Penser après les cours...!

Prolongement de Quatrevingt-treize

Par cyberblaise - publié le vendredi 11 janvier 2013 à 11:41
Dans le spectacle, l'on peut voir les gravures du peintre Jean-Michel Hannecart. Mais connaissez-vous les gravures et dessins qu'a faits Victor Hugo? Pour les découvrir, surfer dans la très belle exposition virtuelle de la bibliothèque nationale de France.
http://expositions.bnf.fr/hugo/feuilleter/dessins/index.htm

Découvrir Anna Karénine au cinéma.

Par cyberblaise - publié le mercredi 9 janvier 2013 à 17:43

Anna Karénine : un train nommé désir

Anna Karénine, un film de Joe Wright

L'adaptation du roman fleuve de Tolstoï (1877) par Joe Wright (réalisation) et Tom Stoppard (scénario) est une indéniable réussite. Baroque et flamboyant, ce film en costumes nous plonge dans les affres de la passion qui unit Anna Karénine (Keira Knightley), une jeune aristocrate mariée à un haut fonctionnaire (Jude Law), et le comte Vronsky (Aaron Johnson)  fringuant militaire de l'armée impériale, en évitant les lourdeurs de la reconstitution historique empesée.

La première partie du film est à cet égard un régal : le monde d'Anna est un théâtre, une scène où la passion exhibe ses artifices tout en se déclarant. Le film oscille constamment entre foisonnement et dépouillement : pour le dépouillement, la scène d'Anna quittant son fils sous une table recouverte d'un drap blanc où trône un train d'enfant réussit la gageure de réunir tous les éléments de la tragédie en un plan, mais aussi les plans dans les cintres du théâtre qui dévoilent les coulisses de l'âme et le trouble d'Anna. Pour le foisonnement, la scène de bal et la course de chevaux constituent autant de morceaux de bravoure qui ravissent le spectateur. L'irrigation du cinéma par le théâtre nous rappelle sans cesse la célèbre formule de Victor Hugo qui proclame la supériorité de l'art dramatique  : "Le théâtre n'est pas le pays du réel: il y a des arbres de carton, des palais de toile,un ciel de haillons, des diamants de verre, de l'or de clinquant, du fard sur la pêche, du rouge sur la joue, un soleil qui sort de dessus terre. C'est le pays du vrai. Il y a des coeurs humains sur la scène, des coeurs humains dans la coulisse, des coeurs humains dans la salle". Mais ce qu'il y a de plus réussi dans cette adaptation, c'est peut-être le traitement du thème du train, à la fois Choeur antique qui scande la tragédie d'Anna, et présence angoissante aux accents quasi lynchiens.

Plus d'un siècle après la parution du roman, Anna et Vronsky (modèles possibles d'Ariane et de Solal dans Belle du Seigneur) nous émeuvent toujours autant, et toujours plus que Kitty et Lévine pour qui pourtant penchait le coeur de Tolstoï, Tolstoï qui en disciple de Schopenhauer considérait l'amour comme une illusion destinée uniquement à cacher la nécessité de se reproduire.

[Anna Karénine de Joe Wright. 2012. Durée : 132 mn. Distribution : Universal Pictures France. Sortie le 5 décembre 2012]

Sur le site Zéro de conduite.

L'Homme qui rit de Victor Hugo au cinéma

Par cyberblaise - publié le mercredi 9 janvier 2013 à 17:40
Pour ceux qui aurait la curiosité d'aller voir le film :
Entretien trouvé sur le site Zéro de Conduite
http://www.zerodeconduite.net/blog/?iddis=9

Maître de conférences à l'université de Paris Sorbonne, Myriam Roman a notamment publié (avec Delphine Gleizes) l'édition de L'Homme qui rit au Livre de Poche. Nous avons recueilli ses réactions après l'avant-première du film…


" Jean-Pierre Améris a élagué le roman, il l'a recentré sur le couple formé par Gwynplaine et Dea. Globalement le film retombe ainsi sur un schéma assez classique : deux adolescents qui s'aiment d'un amour absolu, et qui se trouvent en butte à l'hostilité du monde. On est très proche de la version de Romeo et Juliette filmée par Baz Luhrmann (1996) : alors que dans le livre Dea est d'une constitution tellement faible qu'elle meurt sous le choc des retrouvailles avec Gwynplaine, Jean-Pierre Améris la fait se suicider au poison, comme la Juliette de Shakespeare. Mais l'influence qui m'a paru la plus évidente, c'est celle du Tim Burton d'Edward aux mains d'argent.

Jean-Pierre Améris a tiré l'histoire du côté du conte : il évacue toute la dimension historique du roman de Hugo. Toutes les références précises à l'Angleterre du tournant du XVIIIème ont disparu, Gwynplaine est en jean. Le roman de Hugo faisait partie d'un projet de trilogie, il était censé illustrer "L'aristocratie" ("Le vrai titre de ce livre serait l'Aristocratie"). C'est un roman sur le pouvoir et son arbitraire. Améris a quand même maintenu la scène où Gwynplaine va à la Chambre des Pairs (qui devient "le Parlement"). La scène est assez réussie parce que la mise en scène transforme le lieu en théâtre : Gwynplaine est sur la scène, les lords sont à l'orchestre, la reine est dans une loge. Mais même si le scénario a retenu quelques phrases du texte originel, le propos est réduit à sa plus simple expression : c'est un peu "les riches contre les pauvres".

Le second aspect occulté par le film est l'aspect ontologique du livre : tout ce qui évoque la mer, les éléments, le cosmos. Dans le roman il y a beaucoup de rencontre de Gwynplaine avec la mort, le néant, le rien, qui font écho à la question centrale du mal absolu. Cette question du mal absolu s'incarne dans le personnage de Barkilphedro, celui qui organise la reconnaissance de Gwynplaine en Clancharlie : c'est l'envieux par essence, le méchant archétypal. Améris a psychologisé Barkilphedro, il lui prête des motivations matérielles… Le personnage de la duchesse est aussi ramené du côté de la psychologie. Jean-Pierre Améris en fait un personnage de femme mûre, qui consomme des amants, qui convoite Gwynplaine pour sa beauté et sa jeunesse ; il dit dans le dossier de presse s'être inspiré de la Merteuil de Laclos. Chez Hugo le personnage est beaucoup plus trouble, plus pervers : dans le roman Josiane est jeune et vierge, et c'est précisément la monstruosité de Gwynplaine qui l'attire. Elle voudrait donner sa virginité à un monstre, se souiller dans les bras d'un homme du peuple. Elle désire se sentir dégradée.

Le film édulcore ainsi ce que le roman de Hugo a de plus radical. C'est particulièrement vrai avec le personnage de Gwynplaine : chez Améris il est très beau, malgré sa cicatrice ! Là encore on pense à Johnny Depp dans Edward aux mains d'argent. Le visage de Gwynplaine est inspiré de celui de Conrad Veidt dans la version de Paul Leni (1928), qui déjà n'avait qu'une cicatrice des deux côtés de la bouche. Si l'on reprend la description qu'en donne le roman de Hugo, Gwynplaine a la bouche fendue jusqu'aux oreilles, les gencives dénudées, le nez écrasé, les cheveux teints en ocre de manière permanente. Dans le film Gwynplaine ressemble plutôt à un clown triste… Mais là où le film est intéressant en revanche, c'est qu'il rend les aristocrates absolument monstrueux, ceux-là mêmes qui se moquent de l'apparence de Gwynplaine. Le film joue de la dialectique beauté physique / laideur morale.

Cette version de L'Homme qui rit a tout de même de belles qualités : c'est une véritable splendeur visuelle et sonore, notamment les scènes qui présentent le monde aristocratique, baroque et flamboyant. L'interprétation est convaincante : Gérard Depardieu notamment compose un Ursus très sobre, tout en rondeur (ce n'est pas le Ursus philosophe avec sa maigreur de prophète). L'émotion est au rendez-vous. Même s'il se démarque beaucoup du roman, le film a le mérite d'en proposer une interprétation cohérente. L'homme qui rit d'Améris est un film sur le bonheur du théâtre, un hommage à l'illusion (c'est pourquoi tout a été tourné en studio, le travail sur l'artifice est manifeste). Dans ce film Gwynplaine incarne l'univers du théâtre, c'est d'ailleurs lui qui y amène Ursus (qui au départ n'est qu'un colporteur). Il ne joue pas Chaos vaincu comme dans le roman (c'était sans doute trop philosophique), mais il met en scène l'histoire de Gwynplaine et Dea, dans une sorte de mise en abîme. Le film dit que le théâtre est une belle illusion, au sein de laquelle Gwynplaine est protégé. Il y a une solidarité très forte des gens de foire, de ces freaks avant la lettre (l'influence du film de Tod Browning est évidente). C'est un film très accessible, au propos simple : l'histoire de deux adolescents qui vivent un amour absolu, et s'opposent au monde. Il permet d'entrer dans le roman de Hugo, quitte à le simplifier. On pourra en découvrir toute la profondeur et les profondeurs à la lecture. Je n'hésite donc pas à le conseiller aux enseignants, dans un cadre pédagogique : il n'y a pas beaucoup d'adaptations de L'Homme qui rit, il serait dommage de passer à côté de celle-ci !

Auteur d'une thèse sur le roman hugolien (publiée chez Honoré Champion en 1999 sous le titre Victor Hugo et le roman philosophique), Myriam Roman est maître de conférences en littérature française à l'Université Paris-Sorbonne et membre du Groupe Hugo rattaché à l'Université Paris-Diderot. Elle a publié une édition de L'Homme qui rit au Livre de poche, en collaboration avec Delphine Gleizes (2002) et un commentaire du Dernier Jour d'un condamné dans la collection Foliothèque, chez Gallimard (2000)

[L'homme qui rit de Jean-Pierre Améris. 2012. Durée : 1 h 33. Distribution : Europacorp. Sortie le 26 décembre 2012]


Descriptif provisoire (602)

Par cyberblaise - publié le mardi 8 janvier 2013 à 11:28 dans 02w 1èreL/Es Camille See

SÉQUENCE N° 1: étude d'une œuvre intégrale : L'Île des Esclaves de Marivaux (1725)

 

 

Problématique :

 «L'Île des Esclaves, une pièce subversive? »

 

 

Objet d'étude :    Le texte théâtral et sa représentation du XVIIème siècle à nos jours.

 

Pour l'exposé :

Lectures analytiques retenues pour l'épreuve orale :

 

1.-  Scène 1 : La scène d'exposition.

2. Extrait de la scène  3 : tirade de Cléanthis : « Madame, au contraire, a-t-elle mal reposé (…) ce sont de pauvres gens pour nous. »

3. Scène 6 du début à « Nous sommes aussi bouffons que nos patrons ; mais nous sommes plus sages. »

4. Scène 10

 

 

 

 

Pour l'entretien :

Études d'ensemble ou éléments de synthèse :

Pourquoi on hésite à qualifier la pièce de Marivaux de subversive ?

Les relations Maîtres-Valets dans la pièce.

L'opposition entre Arlequin et Cléanthis.

La dimension comique de la pièce.

Le rôle de Trivelin

 

Autres lectures :

Lectures cursives : Maître Puntila et son valet Matti de B.Brecht,

Au choix l'une au moins des pièces suivantes : Le Mariage de Figaro de Beaumarchais, les Fourberies de Scapin, Dom Juan de Molière, les Fausses Confidences de Marivaux, Mademoiselle Julie Strindberg, Les Bonnes de Genet, En Attendant Godot de Beckett .

 

Autres travaux et activités personnelles :

 

Analyse chorale de la représentation  grâce à un abonnement à quatre spectacles à la CDE: Maître Puntila et son valet Matti de Brecht, Les Bâtisseurs d'empire de Vian, Quatre-vingt treize d'après le roman de Hugo, Un chapeau de paille d'Italie de Labiche.

 

Réflexion sur la réception d'une pièce de théâtre selon que l'on connaisse le texte au préalable ou que l'on découvre « la fable » à partir de la représentation.

 

 

 

 

 

 

SÉQUENCE N° 2 : étude d'un groupement de textes

 

Evolution du personnage du valet de Molière à Brecht.

Problématique : «Comment est suggérée l'évolution du rapport de domination à travers le personnage du valet ?»

 

 

Objet d'étude :   Le texte théâtral et sa représentation, du XVIIème siècle à nos jours.

 

Pour l'exposé :

Lectures analytiques retenues pour l'épreuve orale :

 

1. Extrait de Dom Juan, scène 1 : le portrait de Don Juan par Sganarelle

2. Extrait de L'Île des Esclaves de Marivaux : scène 1 L'émancipation d'Arlequin

3. Extrait du Mariage de Figaro de Beaumarchais : le monologue de Figaro

4. Dernière scène de Maître Puntila et son valet Matti de Brecht

 

Pour l'entretien : Comparaison des différentes figures de valet et de leurs relations avec les maîtres.

Autres travaux : Observation d'extraits de captations  différentes mises en scène : Dom Juan, mis en scène par Daniel Mesguich, différentes représentations de Maître Puntila et son valet Matti, analyse chorale de la mise en scène de Guy-Pierre Couleau vue à la CDE, documentaire sur le personnage de Figaro produit par Arte.

 

Autres lectures : Il a été recommandé de lire les pièces dont un extrait a été étudié.

 

 

 

 

 

 

 

SÉQUENCE N° 3(groupement de textes)

 

 L'argumentation au service de l'émancipation

 

 

Problématique : « Esclaves et fiers de l'être ? « Servitudes volontaires » : quand la littérature pose la question de notre aliénation et propose des voies d'émancipation

 

Objet d'étude :   La question de l'homme dans les genres de l'argumentation du XVIIème siècle à nos jours.

 

Pour l'exposé :

Lectures analytiques retenues pour l'épreuve orale :

 

-Texte 1 : extrait du Discours sur la Servitude Volontaire de La Boétie

-Texte 2 : fable de La Fontaine : « Le Loup et le Chien »

-Texte 3 : « Femmes soyez soumises à vos maris » de Voltaire

-Texte 4 : Poème de  Victor Hugo, extrait du recueil L'Année Terrible : « A qui la faute ? »

 

 

Pour l'entretien : Les différents procédés de l'argumentation directe et indirectes dans les textes étudiés. Réflexions sur « la servitude volontaire » et les moyens de s'émanciper. »

 

Études d'ensemble ou éléments de synthèse : Réflexion sur l'efficacité de l'argumentation directe et indirecte.  Les procédés de l'argumentation dans les textes du corpus.

 

Autres lectures recommandées :

 

Romans : Fahrenheit 451 de Ray Bradbury, 1984 d'Orwell

 

 

SÉQUENCE N° 4 (œuvre intégrale)

 Discours de la Servitude volontaire de la Boétie

 

Objets d'étude :   La question de l'homme dans les genres de l'argumentation du XVIIème siècle à nos jours.

Humanisme et Renaissance

 

 

 Un discours politique et humaniste

 

         

        

 

Problématique : analyse politique d'un homme qui réfléchit à la question du pouvoir. Un pamphlet, forme argumentative qui emploie des armes particulières. Une œuvre caractéristique de l'époque humaniste : appui sur les réflexions des penseurs antiques, connaissance des exemples majeurs de tyrans, raisonnement solidement construit. Une œuvre proposant un idéal et visant à persuader de sa possibilité de réalisation.

 

 

                   - « Pauvres gens misérables […] fondre sous son poids et se rompre. »

                   -« Cette ruse des tyrans d'abêtir leurs sujets(…)il est insensible. »

                     -« J'en arrive maintenant à un point qui est, selon moi, le ressort et le secret de la domination(…)à épier ses volontés et à deviner ses pensées. »

 

 

 


Urgent Rectificatif pour Quatrevingt-treize: jeudi 19 heures ! (602)

Par cyberblaise - publié le mardi 8 janvier 2013 à 09:35 dans 02w 1èreL/Es Camille See
Je me suis trompée de date dans le précédent message, la bonne date est bien le jeudi 10 janvier à 19 heures au théâtre municipal. Le spectacle dure deux heures.

Film à voir demain sur France 3: Le Grand George en hommage à un grand Résistant.

Par cyberblaise - publié le lundi 7 janvier 2013 à 18:17
En savoir plus sur ce lien:
http://blogs.mediapart.fr/blog/edwy-plenel/070113/georges-guingouin-en-souvenir-des-resistances-venir
Le réalisateur de cette fiction est le grand comédien François Marthuret. L'histoire de Georges Guingouin est l'histoire d'un homme libre! Le lien montre des videos du tournage à Limoge et des interviews du réalisateur.

Peanuts

Par cyberblaise - publié le lundi 7 janvier 2013 à 16:32 dans ow4 option théâtre 1ère Terminale
Pour rire un peu et se remettre dans l'ambiance:
http://www.peanuts.com/

Corrigé du contrôle: questions d'entretien sur le théâtre (602)

Par cyberblaise - publié le dimanche 6 janvier 2013 à 18:39 dans 02w 1èreL/Es Camille See
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Contrôle : questions d'entretien sur l'Ile des Esclaves et l'objet d'étude sur le théâtre. Copie de Laura Marie

Je mets en ligne les propositions de réponses de Laura qui me semblent correspondre à ce que l'on attend de vous. Elles sont argumentées et témoignent de ses connaissances. Bien sûr on aurait pu les formuler autrement.


1.       D'une part, L'Ile des esclaves pourrait être une pièce subversive car elle remet en cause les rapports de forces entre dominants et dominés de l'époque par l'intermédiaire de deux esclaves, Arlequin et Cléanthis et de deux maîtres, Euphrosine et Iphicrate qui sont mauvais et injustes envers leurs valets. De plus la pièce se livre à une critique de la société mondaine du XVIIIème siècle montrant le goût du paraître, la vanité, l'absence de mérite véritable de son élite. D'autre part, cette pièce n'est pas totalement subversive car il n'y a pas de véritable volonté de changements des rapports de forces : on assiste à la fin de la pièce (scène X) à une réconciliation entre maîtres et valets qui ont fait évoluer et améliorer le comportement humain des maîtres sans qu'il y ait de renversement politique véritable. Ainsi Marivaux est plutôt un moraliste qui ne cherche pas à faire changer l'ordre des choses mais souhaite simplement améliorer les comportements, faire en sorte que les maîtres fondent leur autorité sur le respect humain, la bonté et surtout la Raison.

2.       La dimension comique tient d'abord à un phénomène de théâtre dans le théâtre qui fait que les maîtres soient obligés de contempler leurs valets les imitant. La scénette que joue Cléanthis pour singer sa maitresse à la scène III en est un bon exemple, elle semble improviser sur un canevas à partir de son expérience et de ses observations. Elle apporte beaucoup de soin à sa mise en scène et annonce même aux spectateurs l'effet visuel qu'elle va produire : « vous allez voir ». Le vocabulaire de la coquetterie : « visage, miroir, bonnes amies » et les formules de politesse renvoient à l'ambiance d'un salon mondain du XVIIIème siècle que Cléanthis caricature. La servante critique ainsi sa maîtresse pour lui donner une leçon de comportement. Euphrosine est moquée pour sa vanité et son orgueil, son hypocrisie et cela provoque le rire. Le comique est donc largement lié à la dimension satirique du texte conformément à la devise de la commedia que pratique encore Marivaux « castigat ridendo mores », châtier les mœurs par le rire. Cependant Cléanthis elle-même fait aussi rire le public car elle se prend tellement au jeu qu'elle en devient elle-même ridicule, elle entre complètement dans le personnage de la maîtresse, croit avoir un « visage de condition » et se trouve des « grâces ». Aussi vaniteuse que sa maîtresse finalement, elle suggère que c'est seulement le hasard de la naissance qui la rendue servante.La scène VI témoigne également d'une dimension comique par l'humiliation des maîtres lors de la scène de séduction entre Arlequin et Cléanthis car ils sont obligés d'y assister en spectateurs de leurs travers. Il s'agit donc très souvent d'un comique de situation, mais le comique de mots existe aussi, lorsque par exemple Arlequin singe le beau langage en faisant des jeux de mots ou en émaillant des tournures mondaines d'interjections populaires, ce qui d'ailleurs ne plaît pas à Cléanthis et amène des disputes, sources de comique gestuel, de mimiques amusantes.

3.       Trivelin est le chef de l'Ile. Il dirige l'expérience thérapeutique d'inversion des rôles, que les esclaves deviennent maîtres et les maîtres esclaves. Pour que les maîtres reconnaissent leurs défauts et leurs injustices et  finalement s'amendent. Il est donc la source du projet éducatif, du « cours d'humanité mis en place sur l'ile et aussi le garant de son efficacité. Il modère les ardeurs des valets, de Cléanthis en particulier et les guide. Il tirera la leçon de l'expérience à la fin de la pièce.

4.       L'ile des esclaves est à la fois une comédie de caractère dans la mesure où Cléanthis dénonce les défauts de sa maitresse qui est une coquette- Elle critique la duplicité de son comportement, remet en question sa beauté superficielle car Euphrosine est soumise au paraître et au regard des autres, « les bonnes amies » qui scrutent les défauts des autres femmes-et une comédie de mœurs puisque ce sont les règles de fonctionnement de toute une société qui sont attaquées : relations maîtres-valets et hommes-femmes.

 

5.       L'effet de distanciation, c'est lorsqu'un spectacle est interrompu par des commentaires, des chansons, des rappels du caractère théâtral du dispositif scénique pour permettre au spectateur d'établir une distance avec ce que vivent les personnages ; la distanciation renvoie au théâtre « épique » de Brecht dans Maitre Puntila. Dans la mise en scène de Guy Pierre Couleau, on peut remarquer un effet de distanciation lorsque une femme vient chanter en allemand dans les intermèdes entre les « scènes «  de la pièce dans un style cabaret qui rompt l'illusion de la fable ou quand les fiancées de Maître Puntila raconte leurs récits finnois en costume de Pussy Riot, ce qui les rapproche de femmes en révolte actuelles.

< votre article ici >

Rappel de la méthode pour la question sur le corpus (écrit)

Par cyberblaise - publié le samedi 5 janvier 2013 à 14:28 dans 02w 1èreL/Es Camille See
Vous trouverez ici un rappel de la méthode:
http://zonelitteraire.e-monsite.com/medias/files/methode-de-la-question-de-corpus-1.pdf

Comment insérer vos citations dans le paragraphe argumenté d'un commentaire, c'est très bien expliqué ici:
http://catext.free.fr/PREMIERE_L/Doc_1_L/citation.htm

Bac Blanc de première

Par cyberblaise - publié le vendredi 4 janvier 2013 à 09:56 dans 02w 1èreL/Es Camille See
Il aura bien lieu le 7 et 8 février.

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Ce blog est une invitation à se cultiver après les cours pour mes élèves du lycée Camille See de Colmar. J'aimerais qu'il devienne le lieu d'approfondissement des petites digressions qui font le charme des cours et aussi l'occasion d'échanger nos bonheurs de lecture et des informations sur les événements culturels susceptibles de nourrir notre vie.
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