Penser après les cours...!

Corrigé du sujet d'invention bac blanc1 (602 L)

Par cyberblaise - publié le vendredi 12 avril 2013 à 12:31 dans 02w1èreL 602

Sujet d'invention

Monsieur Le Procureur, Messiers les députés des deux chambres du Parlement des Oiseaux, je ne vais pas nier les faits qui me conduisent à être jugé devant vous et par vous : j'ai blessé Guillemette, la perdrix, en pratiquant une activité qui est à l'honneur dans notre espèce, la chasse, que nous ont léguée nos ancêtres à la fois parce que nous avons besoin de nous nourrir et d'éprouver notre corps et notre courage dans une pratique physique  souvent dangereuse. Parmi la gent des oiseaux, il en est qui comme nous s'adonne à cet art, j'ai bien dit « art » car pour être un bon chasseur il faut maîtriser une technique sophistiquée ; les oiseaux de proie, les aigles, les condors, les griffons que vous nommez, les faucons, les éperviers, les autours savent ce que je veux signifier : pour atteindre une proie il faut beaucoup de patience et d'habileté. L'on ne peut me reprocher une pratique que les vôtres utilisent aussi et encore moins du coup- vous en conviendrez- vouloir me condamner à mort !

Mais je voudrais surtout plaider les circonstances atténuantes en montrant que le discours du Procureur fait du genre humain un portrait d'une noirceur exagérée, révélant d'ailleurs beaucoup de préjugés et une méconnaissance de la grandeur et de la beauté de notre humanité.

Le portrait physique qui est proposé d'un être humain par le Procureur est tout à fait caricatural et me fait dire que vous avez des tendances racistes qui consistent à juger autrui selon l'apparence physique et a considéré comme mauvais ceux qui ne vous ressemblent pas. Vous nous reprochez de ne pas avoir de plumes comme vous, nous dévalorisez en nous traitant de « galeux » ; nous avons tout simplement été faits autrement par Dieu, qui a diversifié les apparences des espèces  peuplant la terre. Dieu aurait même dit que nous avons été faits à son image, vous êtes donc bien présomptueux  de nous mésestimer.  Comme vous ne savez pas à quoi servent des dents, vous nous pensez idiots au point de garder des « petits grès carrés » dans la bouche. Votre ignorance ne saurait être un argument de poids pour me condamner à mort.

Vous éprouvez également de « l'horreur » au premier regard devant notre comportement que vous ne comprenez pas. « Le rire est, en effet, le propre de l'homme » et il nous procure beaucoup de joie et de bonheur. Ce n'est pas « folie », c'est signe que nous apprécions la vie et ses plaisirs. Le rire nous permet de supporter les aléas de la vie, de prendre du recul, de la distance par rapport à ce qui nous fait souffrir, mais aussi de nous rassembler dans une allégresse commune. Vous décrivez une sorte de gesticulation qui, dans votre bouche, paraît effectivement absurde et vous la qualifiez de « magie », en sous-entendant qu'elle est mauvaise, porteuse de malheurs alors qu'il s'agit du rituel de la prière et de l'action de grâce à Dieu que nous pratiquons pacifiquement pour l'honorer. Notre croyance nous a conduits à célébrer notre Dieu par des œuvres d'une beauté inouïe qui prouvent bien que notre âme n'est pas noire. Vous volez autour de nos cathédrales gothiques, véritables dentelles de pierre, et vous nichez aux creux de nos statues. Nos édifices n'ont rien à envier à vos nids les plus sophistiqués. Nos musiques sont écrites et jouées pour charmer les anges ; les Vêpres de la vierge de Monteverdi, le Requiem de Mozart, les Lieder de Schubert, les quatuors et les symphonies de Beethoven surpassent de beaucoup vos chants, pourtant mélodieux. Vous devez vous rendre à l'évidence, vos apriori négatifs sur le genre humain sont d'abord liés au fait que vous ne nous connaissez pas vraiment.

J'en viens maintenant aux arguments donnés par votre Procureur et je vais les réfuter point par point. Vous nous reprochez de ne pas vivre selon la nature parce que nous serions des ferments de destruction  de la société. Certes les hommes sont parfois sujets à des conflits, ils se font la guerre, leurs désaccords peuvent être meurtriers mais les hommes sont aussi des philosophes qui réfléchissent à la meilleure société possible, à des organisations politiques qui permettent de vivre en paix et dans la prospérité. Il faudrait étudier les auteurs humanistes qui dévoilent leur projet éducatif comme Rabelais dans son Gargantua si plaisant à lire ou Montaigne dans le chapitre des Essais intitulé «  De l'institution des enfants », il faudrait lire l'Utopie de Thomas More pour se rendre compte que les hommes de tout temps ont eu le souci de créer des sociétés harmonieuses où il fait bon vivre. Je prendrai un autre exemple qui prouve que les hommes aiment faire société : ils sont les inventeurs du théâtre, art qui rassemble un public volontaire dans un bâtiment magnifique situé au cœur de chaque ville. Et que font-ils en ce lieu ? Ils regardent vivre devant eux des personnages joués par des acteurs qui leur font ressentir toutes leurs émotions, ils admirent le courage des héros, pleurent devant les misères endurées, partagent tout ce qui fait la particularité de la vie des hommes : les sentiments amoureux, la peur de la mort, les rêves de réussite, la lutte pour exister. Cet art n'est-il pas la preuve que l'homme aime se rassembler et se sentir solidaire d'autrui ?

Par ailleurs, vous reprochez aux hommes leur sentiment de supériorité que vous jugez inégalitaire et irrespectueux à l'égard des autres espèces. Certes les hommes s'attaquent à certaines espèces animales, pour se nourrir le plus souvent, mais le règne animal est ainsi fait que chacun est la proie et le prédateur d'une autre espèce, et vous ne pouvez nier que l'homme, grâce à l'intelligence dont il est doué et grâce aux œuvres qu'il est le seul à avoir créées, est une espèce vraiment très sophistiquée : jusqu'à preuve du contraire ce ne sont pas des oiseaux qui ont écrit Le Rouge et le Noir,  A la recherche du temps perdu, ni peint la chapelle Sixtine !

L'homme est d'ailleurs sensible à la beauté des animaux et de la nature, il s'en entoure et s'en inspire. Souvent il la protège. Les jardins construits par l'homme sont de véritables havres pour lui, mais aussi pour les animaux qui s'y réfugient. A l'intérieur de l'humanité, certaines ethnies vivent en parfaite symbiose avec la nature, je songe notamment à un peuple d'Inde, les Bishnois dont l'histoire est racontée dans un roman d'Irène Frain, La Forêt des 29, qui font reculer le désert en plantant des arbres et protègent tous les animaux qui sont considérés par eux comme des frères. L'enseignement de leur maître fait des émules dans le monde entier. Quand l'homme altère la nature, aussitôt d'autres se lèvent pour y remédier et trouver une parade. L'humanité est diverse et traiter tous les hommes de barbares est  alors une généralisation abusive.

Vous vous étonnez aussi de la tendance humaine à ne pas savoir jouir de la liberté en pointant toutes les soumissions que les hommes accepteraient parce que naturellement « enclins à la servitude », c'est faire peu de cas de certaines relations qui ne sont pas de servitude comme vous le pensez, ainsi les « jeunes » ne sont pas « esclaves des vieux », ils leur témoignent de l'amour et du respect car les Anciens les ont élevés et leur ont transmis leurs connaissances, leur savoir vivre. C'est faire peu de cas aussi des luttes des hommes pour vivre libres. Dès l'Antiquité grecque, en créant la démocratie, ils ont inventé une société où des hommes, des citoyens, s'organisent, votent eux-mêmes les règles qui régissent la communauté. De nombreux textes témoignent de leur volonté d'être libres ainsi La Boétie, dans le Discours de la Servitude Volontaire, qui, pourtant constate que beaucoup de ces congénères semblent accepter d'être tyrannisé, accuse la coutume et l'éducation d'être responsables de ce fait et invite les Français à simplement désobéir, à ne plus servir pour se libérer du despote. Partout où des hommes sont soumis à l'oppression, des voix s'élèvent pour susciter la révolte. Louis-Sébastien Mercier, au XVIIIème siècle déjà, dans son roman d'anticipation L'An 2440, rêve s'il en fut jamais imagine une société qui ne pratiquerait plus le commerce triangulaire et donc le commerce d'esclaves. La littérature  est bien l'invention humaine qui témoigne du désir de liberté que l'on trouve au cœur des aspirations humaines. Victor Hugo écrit dans son poème « A qui la faute ? », extrait du recueil L'Année Terrible : « Ton libérateur, c'est le livre ». Il  y montre tous les bienfaits de la lecture et des œuvres littéraires pour émanciper les esprits. Dans son roman QuatreVingt Treize, même s'il évoque les massacres perpétrés de part et d'autre, chez les Vendéens comme chez les sans-culottes, il met en relief l'importance de la première République et de la Constituante notamment parce qu'elles ont organisé l'instruction pour tous, base de la liberté. Les exemples abondent pour montrer que les hommes chérissent la liberté.

Messiers les jurés du Parlement des Oiseaux, en voulant me priver de ma liberté et même de ma vie, tout simplement parce que je suis un membre de l'espèce humaine que vous craignez faute d'en comprendre la grandeur, c'est vous qui avez « l'âme noire » et vous comportez en barbares intolérants et destructeurs car les apports de l'humanité, -art, science, pensée,- valent largement que l'on respecte les hommes autant que les autres espèces.

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Le vaudeville

Par cyberblaise - publié le mardi 9 avril 2013 à 18:20
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Le Vaudeville sous la monarchie de Juillet et la Deuxième République


Dans l'oeuvre d'Eugène Labiche, le vaudeville occupe, on le sait, une place

considérable. Ce genre dramatique né à l'extrême fin du XVIIe siècle et au début du XVIIIe, grâce notamment à Dufresny et à Lesage, se caractérisait par la présence,au sein de la pièce, de vaudevilles, c'est-à-dire de couplets chantés par les personnages, sur des airs connus. On employait alors, et on employa longtemps, les expressions comédie à vaudeville ou comédie mêlée de couplets. Les parties chantées alternaient avec les parties simplement dites, comme dans l'opéra comique, à cette différence près que dans ce dernier les airs étaient originaux. Plus tard, par métonymie, on appela vaudevilles les pièces gaies mêlant parole et chant.

Puis quand les couplets eurent disparu – entre 1860 et 1870 – on conserva le même nom pour désigner toute pièce reposant essentiellement sur le comique de situation.

En 1850, les vaudevilles comportaient beaucoup moins de couplets qu'au siècle

précédent, mais le genre était encore très en faveur. Le critique Jules Janin ne

dénombrait alors pas moins de 168 vaudevillistes. Le plus célèbre d'entre eux était

Eugène Scribe qui régnait sur la scène française depuis une trentaine d'années, très exactement depuis L'Ours et le Pacha créé en 1820. Il avait profondément

transformé le genre : composé jusque-là de couplets reliés par une trame légère, le

vaudeville se dotait grâce à lui d'une intrigue solidement charpentée, ménageant

nombre de situations comiques. Tel qu'il était devenu, ce type de pièce avait

néanmoins des ennemis acharnés comme le poète Théophile Gautier. Et bien des

lettrés le méprisaient, lui préférant les comédies de caractère ou de moeurs au

langage plus littéraire, par exemple celles d'Emile Augier, l'auteur de L'Aventurière

(1848). D'où la conscience des vaudevillistes d'appartenir à une sorte de race

inférieure. Cela ne les empêchait nullement d'être accablés de travail et de se voir

harcelés par les directeurs des salles spécialisées dans le vaudeville, comme le

Palais-Royal, qui leur réclamaient sans cesse de nouvelles oeuvres.

En effet le public de théâtre étant moins nombreux que de nos jours, la durée

d'exploitation des pièces était plus brève. Pour satisfaire à la demande, les auteurs étaient donc contraints d'écrire leurs pièces à plusieurs, ce qui au final favorisait la création comique. C'est ce qu'avait compris Scribe qui bénéficia au total d'une quarantaine de collaborateurs comme Mélesville ou Legouvé. Lorsqu'il se présenta à l'Académie, « ce n'est pas un fauteuil, c'est plusieurs banquettes qu'il lui faudrait » s'exclama l'un de ses ennemis. Naturellement, à côté des vaudevillistes qui changeaient souvent de collaborateurs, on en trouvait qui restaient le plus souvent fidèles au même : il se créait ainsi de véritables couples comme celui que formaient Duvert et Lauzanne, sous la Monarchie de Juillet.

Les théâtres auxquels s'adressaient les vaudevillistes disposaient de troupes

permanentes. Un comédien restait au Gymnase ou au Palais-Royal pour dix, quinze ou vingt ans. Chaque établissement possédait ses artistes spécialisés qu'il gardait. Il en résultait une grande homogénéité de jeu qui contribuait aux succès obtenus. Elle était d'une importance capitale quand il s'agissait d'un vaudeville, dont le rythme ne pouvait être assuré sans la communion parfaite de tous les éléments de la troupe.

Qui est Eugène Labiche?

Par cyberblaise - publié le mardi 9 avril 2013 à 18:18
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L'auteur : Eugène Labiche (1815-1888)

 

Issu d'une famille bourgeoise, Eugène Labiche, est né en 1815 à Paris. Il fait des études dignes d'un jeune homme de bonne famille et suit les cours au lycée Condorcet, où il obtient facilement son baccalauréat de lettres à 18 ans. Ayant perçu une somme d'argent importante suite à la mort de sa mère, le jeune homme entreprend un voyage de six mois en Italie. A son retour, Labiche commence des études de droits qu'il poursuit jusqu'à la licence, tout en faisant publier dans de petits magazines de courtes nouvelles. Il rencontre ainsi Auguste Lefranc et Marc-Michel, avec lesquels il fonde une association en vue de créer des pièces de théâtre. Ils prennent le pseudonyme collectif de Paul Dandré.

À leur grande surprise, leurs pièces sont acceptées immédiatement et sans le moindre problème. Au départ, il ne s'agissait pour eux que de s'amuser et de puiser à leur gré dans le vivier de jolies filles que constituait le milieu théâtral. S'ils avaient choisi le vaudeville, c'est parce qu'avec le drame, c'était le genre de pièce le plus facile à caser.

Fils d'industriel, Labiche disposait de revenus substantiels et n'avait pas vraiment besoin de droits d'auteur pour vivre, mais il s'était pris au jeu.

Débutant en 1837, la production de Labiche est tout d'abord modeste : deux ou trois pièces en moyenne par an, parfois aucune pour cause de voyages à l'étranger.

C'est durant cette période qu'il publiera son seul roman, La Clé des champs (1839).

Mais, à partir de 1848, cette production s'accélère, puisqu'il fait jouer en moyenne près de dix pièces par an jusqu'en 1859, son plus grand succès sur la période étant Un chapeau de paille d'Italie en 1851.

Puis le rythme se ralentit progressivement, ce qui peut s'expliquer par ces évènements : Labiche se marie en 1842 avec une riche héritière, ensemble, ils auront un enfant ; il achète en 1853 le château de Launoy à Souvigny-en-Sologne, avec 900 hectares de terre qu'il exploite lui-même. En 1868 il est élu maire de Souvigny.

Il s'était déjà aventuré en politique en avril 1848 comme candidat républicain à l'assemblée constituante. Battu, il s'était par la suite rallié à Louis-Napoléon Bonaparte et avait été l'un des premiers, dans le monde du spectacle, à approuver son coup d'Etat en 1851. Ce soutien au prince-président, puis Empereur lui permit alors de bénéficier de nombreux appuis pour promouvoir son œuvre théâtrale.

En 1858, il présente ainsi devant Napoléon III et son épouse au palais de Compiègne sa pièce Un

Gendre en surveillance.

Dans les années 1860, il connaît son apogée avec une série de succès parmi lesquels Le Voyage de M. Perrichon (1860), La Poudre aux yeux (1861), La Station Champbaudet (1862) et La Cagnotte (1864) , Le Point de mire(1864), La Grammaire (1867).

Il écrit aussi les livrets de plusieurs opéras-comiques : Le Voyage en Chine en 1865, Le Fils du brigadier en 1867 et Le Corricolo en 1868, tous trois créés à l'Opéra-Comique en collaboration avec Alfred Delacour.

La guerre de 1870 et les événements de la Commune mettent un frein, comme pour la plupart des auteurs dramatiques, à la production de Labiche, sans en altérer pour autant la qualité comme en témoigne Doit-on le dire ? en 1872. En 1874, un nouveau projet d'opéra-bouffe avec Offenbach, qui dirige désormais le théâtre de la Gaîté, est abandonné suite à la faillite de ce dernier. Labiche recycle son livret en une comédie vaudeville qui connaîtra un certain succès, Les Trente Millions de Gladiator, suivi d'un autre en 1876 avec Le Prix Martin. Arrive enfin 1877, date de sa dernière pièce, La Clé.

Après le relatif échec de La Clé, Labiche prend la décision de ne plus écrire, et il s'y tient. Il a alors 62 ans.

Il lui reste à vivre encore une dizaine d'années, ponctuées par de nombreuses reprises de ses pièces, certaines triomphales, des joies et des deuils : élection à l'Académie française le 28 février 1880. Souffrant depuis plusieurs années de sérieux problèmes cardiaques, il meurt le 22 janvier 1888.

S'il est vrai que certaines des 176 pièces de théâtre de Labiche ne sont que d'insignifiantes farces (selon Gilbert Sigaux, auteur français), il apparaît néanmoins comme un véritable auteur satirique, fin observateur de la bourgeoisie à laquelle il appartient. Ce monde étriqué dans lequel il exalte la toute puissance de l'argent

renvoie au contexte financier du Second Empire.

Les personnages dans Un chapeau de paille d'Italie

Par cyberblaise - publié le mardi 9 avril 2013 à 13:27

Les personnages et la société dans un Chapeau de paille d'Italie

La Bourgeoisie

Le monde de la rente et du commerce (bourgeoisie financière et bourgeoisie

industrielle, petite bourgeoisie industrieuse)

Le bourgeois domine et remplit l'oeuvre entière de Labiche.

La bourgeoisie, c'est le champ d'observation de Labiche pendant le second empire.

Pour les connaître, les peindre de l'intérieur, les regarder chez eux : « Je me suis

adonné presque exclusivement à l'étude du bourgeois, du « philistin » ; cet animal

offre des ressources sans nombre à qui sait le voir. Il est inépuisable. C'est une perle de bêtise qu'on peut monter de toutes les façons... » Labiche.

La censure du second empire, qui était d'une sévérité vigilante a laissé représenter sans protester les comédies de Labiche même les plus cruelles sans s'émouvoir.

En nous présentant ce milieu qui va jouer un rôle d'autant plus grand qu'il fut mal

compris, Labiche nous montre le fonctionnement du mécanisme de la prise du

pouvoir par la bourgeoisie.

Le mépris pour les manières bourgeoises à l'intérieur de la bourgeoisie naît avec

Les Précieuses de Molière, mais c'est seulement sous le règne de Louis-Philippe

que le Bourgeois s'élève à la catégorie universelle et envahissante, suscitant un rejet tout aussi large. Lequel sévit remarquablement en France, c'est-à-dire à Paris, capitale du siècle. Dès le début le Bourgeois est montré comme accouplé à la bêtise, en tant que puissance motrice de l'histoire et de son progrès. On ne craint pas, chez le Bourgeois, une classe sociale, mais un être nouveau qui met fin à toutes les catégories précédentes en les absorbant sans exclusions dans une nouvelle humanité au profil indéfini car toujours changeant. La vision était exacte et

correspond à l'état normal des choses un siècle et demi plus tard, quand les sociétés dominantes finissent par s'appuyer avec des approximations, par excès ou par défaut, sur une classe moyenne omniprésente...

 

Le monde de la rente

· Fadinard

« Léonidas Fadinard, vingt-cinq ans rentier » (IV, 3) :

- Riche : domestique, cabriolet, intérieur bourgeois avec meubles en palissandre, son mariage même est une affaire économique, même s'il n'est pas sans éprouver du désir pour Hélène et de l'impatience à être déjà à « minuit et quart ».

- Rentier, il n'a pas de métier, pas d'activité de « production », aucun rapport avec le monde du travail, on ne sait d'ailleurs rien de lui, il n'a pas d'histoire, pas de famille,comment s'est-il enrichi, de quelles rentes vit-il ? On ne sait pas.

- Personnage sans profondeur temporelle ou existentielle (de son passé on

apprendra incidemment sa liaison avec Clara, c'est tout), sans histoire (tout ce qu'il souhaite c'est d'une vie sans accident, sans excès, il préfère la douceur insignifiante d'Hélène plutôt que l'érotisme d'une andalouse !), c'est justement le hasard fâcheux du chapeau mangé par son cheval qui lui crée des histoires.

- C'est un homme tout en surface, tout dans le présent et la fuite en avant, quasiment abstrait : « l'homme sans qualité » de l'époque moderne.« chanceux sont ceux qui arrivent à tout, les malchanceux ceux à qui tout arrive »(Labiche), il est la cible de toutes les rencontres intempestives et de tous les quiproquos


La « boutique »

Le monde du commerce et du petit commerce. Le tertiaire et la petite bourgeoisie

industrielle et industrieuse

· Nonancourt : pépiniériste à Charentonneau, commerçant enrichi, mais lié à la

ruralité, à la terre. Il a un côté « provincial » par opposition au citadin Fadinard dont il craint le mépris (toujours le comique moliéresque du « limousin » à Paris)

Lui en revanche a une famille, qui se compose de sa fille Hélène, (l'air godiche, dit

Félix), l'oncle Vézinet (le sourdingue), le cousin Bobin (le benêt amoureux),

cependant, il n'y a pas de mère, comme chez Fadinard, le mariage étant une affaire,un contrat, entre chefs de familles.

Tous, sans doute, empruntés comme des provinciaux en visite à Paris,

endimanchés. Famille traditionnelle aux liens affectifs hypertrophiés avec sa manie

(paysanne ?) des embrassades, sans compter l'attachement quasi incestueux entre Bobin et Hélène.

· Clara : modiste, peut-être au Palais-Royal ? Le monde de la mode, les

nouveautés, le commerce du luxe, les étoffes et les vêtements n'ont pas de secret

pour elle. Elle vit dans un univers très citadin et très « parisien ».

Qui est-elle, d'où vient-elle ? On peut imaginer, d'après sa liaison avec le rentier

Fadinard, que c'est une ancienne couturière, enrichie par un ou des protecteurs. Elle a sous ses ordres des ouvrières et un employé, Tardiveau qui en tant que comptable appartient au monde du commerce et du calcul.

 

Les soutiens de la bourgeoisie

L'armée

Représentée par Emile Tavernier, officier, lieutenant de l'armée d'Afrique (L'Africain, bénizoug-zoug, etc.) : la colonisation de l'Algérie ayant commencé en 1830. En 1847 se fait la capitulation d'Abd-El-Kader. Evocation sans insistance des débuts du colonialisme (orientalisme également)

Labiche présente quelquefois des militaires. Ce sont des individus qui comparés aux bourgeois montrent une extraordinaire fantaisie.

Les bourgeois les considèrent comme des aventuriers (Beni zoug zoug !) qui

dépensent leur solde et ne font pas d'économie. Ce sont aussi de terribles

séducteurs : prestige de l'uniforme et moustaches ! Enfin ils sont violents, ont

mauvais caractère et sont toujours prêts à se battre en duel : susceptibles, ils ne

badinent pas avec l'honneur.

 

La garde nationale

Avec son poste de police et sa prison ! Représentée comiquement par Tardiveau et le caporal qui passent leurs tours de garde à jouer aux cartes et à boire de la bière ou de l'eau sucrée. Mais Tardiveau est peut-être trop vieux (62 ans !) pour avoir participé aux émeutes et aux massacres de juin 1848...

 

L'aristocratie

La poursuite du chapeau provoque une intrusion dans le monde de l'aristocratie

monarchique L'ancienne noblesse à particules qui impressionne le bourgeois

Fadinard (il sait qu'on peut le mettre à la porte mais il fantasme comme beaucoup de Français, sur les valeurs féodales d'ancien régime). Il se retrouve non seulement « chez les maîtres », mais dans un monde de la richesse et de la « dépense », où on semble y jeter l'argent par les fenêtres ! « Le bourgeois de Labiche a l'esprit de classe. Il se méfie des aristocrates... Il a horreur des artistes, des savants, des intellectuels en général » Soupault.

· La Baronne de Champigny, possède un hôtel particulier.

Société de femmes ? Comme dans Balzac (Illusions, Goriot, etc.), c'est par les

femmes qu'on s'introduit dans cette aristocratie.

· Le Vicomte Achille de Rosalba, cousin de la Baronne, jeune lion, c'est à dire

jeune homme à la mode. « Lion se dit de jeunes gens riches, élégants, libres dans leurs moeurs et qui affectent une certaine originalité et particulièrement font de grandes dépenses. Lionne se dit d'une femme de même genre de vie et de mêmes prétentions, femme élégante et de moeurs légères. »

Mais ironie, Achille le lion est un romantique efféminé dans ce monde de femmes

plus qu'un dandy baudelairien.

Dans tous les cas ce monde aristocratique est lié à la vie artistique, à la mode, au

monde des arts : opéra, soirées musicales, concerts privés...

Avec un goût ostentatoire pour l'Italie lié sans doute à la mode de l'opéra, au succès de Rossini et au charisme des chanteurs lyriques (Alboni, Rubini). Il ne faut pas oublier non plus que le voyage en Italie était la première étape du voyage en Orient, voyage accompli par Labiche lui-même avec son ami Nadar en 1834 !

· Anaïs de Beauperthuis

Rétrospectivement on apprend qu'Anaïs est également de noblesse à particule et

que c'est la filleule de la Baronne.

Et donc Beauperthuis appartient aussi à l'aristocratie. Mais dans la didascalie initiale rien ne le « distingue » ni ne signale sa noblesse.

Au contraire le portrait qui en est fait par Virginie dans la première scène de la pièce assimilerait plutôt les Beauperthuis à un couple insignifiant, conventionnel de la bourgeoisie. Lui acariâtre, grognon, maussade, sournois, jaloux, elle chipie,

bégueule et légère. Ce dernier a également une tante qui appelée madame

Grosminet !

S'agirait-il d'une alliance (encore un contrat !) entre le bourgeois Beauperthuis et une aristocrate sans fortune ?

Socialement, politiquement, et idéologiquement, sous la Monarchie de Juillet, une

grande proximité éxistait entre l'aristocratie et la bourgeoisie industrielle. Confusion ici ?

 

Les domestiques

Les gens du peuple sont quasiment absents de la pièce, seuls les domestiques,

valets, et autres employés de maison représentent cette classe sociale,

instrumentalisée et violentée par la classe dominante.

Mais celle-ci s'en garde bien d'en faire des confidents, plaçant ces petites gens en

position de force, ce sont des larbins qui trompent leurs maîtres, se moquent d'eux

boivent leur vin, sollicitent des pourboires et ne jouent aucun rôle dans le ménage. Ils n'ont pour leurs maîtres aucun attachement, et réciproquement. Ce sont des témoins muets et sans indulgence qui cherchent à travailler le moins possible.

« Les bourgeois les payent mal et les supportent avec peine. Ce sont les seuls

parasites qu'ils admettent par vanité et parce qu'il est désagréable de n'être pas servi, mais c'est à regret... Ils sont nettement des ennemis dont le bourgeois ne se soucie pas. » (Philippe Soupault)

D'après le dossier pédagogique fourni par la CDE

 

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Un chapeau de paille d'Italie de Labiche

Par cyberblaise - publié le mardi 9 avril 2013 à 08:49 dans 03w 2ndeArts du spectacles
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Chapeau de paille d'Italie :

 

-        mise en scène de  Bouillon :

o   http://www.visioscene.com/spectacle/49038/Un+chapeau+de+paille+d%25E2%2580%2599Italie

o   http://www.youtube.com/watch?v=w26VF6E2zmw 


-          Comédie Française :

o   http://api.dmcloud.net/player/pubpage/4e709e80f325e11e5f000025/50c5a6e99473990dd904f322/6cdc5e11856f440f983ef274832af91b?wmode=direct

o   http://www.youtube.com/watch?v=wWKnQ9MR0lU

-          Nino Rota :

o   http://vimeo.com/54352177

o   http://www.youtube.com/watch?v=b7tV3DLaN-o

 

Revoir un extrait d'Héritages

Par cyberblaise - publié le lundi 8 avril 2013 à 14:30 dans 01w option théâtre 2nde Camille See
Pour pouvoir mieux parler du travail de jeu des comédiens et de la scénographie, voici un montage vidéo d'extraits:
http://www.theatre-contemporain.net/spectacles/Heritages/videos/

Interview d'Emmanuelle Laborit:
http://www.theatre-contemporain.net/spectacles/Heritages/videos/

Bac blanc 2 Question préalable

Par cyberblaise - publié le lundi 8 avril 2013 à 10:44 dans 02w 1èreL/Es Camille See
Quelques remarques à la suite de la correction de vos copies:

Certains d'entre vous ne font toujours pas d'introduction avec une présentation rapide des textes du corpus proposé, une présentation reformulée de la question posée et un plan de la réponse apportée.
D'autres font des introduction et des conclusions trop développées , ce qui vous fait perdre du temps. la question préalable n'a pas l'ampleur du commentaire ou de la dissertation et ce qui compte c'est d'apporter une réponse fondée sur les textes que l'on cite pertinente à la question posée.
Beaucoup d'ailleurs n'ont pas compris cette question : il fallait expliquer comment le lecteur construit le personnage à partir des actions qui lui sont prêtées et des dialogues au discours direct présents dans deux textes sur les quatre. Les actions sont racontées grâce aux verbes et adverbes. Il ne faut pas confondre la narration des actions avec la description des lieux et les portraits des personnages.
Voir corrigé possible déjà mis en ligne.

En savoir plus sur la Peste de Camus

Par cyberblaise - publié le dimanche 7 avril 2013 à 17:37 dans 02w 1èreL/Es Camille See
http://www.assistancescolaire.com/eleve/3e/francais/reviser-une-notion/la-peste-d-albert-camus-m3ftx03

Le roman de Camus n'appartient pas à ce qu'on appelle le Nouveau Roman:

  • Le Roman existentialiste : une forme qui privilégie les rapports entre la littérature et la philosophie. Le roman réfléchit à la relation entre le monde et l'homme, à l'absurdité des actes et des situations. L'individu" se fait", malgré la présence des autres ; seule la morale de l'engagement aide.
    • Camus :" existentialiste " humaniste qui devient véritablement populaire et qui incarne le mode de vie d'une génération (un peu comme James Dean aux U.S.A.). L'Étranger (1942), La Peste (1947), La Chute (1956).
    • Sartre : philosophe de formation, Sartre écrit de nombreux essais (philosophiques, politiques, littéraires) jusqu'en 1972. Il est le porte-parole intellectuel de la gauche en France après la guerre. La Nausée (1938), Le Mur (1939), Les Chemins de la liberté (1945-49).
    • Simone de Beauvoir : une des premières féministes françaises, connue pour Le Deuxième sexe (1949) :" on ne naît pas femme ; on le devient ". L'Invitée (1943), Les Mandarins (1954), Mémoires d'une jeune fille rangée (1958), La Femme rompue (1968).
  • Le Nouveau Roman : auteurs qui ne croient pas à la possibilité de représenter la complexité des individus, la société. Anecdotes banales et obsessionnelles, prolifération des objets, personnages sans portrait ou identité, dialogues insignifiants : le sens est partiel. C'est un roman de recherche sur le roman.
    • Nathalie Sarraute : Portrait d'un inconnu (1948), Le Planétarium (1959).
    • Michel Butor : L'Emploi du temps (1956), La Modification (1957), Degrés (1960).
    • Samuel Beckett : Molloy (1951), Malone meurt (1951), L'Innommable (1953).
    • Alain Robbe-Grillet : Les Gommes (1953), La Jalousie (1957), L'Année dernière à Marienbad (1961).
    • Claude Simon: Le Sacre du printemps (1954), La Route des Flandres (1960), Les Corps conducteurs (1971), Les Géorgiques (1981)
    • Marguerite Duras : Moderato Cantabile (1958), Le Ravissement de Lol V. Stein (1964), L'Amant (1984).

Le personnage de roman: approfondissement

Par cyberblaise - publié le dimanche 7 avril 2013 à 17:29 dans 02w 1èreL/Es Camille See
Je viens de trouver un document très complet pour approfondir la notion de personnage de roman:
http://www.frereolivier.fr/documents/francais/PREPARATION-DISSERTATION-ROMAN.pdf

URGENT Le Chapeau de paille d'Italie mardi 9 avril (602)

Par cyberblaise - publié le samedi 6 avril 2013 à 19:15 dans 02w 1èreL/Es Camille See
J'ai oublié de vous rappeler que nous allons voir Le Chapeau de paille d'Italie le mardi 9 avril à 20h30 au théâtre municipal. Prenez vos dispositions et faites passer le message.

Cette petite présentation pour vous donner envie d'y aller, la mise en scène a l'air particulièrement drôle et réussie:
http://www.youtube.com/watch?v=w26VF6E2zmw

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Ce blog est une invitation à se cultiver après les cours pour mes élèves du lycée Camille See de Colmar. J'aimerais qu'il devienne le lieu d'approfondissement des petites digressions qui font le charme des cours et aussi l'occasion d'échanger nos bonheurs de lecture et des informations sur les événements culturels susceptibles de nourrir notre vie.
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