exagéré, s'adresser à plusieurs parties du public en se déplaçant sur les chaises. ( costume : robes blanches.) Tous les autres se répartissent dans le public et reprennent les gestes des orateurs.

Le groupe se déplace sur la phrase de Juliette pour entourer les chaises, Juliette dit « alors j'ai dit » : Tout le monde chante « On n' est pas là pour se faire engueuler » 2ème refrain : en réaction au sermon !

 4. Sketch du cochon des Joyeux bouchers : Changement de disposition à vue par les personnes qui ont été désignées pour aller chercher la table, pour disposer les chaises en cour qui porteront le « cochon » Manon en « cochon » doit couiner, en ponctuant le dialogue Juliette-Mélissa comme s'il commentait ce dialogue.

Prévoir hache pour Juliette, torchon pour Cécile, masque de cochon pour Manon,  bien se tourner sur les trois côtés en écartant les bras , Mélissa parler fort, Cécile doit  avoir peur du boucher et lui tendre les outils,  fin : tête de cochon sur la pique, cri de Juliette repris par le choeur, Manon (cochon) se réveille et pousse à son tour un cri  pendant que l'on vide la scène pour

5. -Les Joyeux bouchers : deuxième version: Manon (une veste militaire) amputée donc entrée à cloche pied avec à son bras  le sac rempli de poupées démembrées, choeur des bouchers ( tabliers à carreaux) « faut que ça saigne »,  aller vers le public en aiguisant les couteaux, brandissant les haches,( les chanteuses en cour Mélanie et Hélène se préparent en s'échauffant pour un french cancan.) transformation des bouchers en soldats ( enlever les tabliers) : choeur des bouchers qui va vers les gens et se sépare en menaçant les différentes tables du public, pour la deuxième partie  scènes de guerre sur l'espace scénique et dans la salle, fin très martiale « tiens voilà du boudin » avec le plus grand sérieux, répétition de « boudins » qui s'atténue dans le lointain. sur ‘tiens voilà du boudin' aller vers Manon pour prendre un morceau de poupée et le dévorer goulument. Sortir du plateau en chantant « tiens voilà du boudin » pour aller se positionner dans le public pour chanter le déserteur

6. Le Déserteur, (revoir la chanson, bien tuiler les paroles).  Vous disposer autour des tables puis revenir au plateau pour la troisième strophe.  Bien écouter le piano, se caler sur Pierre, chanter tous ensemble le début du premier couplet. Retourner au plateau lors de la troisième strophe. Fin : Pierre sort du groupe pour dire la deuxième version de la fin.

Manon E. balaie le plateau en continuant de chantonner pendant que se prépare La Complainte du progrès. Chacun dispose les chaises dont il a besoin et prend ses accessoires, serviette ( Hélène et Margaux, Jumelles Mélissa et Anna, portable pour Jeanne.)

Margaux : Texte « A tous les enfants… » ?

7. Complainte du progrès.

Fin Pierre et Juliette sortent, préparation de Fais-moi mal Johnny

 

8  Fai-moi mal : boniment du présentateur pour la salle entière (Ursula et son cochon  plutôt que Bécassine), les potiches (boas)  en diagonale retravaillez pour vous les différents « fais-moi mal ». Dorian assis à côté de la table ( « tapette à mouches ») Pierre peut quitter le plateau en tant que présentateur et revenir juste pour constater que c'est fini.

Transition : on laisse la table, Margaux s'y installe ( cahier Vian et trompette), tout le monde assis autour en bord de scène pour

-9« Je veux pas crever », tuilage du texte de Cécile et Mélanie, après Pierre, Margaux seule bien lentement.

Salut : Tout le monde se lève, salue. Puis musique de Jazz, danse, inviter les gens dans la salle.

 

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Un fil à la patte de Feydeau

Par cyberblaise - publié le jeudi 6 juin 2013 à 21:29 dans 02w 1èreL/Es Camille See
Un extrait de la mise en scène proposée à la Comédie Française, avec le fameux Christian Hecq dans le rôle de Bouzin:
http://www.youtube.com/watch?v=XxqMMtl64go

Un petit clin d'oeil à Sylvain qui a été si merveilleux dans ce rôle.

Novarina à propos de Rabelais

Par cyberblaise - publié le jeudi 6 juin 2013 à 21:17 dans 02w1èreL 602

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CHAOS

« Soubdain la mer commença à s'enfler et tumultuer du bas abysme... » J'aime les tempêtes chez Rabelais, tous les moments de fort tohu-bohu. J'aime m'y retremper. Il me rappelle que ma langue (que j'ai à désapprendre, réapprendre et oublier tous les jours, que je n'ai jamais possédée), ce français qu'on dit parfois inaccentué, raisonneur et guindé, est une langue très invective, très germinative, très native, très secrète et très arborescente, faite pour pousser. Le français, c'est la plus belle langue du monde, parce que c'est à la fois du grec de cirque, du patois d'église, du latin arabesque, de l'anglais larvé, de l'argot de cour, du saxon éboulé, du batave d'oc, du doux-allemand, et de l'italien raccourci. Celle qui résonne le mieux au monde, la plus sonore de toutes avec ses dix-sept voyelles, trois semi-voyelles, dix-neuf consonnes et quatre-vingt-dix-huit suffixes, très souple, très rythmique, très impure et très croisée. On entend ses racines qui viennent de partout, à peine visibles, très usées, très avalées, très fines, seulement présentes en silhouettes. Un grand théâtre d'ombres, de transformismes, de variétés rythmées...

Lire Rabelais, c'est une navigation très épuisante, très fatigante. Tout le corps doit rejouer, ça redéfait toutes les idées. C'est une dépense usante : c'est redécouvrir sous la langue française toute une profondeur respirée qu'on avait oubliée, qu'on voulait nous faire oublier, tout un orchestre intérieur et des muscles chanteurs qui travaillaient plus. C'est dur... J'aime me jeter vraiment dedans tout seul, sans traduction, sans guide, sans notes, faire le voyage oral avec lui. Trouver comme il respire. Chercher à le respirer. Le rejouer. Lire, c'est changer de corps ; c'est faire un acte d'échange respiratoire, c'est respirer dans le corps d'un autre. Il n'y a pas de lecteur, d'écrivain, mais deux voyageurs arrachés à un monde, départis, l'un et l'autre vêtus de langues, toute leur chair n'étant que de mots. Entre les deux, en lisant, en écrivant, il se produit de l'homme, il naît de l'homme en parlant. Il y a une naissance et une renaissance, un croisement d'amour, et un resurgissement perpétuel dans l'écriture. L'écriture est résurrectionnelle.

Rabelais entraîne très loin, très en arrière, très en avant de notre actuel français littéraire plat, linéaire B, très loin de cette petite langue française guindée de la radio, qui est comme une petite-bourgeoise qui s'étrique, un pauvre petit idiome laïc, un espéranto de plus en plus étroit. Une langue qui perd au moins un son par jour, une langue de dictée, une langue pour des sourds, pour des chanteurs culs-de-jatte, pour des danseurs seulement bicordes : français civique, médiagogique, morse inodore plat. Une langue de sondés, de dicteurs dictés, de porte-parole, pas d'animaux comme on devrait. Car ce qu'il faut qu'on entende, quand on parle, c'est que ce sont encore des animaux qui parlent et que ça les étonne énormément. Il y a ça chez Rabelais, mais aussi chez La Fontaine ou Bossuet... Mais c'est quand même dans le Quart Livre qu'on entend le mieux que parler est vraiment catastrophique... Que nous ne sommes pas des sujets qui utilisent une langue-outil, ou des esprits ayant en sons quelque chose à dire, mais des animaux qui sont dressés pour renaître en parlant.

C'est des paroles que nous prononçons, de la manière dont elles nous traversent, que tout dépend. Nous sommes dans les mots. Les mots sont, à la fois, la forêt où nous sommes perdus, notre errance, et la manière que nous avons d'en sortir. Notre parole nous perd et nous guide.

Rabelais mime la Bible et questionne la parole. Son livre est lumineusement incompréhensible. C'est un chaos très nécessaire aujourd'hui, où il y a un mystère de la langue qu'on voudrait nous enlever. Nous sommes faits pour être en animal, des fils du son, nés d'une parole, appelés à parler, des danseurs-nés, des appelants, et non des bêtes communicatives.

Valère Novarina, Théâtre des paroles
P.O.L. (éd.2007), pp.221 sqq


Colère, dégoût!

Par cyberblaise - publié le jeudi 6 juin 2013 à 21:11
Pendant que nous connaissions un extraordinaire bonheur au théâtre avec le spectacle des options de spécialités, un jeune homme de 19 ans était tabassé à mort par des skin-head affiliés à une organisation d'extrême droite. C'est à mon sens très grave et révélateur de la banalisation d'idéologies fascisantes.

http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/06/06/agresse-par-des-skinheads-un-militant-d-extreme-gauche-en-etat-de-mort-cerebrale_3424880_3224.html

Le poème en prose

Par cyberblaise - publié le jeudi 6 juin 2013 à 15:56 dans 02w1èreL 602
A propos du poème en prose de Francis Ponge, "La valise" nous avons parlé du poème en prose en général:
http://www.lyceegervillereache.fr/spip.php?article715

Les poèmes en prose de Baudelaire:
http://baudelaire.litteratura.com/le_spleen_de_paris.php#.UbCFgth3dxo

Exemple "Un hémisphère dans une chevelure"
Un hémisphère dans une chevelure

      Laisse-moi respirer longtemps, longtemps, l'odeur de tes cheveux, y plonger tout mon visage, comme un homme altéré dans l'eau d'une source, et les agiter avec ma main comme un mouchoir odorant, pour secouer des souvenirs dans l'air.
      Si tu pouvais savoir tout ce que je vois! tout ce que je sens! tout ce que j'entends dans tes cheveux ! Mon âme voyage sur le parfum comme l'âme des autres hommes sur la musique.
      Tes cheveux contiennent tout un rêve, plein de voilures et de mâtures; ils contiennent de grandes mers dont les moussons me portent vers de charmants climats, où l'espace est plus bleu et plus profond, où l'atmosphère est parfumée par les fruits, par les feuilles et par la peau humaine.
      Dans l'océan de ta chevelure, j'entrevois un port fourmillant de chants mélancoliques, d'hommes vigoureux de toutes nations et de navires de toutes formes découpant leurs architectures fines et compliquées sur un ciel immense où se prélasse l'éternelle chaleur.
      Dans les caresses de ta chevelure, je retrouve les langueurs des longues heures passées sur un divan, dans la chambre d'un beau navire, bercées par le roulis imperceptible du port, entre les pots de fleurs et les gargoulettes rafraîchissantes.
      Dans l'ardent foyer de ta chevelure, je respire l'odeur du tabac mêlé à l'opium et au sucre; dans la nuit de ta chevelure, je vois resplendir l'infini de l'azur tropical; sur les rivages duvetés de ta chevelure je m'enivre des odeurs combinées du goudron, du musc et de l'huile de coco.
      Laisse-moi mordre longtemps tes tresses lourdes et noires. Quand je mordille tes cheveux élastiques et rebelles, il me semble que je mange des souvenirs.

Charles Baudelaire - Le Spleen de Paris
Pistes de commentaire: http://jocelyne.vilmin.free.fr/wp-content/Lecture%20analytique%203%C2%A0Baudelaire.pdf

Le thème avait d'abord été traité dans Les Fleurs du Mal dans un poèmes en vers intitulé "La chevelure"


XXIII - La Chevelure


O toison, moutonnant jusque sur l'encolure!
O boucles! O parfum chargé de nonchaloir!
Extase! Pour peupler ce soir l'alcôve obscure
Des souvenirs dormant dans cette chevelure,
Je la veux agiter dans l'air comme un mouchoir!

La langoureuse Asie et la brûlante Afrique,
Tout un monde lointain, absent, presque défunt,
Vit dans tes profondeurs, forêt aromatique!
Comme d'autres esprits voguent sur la musique,
Le mien, ô mon amour! nage sur ton parfum.

J'irai là-bas où l'arbre et l'homme, pleins de sève,
Se pâment longuement sous l'ardeur des climats;
Fortes tresses, soyez la houle qui m'enlève!
Tu contiens, mer d'ébène, un éblouissant rêve
De voiles, de rameurs, de flammes et de mâts:

Un port retentissant où mon âme peut boire
A grands flots le parfum, le son et la couleur
Où les vaisseaux, glissant dans l'or et dans la moire
Ouvrent leurs vastes bras pour embrasser la gloire
D'un ciel pur où frémit l'éternelle chaleur.

Je plongerai ma tête amoureuse d'ivresse
Dans ce noir océan où l'autre est enfermé;
Et mon esprit subtil que le roulis caresse
Saura vous retrouver, ô féconde paresse,
Infinis bercements du loisir embaumé!

Cheveux bleus, pavillon de ténèbres tendues
Vous me rendez l'azur du ciel immense et rond;
Sur les bords duvetés de vos mèches tordues
Je m'enivre ardemment des senteurs confondues
De l'huile de coco, du musc et du goudron.

Longtemps! toujours! ma main dans ta crinière lourde
Sèmera le rubis, la perle et le saphir,
Afin qu'à mon désir tu ne sois jamais sourde!
N'es-tu pas l'oasis où je rêve, et la gourde
Où je hume à longs traits le vin du souvenir?

     Les Fleurs du mal, Charles Baudelaire


Lecture analytique de ce poème:

http://www.matisse.lettres.free.fr/epiphanies/l_a_chevelure.htm



Apollinaire et le metteur en scène Meyerhold

Par cyberblaise - publié le jeudi 6 juin 2013 à 15:35 dans 02w1èreL 602
Merci à Marie de m'avoir permis de combler une lacune. Apollinaire et Meyerhold se connaissaient, il existe même une photo d'eux:
http://www.brissonneau.net/html/fiche.jsp?id=2199506&np=1&lng=fr&npp=20&ordre=1&aff=1&r=

C'est Apollinaire qui a fait connaître à Meyerhold le conte des trois oranges que Prokofiev mettra en musique et dont Meyerhold assurera la mise en scène.
http://www.theatre-du-soleil.fr/thsol/vsevolod-meyerhold

« Les Mamelles de Tirésias »

La volonté d'Apollinaire de faire naître la surprise se reflète aussi dans « Les Mamelles de Tirésias », pièce de théâtre controversée lors de sa réception, tiraillée entre le dénigrement et l'enthousiasme. Scandaleuse par son sujet ainsi que par son audacieuse mais spectaculaire mise en scène, « Les Mamelles de Tirésias » relève de l'ambition d'Apollinaire de renouveler le théâtre. L'enjeu est de créer un théâtre nouveau, antiréaliste, qui soit plus proche de la réalité en sapant le concept de mimesis. W. Bohn met à jour l'existence de sources extra‑littéraires, plus précisément l'attachement d'Apollinaire pour des formes de théâtre populaire comme le cirque, le music‑hall, le film muet ou les marionnettes. Centrée autour des thèmes de la repopulation et du féminisme, la pièce favorise l'expérience humaine plus que la perception visuelle. L'originalité de la pièce ne réside pas dans son intrigue (le destin d'une femme devenue homme), mais dans son caractère absurde et provocateur. Écrite après la guerre, on lui donne souvent une coloration patriotique, Apollinaire souhaitant attirer l'attention sur les risques de dépopulation. Conçue pour amuser et surtout pour instruire, son message demeure pourtant ambigu. W. Bohn nous invite toutefois à ne pas prendre trop au sérieux la thèse patriotique, car l'emploi de la parodie, des jeux de mots et du burlesque n'y sont que le signe de la démystification mise en place par Apollinaire. Ce dernier pourrait bien avoir eu recours à la subversion afin de cacher un autre message, plus léger peut‑être, une célébration de la sexualité et une invitation à la procréation.



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Ce blog est une invitation à se cultiver après les cours pour mes élèves du lycée Camille See de Colmar. J'aimerais qu'il devienne le lieu d'approfondissement des petites digressions qui font le charme des cours et aussi l'occasion d'échanger nos bonheurs de lecture et des informations sur les événements culturels susceptibles de nourrir notre vie.
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