Médée de Pasolini
Vous pouvez regarder le film morceaux par morceaux en ligne: Médée en Colchide: le rite de fécondité "barbare": http://www.youtube.com/watch?v=PIBmo0QyWqI
La fin du film: la mort de Créuse et Créon et des enfants: http://www.youtube.com/watch?v=qOTK64D0Koo
Un article sur le film: http://www.jgcinema.com/single.php?sl=medee-pasolini-von-trier
"Pasolini transpose cinématographiquement la Médée de Euripide avec une
empreinte toute personnelle. La tragédie euripidienne apparaît comme une
structure narrative utilisée pour montrer en réalité autre chose: tout
d'abord un conflit entre deux cultures, celle "barbare" de Médée et
celle "moderne" de Jason; puis, les images d'un sacrifice humain et
d'antiques rituels représentées avec un oeil quasiment documentariste,
filtrées par la lecture de quelques traités d'anthropologie et
d'histoire des religions, comme celles de Levy-Brul, Frazer et Eliade.
Et c'est ainsi que sa Médée, dont le rôle de la
protagonniste est joué par une silencieuse et "barbare" Maria Callas,
apparaît en outre "reconstituée": l'auteur opère aussi une transposition
de lieux; de la Grèce de la tragédie antique nous nous retrouvons en
Syrie et en Turquie, alors que d'autres moments de l'histoire tragique
inventés par Pasolini - comme la narration du Centaure à Jason enfant,
au début, ou la rencontre de celui-ci avec les deux Centaures - sont
réadaptés respectivement dans la lagune de Grado et sur la Place des
Miracles de Pise.
La Médée de Pasolini assume pour cela une empreinte ouvertement
politique: elle représente en effet une culture "barbare" et "primitive"
(et, l'on pourrait dire, sousprolétaire) qui se pose en fort contraste
avec la culture moderne et néocapitaliste représentée par Jason. Ainsi
déclare lui-même Pasolini dans une interview à Jean Duflot : " Médée
est la confrontation de l'univers archaïque, hiératique, cléricale,
avec le monde de Jason, monde au contraire rationnel et pragmatique.
Jason est le héros actuel (la mens momentanea) qui non
seulement a perdu le sens métaphysique, mais en plus ne se pose plus de
questions de ce genre. C'est le “technicien” aboulique, dont la
recherche est exclusivement portée sur le succès” (Il sogno del Centauro, maintenant dans P.P. Pasolini, Saggi sulla politica e sulla società,
dirigé par W. Siti et S. De Laude, Mondadori, Milano, 1999, p. 1504).
Médée possède un regard “de tiers monde”, un regard sacré sur la
réalité, complètement étranger au rouleau comprésseur du pouvoir
néocapitaliste avançant; et une telle vision de la réalité,
pourrions-nous dire, est accentuée par la localisation que Pasolini
choisit: terres lointaines de la colonisation capitaliste (en 1970
certainement plus qu'aujourd'hui) comme la Syrie et la Turquie."
Médée de Cherubini
En savoir plus sur l'oeuvre dont j'ai montré un extrait ce matin: http://www.theatrechampselysees.fr/opera/opera-mis-en-scene/medee-1 Une critique du spectacle: http://www.webthea.com/Medee-de-Luigi-Cherubini-1496 Résumé: - Acte I
Glauce, la fille de Créon, roi de Corinthe, doit épouser Jason, le
héros qui a récupéré la Toison d'Or mais elle est très inquiète car elle
craint la vengeance de Médée dont on sait qu'elle s'adonne aux arts
occultes.
Cette dernière a deux enfants issus de sa liaison avec Jason qui l'a répudiée.
Créon rassure Jason: il protègera ses deux enfants afin qu'ils ne paient pas pour les fautes de leur mère.
Les Argonautes viennent présenter leurs hommages à la fiancée et
étalent à ses pieds la Toison d'Or enlevée en Colchide. Glauce est à
nouveau troublée lorsqu'elle entend prononcer le nom du pays de Médée.
Jason tente de la rassurer lorsqu'un garde annonce l'entrée d'une femme
voilée: c'est Médée qui veut que Jason revienne auprès d'elle. Devant
son refus, la magicienne menace de se venger. Laissée seule avec Jason,
elle rappelle à celui-ci les jours heureux passés ensemble mais Jason ne
veut plus avoir affaire à elle. Médée le menace : « Tu ne verras jamais le jour de ton mariage »2
- Acte II
Neris, la servante de Médée, essaie en vain de consoler cette
dernière et de la convaincre de quitter Corinthe pour échapper à la
colère du peuple.
Créon et son escorte ordonnent à Médée de quitter la ville. Celle-ci
accepte et demande seulement la permission de dire adieu à ses enfants;
ce que le roi lui accorde. Neris console Médée mais la magicienne a déjà
échafaudé un plan: ses enfants seront l'instrument de sa vengeance et
le chagrin du traître Jason sera sans borne.
Lorsque notre héros arrive, Médée prétend être très triste de la
séparation d'avec ses enfants. Elle ordonne à Neris de remettre à Glauce
son cadeau de mariage: le diadème et le manteau qui lui a été donné par
Apollon. Médée envisage toujours de se venger. Lorsque la cérémonie est
terminée, elle se saisit d'un cierge de l'autel et part.
- Acte III
Quelque part dans une région montagneuse, Médée prie les Dieux de lui
donner le courage d'accomplir sa terrible vengeance. Neris, après avoir
remis à Glauce le cadeau de la magicienne, retourne auprès des deux
enfants. Médée lève son poignard pour les tuer mais est incapable
d'accomplir son geste. Elle révèle alors à Neris son dessein: le diadème
et le manteau sont empoisonnés et Glauce mourra. Horrifiée, Neris se
sauve en direction du temple de Junon
avec les enfants. Comme la magicienne l'a prévu, Glauce meurt et Jason,
désespéré, veut arrêter Médée. Cette dernière court se réfugier dans le
temple puis en ressort flanquée des trois Furies et brandissant le
poignard ensanglanté avec lequel elle a tué ses deux enfants. Elle met
le feu au temple. Médée promet au malheureux Jason abattu : « Je vais à la rivière sacrée ! Mon ombre t'y attendra ! »Pour télécharger le livret de l'opéra: http://www.livretpartition.com/index.php/opera-article/692-opera-cherubini-medee
La rencontre amoureuse dans le roman
Pour prolonger l'étude de la rencontre entre Julien et Mme de Rênal, vous pouvez lire d'autres scènes de rencontres célèbres.
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Texte A : Madame de la Fayette, La Princesse de
Clèves, 1678 (Tome premier)
Elle passa tout le jour des fiançailles chez elle à se parer, pour se trouver
le soir au bal et au festin royal qui se faisait au Louvre. Lorsqu'elle arriva,
l'on admira sa beauté et sa parure ; le bal commença et, comme elle dansait
avec M. de Guise, il se fit un assez grand bruit vers la porte de la salle,
comme de quelqu'un qui entrait et à qui on faisait place.
Mme de Clèves acheva de danser et, pendant qu'elle cherchait des yeux quelqu'un
qu'elle avait dessein de prendre, le roi lui cria de prendre celui qui
arrivait. Elle se tourna et vit un homme qu'elle crut d'abord ne pouvoir être
que M. de Nemours, qui passait par-dessus quelques sièges pour arriver où l'on
dansait. Ce prince était fait d'une sorte qu'il était difficile de n'être pas
surprise de le voir quand on ne l'avait jamais vu, surtout ce soir-là, où le
soin qu'il avait pris de se parer augmentait encore l'air brillant qui était
dans sa personne ; mais il était difficile aussi de voir Mme de Clèves pour la
première fois sans avoir un grand étonnement.
M. de Nemours fut tellement surpris de sa beauté que, lorsqu'il fut proche
d'elle, et qu'elle lui fit la révérence, il ne put s'empêcher de donner des
marques de son admiration.
Quand ils commencèrent à danser, il s'éleva dans la salle un murmure de
louanges. Le roi et les reines se souvinrent qu'ils ne s'étaient jamais vus, et
trouvèrent quelque chose de singulier de les voir danser ensemble sans se
connaître. Ils les appelèrent quand ils eurent fini sans leur donner le loisir
de parler à personne et leur demandèrent s'ils n'avaient pas bien envie de
savoir qui ils étaient, et s'ils ne s'en doutaient point.
- Pour moi, madame, dit M. de Nemours, je n'ai pas d'incertitude ; mais comme
Mme de Clèves n'a pas les mêmes raisons pour deviner qui je suis que celles que
j'ai pour là reconnaître, je voudrais bien que votre Majesté eût la bonté de
lui apprendre mon nom.
- Je crois, dit Mme la Dauphine, qu'elle le sait aussi bien que vous savez le
sien.
- Je vous assure, madame, reprit Mme de Clèves, qui paraissait un peu
embarrassée, que je ne devine pas si bien que vous pensez.
- vous devinez fort bien, répondit Mme la Dauphine ; et il y a même quelque
chose d'obligeant pour M. de Nemours à ne vouloir pas avouer que vous le
connaissez sans l'avoir jamais vu.
La reine les interrompit pour faire continuer le bal ; M. de Nemours prit la
reine dauphine. Cette princesse était d'une parfaite beauté et avait paru telle
aux yeux de M. de Nemours avant qu'il allât en Flandre ; mais, de tout le soir,
il ne put admirer que Mme de Clèves. Le chevalier de Guise, qui l'adorait
toujours, était à ses pieds, et ce qui se venait de passer lui avait donné une
douleur sensible. Il le prit comme un présage que la fortune destinait M. de
Nemours à être amoureux de Mme de Clèves ; et, soit qu'en effet il eût paru
quelque trouble sur son visage, ou que la jalousie fît voir au chevalier de
Guise au-delà de la vérité, il crut qu'elle avait été touchée de la vue de ce
prince, et il ne put s'empêcher de lui dire que M. de Nemours était bien
heureux de commencer à être connu d'elle par une aventure qui avait quelque
chose de galant et d'extraordinaire.
Mme de Clèves revint chez elle, l'esprit si rempli de tout ce qui s'était passé
au bal que, quoiqu'il fût fort tard, elle alla dans la chambre de sa mère pour
lui en rendre compte ; et elle lui loua M. de Nemours avec un certain air qui
donna à Mme de Chartres la même pensée qu'avait eue le chevalier de Guise.
Texte B : Gustave Flaubert, L'Education sentimentale, 1869
Ce fut comme une apparition :
Elle était assise, au milieu du banc, toute seule ; ou du moins il ne distingua
personne, dans
l'éblouissement que lui envoyèrent ses yeux. En même temps qu'il passait, elle
leva la tête ; il fléchit involontairement les épaules ; et, quand il se fut mis plus loin, du même côté,
il la regarda.
Elle avait un large chapeau de paille, avec des rubans roses qui palpitaient au
vent derrière elle. Ses bandeaux noirs, contournant la pointe de ses grands sourcils, descendaient très
bas et semblaient presser amoureusement l'ovale de sa figure. Sa robe de mousseline
claire, tachetée de petits pois, se répandait à plis nombreux. Elle était en train de broder quelque chose ; et son nez droit, son
menton, toute sa personne se découpait sur le fond de l'air bleu.
Comme elle gardait la même attitude, il fit plusieurs tours de droite et de
gauche pour dissimuler sa manoeuvre ; puis il se planta tout près de son ombrelle, posée contre le banc,
et il affectait d'observer une chaloupe sur la rivière.
Jamais il n'avait vu cette splendeur de sa peau brune, la séduction de sa
taille, ni cette finesse des doigts que la lumière traversait. Il considérait
son panier à ouvrage avec ébahissement, comme une chose extraordinaire. Quels
étaient son nom, sa demeure, sa vie, son passé ? Il souhaitait connaître les
meubles de sa chambre, toutes les robes qu'elle avait portées, les gens qu'elle
fréquentait ; et le désir de la possession physique même disparaissait sous une
envie plus profonde, dans une curiosité douloureuse qui n'avait pas de limites.
Une négresse, coiffée d'un foulard, se présenta, en tenant par la main une
petite fille, déjà grande.
L'enfant, dont les yeux roulaient des larmes, venait de s'éveiller. Elle la
prit sur ses genoux. " Mademoiselle n'était pas sage, quoiqu'elle eût sept
ans bientôt ; sa mère ne l'aimerait plus ; on lui pardonnait trop ses caprices.
" Et Frédéric se réjouissait d'entendre ces choses, comme s'il eût fait
une découverte, une acquisition.
Il la supposait d'origine andalouse, créole peut-être ; elle avait
ramené des îles cette négresse avec elle ?
Cependant, un long châle à bandes violettes était placé derrière son
dos, sur le bordage de cuivre. Elle avait dû, bien des fois, au milieu de la
mer, durant les soirs humides, en envelopper sa taille, s'en couvrir les pieds,
dormir dedans ! Mais, entraîné par les franges, il glissait peu à peu, il
allait tomber dans l'eau ; Frédéric fit un bond et le rattrapa. Elle lui dit :
" Je vous remercie, monsieur. "
Leurs yeux se rencontrèrent.
" Ma femme, es-tu prête ? " cria le sieur Arnoux, apparaissant dans
le capot de l'escalier.
Texte C : Boris Vian, L'Ecume des jours, 1946
– Oui, dit Isis. Venez, je vous présente… »
La moyenne des filles était présentable. L'une d'elles portait une robe en
lainage vert amande, avec de gros boutons en céramique dorée, et, dans le dos,
un empiècement de forme particulière.
« Présentez-moi surtout à celle-là », dit Colin. Isis le secoua pour le faire
tenir tranquille.
« Voulez-vous être sage, à la fin ?… »
Il en guettait déjà une autre et tirait sur la main de sa conductrice.
« C'est Colin, dit Isis. Colin, je vous présente Chloé. »
Colin avala sa salive. Sa bouche lui faisait comme du gratouillis de beignets
brûlés.
« Bonjour ! dit Chloé…
– Bonj… Êtes-vous arrangée par Duke Ellington ? » demanda Colin… Et puis il s'enfuit,
parce qu'il avait la conviction d'avoir dit une stupidité.
Chick le rattrapa par un pan de sa veste.
« Où vas-tu comme ça ? Tu ne vas pas t'en aller déjà ? Regarde !… »
Il tira de sa poche un petit livre relié en maroquin rouge.
« C'est l'originale du Paradoxe sur le Dégueulis, de Partre…
– Tu l'as trouvé quand même ? » dit Colin.
Puis il se rappela qu'il s'enfuyait et s'enfuit.
Alise lui barrait la route.
« Alors, vous vous en allez sans avoir dansé une seule
petite fois avec moi ? dit-elle.
– Excusez-moi, dit Colin, mais je viens d'être idiot et ça me gêne de rester.
– Pourtant, quand on vous regarde comme ça, on est forcé d'accepter…
– Alise… geignit Colin, en l'enlaçant et en frottant sa joue contre les cheveux
d'Alise.
– Quoi, mon vieux Colin ?
– Zut… Zut… et Bran !… Peste diable bouffre. Vous voyez la fille là ?…
– Chloé ?…
– Vous la connaissez ?… dit Colin. Je lui ai dit une stupidité, et c'est pour ça que je m'en
allais. »
Il n'ajouta pas qu'à l'intérieur du thorax, ça lui faisait comme une musique militaire allemande, où
l'on n'entend que la grosse caisse.
« N'est-ce pas qu'elle est jolie ? » demanda Alise.
Chloé avait les lèvres rouges, les cheveux bruns, l'air heureux et sa robe n'y
était pour rien.
« Je n'oserai pas ! » dit Colin.
Et puis, il lâcha Alise et alla inviter Chloé. Elle le regarda. Elle riait et
mit la main droite sur son épaule. Il sentait ses doigts frais sur son cou. Il
réduisit l'écartement de leurs deux corps par le moyen d'un raccourcissement du
biceps droit, transmis, du cerveau, le long d'une paire de nerfs crâniens
choisie judicieusement. Chloé le regarda encore. Elle avait les yeux bleus.
Elle agita la tête pour repousser en arrière ses cheveux frisés et brillants,
et appliqua, d'un geste ferme et déterminé, sa tempe sur la joue de Colin.
Il se fit un abondant silence à l'entour, et la majeure partie
du reste du monde se mit à compter pour du beurre.
Texte D : David Foenkinos, La Délicatesse, 2011
Nathalie et François se sont rencontrés dans la rue. C'est toujours délicat un
homme qui aborde une femme. Elle se demande forcément : « Est-ce qu'il ne passe
pas son temps à faire ça ? » Les hommes disent souvent que c'est la première
fois. À les écouter, ils sont soudain frappés par une grâce inédite leur
permettant de braver une timidité de toujours. Les femmes répondent, d'une
manière automatique, qu'elles n'ont pas le temps. Nathalie ne dérogea pas à
cette règle. C'était idiot : elle n'avait pas grand-chose à faire, et aimait
l'idée d'être ainsi accostée. Personne n'osait jamais. Elle s'était plusieurs
fois posé la question : ai-je l'air trop boudeuse ou trop paresseuse ? Une de
ses amies lui avait dit : personne ne t'arrête jamais, car tu as l'allure d'une
femme poursuivie par le temps qui passe.
[…]
Il avait balbutié les premiers mots, et subitement tout était venu, d'une
manière limpide. Ses paroles avaient été propulsées par cette énergie un peu
pathétique, mais si touchante, du désespoir. C'est bien la magie de nos
paradoxes : la situation était tellement inconfortable qu'il s'en sortait avec
élégance. Au bout de trente secondes, il parvint même à la faire sourire.
C'était une brèche dans l'anonymat. Elle accepta de prendre un café et il
comprit qu' elle n'était pas du tout pressée. Il trouvait cela si étonnant de pouvoir
ainsi passer un moment avec une femme qui venait à peine d'entrer dans son
champ de vision. Il avait toujours aimé regarder les femmes dans la rue. Il se
souvenait même avoir été une sorte d'adolescent romantique capable de suivre
des jeunes filles de bonne famille jusqu'à la porte de leur appartement. Dans
le métro, il lui arrivait de changer de wagon, pour être près d'une passagère
qu'il avait repérée au loin. Soumis à la dictature de la sensualité, il n'en
demeurait pas moins un homme romantique, pensant que le monde des femmes
pouvait se réduire à une femme.
Il lui demanda ce qu'elle voulait boire. Son choix serait déterminant. Il pensa
: si elle commande un déca, je me lève, et je m'en vais. On n'avait pas le
droit de boire un déca à ce genre de rendez-vous. C'est la boisson la moins
conviviale qui soit. Un thé, ce n'est guère mieux. À peine rencontrés et déjà
s'installe une sorte de cocon un peu mou. On sent qu'on va passer des dimanches
après-midi à regarder la télévision. Ou pire : chez les beaux-parents. Oui, le
thé c'est incontestablement une ambiance de belle-famille. Alors quoi ? De
l'alcool ? Non, ce n'est pas bien à cette heure-ci. On pourrait avoir peur
d'une femme qui se met à boire comme ça, d'un coup. Même un verre de vin rouge
ne passerait pas. François continuait d'attendre qu'elle choisisse ce qu'elle
allait boire, et il poursuivait ainsi son analyse liquide de la première
impression féminine. Que restait-il maintenant ? Le Coca-Cola, ou tout autre
type de soda... non, pas possible, cela ne faisait pas du tout femme. Autant
demander une paille aussi, tant qu'elle y était. Finalement, il se dit qu'un
jus, ça serait bien. Oui un jus, c'est sympathique. C'est convivial et pas trop
agressif. On sent la fille douce et équilibrée. Mais quel jus ? Mieux vaut
esquiver les grands classiques : évitons la pomme ou l'orange, trop vu. Il faut
être un tout petit peu original, sans être toutefois excentrique. La papaye ou
la goyave, ça fait peur. Non, le mieux, c'est de choisir un entre-deux, comme l'abricot.
Voilà, c'est ça. Le jus d'abricot, c'est parfait. Si elle choisit ça, je
l'épouse, pensa François. À cet instant précis, Nathalie releva la tête de la
carte, comme si elle revenait d'une longue réflexion. La même réflexion que
venait de mener l'inconnu face à elle.
« Je vais prendre un jus...
— ... ? — Un jus d'abricot, je crois. »
Il la regarda comme si elle était une effraction de la réalité.
Le jeu de l'amour et du hasard de Marivaux sur France Culture
Pour approfondir les relations maître-valets dans l'oeuvre de Marivaux et découvrir peut-être sa plus belle pièce, vous pouvez écouter la version radiophonique programmée sur France Culture: http://www.franceculture.fr/emission-fictions-theatre-et-cie-le-jeu-de-l%E2%80%99amour-et-du-hasard-de-marivaux-2013-02-10
Semaine du 11 au 16 février (602)
Mercredi 13 février Suite du résumé de la partie 2 du Rouge et le Noir commencée la semaine dernière chapitre par chapitre. Explication du deuxième texte dans le roman: la rencontre entre Julien et madame de Rênal dans le chapitre VI. A préparer à l'aide des 7 questions. Pas d'heure de vie de classe. AP en ES: initiation au commentaire comparé de deux textes.
Jeudi 14 février: professeur absent en raison d'une réunion d'harmonisation en vue du bac.
Samedi 16 février: PremièreL: exposé des utopies inventées dans la classe. Synthèse sur la réécriture de Médée dans les pièces que nous avons étudiées.
L'Utopie de Thomas More
LES 17 FORMULES UTOPIENNES qui ont fait parler d'elles DANS LE PLAN GENERAL DE L'UTOPIE Livre premier Tableau critique de l'Angleterre contemporaine (partie sans doute écrite en dernier)
Livre second L'Utopie proprement dite -L'Ile des Utopiens -Les villes d'Utopie « Nihil usquam privati » : « Rien, nulle part, de privé. » « Hos hortos magnificiunt » : « Ils font grand cas de [leurs] jardins » (ibid.) -Les magistrats -Les professions « Ars una est omnibus (…) agricultura » : « L'art commun à tous est l'agriculture » « …perpetuo labore, ubique fere opificum vita est, exceptis Utopiensibus » : « …un travail perpétuel, c'est presque partout la vie des travailleurs, sauf en Utopie » « ad animae libertatem cultumque civibus universis » : « à l'ensemble des citoyens la liberté et la culture de l'esprit. » (fin du chap.) - La vie en société -Les voyages des Utopiens « Omnium praesentes oculi » : « La présence du regard de tous » « Ita tota insula velut una familia est » : « Ainsi toute l'île est comme une grande famille » (ibid.) « Apud se aurum argentumque in ignominia sint… » : « tenir en ignominie l'or et l'argent » “Animam esse immortalem » : « L'âme est immortelle » « Secundum naturam vivere » : « Vivre en suivant la nature » « Hilarioris vitae mutuum subsidium » : « Une vie plus joyeuse, un soutien mutuel » . « hoc venandi exercitum, (…) rem liberis indignam » :« cet exercice de la chasse, pratique indigne pour des hommes libres » - [ Sport et plaisir ] « formam, vires, agilitatem…»: « la beauté, la force, l'agilité…» - Les esclaves - [ L'esclave étranger devient libre en touchant l'Utopie ] (début du chap.) - L'art de la guerre - Les religions des Utopiens “ quid credendum putavit liberum cuique reliquit” : “ il laissa chacun libre de croire ce que bon lui semblait ” “ Primum omnium pacem” : “ la paix avant tout ” “ Hic ubi nihil privati est, serio publicum negotium agunt” : “Là où rien n'est privé, on s'occupe sérieusement des affaires publiques” (4 p. avant la fin de l'ouvrage).
Lire le texte en ligne: http://classiques.uqac.ca/classiques/More_thomas/more_thomas.html
Une exposition sur la notion d'Utopie
Vous pouvez explorer l'exposition virtuelle du site de la bibliothèque nationale de France pour approfondir votre réflexion sur l'utopie http://expositions.bnf.fr/utopie/index.htm | Du
nom propre au nom commun |
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Thomas More invente le mot latin : Utopia, construit à partir du grec ou,
"non, ne … pas", et de topos, "région, lieu", est le nom
d'une île située "en aucun lieu". Cette négation est ambiguë. Faut-il
entendre que cette île, dont le gouvernement idéal règne sur un peuple heureux, est
imaginaire, inédite, ou encore impossible ? Comment comprendre le fait qu'elle est en
même temps localisée, puisque située par More quelque part aux confins du Nouveau Monde
? Et, puisque l'ouvrage de l'humaniste anglais est destiné à faire pendant à l'Éloge
de la folie d'Érasme, ne s'agit-il pas simplement de cet exercice rhétorique humaniste
où l'on feint un monde inversé pour mieux montrer que le plus raisonnable n'est pas
celui qu'on croit ? Bientôt, le genre littéraire inauguré par More se diversifiera et
l'on verra apparaître des eutopies (du grec eu, "bien"), des dystopies (du
grec dus, exprimant une idée de difficulté, de trouble), des utopies satiriques ou
critiques, des anti-utopies, des contre-utopies…
La forme francisée "utopie" est attestée chez Rabelais (1532) et, sur le
modèle de l'anglais utopia, le mot devient nom commun en intégrant le vocabulaire
politique du XVIIIe siècle ; il désigne alors le plan d'un gouvernement
imaginaire, à l'image de la république de Platon. Ce n'est qu'au milieu du XIXe
siècle que le sens courant actuel s'impose et que l'utopie en vient à désigner un
projet politique ou social qui ne tient pas compte de la réalité. Pour quelques-uns, que
justement la "réalité" n'enthousiasme guère, il s'agit là d'une qualité
essentielle ; plus généralement, un glissement s'opère, faisant de l'utopie un projet
irréalisable, voire irréaliste. En témoignent les renvois synonymiques donnés par le
Petit Robert à l'article "utopie" : chimère, illusion, mirage, rêve,
rêverie… |
Préparation de la journée Portes Ouvertes ( seconde théâtre)
Parade de comédiens: prévoir son personnage et son déguisement ainsi qu'un slogan ou une présentation d'activité faire dans le cadre de cet enseignement. Match d'improvisation: nous nous entraînerons les deux mardis prochains: voici le règlement simplifié du jeu::
1.Equipes
Le jeu
consiste en l'affrontement de deux équipes composées de six
joueurs-improvisateurs. Un arbitre et ses assistants veillent à ce que le jeu
se déroule selon les règlements.
Aire de jeu : Pendant toute la durée de
l'improvisation, le joueur ne peut quitter l'aire de jeu définie.
2 Signal
Un signal
sonore annonce la fin de chaque période et la fin de la partie.
3. Nature des improvisations
Les
improvisations sont de deux ordres :
COMPAREE :
Chaque
équipe, à tour de rôle, doit improviser sur le même thème. L'équipe commence
est tirée au sort. Aucune communication ne sera permise sur le banc pendant
l'improvisation de l'autre équipe. En cas d'infraction, une pénalité sera
décernée à l'équipe fautive.
MIXTE :
Un ou des
joueurs des deux équipes doivent improviser ensemble sur le même thème.
4 Déroulement de chaque improvisation
a) annonce
du thème :
L'arbitre
tire au hasard une carte et lit à haute voix :
1. Nature de l'improvisation (comparée ou mixte)
2. Titre de l'improvisation
3. Nombre de joueurs
4. Catégorie de l'improvisation.
5. Durée de l'improvisation
b)
concertation
Les joueurs
ont 30 secondes pour se concerter et prendre place sur l'aire de jeu. L'arbitre
signale le début de l'improvisation par un signal sonore.
c) marque
d'un point
L'improvisation
terminée, chaque spectateur est appelé à choisir l'équipe gagnante de
l'improvisation par le signal défini avant les matchs. En cas d'égalité, une
brève improvisation est rejouée.
5 Pénalités
L'arbitre
est le maître absolu du jeu. Il peut imposer une pénalité à un joueur ou à une
équipe pour toute infraction nuisant à la qualité du jeu ou au déroulement de
la partie. Au cours d'une improvisation, l'arbitre signale une pénalité au
moyen d'un signal gestuel. La pénalité est annoncée avant le vote sur
l'improvisation. Points de pénalité :
L'accumulation
de trois points de pénalité (total accumulé chronologiquement par les joueurs
ou leur équipe) donne automatiquement un point à l'équipe adverse.
Demande
d'explication
Seul le
capitaine de chaque équipe a le droit de demander des explications à l'arbitre.
***************************************************
ANNEXE : LES 10 PENALITES et les gestes de l'arbitre
qui les désignent.
Utilisation
d'accessoire illégal
La main
tirant le chandail
Cabotinage
Pied de nez
À utiliser
avec discernement. Il y a cabotinage quand un joueur place une blague facile
qui n'a d'autres objectifs que de faire rire le public pour s'attirer ses
faveurs lors du vote. Ex : Toute connerie ne servant pas à faire avancer
l'improvisation.
Confusion
Rotation
complète des bras devant le tronc
Lorsque le
jeu devient confus parce que personne ne joue la même improvisation, lorsque
des erreurs de noms, de dates, de lieux ou autres éléments perturbent manifestement
le déroulement normal de l'histoire, lorsque l'histoire devient manifestement
impossible à suivre ou que ce qui est clairement installé n'est manifestement
pas respecté, il y a peut-être confusion...
Décrochage
Mouvement du
bras de haut en bas avec le poing fermé Les fous rires non contenus en sont,
les personnages ou les accents non soutenus également
Jeu retardé
Mouvement
rotatoire de la main, l'index levé. S'applique, entre autres, lorsqu'une équipe
n'est pas prête à commencer une improvisation au coup de sifflet signalant la
fin du caucus ou lorsque qu'un joueur empêche manifestement la situation
d'avancer ou à tout autre moment où le déroulement de la partie est ralenti par
une intervention inopportune de l'équipe. Toute punition mineure peut être
majorée si nécessaire.
Manque
d'écoute
La main
tenant le poignet Il y a manque d'écoute quand un joueur confond un nom, un
endroit, une date ou un objet préalablement établi durant l'improvisation.
Exemple : appeler un joueur Paul alors qu'il se présente comme Pierre. On
peut manquer d'écoute envers soi-même.
Obstruction
Les bras
font un X vers les épaules, poings fermés
Cette
pénalité s'applique lorsqu'un ou plusieurs joueurs freinent systématiquement le
déroulement d'une improvisation soit en imposant ses idées, en monopolisant
inutilement de l'espace de jeu ou encore en jouant en mixte sans se préoccuper
des joueurs de l'autre équipe sans que l'histoire ne le justifie.
Refus de
personnage
La main
masque la figure
Un refus de
personnage consiste à refuser systématiquement un rôle, une action ou une
situation si ceux-ci s'imposent en cours de création d'une improvisation.
Rudesse
Coup de
poing dans la main ouverte
Il est
possible d'attribuer cette pénalité à un joueur au jeu physiquement trop
rude ; même si la situation aurait pu sembler le justifier.
Thème non
respecté
Rectangle
dessiné dans le vide avec les deux index
Lorsque des
éléments du carton-thème (titre ou catégorie) ne sont pas respectés.
Présentations des spectacles vus: 1affiche par spectacle: Maître Puntila et son valet Matti, Les Bâtisseurs d'Empire, Le Quai des oubliés, Quatrevingt-treize; (Se répartir le travail.)
Diaporama pour présenter l'enseignement d'exploration et l'option: Dorian?
false
X-NONE
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Tout savoir sur Michel de Montaigne en écoutant la radio
Sur France inter, vous pouvez écouter une série d'émission qui présente les Essais de Michel de Montaigne: un été avec Montaigne. http://www.franceinter.fr/reecouter-diffusions/384649
Montaigne et l'amitié: http://www.franceinter.fr/emission-un-ete-avec-montaigne-de-l-amitie-chez-montaigne
Une autre émission d'une heure sur France Inter:ça peut pas faire de mal: http://www.franceinter.fr/emission-ca-peut-pas-faire-de-mal-l-amitie-selon-montaigne-et-la-boetie
Textes sur le thème de l'amitié
En ouverture pour la conclusion du commentaire comparé que nous avons fait ce matin des textes sur l'amitié de Montaigne et de la Boétie, vous pouvez évoquer cette fable de la Fontaine dans laquelle se trouve le vers fameux "Qu'un ami est une douce chose". Jean de LA FONTAINE Les Deux Amis Deux vrais amis vivaient au Monomotapa : L'un ne possédait rien qui n'appartînt à l'autre : Les amis de ce pays-là Valent bien dit-on ceux du nôtre. Une nuit que chacun s'occupait au sommeil, Et mettait à profit l'absence du Soleil, Un de nos deux Amis sort du lit en alarme : Il court chez son intime, éveille les valets : Morphée avait touché le seuil de ce palais. L'Ami couché s'étonne, il prend sa bourse, il s'arme; Vient trouver l'autre, et dit : Il vous arrive peu De courir quand on dort ; vous me paraissiez homme A mieux user du temps destiné pour le somme : N'auriez-vous point perdu tout votre argent au jeu ? En voici. S'il vous est venu quelque querelle, J'ai mon épée, allons. Vous ennuyez-vous point De coucher toujours seul ? Une esclave assez belle Était à mes côtés : voulez-vous qu'on l'appelle ? - Non, dit l'ami, ce n'est ni l'un ni l'autre point : Je vous rends grâce de ce zèle. Vous m'êtes en dormant un peu triste apparu ; J'ai craint qu'il ne fût vrai, je suis vite accouru. Ce maudit songe en est la cause. Qui d'eux aimait le mieux, que t'en semble, Lecteur ? Cette difficulté vaut bien qu'on la propose. Qu'un ami véritable est une douce chose. Il cherche vos besoins au fond de votre cœur; Il vous épargne la pudeur De les lui découvrir vous-même. Un songe, un rien, tout lui fait peur Quand il s'agit de ce qu'on aime. Jean de LA FONTAINE, Fables (1678), VIII, XI
Vous trouverez sur ce lien un commentaire comparé fait par une élève: https://www.weblettres.net/blogs/article.php?w=MonplaisirLett&e_id=11082
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