Emission de radio sur l'actualité de Rabelais
http://www.franceculture.fr/emission-concordance-des-temps-actualite-de-francois-rabelais-2012-12-22
"Une charogne" de Baudelaire.
Ce matin nous avons parlé de l'esthétique de la surprise avant Apollinaire et évoqué le poème de Baudelaire "une charogne" que l'on peut aussi considérer comme une réécriture originale de "Mignonne allons voir si la rose..." de Ronsard! Une charogne
Rappelez-vous l'objet que nous vîmes, mon âme, Ce beau matin d'été si doux : Au détour d'un sentier une charogne infâme Sur un lit semé de cailloux,
Les jambes en l'air, comme une femme lubrique, Brûlante et suant les poisons, Ouvrait d'une façon nonchalante et cynique Son ventre plein d'exhalaisons.
Le soleil rayonnait sur cette pourriture, Comme afin de la cuire à point, Et de rendre au centuple à la grande Nature Tout ce qu'ensemble elle avait joint ;
Et le ciel regardait la carcasse superbe Comme une fleur s'épanouir. La puanteur était si forte, que sur l'herbe Vous crûtes vous évanouir.
Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride, D'où sortaient de noirs bataillons De larves, qui coulaient comme un épais liquide Le long de ces vivants haillons.
Tout cela descendait, montait comme une vague, Ou s'élançait en pétillant ; On eût dit que le corps, enflé d'un souffle vague, Vivait en se multipliant.
Et ce monde rendait une étrange musique, Comme l'eau courante et le vent, Ou le grain qu'un vanneur d'un mouvement rythmique Agite et tourne dans son van.
Les formes s'effaçaient et n'étaient plus qu'un rêve, Une ébauche lente à venir, Sur la toile oubliée, et que l'artiste achève Seulement par le souvenir.
Derrière les rochers une chienne inquiète Nous regardait d'un oeil fâché, Epiant le moment de reprendre au squelette Le morceau qu'elle avait lâché.
- Et pourtant vous serez semblable à cette ordure, A cette horrible infection, Etoile de mes yeux, soleil de ma nature, Vous, mon ange et ma passion !
Oui ! telle vous serez, ô la reine des grâces, Après les derniers sacrements, Quand vous irez, sous l'herbe et les floraisons grasses, Moisir parmi les ossements.
Alors, ô ma beauté ! dites à la vermine Qui vous mangera de baisers, Que j'ai gardé la forme et l'essence divine De mes amours décomposés !
Si vous voulez un commentaire du texte: http://litterale.cirilbonare.over-blog.com/article-premieres-la-charogne-de-baudelaire-52384546.html
"Prose du Transsibérien" de Blaise Cendrars
Pour le plaisir du voyage:
http://lapoesiequejaime.net/bcendrars.htm
"Pâques à New York" de Blaise Cendrars
Voici le poème dont Apollinaire s'est inspiré pour "Zone" ici la version rappée par Ekoué:
http://www.youtube.com/watch?v=lzlGMDYLJTY
Le texte en entier: http://allechantmagnetique.hautetfort.com/media/01/00/1216194363.pdf
Un article intéressant sur Blaise Cendrars: http://pierresel.typepad.fr/la-pierre-et-le-sel/2011/12/blaise-cendrars-po%C3%A8te-de-la-modernit%C3%A9.html
Une introduction à son oeuvre: http://www.archivesdefrance.culture.gouv.fr/action-culturelle/celebrations-nationales/recueil-2011/litterature-et-sciences-humaines/blaise-cendrars
"Zone" d'Apollinaire
Pour compléter l'étude faite ce matin: celle dont je me suis inspirée: http://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=10&ved=0CHEQFjAJ&url=http%3A%2F%2Fwww.lyc-international.ac-versailles.fr%2FIMG%2Fdoc%2FApollinaire-Zonerevu.doc&ei=0FKvUdfbB8SQ7AbzkYFY&usg=AFQjCNFBt1Mg806q63sYLGYlF7uFZe3MMA&bvm=bv.47380653,d.ZGU
Extrait de"Zone" lu par le comédien JP Marielle: http://www.youtube.com/watch?v=A_th87LxQU0
Une lecture analytique proposée par une collègue http://lewebpedagogique.com/hberkane2/alcools-zone-vers-1-a-24-lecture-analytique/
Sujets donnés au lycée Rochambeau aux USA
Pour les L c'est la poésie: http://www.rochambeau.org/enseignement/examens/bac/bac2013/sujets/Sujet%20Francais%20serie%20L%202013.pdf
Proposition de corrigé de la question préalable: http://www.etudes-litteraires.com/bac-francais/2013/corrige-question-serie-l-amerique-nord.php
Pour les ES-S , le théâtre: http://www.rochambeau.org/enseignement/examens/bac/bac2013/sujets/Sujet%20Francais%20serie%20ES%20et%20S%202013.pdf
Proposition de corrigé pour la question préalable: http://www.etudes-litteraires.com/bac-francais/2013/corrige-question-series-s-es-amerique-nord.php
Je donne en prime aux ES et L le sujet scientifique: http://www.rochambeau.org/enseignement/examens/bac/bac2013/sujets/Sujet%20Sciences%20L%20ES%202013.pdf
Les Réécritures du mythe d'Orphée
Un sujet pour les L donné cette année: SÉRIE L
Objets d'étude : Les réécritures, du XVllème siècle jusqu'à nos jours.
Le texte théâtral et sa représentation du XVIIème siècle à nos jours.
Textes
:
Texte A : Ovide, Les Métamorphoses, livre X, « Orphée et Eurydice », début du 1er siècle après J.C., traduction de G. Lafaye.
Texte B : Pierre-Louis Moline, livret de Orphée et Eurydice, opéra de Christoph Willibald Gluck, version de 1774, Acte IV, scène 1.
Texte C : Hector Crémieux, livret de Orphée aux Enfers, opéra-bouffe de Jacques Offenbach, version de 1858, Acte l, scène 2.
Texte D : Victor Segalen, Orphée-roi, 1921, Acte Il, scène 2.
Texte A : Ovide, Les Métamorphoses, livre X, « Orphée et Eurydice », début du 1er siècle après J.C., traduction de G. Lafaye.
.
[Orphée, roi de Thrace, pleure la
mort de sa femme Eurydice. Il va aux Enfers supplier les Dieux de la lui
rendre. Pour les émouvoir, il chante en s'accompagnant de sa lyre. Cet
instrument à cordes lui a été donné par Apollon, dieu de la musique et
de la poésie.]
Tandis qu'il exhalait ces plaintes, qu'il accompagnait en faisant
vibrer les cordes, les ombres exsangues pleuraient; Tantale1 cessa de poursuivre l'eau fugitive; la roue d'Ixion1 s'arrêta; les oiseaux oublièrent de déchirer le foie de leur victime, les petites-filles de Bélus1 laissèrent là leurs urnes et toi, Sisyphe1, tu t'assis sur ton rocher. Alors, pour la première fois des larmes mouillèrent, dit-on, les joues des Eurnénides2,
vaincues par ces accents; ni l'épouse du souverain, ni le Dieu qui
gouverne les Enfers ne peuvent résister à une telle prière; ils
appellent Eurydice; elle était là, parmi les ombres récemment arrivées;
elle s'avance, d'un pas que ralentissait sa blessure. Orphée du Rhodope3
obtient qu'elle lui soit rendue, à la condition qu'il ne jettera pas
les yeux derrière lui, avant d'être sorti des vallées de l'Averne4;
sinon, la faveur sera sans effet. Ils prennent, au milieu d'un profond
silence, un sentier en pente, escarpé, obscur, enveloppé d'un épais
brouillard. Ils n'étaient pas loin d'atteindre la surface de la terre,
ils touchaient au bord, lorsque, craignant qu'Eurydice ne lui échappe et
impatient de la voir, son amoureux époux tourne les yeux et aussitôt
elle est entraînée en arrière; elle tend les bras, elle cherche son
étreinte et veut l'étreindre elle-même; l'infortunée ne saisit que l'air
impalpable. En mourant pour la seconde fois elle ne se plaint pas de
son époux (de quoi en effet se plaindrait-elle sinon d'être aimée ?);
elle lui adresse un adieu suprême, qui déjà ne peut qu'à peine parvenir
jusqu'à ses oreilles et elle retombe à l'abîme d'où elle sortait.
1. Tantale, Ixion, Bélus, Sisyphe: personnages mythologiques condamnés à subir des supplices aux Enfers.
2. Euménides: déesses de la vengeance.
3. Rhodope: montagne de Thrace où est né Orphée.
4. vallées de l'Averne : les Enfers.
Texte B :
Pierre-Louis Moline, livret de Orphée et Eurydice, opéra de Christoph Willibald Gluck, version de 1774, Acte IV, scène 1.
[Orphée a obtenu
le droit de ramener Eurydice chez les vivants, mais à condition de ne
pas se retourner pour la regarder. Elle n'est pas informée de cette
contrainte.]
ACTE IV
Le théâtre représente une caverne obscure et inhabitée, qui conduit hors des Enfers.
Scène première.
Orphée amène Eurydice par la main, sans la regarder.
[...]
ORPHÉE
Eurydice, suis-moi,
Profitons sans retard de la faveur céleste;
Sortons, fuyons ce lieu funeste.
Non, tu n'es plus une ombre, et le dieu des amours
Va nous réunir pour toujours.
EURYDICE
Qu'entends-je ? Ah ! Se peut-il ?
Heureuse destinée !
Eh quoi! nous pourrons resserrer
D'amour la chaîne fortunée ?
ORPHÉE
Oui, suis mes pas sans différer.
(Il quitte la main d'Eurydice.)
EURYDICE
Mais, par ta main ma main n'est plus pressée !
Quoi ! Tu fuis ces regards que tu chérissais tant !
Ton c½ur pour Eurydice est-il indifférent ?
La fraîcheur de mes traits serait-elle effacée ?
ORPHÉE (à part.)
Oh dieux! quelle contrainte !
(Haut.)
Eurydice, suis-moi...
Fuyons de ces lieux, le temps presse,
Je voudrais t'exprimer l'excès de ma tendresse...
(A part.)
Mais, je ne puis ! ô trop funeste loi !
EURYDICE (tendrement.)
Un seul de tes regards !...
ORPHÉE
Tu me glaces d'effroi !
EURYDICE
Ah ! Barbare !
Sont-ce là les douceurs que ton c½ur me prépare ?
Est-ce donc là le prix de mon amour ?
Ô fortune jalouse !
Orphée, hélas ! se refuse en ce jour
Aux transports innocents de sa fidèle épouse.
ORPHÉE
Par tes soupçons, cesse de m'outrager.
EURYDICE
Tu me rends à la vie, et c'est pour m'affliger !
Dieux, reprenez un bienfait que j'abhorre1 !
Ah ! cruel époux, laisse-moi !
ORPHÉE
Viens ! Suis un époux qui t'adore.
1. que j'abhorre : que j'ai en horreur.
Texte C : Hector Crémieux, livret de Orphée aux Enfers, opéra-bouffe de Jacques Offenbach, version de 1858, Acte l, scène 2.
[Orphée est ici un
professeur de musique qui dirige la fanfare de Thèbes. Il est marié à
Eurydice, qui vient de le surprendre en train de séduire une nymphe,
alors qu'elle même le trompe avec le berger Aristée.]
EURYDICE
Fort bien ! Savez-vous ce que je conclus de tout cela, mon bon chéri
?... c'est que si j'ai mon berger, vous avez votre bergère... eh bien !
Je vous laisse votre bergère, laissez-moi mon berger.
ORPHÉE
Allons! Madame, cette proposition est de mauvais goût !...
EURYDICE
Pourquoi donc, je vous prie ?
ORPHÉE
Parce que... parce que... tenez ! Vous me faites rougir !
EURYDICE
Vraiment ! Eh bien ! Si cette couleur-là vous déplaît, nous tâcherons de vous en
trouver une autre.
ORPHÉE
Eurydice !... Ma femme ?...
EURYDICE
Ah ! Mais, c'est qu'il est temps de s'expliquer, à la fin ! Et il faut
qu'une bonne fois je vous dise votre fait, maître Orphée, mon chaste1
époux, qui rougissez ! Apprenez que je vous déteste ! Que j'ai cru
épouser un artiste et que je me suis unie à l'homme le plus ennuyeux de
la création. Vous vous croyez un aigle, parce que vous avez inventé les
vers hexamètres!... mais c'est votre plus grand crime à mes
yeux !... est-ce que vous croyez que je passerai ma jeunesse à vous
entendre réciter des songes classiques et racler (montrant le violon d'Orphée) l'exécrable instrument que voilà ?...
ORPHÉE
Mon violon !... ne touchez pas à cette corde, madame !
EURYDICE
Il m'ennuie, comme vos vers, votre violon !... allez charmer de ces
sons les
bergères de troisième ordre dont vous raffolez. Quant à moi, qui
suis fille d'une nymphe et d'un demi-dieu, il me faut la liberté et la
fantaisie !... j'aime aujourd'hui ce berger, il m'aime; rien ne me
séparera d'Aristée !
1. chaste : qui s'abstient de relations sexuelles.
Texte D : Victor Segalen, Orphée-roi, 1921, Acte Il, scène 2.
[Orphée est un poète musicien qui vit seul sur une colline en Grèce. Sa compagne Eurydice le regarde dormir.]
EURYDICE
Vole et danse ! Va-t-en... où tu voudras en esprit !
à genoux, prieuse plaintive aux flancs du dormeur...
Je suis là, fidèle à ton corps endormi, plus docile que toute fille ou femme humaine...
Qu'une autre, jalouse, implore les caresses et le don nuptial,
Je ne demande rien : je suis là, au bord de ton sommeil.
Tu ne m'as jamais dit ce qu'on dit en aimant. Une première fois, tu as chanté : « J'aime... »
A quoi bon ? Il dort plus sourdement ! Il est parti, il est
perdu de lui, il s'est dépris de ce corps que je tiens sous mes doigts.
Va-t-en ! Va-t-en !
Non. Reste parmi nous les vivants.
Reviens à moi. Je t'aime.
Mais je ne veux plus que tu rêves si je ne peux pas aimer ton rêve aussi !
Ah !
Elle s'abat toute sur Orphée; étreignant le
dormeur sans défense, couvrant le visage de ses mains qui font des
signes et des caresses...
Un cri... Eurydice se rejette en arrière.
ORPHÉE a ouvert les yeux. Toute la musique se tait.
LONG SILENCE rompu par la voix tremblante d'Eurydice.
EURYDICE
Pardonne-moi... J'ai...
ORPHÉE
Que ce monde est sourd et silencieux !
EURYDICE
Ce monde... Où étais-tu ?
ORPHÉE
Qui m'a rappelé ? Qui m'a frappé ?
EURYDICE
Oh non ! pas moi ! J'ai mal... Cette corde en cassant m'a cinglée1...
Personne ne l'a touchée... Elle s'est brisée toute seule...
Mais tant mieux, et toutes les autres !
Voilà d'où vient ton mépris de moi, et les haines autour de toi-même : ta Lyre.
Je la déteste : elle te possède, elle t'ensorcelle...
Mais je te délivrerai. Je t'éveillerai toujours de tes mauvais songes.
Alors, tu me diras ce qu'on dit en aimant.
ORPHÉE
Dans un transport passionné, Orphée saisit sa Lyre, se lève, et, - détourné d'Eurydice :
Tu es belle et indomptable, Lyre, amante enchantée !
Gardienne au seuil de mes palais sonores! Réseau fier qui trame mes sommeils et défend mon rêve chantant,
Lyre, c'est à toi que vont les jeux aimants : tes hanches sont polies et nacrées;
la courbe de tes cornes est cambrée comme deux bras dansants.
Ta voix est nombreuse ! Ta voix est hardie ! Quand tu trembles, tout s'agite et retentit.
Mais, tes nerfs vivants, voici qu'ils se brisent : la corde morte traîne sur mes poignets et sur mes doigts.
Quel discord2 a pu la rompre ?
Ô seule ! Vas-tu m'abandonner ainsi ?
Je t'emporte, je te ravis3, je te sauve avec moi-même !
Il s'en va, descendant le cours du Fleuve. Eurydice éclate en sanglots.
Le rideau tombe brutalement.
1. cingler : frapper.
2. discord : fausse note (terme musical).
3. ravir : enlever.
I - Question sur le corpus (4 points) :
Dans
les textes de ce corpus, quels aspects de l'histoire d'Orphée se
prêtent-ils particulièrement à une transposition à la scène ?
II -
Travail d'écriture (16 points) :
- Commentaire
Vous commenterez l'extrait d'Orphée-roi, de Victor Segalen (texte D). - Dissertation
Dans quelle mesure peut-on dire qu'une réécriture est aussi une création ?
Vous répondrez à cette question en vous appuyant sur les textes
du corpus, les ½uvres étudiées en classe et votre culture personnelle.
- Invention
Imaginez une scène théâtrale parodique dans laquelle
Eurydice, malgré les protestations d'Orphée venu la chercher, déclare
préférer l'enfer à la vie avec lui.
Orphée, le Prince des poètes
Connaître l'histoire d'Orphée que j'ai racontée en cours peut vous permettre d'évoquer finement certaines des fonctions de la poésie: http://bacdefrancais1.weebly.com/le-mythe-dorpheacutee.html
Jean-François Sivadier, metteur en scène
Découvrez Jean-François Sivadier, metteur en scène actuellement d'un Misanthrope au théâtre de l'Odéon: http://www.arte.tv/guide/fr/046446-065/square?autoplay=1
Des anthologies de la poésie avec préfaces
Une classe de l'académie de Versailles a mis en ligne des anthologies de poèmes avec préfaces rédigées par des lycéens: http://blog.crdp-versailles.fr/anthologie2011/index.php/category/Femmes-en-po%C3%A9sie
La rédaction d'une préface pourrait être donnée en sujet d'invention.
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