LA CORRECTION DE LA LANGUE
Dans une conversation, on attendait les temps du discours : présent, passé composé, futur, etc. et pas le passé simple. Certains d'entre vos se sont aventurés à raconter au passé simple mais il aurait fallu commencer par savoir le conjuguer…. > révisez-le en urgence !!!!!!!!
+ Prenez le temps de vous relire …
Ne doivent plus rester des erreurs telles que :
Quatre avec un "s" (question de corpus)
Les confusions é/er/ai
Les accents fantaisistes (accents plats) et lettres majuscules incongrues (en milieu de mots!)
Les confusions d'homophones / homonymes (a / à, où / ou / ces / ses...)
Les erreurs d'accords simples (accords du nom, de l'adjectif qualificatif et du participe passé, du verbe avec son sujet).
=> Vous n'êtes pas à l'aise avec les lignes de la copie d'examen ? Passez une ligne, deux entre chaque partie de devoir. Créez aussi des alinéas : aérez votre texte, faites le respirer pour faire aussi respirer votre lecteur !
Enfin : un dialogue dans un récit manuscrit obéit à des règles typographiques simples mais rigoureuses :
Les
guillemets ouvrent un dialogue (guillemets ouvrants). La première
parole de personnage n'a pas de tiret ! C'est l'ouverture du dialogue.
Les tirets s'appliquent à la deuxième parole jusqu'à la dernière où l'on retrouve les guillemets de fermeture (fermants) du dialogue tout entier.
Exemple :
« Si on allait danser !
— Bonne idée. J'ai besoin de me dégourdir les jambes.
— Pierre, de toute façon, tu as toujours besoin de bouger ! »
L'ANCRAGE DANS LA RÉALITÉ : LE REGISTRE RÉALISTE
(par Mme Bouteiller)
N.B. : le réalisme est au programme de seconde, vous avez tous étudié des œuvres de ce mouvement littéraire et c'est à cette exigence d'écriture qu'il fallait tendre en se rappelant de ses grands principes :
A aucun moment le lecteur ne doit se dire que ce qu'il lit n'est pas possible
- Parler de la réalité telle qu'elle est, sous tous ses aspects, sans chercher à l‘enjoliver.
- Parler du quotidien, des objets, des accidents minimes de la vie de tous les jours.
- Utiliser le petit détail « qui fait vrai ».
- Se documenter, enquêter, savoir de quoi on parle.
- Utiliser le vocabulaire précis, spécialisé (par exemple celui des métiers).
- Observer et décrire la société de son époque, ancrer le récit dans l'histoire contemporaine de l'auteur.
- Faire s'exprimer les personnages au discours direct comme dans la vraie vie avec les fautes, les accents…
- Respecter la psychologie des personnages = les faire agir conformément à ce qu'ils sont.
- S'inspirer des faits divers
- Choisir de vrais lieux, de vrais noms
- Etc.
Il fallait donc avoir une très bonne connaissance de l'époque et du milieu dans lequel vous inscriviez l'histoire, être capable de citer des noms propres, des mots techniques appartenant au métier envisagé, des événements historiques, des dates, des lieux précis…
Par exemple, pour celui qui voulait devenir architecte, il aurait été judicieux de citer des architectes ou des édifices très célèbres, le nom des grandes écoles d'architecture, de connaître les étapes de la formation, les mots du métier… Cette remarque est valable pour tous les rêves. S'il s'agissait de la Route 66, il fallait connaître les différents états qu'elle traverse, les paysages célèbres, sa longueur, son point de départ et son arrivée…
Par ailleurs, si vous parliez du rêve de jeunesse d'une aïeule, il fallait se souvenir que le statut des femmes dans la société n'était pas le même qu'aujourd'hui mais aussi, de façon générale, qu'on ne se déplaçait pas avec autant d'aisance il y a cinquante ans, qu'on n'avait pas du tout les mêmes facilités pour tout, que le téléphone portable n'existait pas et que le téléphone lui-même n'était pas dans tous les foyers. Pas d'internet non plus…
(Au passage, je vous conseille une petite lecture TRÈS éclairante sur ce sujet : un petit livre du philosophe Michel Serres : C'était mieux avant ! publié en 2017.)
Les événements inventés devaient être vraisemblables et vous deviez faire agir les personnages de manière crédible, conformément à leur psychologie. Il ne fallait pas non plus « griller les étapes » et que les choses se fassent d'elles-mêmes. Il fallait que l'on sente à quel point cela avait été compliqué et que l'on mesure les efforts fournis. Il fallait aussi que l'on sente la passion, l'acharnement du personnage puisqu'il s'agit de son rêve.
Pour résumer et pour qu'on y croie, il fallait savoir de quoi vous parliez… et ne pas inventer n'importe quoi.
Plusieurs devoirs ressemblent à des contes de fées et non à des récits réalistes.
D'autres sont très ennuyeux car vous n'avez pas réussi à créer d'attente, de suspense, se rebondissements…
D'autres sont « vides », on n'a aucun détail, on croirait des résumés
+ Essayez de sortir d'Yvetot, de Caudebec-en-Caux, etc. On attend un devoir d'invention…
Le commentaire du texte de Zola :
Séries générales et technologiques :
Pour l'introduction
- pensez à présenter l'auteur : Zola = programme de seconde ! + le contexte de l'Affaire Dreyfus et le rôle que Zola a joué à cette occasion + le texte lui-même
- trop d'analyses linéaires qui ne proposent pas de plan : on rappelle que si on choisit ce type d'analyse, le plan correspond aux différentes parties du texte auxquelles il faut donner un titre en fonction de leur thème
- absence de problématique ou de plan ou les deux
L'analyse elle-même
- tendance accrue à la paraphrase : vous « traduisez » le texte au lieu de l'interpréter > repérage avec les formules « il dit que… »
- peu de procédés d'écriture relevés, identifiés et interprétés (et pourtant, le texte n'en manquait pas !)
- focalisation de l'analyse sur le premier paragraphe, le plus facile à comprendre : l'analyse du reste du texte est souvent très superficielle, bâclée ou contient de nombreuses erreurs d'interprétation
- très peu d'élèves ont compris que Zola faisait l'éloge de la jeunesse afin de l'impliquer dans son combat (voir la réponse à la question pour les éléments qu'on attendait)
- vous n'avez pas vu la dimension héroïque du combat que Zola propose aux jeunes, les procédés d'implication ne sont pas assez exploités alors qu'ils étaient essentiels.
La conclusion :
- elle est trop souvent bâclée et reprend l'analyse dans certains cas
Remarques : là encore, on note un manque de vocabulaire pour exprimer les idées ainsi qu'une méconnaissance des figures de style
- la formulation des axes d'étude pour les séries générales a été très souvent extrêmement maladroite, trop vague, n'utilisant pas les bons termes
- plusieurs élèves ont été fortement pénalisés par leurs problèmes d'expression
- l'insertion des citations est à améliorer pour beaucoup d'entre vous.
Un grand-père (ou une grand-mère) raconte à l'un de ses petits-enfants le rêve fou qu'il/elle avait lorsqu'il/elle était jeune et comment il/elle est parvenu(e) à le réaliser... ou pas. Vous n'oublierez pas de mentionner les obstacles rencontrés, les moments de doute, les aléas de la vie...
Vous inventerez leur conversation. Attention ! votre devoir devra s'inscrire dans le registre réaliste.
N.B. : tous les mots en gras renvoient aux consignes qu'il fallait suivre
Remarque : si le sujet semblait facile, il ne l'était pas ! Rappelez-vous qu'on ne vous demande pas de raconter votre vie dans un devoir d'invention mais d'IMAGINER et d'être capable de rédiger AVEC STYLE, c'est-à-dire avec une maîtrise optimale de la langue (orthographe, conjugaison, grammaire, ponctuation, richesse du vocabulaire…), une connaissance fine de ses effets (procédés de style, choix de tel ou tel mot, composition du devoir afin de créer de l'intérêt, capacité à faire imaginer, ressentir…)
LE CHOIX DU « RÊVE FOU »
Il était déterminant pour la réussite du devoir ; il fallait qu'il soit le plus original et le plus difficile à atteindre possible, sinon, c'était juste un désir profond, un souhait. Il fallait aussi situer le projet dans le passé puisque le devoir s'inscrivait dans le registre réaliste (nous reviendrons sur ce point). Voici vos propositions , à vous de les évaluer en fonction de ce que vous venez de lire :
- devenir footballeur professionnel
- devenir chanteur ou acteur
- parcourir la route 66 en Harley Davidson
- devenir aviateur dans les années 1910
- devenir aviatrice pendant la 2ème guerre mondiale
- voyager dans l'espace
- devenir médecin
- aller voir les Beatles en concert à New York
- que la guerre s'arrête
- ouvrir une confiserie
- faire de la plongée sous-marine
- avoir des médailles
- s'installer en France quand on est un soldat au Pakistan
- avoir une moto
- devenir pilote de course moto
- se marier avec son compagnon avec lequel on vit déjà et dont on a un enfant
- aller faire du patin à glace le soir de Noël avec « son petit copain » sur le lac près de la maison de ses parents
- être musicien professionnel dans l'orchestre national de Paris
- devenir architecte
- gagner une médaille aux Jeux Olympiques
N.B. : on pouvait aussi réussir le devoir en partant d'un sujet un peu « bateau » ; tout est dans la manière de raconter !
LA SITUATION D'ENONCIATION :
- on attendait deux interlocuteurs : un(e) aïeul(e) / un petit-fils, une petite fille
- l'enfant n'était pas forcément un petit enfant ; il valait d'ailleurs mieux choisir un adolescent ce qui évitait de faire s'exprimer l'un des deux personnages de façon trop enfantine
- on attendait une conversation : dans plusieurs devoirs, il n'y a que l'aïeul qui parle ; dans d'autres, le jeune parle trop ; il fallait trouver un juste milieu en donnant la priorité à l'adulte
LA FAÇON DE S'EXPRIMER DES PERSONNAGES :
- bien sûr, on attend un style naturel, celui de la conversation, mais cela reste un devoir de français et il était judicieux de choisir des personnages capables de s'exprimer avec aisance dans une langue de qualité.
- Il fallait éviter le « style onomatopée » ou en tout cas, ne pas en abuser : « Ouahouou ! Papy ! » / « Ben ouais ! »
- Evitez aussi de faire sauter systématiquement le « ne » des négations : « t'en fais pas », « y'avait qu'à », etc.
QUESTION DE CORPUS : Quelles images de la jeunesse les auteurs de ces textes nous proposent-ils ?
Eléments de réponse attendus : 0.5 point par élément de réponse correctement formulé et justifié
Les images positives :
Cyrano de Bergerac : (séries générales)
- Les jeunes gens ont la force « d'imaginer, de juger, d'exécuter » ( l.10)
- + « la jeunesse seule est propre à l'action » l.15-16
- La jeunesse se passionne pour la justice : « les nobles enthousiasmes dont les jeunes personnes sont échauffées pour la justice » l.19-20
Zola :
- La jeunesse désire la justice : « ton enflammée passion du droit » l.15
- La jeunesse est pure, non corrompue : « toi qui n'es pas dans nos luttes d'intérêts et de personnes, qui n'es encore engagée ni compromise dans aucune affaire louche » l.15-17 + « en toute pureté, en toute bonne foi »
- La jeunesse est sensible : « toi qui pleures encore, qui dois être acquise à toutes les misères, à toutes les pitiés » l.23-24
- La jeunesse est la seule capable de défendre une cause : « Qui donc, si ce n'est toi, tentera la sublime aventure... au nom de l'idéale justice ? » l.26-27
- La jeunesse est brave et pleine d'espérance : « la bravoure et l'espoir de vos vingt ans » l.31
Gide :
- La jeunesse est fascinante : « la jeunesse m'attire » l.2
- Elle détient la vérité : « la vérité est en elle ; je crois qu'elle a toujours raison contre nous » l.3
- Elle a des choses à apporter : « chaque génération nouvelle arrive chargée d'un message (…) qu'elle doit (…) délivrer » l. 7-8
N.B. : il fallait regrouper les réponses pour les textes de Zola et de Bergerac à propos du désir de justice et de la capacité d'agir dans les séries générales.
Les reproches :
Boileau :
- L'ensemble de la strophe v.3 à 6 dont il fallait expliquer les principales idées :
- Capricieuse / cédant facilement aux vices / parlant pour ne rien dire = incapable de bien réfléchir / inconstante / ayant du mal à obéir / immodérée dans la recherche des plaisirs (idée reprise au v.15)
N.B. : à aucun moment Boileau ne fait l'éloge de la jeunesse comme certains l'ont cru ; les termes utilisés « caprices », « vices », « vain », « volage », « rétif » et « fou » sont clairement péjoratifs en français.
Zola :
- l'ignorance à l'égard du passé et de ce que les aînés ont souffert pour qu'ils puissent vivre en paix et libres : toute la première strophe
N.B. : plus qu'un blâme véritable, Zola fait ici un constat et appelle la jeunesse à se souvenir et à faire preuve de gratitude, à veiller à maintenir en l'état cet héritage qui a coûté cher à leurs pères
Gide :
- « la jeunesse est capable d'erreurs » l.5
Quelques remarques sur les copies :
- les textes de Boileau et de Zola ont souvent été mal compris
- pas assez d'idées tirées des textes en général et de ces deux-là en particulier
- les élèves se sont souvent arrêtés au premier paragraphe du texte de Zola et n'ont vu qu'une forme de blâme à l'égard des jeunes ; très peu ont été capables d'identifier l'éloge
- personne n'a compris les idées de sensibilité, d'intégrité, de soif de justice que Zola attribuait à la jeunesse
- au niveau de la méthode : de nombreux élèves ont fait des constats mais ils ne les ont pas interprétés ; par exemple : « il dit que les jeunes doivent se souvenir de ce que les aînés ont fait pour eux » mais ils ne disent pas ce qu'il faut en déduire comme reproches : l'ignorance à l'égard du passé , le manque de reconnaissance (ou une certaine forme d'ingratitude), le manque d'expérience et de discernement… ; autre exemple : « il dit que les vieillards saluent le jeune homme » dans le texte de Bergerac mais les élèves n'expliquent pas qu'ils le respectent parce qu'il est plus fort qu'eux, plus apte à décider, à les défendre, etc.
- on note globalement un MANQUE DE VOCABULAIRE pour pouvoir nommer les idées avec précision et efficacité
- pour les 1ères S : trop de remarques sur l'image des aînés ; elles n'étaient pas demandées, la question portait sur les images de la jeunesse sur lesquelles il y avait déjà beaucoup à dire ; les remarques sur la vieillesse étaient donc HORS-SUJET pour les séries générales.