Penser après les cours...!

L'argumentation révision

Par cyberblaise - publié le samedi 6 avril 2013 à 13:56 dans 02w 1èreL/Es Camille See
Je remets en ligne encore une fois un lien pour réviser les notions à connaître pour l'argumentation car pour certains d'entre vous ce n'est toujours pas acquis.
http://www.etudes-litteraires.com/argumentation.php

Mont-Oriol de Maupassant

Par cyberblaise - publié le vendredi 5 avril 2013 à 10:06 dans 02w 1èreL/Es Camille See
Résumé:
Christiane Andermatt, venue en Auvergne, sur les terres d'Enval, suivre un traitement contre une prétendue stérilité, s'éprend de Paul Brétigny dont elle aura une fille, tandis que son mari William Andermatt spécule sur des terrains de la région. L'intrigue amoureuse se double ainsi d'une intrigue financière, à laquelle s'ajoute une satire du milieu médical. À cette dernière s'ajoutent également une satire de la condition de la femme à travers le personnage de Christiane et sa grossesse ainsi qu'une satire de la finance au travers de la spéculation dont les personnages centraux sont, outre William, Clovis, le faux vagabond, et le père Oriol.


Une œuvre de Guy de Maupassant publiée en 1886  consacrée  au développement d'une station thermale imaginaire, située en Auvergne, à laquelle il donne le nom de Mont-Oriol. Bien qu'il se soit plus largement inspiré de Chatel-Guyon où il a effectivement effectué une cure, cet ouvrage est une synthèse de ses observations à travers le thermalisme d'Auvergne qui est à ce moment en phase d'essor et d'essaimage.
Maupassant est un libertin, pour ne pas dire un débauché. Lorsqu'il parcourt l'Auvergne vers 1885, il est contaminé de longue date par la Syphilis, contre laquelle la médecine restera impuissante jusqu'à la découverte des antibiotiques.

Il souffre de plus en plus des multiples complications que provoque cette maladie qui à l'époque est évolutive et mortelle à terme.

Il souscrit à la mode du thermalisme, pensant trouver dans cette nouvelle médecine une possible rémission de son mal. Or depuis 1881, il est dans la période la plus féconde de sa carrière d'écrivain, en même temps qu'il devient de plus en plus solitaire. On lui a prêté une tendance à la dépression et à la paranoïa auxquelles  qui a été attribué à une prédisposition familiale qui conjuguée avec les complications évolutives de la syphilis, le rendent ombrageux et instable.

Il parcourt l'Auvergne, l'Algérie, l'Italie, la Corse et la Côte d'azur (ou il est propriétaire d'un yacht ancré dans le port de Cannes, le « Bel Ami ») .  Pendant cette période, il multiplie les cures à Chatel, à Aix les Bains, à Plombières.

C'est pendant un séjour à Cannes qu'il aura un premier accès de folie, il sera peu après transféré dans la trop célèbre clinique psychiatrique du Dr Blanche à Paris, où il mourra le 6 juillet 1893, à l'âge de 43 ans.



 

"

Ecrit en 1886 à la Villa Muterse à Antibes, à la suite d'une cure à Châtel, le roman Mont-Oriol est un témoignage presque unique sur la société qu'on retrouve à cette époque dans les villes thermales d'Auvergne, observée au moment même où le Thermalisme est en plein essor, en plein dans ce qu'on a appelé la "Révolution Thermale". 


Il situe l'intrigue dans une station imaginaire, Mont-Oriol, qui est probablement une synthèse de ses observations dans les différentes stations d'Auvergne où comme ses personnages, il a certainement multiplié les excursions.


Le « héros » de ce roman est Andermatt, un banquier juif à qui est venue l'idée de développer une ville d'eau à partir d'une source découverte accidentellement.

Le personnage est assez outrancier, nous sommes quelques années avant l'affaire Dreyfus, les préjugés antisémites sont à leur paroxysme, Maupassant n'y échappe pas vraiment. Nous avons ici, un condensé de tout le stéréotype de l'homme d'affaire juif tel qu'on le percevait à l'époque : à la fois volontaire, intuitif et à l'affût de bonnes idées potentiellement lucratives. Quoi qu'il ait sous les yeux, c'est compulsif, il le transforme en temps réel en projet et en « business-plan », comme on dit aujourd'hui.

Paradoxalement, au-delà d'un parfait et secret mépris, d'ailleurs réciproque, la prospère et dynamique communauté juive fascine une aristocratie désargentée au point de lui faire transgresser tous les préjugés religieux et sociaux. Ce faisant, elle n'hésite pas à s'acoquiner en affaire avec ces dynamiques nouveaux riches et à s'allier avec eux par le mariage, pour « redorer leur blason » disait-on à l'époque. Cette aristocratie « fin de race » fait partie du panorama thermal de l'époque.


Andermatt se prend pour un démiurge, l'orgueil frise chez lui l'hystérie.

"Nous sommes les puissants d'aujourd'hui, voilà, les vrais, les seuls puissants  ! Tenez, regardez ce village, ce pauvre village  ! J'en ferai une ville, moi, une ville blanche, pleine de grands hôtels qui seront pleins de monde, avec des ascenseurs, des domestiques, des voitures, une foule de riches servie par une foule de pauvres  ; et tout cela parce qu'il m'aura plu, un soir, de me battre avec Royat, qui est à droite, avec Châtel-Guyon, qui est à gauche, avec le Mont-Dore, La Bourboule, Châteauneuf, Saint-Nectaire, qui sont derrière nous, avec Vichy, qui est en face  ! Et je réussirai, parce que je tiens le moyen, le seul moyen. Je l'ai vu tout d'un coup aussi clairement qu'un grand général voit le côté faible de l'ennemi. Il faut savoir aussi conduire les hommes, dans notre métier, et les entraîner comme les dompter. Cristi, c'est amusant de vivre quand on peut faire ces choses-là  ! J'en ai maintenant pour trois ans de plaisir avec ma ville. Et puis, regardez cette chance de trouver cet ingénieur qui nous a dit des choses admirables au dîner, des choses admirables, mon cher. C'est clair comme le jour, son système. Grâce à lui, je ruine l'ancienne société sans avoir même besoin de l'acheter."


Il manipule et instrumentalise tout le monde pour les asservir à ses objectifs : son aristocratique belle famille, les médecins locaux et ceux venus de Paris faire fortune, l'ingénieur géologue qui se trouve de passage, le paysan auvergnat propriétaire du terrain ou se trouve la source qu'il veut valoriser, le marginal impotent grassement payé pour servir de cobaye et si nécessaire simuler la guérison.


Et il manipule tout ce petit monde comme un général son armée face à un ennemi qui n'est autre que les stations concurrentes : "je me bats, il m'aura plu un soir de me battre avec Royat".

Son arme, c'est de convaincre le corps médical :

«  La grande question moderne, Messieurs, c'est la réclame  ; elle est le dieu du commerce et de l'industrie contemporains. Hors la réclame, pas de salut. ... L'art consiste donc à découvrir le moyen, le seul moyen qui peut réussir, étant donné ce qu'on veut vendre. Nous autres, Messieurs, nous voulons vendre de l'eau. C'est par les médecins que nous devons conquérir les malades."

Par contagion, toute cette petite société locale est saisie par la fièvre de l'affairisme devant cette eau bouillonnante qui jaillit du sol, source inépuisable de santé et surtout de prospérité.

"Le pays entier, affolé par ces recherches, par ces découvertes, par les grandes nouvelles qui couraient, par les perspectives d'un avenir éclatant, s'agitait et s'enthousiasmait, ne parlait plus d'autre chose, ne pensait plus à autre chose. Le marquis et Gontran eux-mêmes passaient leurs jours autour des ouvriers qui sondaient les veines du granit, et ils écoutaient avec un intérêt grandissant les explications et les leçons de l'ingénieur sur la nature géologique de l'Auvergne."

Mais Maupassant n'épargne pas le corps médical :

"Puis, du même coup, deux médecins nouveaux s'étaient trouvés installés dans le pays, un matin, sans qu'on sût bien comment ils étaient venus, car les médecins, dans les villes d'eaux, semblent sortir des sources, à la façon des bulles de gaz. C'étaient  : le docteur Honorat, un Auvergnat, et le docteur Latonne, de Paris. Une haine farouche avait éclaté aussitôt entre le docteur Latonne et le docteur Bonnefille, tandis que le docteur Honorat, gros homme propre et bien rasé, souriant et souple, avait tendu sa main droite au premier, sa main gauche au second, et demeurait en bons termes avec les deux. Mais le docteur Bonnefille dominait la situation par son titre d'Inspecteur des eaux et de l'établissement thermal d'Enval-les-Bains.

Ce titre était sa force, et l'établissement sa chose. Il y passait ses jours, on disait même ses nuits. Cent fois dans la matinée il allait de sa maison, toute proche dans le village, à son cabinet de consultation installé à droite à l'entrée du couloir. Embusqué là comme une araignée dans sa toile, il guettait les allées et venues des malades, surveillant les siens d'un œil sévère et ceux des autres d'un œil furieux. Il interpellait tout le monde presque à la façon d'un capitaine en mer, et il terrifiait les nouveaux venus, à moins qu'il ne les fît sourire.

Comme il arrivait ce jour-là d'un pas rapide qui laissait voltiger, à la façon de deux ailes, les vastes basques de sa vieille redingote, il fut arrêté net par une voix qui criait  : «  Docteur  !  »

Il se retourna. Sa figure maigre, ridée de grands plis mauvais dont le fond semblait noir, salie par une barbe grisâtre rarement coupée, fit un effort pour sourire  ; et il enleva le chapeau de soie de forme haute, râpé, taché, graisseux dont il couvrait sa longue chevelure poivre et sel, «  poivre et sale  », disait son rival le docteur Latonne."


in http://mabourboule.com/mabourboule/Maupassant___Mont-Oriol.html


Lire Le Blé en Herbe de Colette en ligne

Par cyberblaise - publié le vendredi 5 avril 2013 à 09:58 dans 02w 1èreL/Es Camille See
Vous pouvez lire ce court roman d'initiation ici:
http://www.pitbook.com/textes/pdf/ble_herbe.pdf

" L'amour naissant et le dur passage de l'enfance à l'adolescence " Ainsi Colette résume-t-elle Le Blé en Herbe en 1954.

Pistes de corrigés pour le deuxième bac blanc

Par cyberblaise - publié le mercredi 3 avril 2013 à 17:50 dans 02w 1èreL/Es Camille See
Propositions sur le site d'un collègue:
Sujet d'invention: amusez-vous à changer les exemples en utilisant Le Rouge et le Noir, QuatreVingt-Treize, Fahrenheit 451 ou 1984 etc
http://www.bmlettres.net/IMG/pdf/CORRIGE_Personnage-de-roman.pdf

Question d'ensemble:
http://www.bmlettres.net/IMG/pdf/CORRIGE_Question-corpus_BB1_Roman_2012-2013_ES-L-S.pdf

Commentaire:
http://www.bmlettres.net/IMG/pdf/CORRIGE_Commentaire_BB1_Roman_2012-2013_ES-L-S.pdf
Sur le site d'un élève:
http://bacdefrancais.xooit.com/t12-le-bain-de-l-amitie.htm

Julien , un personnage réaliste qui trouve sa source dans des faits divers.

Par cyberblaise - publié le dimanche 31 mars 2013 à 19:12 dans 02w 1èreL/Es Camille See
Julien, un personnage réaliste qui trouve sa source

dans des faits divers.

Nous pouvons affirmer que Julien est un personnage réaliste car il en réunit toutes les caractéristiques. En effet :

 

La réalité contemporaine est décrite

Tous les milieux sociaux sont représentés, même si dans le Rouge et le Noir c'est le plus souvent la noblesse (famille de Rênal et de la Môle) qui est confrontée au paysan Julien.

Les petits détails tels que les prix, les complots politiques, les lectures de romans existants réellement, etc... contribuent à cette réalité.

Les liens économiques et sociaux entraînent la réussite ou l'échec du personnage

Julien ne réussit pas grâce à l'argent, mais grâce à ses relations avec les autres. L'abbé de Chélan vante ses qualités à M. de Rênal, puis l'abbé l'introduit au séminaire. L'abbé Pirard le présente au marquis de la Môle, qui en fait son secrétaire.

Mais c'est avant tout grâce à ses qualités que Julien grimpe les échelons sociaux. Il est brillant, instruit, latiniste et ambitieux qui plus est.

L'apprentissage de la vie et l'initiation sentimentale

Il apprend comment se comporter en société

- au séminaire il se créé un personnage, il joue un rôle auprès des autres élèves

- pour séduire à nouveau Mathilde, il joue le rôle d'amoureux auprès de la Maréchale de Fervaques

- lorsqu'il tente de séduire Madame de Rênal, il procède par étape, essaye des choses, dresse des plans

 

Il se créé des rôles et apprend ainsi à vivre en société. Il s'adapte à son environnement, car il est bon observateur.

La société contemporaine est peinte d'une manière objective

Ici ce n'est pas vérifié. Stendhal n'est pas objectif. Il dit que «le meilleur style est celui qui se fait oublier et laisse voir le plus clairement les pensées qu'il énonce». Stendhal refuse l'emphase, la fausseté et l'hypocrisie.

Dans le Rouge et le Noir, on le constate lorsque Julien est au séminaire. Stendhal, à travers le narrateur, critique l'établissement et ses occupants.

Le rayonnement de Paris, ville du plaisir et de la richesse

Julien va à Paris après avoir été à Verrieres et à Besançon. Il va au théâtre et aux bals, alors qu'en province, il n'allait qu'à la messe, dans les églises et au café. Il se distrait donc. On remarque que Julien va dans des villes de plus en plus grandes. Verrières est un bourg de province, Besançon est une grande ville, et Paris est la capitale. Cela montre aussi son évolution sociale, de plus en plus importante. Paris est donc la ville de la réussite.

La puissance de l'argent et du pouvoir politique

A la fin du livre, avant le procès, Mathilde de la Môle va voir l'abbé Frilair et fait jouer ses relations pour que Julien soit épargné. Elle envoie aussi une lettre à la Maréchale de Fervaques pour obtenir une lettre d'un abbé, qui est un personnage influent.

Lorsque le père de Mathilde veut anoblir Julien, M. De la Môle contacte un ami pour cela. Il fait jouer de ses relations.

Pour que Julien soit le précepteur de ses enfants, M. De Rênal propose un salaire supérieur que celui du Valenod. Ici c'est l'argent qui rentre en compte.

Les  petits détails vrais

-Les prix sont réels

- Les complots politiques

- Les noms de certains personnages historiques, ici on retiendra Napoléon

- Le système politique

- Le procès se passe comme dans la réalité

L'expansion de la description

Au début on trouve la description du village, des personnages qui l'occupent, de la hiérarchie, de Julien, de là où il vit et travaille...

Dès que quelque chose de nouveau fait son apparition, cela est décrit avec maints détails.

L'utilisation de niveaux de langue adaptés aux situations et aux personnages

Julien joue un rôle au séminaire, il apprend à se comporter en société, il modifie sa façon de penser, d'être (donc de parler) en fonction de là où il est, et avec qui il est.

Il adapte son langage en fonction de son locuteur : il parle avec modestie et respect aux nobles, mais lorsqu'il est victime d'un affront dans un café, il ne se laisse pas faire et le montre.

 

 

 

 

 

Stendhal s'est inspiré de plusieurs faits divers pour construire le personnage de Julien. On retrouve vaguement l'affaire Laffargue mais Stendhal s'est inspiré majoritairement de l'affaire Berthet.

En effet, Antoine Berthet était le dernier fils d'un forgeron qui n'était pas doué pour les travaux manuels et qui préférait donc se réfugier dans les livres tout comme Julien Sorel, comme on peut le voir dans l'extrait suivant tiré du chapitre IV page 25 : « Au lieu de surveiller attentivement l'action de tout le mécanisme, Julien lisait [...] L'attention que le jeune homme donnait à son livre, bien plus que le bruit de la scie, l'empêcha d'entendre la terrible voix de son père. ».                                                                                     Antoine était également doué d'une très grande intelligence qui alla se développer chez le curé de son village et qui s'initia au latin. Il entra ensuite dans une famille de grande renommée ; Les Michoud de la Tour pour devenir le précepteur de leurs enfants. M. Michoud était le maire de la commune. Ceci fait référence à la famille de Rênal dans laquelle Julien devient leur précepteur, comme nous pouvons le confirmer dans le chapitre VI page 36 : « Que voulez-vous ici mon enfant ? [...] – je viens pour être précepteur. »

Stendhal s'est également inspiré de la liaison amoureuse qu'il y aurait eu entre Antoine et Mme Michoud pour les personnages de Julien et Mme de Rênal. Dans les deux cas, le mari découvre la relation amoureuse et renvoie le précepteur dans le chapitre XXIII page 161, « M. de Rênal maudissant mille fois le jour où il avait eu la fatale idée de prendre un précepteur [...] Julien quitta Verrières ».

 

 

 

Antoine va ensuite devenir le domestique du comte de Cordon, une personne devenue le comte de la Mole dans le Rouge et le Noir. Stendhal va également construire la deuxième relation amoureuse de Julien autour de celle entre Antoine et la fille du comte de Cordon. En effet, Julien tombe amoureux de Mathilde, la fille du comte de la Mole comme le prouve la citation dans le chapitre X page 312 : «  A chaque instant, [la] pensée [de Julien] abandonnait tout [...], le cÅ“ur palpitant, la tête troublée, et rêvant à cette idée : m'aime-t-elle ? ». Les deux hommes réussiront à faire bonne impression devant le comte et se projetteront dans un projet de mariage.

Stendhal utilise également la fin tragique qui a fait « connaître » Antoine Berthet. En effet, son projet de mariage a été découragé par une lettre de dénonciation écrite par Mme Michoud, Antoine va donc la trouver dans une église paroissiale et tire sur Mme Michoud. On retrouve cette même situation avec Julien et Mme de Rênal, « Madame de Rênal n'était pas blessée mortellement. La première balle avait percé son chapeau ; comme elle se retournait, le second coup était parti : la balle l'avait frappé à l'épaule, et chose étonnante, avait été renvoyée par l'os de l'épaule, que pourtant elle cassa contre un pilier gothique dont elle détacha un énorme éclat de pierre. » (Chapitre XXXVI, page 454)

Stendhal s'est inspiré d'une autre affaire mais très vaguement, celle de l'affaire Laffargue. Adrien Laffargue fut également séduit par une femme mariée ; Thérèse Loncan qu'il va aussi tuer dans une église par deux coups de pistolet.

En effet, Stendhal a toujours eu une passion pour les affaires criminelles. Il s'intéressa à l'affaire Berthet, car pour lui, Antoine avait toutes les caractéristiques pour former un grand caractère : jeune, pauvre, instruit, ambitieux. Qui eut cru que ce fils de forgeron deviendrait, à titre posthume et à travers Julien Sorel, l'un des grands personnages de la littérature.

 

De plus, Stendhal a inventé une affaire criminelle pour prédire la fin du roman, ce que va devenir Julien. En effet, Louis Jenrel est l'anagramme de Julien. Un nom que Julien va découvrir dans le roman : « Sur le prie-Dieu, Julien remarqua un morceau de papier imprimé étalé là comme pour être lu. » Stendhal veut que Julien et le lecteur découvre le nom de Louis Jenrel. « Il y porta les yeux et vit : Détails de l'exécution et des derniers moments de Louis Jenrel, exécuté à Besançon le... » (Chapitre V, page 34)

Ensuite, Julien se rend compte que ce nom finit comme le sien. Julien reconnait une ressemblance entre les noms, mais est incapable de percevoir la ressemblance entre le destin des noms, de voir qu'ils finissent par la décapitation. Louis Jenrel finit pat être le nom d'un décapité. On comprend donc que ce passage avec Louis Jenrel est la prémonition que Julien va mourir à la fin du roman.


Justine et Laurine

Les Caractères de La Bruyère à la radio

Par cyberblaise - publié le dimanche 31 mars 2013 à 16:31 dans 02w 1èreL/Es Camille See
Le hasard de la programmation de l'émission ça peut pas faire de mal fait bien les choses puisque ce samedi 30 mars l'émission est consacrée aux caractères de La Bruyère:
http://www.franceinter.fr/emission-ca-peut-pas-faire-de-mal-les-caracteres-de-jean-de-la-bruyere

Découvrez d'autres portraits que celui de Gnathon.

Tendre et Cruel de Crimp, réécriture des Trachiniennes de Sophocle

Par cyberblaise - publié le vendredi 29 mars 2013 à 14:41 dans 02w1èreL 602
Vous pouvez consulter le dossier fourni par le Théâtre de la Ville à Paris pour approfondir ce point:
http://www.theatredelaville-paris.com/Publish/media/1884/Tendre_et_Cruel_Dossier-pedago.pdf

Un reportage photographique sur la pièce:
http://www.divergence-images.com/agathe-poupeney/reportages/tendre-et-cruel-de-martin-crimp-mise-en-scene-apo0998/

http://www.theatre-contemporain.net/spectacles/Tendre-et-cruel-6348/ensavoirplus/

Julien , un héros romantique (suite)

Par cyberblaise - publié le vendredi 29 mars 2013 à 13:43 dans 02w 1èreL/Es Camille See

L'utilisation du paysage faite par Stendhal dans ce texte est très semblable au travail des peintres romantiques comme Caspar David Friedrich, par exemple, dont nous allons maintenant analyser l'œuvre intitulée « Le voyageur contemplant une mer de nuages », qui est le miroir des émotions de son auteur, et où l'idée d'ascension est également présente.


 http://brunorigolt.blog.lemonde.fr/2010/10/09/analyse-d%E2%80%99image-caspar-david-friedrich-le-voyageur-contemplant-une-mer-de-nuages%E2%80%9D/

 

 

   « Le voyageur contemplant une mer de nuages » est un tableau romantique de Caspar David Friedrich, peint en 1818. Nous pouvons y observer un homme de dos qui domine les nuages. Cette domination peut  s'apparenter à l'état d'esprit de Julien : ce dernier veut dominer le monde. La mer de nuages symbolise l'immensité : le personnage est donc entrain de contempler cette immensité qui est si vaste : nous pouvons lier cela à Julien car l'immensité ici représentée est surement l'étendue du monde que Julien souhaite conquérir. Le personnage est mis en avant, comme s'il sortait du tableau : peut-être est-ce un élément qui nous montre que le personnage se sent isolé, à part, comme la plupart des personnages romantique. De plus, nous pouvons observer que le personnage, ainsi que son piédestal sont peint en sombre, peut-être pour représenter le mal-être du personnage qui domine un paysage clair. Sa tenue est inadaptée dans le contexte : il a dû gravir des étapes pour arriver jusque-là, dans la nature, sa tenue qui semble être « chic » n'est donc pas appropriée. Cela laisse libre court à l'expression des sentiments de l'homme représenté sur le tableau. Le personnage semble être soulagé après une dure ascension, comme pour le cas de Julien. L'homme se sent petit face à cette nature.

 

 

   Pour conclure notre exposé, nous répondons maintenant à notre problématique : Julien  est-il un personnage romantique ? En effet, il présente toutes les caractéristiques des héros de ce courant littéraire, que ce soit au regard de tout le roman, comme dans notre première partie, ou de l'analyse d'un passage ou même d'un tableau de cette époque, comme dans la seconde. Tout notre travail nous a montré que Julien était un personnage sensible et singulier, mal dans son époque, isolé et insatisfait, bien qu'il soit très ambitieux et ait un fort amour-propre. Il trouve son bonheur hors de la société grâce à la communion avec la nature et à ses passions amoureuses. L'importance de Napoléon, qui est le modèle de Julien dans ce roman, n'est pas négligeable non plus, car cet Empereur a inspiré toute une génération dont le héros romantique deviendra le porte-parole.

   Dans La Confession d'un enfant du siècle (1836), Musset, contemporain de Stendhal, explique les raisons du « mal du siècle » si souvent dépeint par les romantiques dans leur œuvres. Pour lui, cette période est incertaine car transitoire. Elle marque la jonction entre l'Empire Napoléonien et le futur, une « blanche voile lointaine », promesse de paix.


Emeline et Morgane

 

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Julien , un héros romantique

Par cyberblaise - publié le vendredi 29 mars 2013 à 13:42 dans 02w 1èreL/Es Camille See

 
« Julien, un personnage romantique ? »

 

 

 

   Le Romantisme est un mouvement littéraire apparu à la moitié du XIXe siècle. Il privilégie l'expression des sentiments, des émotions, et la communion avec la nature. Les romantiques français s'opposent au classicisme, auquel ils reprochent l'importance accordée aux règles théoriques, à l'ordre et à la clarté.

   Par ailleurs, les bouleversements politiques de la Révolution de 1789 ont transformé la société française, puis l'arrivée au pouvoir de Napoléon suscita un vif espoir chez les jeunes gens nés au début du siècle, appelés par Musset les « enfants du siècle ». Mais l'épopée Napoléonienne eut un dénouement tragique : l'Empereur chuta à Waterloo en 1815, emportant avec lui les espoirs de gloire. Ainsi, le héros romantique est un porte-parole de cette génération qui souffre.

   Le Rouge et le Noir de Stendhal, œuvre phare du XIXe siècle, narre l'histoire d'un singulier personnage : Julien Sorrel, fils de charpentier ambitieux qui cherche à s'élever dans la société. Il est d'abord précepteur, et connaît sa première histoire d'amour avec Mme de Rênal. Il est ensuite séminariste, et comprend le fonctionnement de la société qui le rend malheureux. Puis il devient secrétaire à Paris, et tombe amoureux de Melle de La Mole. Elle finit par être enceinte de lui, et ils se marient : Julien devient alors noble et propriétaire terrien. Il est finalement condamné à mort, car il a tenté de tuer Mme de Rênal qui a voulu révéler leur relation dans une lettre, ce qui a menacé son bonheur. Mais il se rend compte en prison qu'il est plus heureux qu'il ne l'a jamais été, clame sa culpabilité, et vit ses instants les plus beaux aux côtés de Mme de Rênal avant de mourir guillotiné.

   Nous verrons que Julien est un héros typiquement romantique. Pour cela, nous examinerons les différentes caractéristiques du héros romantique, que nous mettrons en relation avec l'histoire et la personnalité de Julien. Nous procèderons ensuite à l'analyse d'un passage typique du roman romantique, que nous mettrons en parallèle avec l'étude d'un tableau de cette époque.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                       

                                                                                                                  

 

 

   Prouvons d'abord que Julien est un personnage romantique. En effet, il présente toutes les caractéristiques des héros de ce courant littéraire. Nous développerons chacune d'elle en les mettant en relation avec l'histoire et la personnalité de Julien.

    Premièrement, le personnage romantique n'hésite pas à exprimer ses sentiments, souvent très forts, et résultant d'un mal de vivre appelé « mal du siècle » : il ne se sent pas à sa place dans la société. Julien est effectivement souvent en proie à de puissants sentiments, comme lorsqu'il tire sur Mme de Rênal lorsque celle-ci menace de gâcher le bonheur qu'il avait enfin trouvé en avouant leur relation dans une lettre. Il est parfois prit d'excès de désespoir, notamment lorsque Mathilde de La Mole joue avec son cœur : l'idée du suicide lui passe même par la tête, et il manque de la tuer, elle aussi, dans un accès de douleur psychologique. Il passe souvent d'états de bonheur extrême à un malheur profond, et dans la première partie du roman, surtout, ses accès de passion et de sensibilité semblent parfois le gouverner : ses sentiments le rendent maladroit lorsqu'il séduit Mme de Rênal, par exemple. Enfin, il est vu comme un personnage très sensible par Stendhal dans la phrase « Jamais il ne fera un bon prêtre, ni un grand administrateur. Les âmes qui s'émeuvent ainsi sont bonnes tout au plus à produire un artiste. ».

   Par ailleurs, il n'est heureux qu'en dehors société, où il ne se sent pas à place et se voit contraint de jouer un rôle. Dans la première partie, lorsqu'il se rend chez son ami Fouqué à pied par exemple, il se cache dans une grotte où il sent libre et en sécurité. Il y est réellement heureux et n'a pas besoin d'être hypocrite. A la fin du roman, alors qu'il est condamné à mort, il est plus heureux qu'il ne la jamais été, car il oublie son ambition et l'idée de « devoir » qu'il s'était imposé. Il profite de ses derniers instants, peut enfin être lui-même et être aimé.

   De plus, il est souvent malheureux à cause de l'hypocrisie et du jeu de rôle imposés par la société, notamment au séminaire. Or cet endroit est le miroir de la société : il y est très vite mis à l'écart, il s'y ennuie et se sent seul, malheureux. Les séminaristes ont peur de son intelligence et le rejettent. Il commence alors un jeu de rôle pour se faire accepter.

 

   Cette sensibilité et ce mal de vivre rend le héros romantique isolé et insatisfait. Il a donc tendance à fuir la réalité, et est également très ambitieux. Julien est effectivement un personnage isolé, car dès le début, nous découvrons qu'il ne se sent pas à sa place dans sa famille. En effet, dans le chapitre 4 s'intitulant « un père et un fils ». Le passage : « le père Sorel appela Julien de sa voix de stentor : personne ne répondit (…) au lieu de surveiller attentivement l'action de tout le mécanisme, Julien lisait » nous prouve que ce dernier est rêveur, mais également que ses centres d'intérêts sont différents de ceux de son père, car il préfère lire plutôt que faire ce qui lui a été demandé.

   Julien est un personnage ambitieux qui fuit la réalité. En effet, il n'est rien de plus que le fils d'un paysan, mais il rêve de gloire, il désire se faire une place dans la société, « faire fortune » afin de quitter le monde dans lequel il vit au plus vite « un jour il serait présenté aux jolies femmes de Paris ». Son ambition peut être considéré comme irréalisable : effectivement, il idéalise sa vie en essayant de devenir comme Napoléon Bonaparte, son idole « Julien ne passait peut-être pas une heure de sa vie sans se dire que Bonaparte, lieutenant obscur et sans fortune s'était fait le maitre du monde avec son épée ». Dans cet extrait, nous pouvons constater que Julien veut être comme Napoléon, il souhaite dominer le monde : son adoration pour ce personnage emblématique est sans limites, il aimerait pouvoir bénéficier du destin hors du commun de cet officier.  Il est souvent en train de rêver et de s'imaginer un futur glorieux. De plus, son ambition peut se retranscrire par le fait qu'il tente de séduire des femmes séduisantes, appartenant à une classe sociale supérieure à la sienne : Mme de Rénal ainsi que Mathilde de La Mole. En les séduisant, c'est comme s'il essayait de se prouver qu'il peut attirer des gens de la haute société.

 

    D'ailleurs, le personnage romantique accorde une importance capitale au moi, c'est-à-dire qu'il a un amour propre très prononcé. Cette caractéristique est bien présente chez Julien qui est très orgueilleux, et dont l'amour propre est très souvent mentionné.  Il est convaincu d'être amené à faire de grandes choses, et ne veut pas uniquement une ascension sociale, mais aussi du respect, de la grandeur, du mérite. Il aspire à de grandes actions héroïques. Il possède une forte volonté d'être quelqu'un. Il ne veut pas seulement être riche, ou bien vivre : on le voit lorsque son ami Fouqué, marchand de bois, lui propose de devenir son associé, ce qui lui aurait permis une bonne situation. Il refuse, car « il perdrait lâchement sept ou huit années (…) mais, à cet âge, Bonaparte avait fait ses plus grandes choses », et il se sent lui aussi promis à de grandes choses. Il se compare également à Médée lorsqu'il craint d'être déshonoré par les prétendants de Mathilde, en citant la phrase « au milieu de tant de périls il me reste MOI ». Il s'affirme donc. Il a d'ailleurs une haute opinion de lui-même, et est facilement vexé lorsqu'il considère quelque chose comme étant rabaissant.

   Il désire aussi être indépendant, et ne veut servir personne : il doit se faire violence pour être précepteur chez M. de Rênal ! De plus, il méprise les nobles, même s'il veut le devenir.

Par ailleurs, lors de ses conquêtes amoureuses, le bonheur lié à la satisfaction de l'amour propre domine : quand il séduit Mme de Rênal, il assimile cela à une guerre, c'est son « devoir » de lui prendre la main. Avant d'être réellement amoureux, il est heureux d'être aimé d'une femme si distinguée, si bien habillée, de cette catégorie sociale, ce qui est visible dès leur première rencontre, où il est satisfait de se trouver près d'une femme si bien vêtue, et qu'elle soit si douce avec lui. Nous le remarquons également lorsqu'il découvre que Mathilde s'intéresse à lui : son amour propre est satisfait, il est honoré de battre tous ses prétendants pourtant si distingués, riches, etc. Il n'est pas amoureux d'elle au début. De plus, lorsque Mathilde lui avoue à nouveau son amour il n'en pense pas moins : « La voilà donc, cette orgueilleuse, à mes pieds ! ».

 

   Napoléon joue une grande importance dans ce roman : il est adulé par Julien dont il est le modèle. Or, c'est un personnage typiquement romantique !

   Présentons rapidement ce personnage historique : son arrivée au pouvoir créé un vif espoir chez les jeunes gens nés au début du siècle, car il est issu d'un milieu modeste, et a réussi une ascension sociale fulgurante en devenant un grand empereur ! Il a mené et gagné beaucoup de guerres. Mais son épopée a un dénouement tragique, et il chute à Waterloo en 1815, emportant avec lui les espoirs de gloire, et inspirant les héros romantiques, porte-paroles de cette génération qui souffre.

   Il est présent tout au long de l'aventure de Julien, qui le cite régulièrement. Dès sa première apparition, Stendhal nous parle de son admiration et de sa fascination pour Napoléon, car il est en train de lire le Mémorial de Sainte-Hélène au lieu de faire son travail, un livre parlant des ambitions de Napoléon, entretenant ainsi la légende d'un Napoléon conquérant.

   De plus, Julien possède des livre sur cet Empereur, et son portrait, qu'il est contraint de cacher, ce qui est dangereux pour lui : mais il très important à ses yeux. Il ressent une forte admiration, et veut être aussi méritant, conquérant, célèbre que lui. C'est son modèle, il cherche la grandeur, comme lui.

   Par ailleurs, ce sont « certaines choses que Napoléon dit des femmes (..) [qui] lui donnèrent » l'idée de séduire Mme de Rênal, dont il compare la conquête amoureuse à une guerre napoléonienne (« il l'observait comme un ennemi avec lequel il allait falloir se battre ») et il va jusqu'à se comparer lui-même à Napoléon, lorsqu'il observe un oiseau de proie, et envie sa force et son isolement se disant alors : « c'était la destinée de Napoléon, serait-ce un jour la sienne ? ». Il voudrait être comme lui, car il aspire au même destin grandiose. Il veut être quelqu'un, ou rien. De plus, l'idée de devoir, comme un soldat, le suit tout au long de la séduction de Mme de Rênal, et même du roman.

   Il rêve également souvent d'être un soldat sous Napoléon : lorsqu'un roi passe à Verrières, Mme de Rênal parvient à le faire garde d'honneur. Il est en uniforme, monte à cheval, et porte un sabre. Il affirme alors être « le plus heureux des hommes ». Son ambition le rend hardi, il se tient très bien à cheval même si c'est la première fois qu'il se trouve en selle. D'ailleurs, pour son plus grand bonheur, son cheval rue et il ne tombe pas, ce qui le fait se sentir comme Napoléon, un héros, et il s'imagine être un officier de l'Empereur. Il est ensuite en proie à un bonheur sans bornes suite au bruit d'un canon « il ne songeait plus qu'à Napoléon et à la gloire militaire ». Lorsqu'il s'apprête à devenir séminariste et aperçoit la Citadelle de Besançon il regrette de pas pouvoir devenir soldat, car ce n'est plus à la mode, et ne lui permettrait pas l'ascension sociale qu'il escompte. Il est obligé de faire de nombreuses concessions et de cacher cette admiration, qui se fait de plus en plus discrète mais reste toujours présente dans son esprit.

   Ainsi, lors de son arrivée à Paris, il se lance sur les traces de Napoléon et se rend à la Malmaison, la résidence de l'empereur, où il pleure. Plus tard, lorsqu'il est indécis, et qu'il a peur du déshonneur, car il croit que Mathilde lui ment et en prétendant l'aimer pour que ses prétendants le discréditent, il cite une phrase de Napoléon, qu'il prononce lors de la capitulation d'une armée en Espagne : « Il est des choses qu'on n'écrit pas », ce qui fait référence, dans le cas de Julien, aux lettres d'amour écrites par Melle de La Mole.

   De plus, le dénouement tragique de l'histoire de Julien fait penser à celle de Napoléon, sauf que Sorel est guillotiné. Mais il s'assure une dimension héroïque en clamant sa culpabilité et exprimant son remords, tout en défendant les jeunes gens de sa classe sociale. Néanmoins, à ce moment, il lâche enfin l'idée de « devoir » qui l'avait animée jusque-là, et goûte au réel bonheur.

 

    Les héros romantiques trouvent également un refuge pour retrouver une beauté et un sens à la vie dans la passion amoureuse. En effet, Julien vit deux grandes histoires d'amour au court du roman, qui lui apportent toutes deux du bonheur : d'abord auprès de Mme de Rênal, puis Mathilde de La Mole.

   Avec Mme de Rênal, il « trouve un délicieux plaisir à être sincère », ce qui, justement, lui pose habituellement problème dans la société où il est contraint à une hypocrisie qui le rend malheureux. Les moments passés avec Mme de Rênal sont donc un refuge. Il voit à nouveau la beauté de la vie lorsqu'il est à ses côtés. De plus, alors qu'il doit quitter Mme de Rênal, il risque sa vie pour passer encore une nuit avec elle : il prend une échelle et grimpe à la fenêtre de sa chambre, elle le cache toute la nuit. C'est un moment de bonheur intense pour Julien, un refuge après les trois jours difficiles qu'il a déjà vécus au séminaire.

   Il accomplit la même action héroïque pour Mathilde, et il vit nuit avec elle où il est « au comble du bonheur », et où elle lui donne tout un côté de ses cheveux. Lorsqu'elle ne l'aime plus, son ambition semble évanouie, car il est pleinement occupé à son amour pour elle et à sa reconquête : il a trouvé un nouveau sens à sa vie.  

   Enfin, lors de sa condamnation à mort, il ne veut voir que Mme de Rênal, qu'il aime éperdument. Il lui dit : « Je serais mort sans connaître le bonheur, si vous n'étiez venue me voir dans cette prison ». Là aussi, l'amour donne un sens à la vie qu'il lui reste, et apporte de la beauté à ses derniers jours.

 

   Enfin, le héros romantique est en communion avec la nature, véritable miroir de ses émotions. C'est le cas pour Julien. En effet, nous pouvons observer que la nature occupe une place importante dans sa vie. La phrase  «  Julien poursuivait son chemin gaiement au milieu des plus beaux aspects que puissent présenter les scènes de montagnes. » est du point de vue de narrateur mais il s'agit là d'une focalisation interne. Un champ lexical mélioratif est utilisé (champ lexical de l'immensité « immense, imposant, grande »). Dans cette nature, il est heureux, il s'y sent bien, même en sécurité : « Ici, dit-il, avec des yeux brillants de joie, les hommes ne sauraient me faire de mal. ». Il y écrit ses pensées lorsqu'il est dans la grotte : « Il eut l'idée de se livrer au plaisir d'écrire ses pensées partout ailleurs si dangereux pour lui.» : il est inspiré par la nature. Elle peut être considérée comme une échappatoire dans la société dans laquelle la liberté d'expression n'existe pas. Il est en communion avec la nature « son âme s'égarait dans la contemplation de ce qu'il s'imaginait rencontrer un jour à Paris. » : il s'y imagine des choses, mais cette phrase est également un reflet de ses rêves de vie parisienne, et par conséquent, de son ambition.

   Nous pouvons donc conclure que Julien est un personnage typiquement romantique, car il en présente tous les aspects. Nous allons maintenant procéder à l'analyse d'un passage qui illustre notre démonstration.


   (…) Julien poursuivait son chemin gaiement au milieu des plus beaux aspects que puissent présenter les scènes de montagnes. Il fallait traverser la grande chaîne au nord de Vergy. Le sentier qu'il suivait, s'élevant peu à peu parmi de grands bois de hêtres, forme des zigzags infinis sur la pente de la haute montagne qui dessine au Nord de la vallée du Doubs. Bientôt les regards du voyageur, passant par-dessus les coteaux moins élevés qui contiennent le cours du Doubs vers le midi, s'étendirent jusqu'aux plaines fertiles de la Bourgogne et du Beaujolais. Quelque insensible que l'âme de ce jeune ambitieux fût à ce genre de beauté, il ne pouvait s'empêcher de s'arrêter de temps à autres, pour regarder un spectacle si vaste et si imposant.

   Enfin il atteignit le sommet de la grande montagne, près duquel il fallait passer pour arriver, par cette route de traverse, à la vallée solitaire qu'habitait Fouqué, le jeune marchand de bois son ami. Julien n'était point pressé de le voir, ni aucun autre être humain. Caché comme un oiseau de proie, au milieu des roches nues qui couronnent la grande montagne, il pouvait apercevoir de bien loin tout homme qui se serait approché de lui. Il découvrit une petite grotte au milieu de la pente presque verticale d'un des rochers. Il prit sa course, et bientôt fut établit dans cette retraite. Ici, dit-il, avec des yeux brillants de joie, les hommes ne sauraient me faire de mal. Il eut l'idée de se livrer au plaisir d'écrire ses pensées, partout ailleurs si dangereux pour lui. Une pierre carrée lui servait de pupitre. Sa plume volait : il ne voyait rien de ce qui l'entourait. Il remarqua enfin que le soleil se couchait derrière les montages éloignées du Beaujolais.

   Pourquoi ne passerais-je pas la nuit ici ? se dit-il, j'ai du pain, et je suis libre ! Au son de ce grand mot son âme s'exalta, son hypocrisie faisait qu'il n'était pas libre même chez Fouqué. La tête appuyée sur les deux mains, Julien resta dans cette grotte plus heureux qu'il ne l'avait été de la vie, agité par ses rêveries et par son bonheur de liberté. Sans y songer il vit s'éteindre, l'un après l'autre, tous les rayons du crépuscule. Au milieu de cette obscurité immense, son âme s'égarait dans la contemplation de ce qu'il s'imaginait rencontrer un jour à Paris. C'était d'abord une femme bien plus belle et d'un génie bien plus élevé que tout ce qu'il avait pu voir en province. Il aimait avec passion, il était aimé. S'il se séparait d'elle pour quelques instants, c'était pour aller se couvrir de gloire, et mériter d'en être encore plus aimé.

   Même en lui supposant l'imagination de Julien, un jeune homme élevé au milieu des tristes vérités de la société de Paris eût été réveillé à ce point de son roman par la froide ironie ; les grandes actions auraient disparu avec l'espoir d'y atteindre, pour faire place à la maxime si connue : Quitte-t-on sa maîtresse, on risque, hélas ! d'être trompé deux ou trois fois par jour. Le jeune paysan ne voyait rien entre lui et les actions les plus héroïques, que le manque d'occasion.


                                                          

  Comme nous l'avons vu à plusieurs reprises, le romantisme est un courant littéraire du XIXe siècle, qui vient s'opposer aux règles classiques, et promeut une écriture plus libre, où les sentiments, la nature, l'expression de l'individualité et du génie de chacun dominent.

   Ces caractéristiques sont flagrantes dans cet extrait du chapitre XII du Rouge et du Noir de Stendhal, œuvre qui dresse une photographie de la société française en 1830, en contant l'ascension sociale de Julien Sorel, fils d'un charpentier. Dans ce texte, Julien est employé chez le maire de Verrières, M. de Rênal : il est le précepteur de ses enfants. Il s'apprête à rendre visite à son ami Fouqué pour s'éloigner de Mme de Rênal qui l'aime, et qu'il séduit, suite à quiproquos au sujet d'un portrait de Napoléon.

   Nous verrons que Julien répond ici à toutes les caractéristiques du héros romantique : il est sensible et se sent différent, ce qui entraîne un mal-être dans la société. Au contraire, il se sent libre dans la nature avec laquelle il est en communion. Rêveur, il aspire à de l'amour mais surtout de la gloire, car il est très ambitieux.

 

 

   Dans cet extrait, Julien apparaît clairement comme un personnage tout à fait romantique.

   Nous le devinons d'abord par sa sensibilité et sa singularité qui le poussent à être mal dans son époque. Dès le début du texte, Julien semble heureux de son voyage, et marche « gaiement », alors qu'il s'éloigne de la société et est seul. Il affiche ensuite une volonté de le rester, comme on le voit dans la phrase négative « Julien n'était point pressé de le voir, ni aucun autre être humain ». Cette citation souligne sa singularité, et son mal-être dans la société : hors de celle-ci, dans la nature, il se sent protégé, ce qui est flagrant dans ces paroles au discours direct : « Ici (…) les hommes ne sauraient me faire de mal ». Il se sent donc en danger dans la société, ce qui prouve sa sensibilité.

   De plus, il se cache dans une grotte, au milieu des « roches nues ».  Il est isolé dans son monde, et se met à rêver d'une société idéalisée, dont Stendhal souligne l'absurdité. L'emploi du subjonctif passé « eût été » joue un rôle important : le narrateur imagine ce qu'un jeune garçon ayant grandi dans société Parisienne pourrait penser des rêves de Julien. Ce personnage imaginaire utilise des adjectifs dépréciatifs pour la désigner : « tristes vérités », l'espoir est  « disparu », et ressent une « froide ironie » face aux pensées de Julien ; celui-ci ne peut donc qu'être malheureux en se confrontant à la réalité.

   Mais le fait qu'il rêve montre qu'il se sent particulièrement libre dans la nature, en plus de d'y être en sécurité. Nous pouvons le voir dans l'exclamative « Je suis libre ! », qui vient s'opposer à l'obligation d'être « hypocrite » dans la société, même avec des amis comme Fouqué. Là encore, on voit bien qu'il ne se sent pas à sa place dans la société, et sa sensibilité est mise en avant. Celle-ci est aussi visible aux exclamatives lorsque Julien prend la parole au discours direct, mais aussi aux hyperboles comme « son âme s'exalta », « aimait avec passion » qui soulignent la force de ses émotion. Nous pouvons d'ailleurs relever un champ lexical des émotions (joie, bonheur, triste…).

   Il se met ensuite à écrire ses pensées, ce qu'il ne peut faire nulle part ailleurs, car il est différent, et que ses opinions politiques lui portent préjudice : c'est un fervent admirateur de Napoléon, qui est d'ailleurs un personnage typiquement romantique !

   Mais malgré ce mal-être, cette singularité et cet isolement, il parvient à être heureux.

 

   Car Julien retrouve le bonheur grâce à sa communion avec la nature. En effet, dès le début du texte, il est heureux de son voyage et « poursui[t] son chemin gaiement ». Son intérêt pour la nature apparaît très rapidement dans la phrase restrictive « il ne pouvait s'empêcher de s'arrêter de temps à autres, pour regarder un spectacle si vaste et si imposant. » : il ne peut s'empêcher d'admirer la vue qui s'offre à lui. Celle-ci est très présente dans le texte, comme le prouve un champ lexical très riche (chemin, montagnes, chaîne, sentier, bois de hêtres, haute montagne, vallée, coteaux, plaines fertiles, oiseau de proie, roches, grotte, pierre, plume, soleil, nuit, crépuscule…), et elle est fortement mise en valeur par des adjectifs mélioratifs comme « beaux aspects », « beauté » ou « spectacle si vaste et si imposant », ce qui montre l'enthousiasme de Julien.

   Par ailleurs, il s'y sent particulièrement libre, ce qui est visible dans l'exclamative « Je suis libre ! », qui vient s'opposer à l'obligation d'être « hypocrite » dans la société, même avec des amis comme Fouqué. Le champ lexical du bonheur (« gaiement », « bonheur », « heureux ») et de la liberté (« libre », « liberté ») viennent accentuer cette idée de bien-être ; on sent qu'il se réfugie ici. Il est heureux, mais surtout libre comme il ne l'a jamais été, ce qui est accentué par l'exclamative « je suis libre ! » qui est mise en avant par l'écriture italique, ainsi que les hyperboles « grand mot » et « son âme s'exalta ».

   Il se met ensuite à rêver, ce qui prouve sa communion avec la nature, particulièrement évidente dans la comparaison suivante : « Caché comme un oiseau de proie, au milieu des roches nues ». Il est assimilé à un oiseau, et se fond dans le décor. Il utilise d'ailleurs la nature pour exprimer ses sentiments lorsqu'il se sert d'une pierre carrée pour écrire. De plus, celle-ci est le miroir de ses émotions : lorsqu'il rêve, Julien se perd dans l'« obscurité immense » et voit le crépuscule tomber, ainsi, la beauté de ce qui se déroule sous ses yeux est en résonnance avec l'idéalisme de ce qu'il imagine ; son envie de solitude est comblée par la grotte qui se présente à lui, dans laquelle il peut se cacher, et son l'ambition ressort dans le fait qu'il gravisse une montagne par exemple. D'ailleurs, ce trait de caractère est une caractéristique du héros romantique très présente chez Julien.

 

   En effet, le deuxième aspect ressortant de ce texte, et qui font de lui un personnage typiquement romantique sont son ambition, et surtout, la forme qu'elle prend : il rêve de gloire, mais aussi d'amour. Revenons au moment où il commence à rêver, introduit par la phrase présentative « c'était (…) », après laquelle il décrit sa vision idéalisée d'une vie noble à Paris : il imagine de la gloire, mais aussi de l'amour. De nombreuses hyperboles idéalisent l'aristocratie parisienne : il parle d'une « femme bien plus belle et d'un génie bien plus élevé que tout ce qu'il avait pu voir en province », de « se couvrir de gloire, et mériter d'en être encore plus aimé ». Comme le souligne Stendhal, il se fait un « roman ».

    Son ambition est également visible grâce au champ lexical de la gloire (se couvrir de gloire, mériter), et à sa volonté d'être aimé passionnément d'une femme « bien plus belle » et « d'un génie bien supérieur » à ce qu'il a déjà pu voir (ces termes sont hyperboliques). De plus, le fait qu'il gravisse une montage et arrive au sommet est symbolique de l'ascension sociale dont il rêve. Mais il veut surtout être quelqu'un, mériter le respect, susciter l'admiration. Il veut être l'auteur d'actions glorieuses dont on se souvienne, comme le montrent les différents champs lexicaux que nous avons cités plus haut, ainsi que ses rêves : il n'aspire pas seulement à la richesse, mais veut « se couvrir de gloire », ce qui ressort dans le champ lexical de la grandeur (zigzags infinis, vaste, imposant, obscurité immense) associé au paysage, qui inspire ainsi le respect, et qui peut être considéré comme le miroir des rêves de gloire de Julien.

   Mais il rêve également d'amour, dont nous pouvons relever le champ lexical (aimait avec passion, aimé), un amour puissant, beau et fidèle, comme le souligne cette citation « S'il se séparait d'elle pour quelques instants, c'était pour aller se couvrir de gloire, et mériter d'en être encore plus aimé » : il ne se séparerait que rarement de sa bien-aimée, et leur passion ne faiblirait pas ; au contraire, elle se renforcerait, et serait source de bonheur, un refuge, une récompensé après ses grandes actions. La force de cet amour est accentuée par l'hyperbole « mériter d'en être encore plus aimé ». La citation « s'il se séparait d'elle pour quelques instants » montre qu'il donnerait un nouveau sens à sa vie, qui serait de le conserver et de tout faire pour le bonheur de sa bien-aimée auprès de laquelle la vie serait magnifique.   

 

   Au regard de notre démonstration, nous pouvons conclure que Julien est bel et bien un personnage romantique. Il est sensible, différent et mal dans son époque, mais trouve du réconfort dans une forte communion avec la nature et dans ses rêves d'amour et de gloire ; car il est également très ambitieux.

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Descriptif provisoire (suite)

Par cyberblaise - publié le vendredi 29 mars 2013 à 13:34 dans 02w 1èreL/Es Camille See
Apparemment le blog n'accepte pas d'enregistrer le descriptif dans sa totalité. Les textes du Rouge et le Noir sont bien sûr à réviser.

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Première Partie

1-      Chapitre 4,  Un père et son fils Première apparition du héros, depuis « En approchant de son usine (…) il était toujours battu. »

 

2-      Chapitre 6, L'Ennui - Première rencontre avec Mme de Rênal, depuis « Avec  la grâce et la vivacité naturelle(…) Entrons, Monsieur, lui dit-elle d'un air assez embarrassé. »»

 

3-      Julien au séminaire : chapitre 26, le monde ou ce qui manque au riche.  «   A la vérité, les actions importantes de sa vie étaient savamment conduites (…) Au séminaire, il est une façon de manger un œuf à la coque qui annonce les progrès faits dans la vie dévote. »

4-      Partie 2 : Chapitre  41, Julien s'adresse à ses juges, depuis « Voilà le dernier de mes jours qui commence… » jusqu'à « Mme Derville poussa un cri et s'évanouit… »

 

Documents complémentaires : scènes célèbres de rencontre amoureuse dans le roman : La Princesse de Clèves de Mme de Lafayette, L'Education Sentimentale de Flaubert, Aurélien d'Aragon, L'Amant de Marguerite Duras, L'Ecume des Jours de Boris Vian.


Exposés faits par les élèves dans le cadre des Parenthèses littéraires du lycée Camille See :

Julien amoureux : Mme de Rênal et Mathilde de la Môle.

Julien représentatif d'un jeune roturier de son époque : ambitieux. Problème de blocage de l'ascension sociale. Parallèle avec notre époque.

Julien , un héros romantique ?

Julien, un personnage de roman d'apprentissage : qu'apprend-il ? Son évolution. Ses maîtres.

Julien, hypocrite, avançant masqué, se croyant obligé de jouer des rôles: Tartuffe, Danton, Boniface de la Môle ? Quand est-il lui-même ?

Julien héros ou antihéros ? Sympathique ou pas ?

Julien un double de Stendhal?

Julien, la quête de la réussite sociale ou celle du bonheur ?

Julien, un personnage réaliste qui trouve sa source dans des faits divers ?

Quel acteur pour incarner Julien au cinéma ? Comparaison avec les incarnations du personnage dans les adaptations filmées du roman.

Bande annonce pour présenter le roman en cinq séquences jouées : Première partie, deuxième partie.



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Ce blog est une invitation à se cultiver après les cours pour mes élèves du lycée Camille See de Colmar. J'aimerais qu'il devienne le lieu d'approfondissement des petites digressions qui font le charme des cours et aussi l'occasion d'échanger nos bonheurs de lecture et des informations sur les événements culturels susceptibles de nourrir notre vie.
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