Spectacle et comédie : une version de la comédie ballet Le Malade imaginaire de Molière, "comme à l'origine", en 1673, reconstituée d'après les partitions d'époque...
Un extrait de son roman de guerre, Ceux de 14 :
Onze heures : c'est notre tour. Déploiement en tirailleurs tout de suite. Je ne réfléchis pas ; je n'éprouve rien. Seulement, je ne sens plus la fatigue fiévreuse des premiers jours. J'entends la fusillade tout près, des éclatements d'obus encore lointains. Je regarde, avec une curiosité presque détachée, les lignes de tirailleurs bleues et rouges, qui avancent, avancent, comme collées au sol. Autour de moi, les avoines s'inclinent à peine sous la poussée d'un vent tiède et léger. Je me répète, avec une espèce de fierté : « J'y suis ! J'y suis ! » Et je m'étonne de voir les choses telles que je les vois d'ordinaire, d'entendre des coups de fusil.
qui ne sont que des coups de fusil. Il me semble, pourtant,que mon corps n'est plus le même, que je devrais éprouver des sensations autres, à travers d'autres organes.« Couchez-vous ! »Quelques-uns viennent de chanter au-dessus de nous. Le crépitement de la fusillade couvre leur petite voix aiguë, mais je me rends compte qu'en arrière leur chanson se prolonge en s'effilant, très loin.Nous commençons à progresser. Ça marche, vraiment, d'une façon admirable, avec la même régularité, la même aisance qu'au champ de man½uvres. Et peu à peu monte en moi une excitation qui m'enlève à moi-même. Je me sens vivre dans tous ces hommes qu'un geste de moi pousse en avant, face aux balles qui volent vers nous, cherchant les poitrines, les fronts, la chair vivante.On se couche, on se lève d'un saut, on court. Nous sommes en plein sous le feu. Les balles ne chantent plus ; elles passent raide, avec un sifflement bref et colère. Elles ne s'amusent plus ;elles travaillent.Clac ! Clac !
Pour rappel : après Les Fleurs du Mal de Baudelaire, nous allons maintenant étudier la pièce de Théâtre de Molière, Le Malade imaginaire (édition Hatier, Classiques et Cie). L'½uvre cursive sera la pièce de Ionesco, Rhinocéros (édition libre). Procurez-vous ces livres sans tarder (si ce n'est déjà fait). merci !

A faire durant les vacances dans votre cahier personnel (que j'ai l'intention de ramasser début décembre) :
Sujet : Vous êtes l'éditeur de Charles Baudelaire et vous souhaitez lui suggérer une autre organisation des poèmes pour la composition des Fleurs du Mal, en vue d'une réédition du recueil. Vous lui écrivez une lettre pour lui soumettre vos idée à propos de l'ordre des poèmes et / ou de leur regroupement en sections.
Vous pouvez par exemple lui suggérer de déplacer des poèmes, de modifier l'ordre de ces textes, des nouveaux titres aux sections (ou chapitres de l'ouvrage). Voire... un autre titre au recueil ! Et même, vous osez lui demander des suppressions de poèmes... Vous lui expliquez bien sûr les raisons de cette réorganisation en justifiant vos idées...
Soyez convaincant ! Comme le montre le manuscrit des FDM ci-dessous, Charles Baudelaire était hyper exigeant... ("Je tiens absolument à cette virgule"...)
Conseil : relisez bien l'organisation des poèmes du recueil en sections (table des matières) et les pages 333 à 336 de votre édition Hatier.

Avec le sympathique Stéphane Bern... Visionnez notamment l'expérience "test" à partir de 6'50'' : quand les parfums font voir des choses...
PUB. La journaliste cite d'ailleurs Le Parfum de Patrick Suskind ! Une oeuvre, un roman olfactif et horrifique à lire absolument !

Au XVIIIème siècle vécut en France un homme qui compta parmi les personnages les plus géniaux et les plus horribles de son époque.
Il s'appelait Jean-Baptiste Grenouille.
Sa naissance, son enfance furent épouvantables et tout autre que lui n'aurait pas survécu.
Mais Grenouille n'avait besoin que d'un minimum de nourriture et de vêtements, et son âme n'avait besoin de rien. Or ce monstre de Grenouille avait un don, ou plutôt un nez unique au monde, et il entendait bien devenir, même par les moyens les plus atroces, le Dieu tout-puissant de l'univers, car "qui maîtrisait les odeurs, maîtrisait le c½ur des hommes".
C'est son histoire abominable… et drôlatique, qui nous est racontée dans Le Parfum, un best-seller mondial.
(synopsis, source Babelio)
Le roman a aussi été adapté au cinéma : bande annonce :
Il y aussi une série Netflix... qui en rajoute sur la dramatisation policière et l'épouvante (âmes sensibles s'abstenir)
Un entretien avec Jean Teulé, auteur de "Crénom Baudelaire !", biographie romancée, à écouter ici :

Spleen
Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
Et que de l'horizon embrassant tout le cercle
Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits ;
Quand la terre est changée en un cachot humide,
Où l'Espérance, comme une chauve-souris,
S'en va battant les murs de son aile timide
Et se cognant la tête à des plafonds pourris ;
Quand la pluie étalant ses immenses traînées
D'une vaste prison imite les barreaux,
Et qu'un peuple muet d'infâmes araignées
Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,
Des cloches tout à coup sautent avec furie
Et lancent vers le ciel un affreux hurlement,
Ainsi que des esprits errants et sans patrie
Qui se mettent à geindre opiniâtrement.
- Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
Défilent lentement dans mon âme; l'Espoir,
Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique,
Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.
Un des quatre autres "Spleen" ("J'ai plus de souvenirs que...") à écouter pour créer la chambre de Baudelaire dans votre cahier personnel :
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