Bilan 5
1. Qu'ai-je appris sur le théâtre comme genre littéraire à travers les pièces rencontrées ?
-Il y a le théâtre classique et le théâtre contemporain (Jeanne)
-J'ai découvert comment un auteur peut nous faire passer un message lorsque le comédien exprime ce qui est écrit dans le texte. ( Anne-Sophie)
-J'ai découvert l'importance des didascalies dans le texte. (Pierre) J'ai appris à analyser les didascalies plus profondément pour pouvoir imaginer la mise en scène. J'ai appris qu'il ya avait des textes plus littéraires que d'autres (Juliette) (Que veux-tu exprimer précisément par là ?)
-Souvent quand on lit une pièce de théâtre, on se la représente dans sa tête et quand on la regarde lors de la représentation, c'est l'imagination de quelqu'un d'autre que l'on voit et cela peut faire un choc.( Guillen)
- J'ai découvert le théâtre de l'absurde avec la pièce Les Bâtisseurs d'Empire ou le Schmurz de Boris Vian où les dialogues paraissent n'avoir parfois ni queue ni tête, où la langue paraît plus ancienne que la nôtre.(Anna)
- Les pièces de théâtre sont plus difficiles à lire qu'un autre livre, qu'un roman, même si les paroles sont plus orales et familières. ( Marina)(Pourquoi selon toi ?)
-Le théâtre est un genre littéraire très varié, les textes peuvent être comiques, tragiques, épiques comme absurde. Il peut aussi bien chercher à divertir le spectateur que poser de grandes questions existentielles aux spectateurs. J'ai découvert le théâtre épique de Brecht à travers Maitre Puntila et son valet Matti : Brecht voulait empêcher que le spectateur soit prisonnier de l'illusion théâtrale qui le fait s'identifier aux personnages et ressentir des émotions qui excluent la réflexion. Il veut le faire davantage réfléchir à la situation d'oppression des personnages pour qu'en quittant le spectacle, le spectateur voie le monde autrement et ait envie de le changer. Pour produire cela, Brecht utilise des effets de distanciation qui nous rappellent que nous sommes au théâtre : décors , machinistes visibles, chansons qui interrompent les scènes par exemple. (Dorian)
- Les registres des textes théâtraux peuvent être variés, tragique, caustique, comique , engagé. ( Manon Ettwiller)
Bilan 3
1. Qu'ai-je appris sur le théâtre comme lieu public d'art et de loisir en découvrant le théâtre de la Comédie de l'Est ?
-J'avais déjà visité la CDE donc je n'ai rien appris de plus que lors de ma précédente visite. (Jeanne, Margaux)
-C'est un endroit qui nous permet de rigoler ensemble dans un moment de distraction, un moment de partage. (Anne-Sophie)
-Le théâtre m'a paru plus grand que ce que j'avais dans le souvenir. J'ai appris que les matériaux utilisés pendant la représentation étaient fabriqués, stockés derrière le plateau dans des coulisses et que les lampes qui permettent l'éclairage des spectacles étaient nombreuses et diverses. (Pierre)
-En visitant le théâtre de la CDE, j'ai découvert que le bâtiment avait eu une toute autre fonction avant d'être un théâtre, c'était une manufacture de tabac. Sa structure a été conservée. J'ai découvert comment les guindes et les barres pour accrocher la lumière étaient déplacées, comment les régisseurs lumière faisaient pour apporter la nuance d'éclairage souhaitée grâce à la gélatine et à l'intensité qui est variable. (Juliette, Manon)
-La comédie de l'Est est un théâtre plus rustique que certains théâtres à l'italienne, qui eux sont plus grands, plus décorés, avec des salles moins sombres. (Guillen)
-Je ne savais pas que l'on pouvait y manger des sandwichs avant le spectacle, qu'il y avait une deuxième salle de spectacle appelée « petite salle ». je ne savais pas où était entreposés les décors.(Anna)
-J'ignorais que dans le hall d'accueil du bâtiment on vendait des livres sur les pièces de théâtre programmée, qu'il y avait un bar et des tables pour y manger et boire un verre. Le bâtiment est d'ailleurs très vaste : une grande scène au rez-de chaussée, une plus petite au quatrième étage, de nombreuses pièces à la disposition des artistes, pour les projecteurs, les costumes, l'arrivée du matériel des décors et des objets scéniques, les répétitions)(Dorian)
-J'ai appris qu'on pouvait manger et boire avant le spectacle, que des programmes et des petits livres étaient distribués aux spectateurs afin qu'ils aient plus de renseignements sur le travail de création fait par les artistes. Le hall contient des affiches qui font la promotion du spectacle encours.(Valentin)
-Je trouve que la CDE n'est pas très bien placée ( Pourquoi ?) cependant c'est un très beau théâtre qui dégage une atmosphère de convivialité. Le hall d'accueil est joliment décoré. Lors de la visite nous avons vu que le lieu est vaste et contient beaucoup de salles. Les documents qui sont donnés aux spectateurs avant le spectacle sont très pratiques.
-Je n'imaginais pas les lieux comme cela, je voyais plus le théâtre comme les comédies musicales qu'on regarde à la télé. (Marina)
-J'ai appris du vocabulaire pour désigner les éléments qui constituent une salle de spectacle, que le bâtiment n'a pas toujours été un théâtre, que les fauteuils étaient rétractables dans la grande salle et qu'elle était modulable en fonction des mises en scène.( Florence)
- Chaque détail dans un spectacle a son importance, rien n'est laissé au hasard. Chaque représentation est différente de la précédente. ( Mélissa)
- - J'ai découvert l'existence des loges rapides derrière le plateau. Je ne savais pas que la comédie de l'Est organisait des rencontres entre le public et les acteurs. ( Jeanne Gachon)
- - la CDE est très grande et contient une foule de salles dont j'ignorais l'existence par exemple la petite salle en haut, celle des décors, la régie du son. L'accueil est sympathique avec son canapé rouge et son petit bar. C'est aussi un lieu d'art car il ya des créations d'une grande richesse.( Manon Ettwiller)
Bilan 2
1. Qu'ai-je appris sur le milieu professionnel du théâtre ?
J'ai appris qu'il était composé de différents métiers. (Anne-Sophie, Juliette, Camille, Manon)(Il aurait fallu les nommer.)
-J'ai appris le nom de différents métiers ainsi que du vocabulaire spécifique au théâtre : régisseur, habilleuse, directeur technique…(Anna, Valentin, Marina, Jeanne Gachon)
-J'ai appris que le metteur en scène faisait attention à chaque détail de la pièce qu'il met en scène. (Jeanne)
-J'ai appris que ce milieu professionnel a des horaires de travail différents de la plupart des milieux et variables, qu'on doit avoir une capacité à s'adapter et à assimiler beaucoup de choses très grande. (Pierre) (Il faudrait préciser ce que tu veux dire par des exemples concrets)
-Je me suis rendue compte de la difficulté que représentait la mise en scène d'une pièce, notamment au niveau financier, je ne pensais pas que produire une pièce coûtait si cher.(Juliette, Jeanne Gachon)
-J'ai appris qu'il faut être très sociable dans ce milieu, que ce n'est pas toujours facile de trouver les finances pour créer, que sans l'intervention des subventions de l'Etat, tous ces métiers seraient « morts ».(Guillen)
-De nombreux artistes aux métiers variés collaborent pour créer un spectacle ( metteur en scènes, comédiens, scénographe…) Ces spectacles peuvent être achetés par les différents théâtres des villes de France que l'on appellent des « structures » pour y être représentés lors de la « saison ».(Dorian)
-J'ai appris que les spectateurs ont aussi une grande importance au théâtre. (Valentin) (Il faudrait que tu dises pourquoi.)
- un milieu difficile, qui demande de la patience, qu'il faut donner le meilleur de soi, qu'il faut la complicité avec le public. ( Florence) ( Il faut que tu dises pourquoi chacune de tes propositions)
- J'ai appris qu'il y a d'autres métiers qu'acteur et actrice. Derrière chaque scène, il ya des gens qui sont intervenus dans l'ombre : régisseur, éclairagiste…(Mélissa)
- J'ai appris qu'il faut à peu près deux ans pour créer une pièce c'est-à-dire trouver les financements et la monter, cela coûte en moyenne 200 à 300 mille euros. ( Manon Valentin)
-Le milieu professionnel du théâtre est composé de beaucoup de métiers insoupçonnés et pourtant indispensables à la réussite du spectacle :le cintrier, les techniciens divers, régisseurs etc. Le metteur en scène joue lui un rôle capital ( Manon Ettwiller).
Bilan des séances depuis la rentrée de l'enseignement arts du spectacles
J'ai pris la peine de reprendre vos réponses pour que tout le monde puisse en goûter la richesse et approfondir sa propre réflexion. Je poste les réponses questions par questions, j'ai parfois mis en rouge des questions qui vous invitent à préciser votre propos.beaucoup de réponses auraient gagné en intérêt si elles avaient été plus argumentées, plus précises avec des exemples concrets de ce que vous voulez dire.
1. Qu'appelle-t-on les arts du spectacle ?
Certains d'entre vous n'ont pas retenu ce que c'était exactement. Parfois vous me dites ce qu'est « l'enseignement d'exploration arts du spectacle. » au lieu de définir « les arts du spectacle ».
-Ce sont les arts qui sont représentés en direct devant un public : danse, théâtre, cirque, opéra…(Jeanne E., Manon V.)
-C'est un spectacle vivant présenté devant des spectateurs réceptifs. (Margaux)
Le terme « arts du spectacle » ne qualifie pas seulement le théâtre comme on pourrait le croire, mais aussi les différentes formes du spectacle comme le cirque, la danse. Ce sont des formes d'art très vivantes et très variées. (Juliette)
-Tous les arts qui mettent en jeu une relation d'échange entre des comédiens, des interprètes et des spectateurs (Guillen)
-Des spectacles vivants qui captent lez public et lui font ressentir des émotions diverses. ( Anna, Dorian, Mélissa))
-c'est un art qui met l'accent sur le partage en direct d'un moment, les acteurs sont réels, ils créent un lien avec un public présent, il ya un partage d'un moment de vie. Le cirque, le théâtre, la danse sont des exemples de spectacles vivants, d'arts du spectacle.( Jeanne Gachon)
- Les arts du spectacles sont les arts vivants, c'est-à dire que les musiciens, danseurs, chanteurs et acteurs jouent en temps réel et communiquent, partagent directement avec le public une expérience. ( Manon Ettwiller)
Bilan 4
1. Qu'ai-je appris sur la pratique du théâtre et sur la représentation en allant voir des spectacles et en faisant des analyses ? -La pratique du théâtre est compliquée. Lors d'une représentation, la compagnie n'a droit qu'à une chance, si les comédiens se trompent, tant pis…(Jeanne) -Derrière un spectacle, il ya beaucoup de temps de travail, tout un projet, rien que pour amuser le public. J'ai découvert le travail de gestes, de diction des paroles lors des répétitions. ( Anne-Sophie) (S'agit-il seulement d'amuser le public ?) -J'ai révisé ce que j'avais appris en 4ème et 3ème. J'ai appris que le texte de théâtre était le point de départ de la représentation et qu'il faut l'étudier longuement avant de pouvoir le matérialiser sur scène, il faut tenir compte des didascalies pour créer le spectacle.(Pierre) -J'ai appris à écouter le ton et le timbre des voix, ainsi qu'à observer chaque détail de la mise en scène car rien n'est placé sur le plateau sans raison. J'ai appris à me concentrer sur plusieurs personnages à la fois, pour ne rien louper du jeu de tous les acteurs et non pas me concentrer seulement sur le personnage qui parle. J'ai découvert qu'il ya des pièces où lors de la représentation l'on essaye de faire passer des sensations et émotions par tous nos sens comme la pièce de Boris Vian où le son était si important. Je comprends mieux ce qu'est le théâtre et je vois plus le message qui est passé au-delà de l'histoire racontée.( Juliette) -J'ai appris que dans les spectacles de théâtre, il pouvait y avoir d'autres formes d'art du spectacle comme la musique, la danse, le cirque, tout cela pour étoffer le spectacle en lui-même et qu'il soit plus distrayant. (Guillen) ( Seulement pour qu'il soit plus divertissant ?) -J'ai appris à mieux regarder les éléments qui composent l'espace scénique que j'appelais « décor », je sais qu'il peut être réaliste, figuratif ou non, plein ou vide etc. La pratique du théâtre est très rigoureuse. Les acteurs doivent parfois jouer de très longs monologues ou tirades.(Anna) - J'ai appris que pour monter une pièce de théâtre, l'on part d'un texte d'un auteur. Il ya une grosse différence entre la lecture d'un texte et le fait qu'il soit joué sur scène. On ne voit pas la pièce de la même manière si elle est lue ou jouée. (Valentin) (Il faudrait que tu dises pourquoi ?) -J'ai appris que de nombreuses pratiques sont présentes dans un spectacle de théâtre. J'ai été très surprise de ce qui ressort de l'analyse de la pièce faite en classe car beaucoup de choses que je jugeai inutiles sont apparues en fait comme importantes. (Camille) -c'est beaucoup plus complexe que je ne croyais. Pour l'instant j'ai juste découvert ce qu'était « aller au théâtre » voir jouer des acteurs : c'est très impressionnant. (Marina)
- J'ai découvert que l'on pouvait analyser des spectacles et que cela permet de comprendre les intentions du metteur en scène. ( Jeanne Gachon) - j'ai découvert l'importance de la scénographie, du décor, des jeux de couleur et de la mise en scène par exemple la lumière peut avoir plusieurs fonctions : elle peut signifier la différence entre le jour et la nuit, souligner une réplique dite. Le public peut être disposé différemment : en frontal, en bi-frontal, en rond, les spectateurs enserrent alors le spectacle.( Manon) -- J' ai appris qu'il y a des règles et des choses répétitives dans la pratique théâtrale mais qu'elle est en même temps très variée. Mettre en place une mise en scène est extrêmement compliqué, chaque petit détail renvoie à quelque chose de précis. (Manon Ettwiller)
La commedia dell'arte
Pour en savoir plus sur Arlequin et sur l'histoire de la comédie italienne: http://www.icem-pedagogie-freinet.org/sites/default/files/295_Commedia.pdf
Une vidéo qui montre les différents personnages en action: http://www.youtube.com/watch?v=ZUnaNTfTzuM
Une présentation de la commedia très intéressante en anglais: http://www.youtube.com/watch?v=h_0TAXWt8hY
Arlequin navigue en Chine, une pièce de commedia qui mêle théâtre chinois et commedia. Ce sont des copains qui font un travail formidable. http://www.youtube.com/watch?v=giAqNbWHMOE
Commentaire scène 1 suite
Après un début où Arlequin se
comporte en bon esclave en vouvoyant Iphicrate, l'appelant patron et lui
proposant même de son vin (« j'ai sauvé ma pauvre bouteille,la
voilà ; j'en boirai les deux tiers, comme de raison, et puis je vous
donnerai le reste ») montre une attitude de serviteur exemplaire.
Une rupture avec cette la
situation se produit lors de la révélation du lieu où ils se trouvent,l'île aux
Esclaves, soit l'endroit où il est pour la première fois supérieur à son
maître, où il n'a rien à craindre rien ni personne avec une rébellion
progressive de la part d'Arlequin.
Cette révolte d'Arlequin est
tout d'abord indiquée dans les didascalies telles que « siffle »,
« chante », « riant » ce qui est un réel manque de respect
envers son maître soit un acte de rébellion, souligné par l'ironie de ses
paroles qu'il adresse à Iphicrate
(« Monsieur Iphicrate, la drôle d'aventure ! Je vous plains par ma
fois »)
Ensuite, en chantant un air (
« L'embarquement est divin/Quand on vogue on vogue on
vogue ?/l'embarquement est divin/Quand on vogue avec Catin » ) il va
encore plus loin dans la provocation en étant à la limite du burlesque dans une
dimension très comique, rappelant la commedia dell'arte d'où il est tiré.
L'acte
final de rébellion d'Arlequin est de définitivement révoquer l'autorité
qu'Iphicrate avait sur lui ( « je ne t'obéis plus, prends y garde »
) qui marque également la fin de la scène d'exposition.
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Cette scène d'exposition est
extrêmement importante pour tout le reste de la pièce puisque c'est elle qui va
donner les premiers éléments de l'intrigue qui vont exciter la curiosité du
spectateur ainsi que le style dominant de la pièce. De plus c'est à travers elle que nous
percevrons les divers enjeux, personnages symboliques.En effet, c'est cette
scène qui pose le problème de la relation maître et esclave souvent violente
(«vos compliments me charment, vous avez coutume de m'en faire à coups de gourdin »)
hypocrite et méchante (« vous voilà bien poli » alors qu'il ne l'est
pas habituellement ).
Cette
scène est très importante pour toute la
pièce puisqu'elle permet de fixer les divers enjeux de la dite pièce en en
faisant un fil conducteur.
On peut noter un enjeu tout
d'abord social, puisque la pièce par sa dimension de fable didactique veut
analyser la relation maître valet ici interprétée par une relation maître
esclave entre Iphicrate et Arlequin. Elle est mise en œuvre dès le départ,
étant donné que les premiers mots prononcés par Arlequin sont « Mon
patron ».
En utilisant un cadre où vivent
des esclaves, il sera très facile pour l'auteur de livrer une critique sur ce
rapport.
Derrière cet enjeu social, dont
le but n'était non pas de supprimer l'esclavage un enjeu plus
humain : changer les rapports
unissant maître et domestique en donnant une leçon de justice ( « nous
verrons ce que tu penses de cette justice là ») et cette mesure serait
agréable si elle pouvait être appliquée à tous les Iphicrate du monde comme le
sous-entend Arlequin : « Tout en irait mieux dans le monde, si ceux
qui te ressemblent recevaient la même leçon que toi. »
Cette pièce change les coutumes du
théâtre. Au lieu d'être complètement inscrite dans le registre tragique, ou
encore pathétique comme l'est Phèdre
de Racine ou à l'inverse comique, cette scène d'exposition nous indique que L'île des esclaves est un mélange de
comique et de pathétique.
Le comique illustré par la
situation tout d'abord, du maître qui doit prendre la situation de l'esclave.
C'est ce retournement de situation totalement inimaginable à cette époque qui
provoque le rire. Le comique de geste est lui conforté par les didascalies,
comme Arlequin qui boit sa bouteille ou qui mime d'avoir les jambes engourdies.
Les mots quant à eux, sont également amusants, dans les passages où Iphicrate
et Arlequin se parlent le plus aimablement possible sont extrêmement drôle car
ils sont plus ironiques qu'autre chose (« mon cher patron, vos compliments
me charment »).
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Quant au pathétique, il n'est
pas incarné par l'esclave comme on pourrait le penser. C'est Iphicrate qui
incarne le pathétique, en le voulant qui plus est, d'où toutes ses gérémiades
soutenues par le champs lexical de la plainte (« que deviendrons nous »,
« me plaindre », « ému » .. ). De plus, Iphicrate étant le
maître, son coté pathétique renforce le coté comique de la scène qui fait donc
un mélange entre le pathétique et le comique.
Finalement nous avons deux
personnages, deux représentants des caractéristiques du théâtre : le
comique et le pathétique. Arlequin est comique, une des seules caractéristiques
gardées de son personnage de la commedia dell'arte et Iphicrate symbolise très
bien le pathétique en appelant à la pitié par ses pleurs larmoyants.
Nos deux protagonistes, en plus
d'indiquer différentes sortes de genres théâtraux sont également représentatifs
de leur classe.
En effet le nom Iphicrate
trouve sa signification dans le grec en « celui qui abuse de son
pouvoir ». Son nom est donc une traduction de ce qu'il représente dans la
hiérarchie sociale, un maître qui utilise son statut pour soumettre d'autre
gens. Il représente tous les maîtres de l'époque, d'où une description si peu
détaillée d'Iphicrate pour pouvoir y associer n'importe lequel des dominateurs.
Arlequin quant à lui, trouve
son nom dans la commedia dell'arte. Quelques clins d'œil sont réalisés
notamment lors du comique de geste mais c'est le seul parallèle car autrement
Arlequin est parfaitement conscient de la situation et très malin.
Il représente quant à lui les
domestiques ou plus généralement les dominés, et comme Iphicrate n'est pas
spécialement décrit physiquement pour faciliter l'identification mais il garde
les caractéristiques du dominé tel qu'on l'imagine, du moins au début de
l'histoire.
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Cette première scène, correspondant totalement aux
attentes de la scène d'exposition puisque présentant les enjeux de la pièce
dans son ensemble en définissant précisément les premiers protagonistes, le
cadre de l'action et le début de l'intrigue ; elle permet aussi d'amorcer
une critique sociale sur la base du rapport entre maitre et valet en montrant
l'hypocrisie et violence qu'engendre cette relation par l'intermédiaire ici d'
Arlequin qui évoque les coups de gourdin qu'il reçoit de son maître en guise de
compliments.
De plus, nous assistons à un renouvellement du genre
de théâtre qui n'est ni totalement comique, ni tragique. Cette scène
mélange effectivement le pathétique avec la comédie grâce à la situation qui
e
Commentaire de la scène 1 de l'Ile des Esclaves de Marivaux
Copie de Léana suivie d'une lecture analytique très intéressante faite par un collègue sur le site Magister. Gandhi a dit que « Dès l'instant où l'esclave décide qu'il ne sera plus esclave, ses chaînes tomberont ». C'est cette situation que Marivaux nous montre dans cette première scène dite d'exposition de son oeuvre l'île des esclaves . Cette pièce, écrite en 1725 par Marivaux, écrivain français du XVIIIème siècle amoureux du théâtre, se classe parmi celles en un seul acte comme la Dispute . Elle évoque le rapport maître-serviteur sous forme d'une fable philosophique autrement dit d'une histoire didactique sensée nous faire réfléchir, tirer une leçon du comportement du dominant et du dominé. Cet extrait nous présente deux des personnages de la pièce, le maître son esclave -ici au sens de domestique – Arlequin et Iphicrate. Nous montrerons que la fonction de la scène d'exposition est réalisée, mais nous nous intéresserons aussi à la mise en scène de la révolte en action d'Arlequin ainsi qu'au côté emblématique de cette scène, qui n'est autre qu'un miroir de l'œuvre. Une scène d'exposition doit situer le contexte général dans lequel va se dérouler la pièce, donner les informations nécessaires concernant des événements antérieurs au début de la pièce mais également éveiller l'intérêt du spectateur en installant les premiers éléments de l'intrigue. Le premier élément à être mis en place par cette scène est le lieu. Il est indiqué tout d'abord par le paratexte pour le lecteur par des indications scéniques ( « le théâtre représente une mer et des rochers d'un côté, de l'autre quelques arbres et des maisons » ), puis est plus précisément défini par Iphicrate, un des personnages présent qui dit se trouver dans l'île des Esclaves. Malgré le fait que cette île soit habitée – par des esclaves révoltés - elle évoque toute de même l'image d'un endroit sauvage abandonné, entre autre par l'emploi du mot « case » ( plutôt que maison ou domicile ) pour désigner les habitations des esclaves. Ce terme fait plus penser à un refuge précaire fabriqué avec ce qu'il y avait comme ressource disponible sur l'île qu'à un véritable logement. Dans cette première scène, nous apprenons aussi que les deux personnages se trouvaient sur un bateau qui a eu un accident, et qu'ils sont donc sur cette île par infortune (« Nous sommes seuls échappés du naufrage » ). Cette péripétie nous indique que l'action a d'ores et déjà débuté, l'intrigue présentant cette scène résultant du sinistre du bateau sur lequel ils se trouvaient. Nous nous trouvons alors dans une scène d'exposition qui se fait in medias res c'est à dire en introduisant directement le spectateur dans l'action. Nous remarquons en effet que les personnages discutent entre eux sans se préoccuper de nous. Dans cette scène d'exposition apparaissent également deux des personnages, dont la relation est mise en évidence dès le début par le dialogue entre eux et le champs lexical lié à l'esclavage ( esclaves, maîtres, liberté (antonyme), gourdin, pauvre animal, souffert ). Nous comprenons en effet que l'un s'appelle Arlequin et qu'il est lié à l'autre par un rapport de domination en l'appelant « mon patron » quand il se fait appeler. De plus il le vouvoie (« je vous donnerai le reste ») faisant preuve d'une soumission « exemplaire ». DefSemiHidden="true" DefQFormat="false" DefPriority="99" LatentStyleCount="267"> Néanmoins, les didascalies nous révèlent deux personnalités opposées : un personnage de plus en plus en colère représenté par Iphicrate et un autre, Arlequin, de plus en plus joyeux ce qui nous pousse à comprendre que ce rapport ce transforme dès cette première scène à cause de la tension qui règne entre les deux. Cette scène pose le problème de la relation maître et valet, en soulignant sa fragilité puisqu'elle communique une rébellion progressive de l'esclave envers son maître.
DefSemiHidden="true" DefQFormat="false" DefPriority="99" LatentStyleCount="267"> Cette scène d'exposition sert d'écrin à la révolte de l'esclave personnifié dans cette pièce par Arlequin. Il est important de comprendre que l'île des Esclaves n'est pas une simple île mais une véritable menace pour certaines personnes, les maîtres. En effet, Iphicrate sait exactement où il est, contrairement à Arlequin, sur une île où sont établis des esclaves de la Grèce révoltés contre leurs maîtres. Ce contexte est déjà un bon cadre pour une révolte d'un esclave comme Arlequin contre son maître puisqu'il serait entouré de gens dans la même condition que lui qui ont osé s'opposé à leur Iphicrate personnel. Ce danger est renforcé par l'angoisse d'Iphicrate et exprimée grâce à un vocabulaire axé pessimiste à la limite du tragique ( « danger », « perdre la liberté et peut-être la vie », « je suis perdu »..), des répliques courtes («Eh,ne perdons point de temps,suis-moi,ne négligeons rien pour nous tirer d'ici » ) mais aussi des questions rhétoriques telles que « que deviendrons nous dans cette île ? » . L'anxiété d'Iphicrate est également mise en valeur par la désinvolture d'Arlequin, qui lui a déjà accepté sa condition (« nous deviendrons maigres, éthiques et morts de faim »). Cependant, Iphicrate ne réussit pas à convaincre Arlequin de la gravité de la situation tout d'abord car l'esclave n'était concerné par les plans d'Iphicrate que dans l'aide qu'il lui apporterait car il n'est fait mention de « nous » que lorsqu'il est question de quitter l'île, qui ne représente une menace que pour le maître (« ne négligeons rien pour nous tirer d'ici ; si je ne me sauve, je suis perdu ). Ne faisant étal que de sa vie, Iphicrate perd totalement Arlequin qui se rend compte de cet égocentrisme et s'en moque à travers l'usage son antiphrase : « je vous plains de tout mon cœur », qui montre bien qu'il n'adhère pas au plan de sauvetage d'Iphicrate, se rendant bien compte que le maître ne craint que pour sa peau et ne souhaite pas plus que ça de sauver Arlequin, il veut surtout qu'Arlequin l'aide comme il l'a toujours fait en Grèce. Iphicrate essuie donc un double échec : le premier en ayant pas réussi à rallier Arlequin à son plan et le deuxième en lui ayant avoué l'île sur laquelle ils se trouvent (« nous sommes dans l'île des Esclaves ») et se trouve obligé de rendre des comptes à Arlequin sur la nature de cette île, c'est le début de l'inversion des rôles. (...)
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La Préciosité.
A propos de la façon dont Cléanthis fait parler Euphrosine, j'ai parlé ce matin de préciosité.Il s'agit à la fois d'un mouvement littéraire et d'une façon de s'exprimer et de se comporter. http://www.lettres-et-arts.net/histoire_litteraire_17_18_emes_siecles/135-la_preciosite Amusez-vous à retrouver le sens de ces expressions précieuses qui sont des périphrases imagées: les commodités de la conversation le conseiller des grâces Le supplément du soleil les écluses du cerveau subir le contrecoup des plaisirs légitimes le siège de Vulcain les chers souffrants l'affronteur du temps le trône de la pudeur Lire les Précieuses Ridicules de Molière: http://www.toutmoliere.net/acte-1,405486.html
Qui est Wajdi Mouawad?
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Article paru dans Le
Monde, édition du 28.10.06
Wajdi Mouawad :
le théâtre comme antidote à l'exil
Il a choisi, pour la rencontre,
le café du Quartier latin où il fit halte au cours d'une fugue, dans sa vie
d'adolescent parisien. Comme si l'errance devait être inscrite d'emblée, avant
même que ce garçon à l'allure sage ne commence le déroulé de sa vie - avant que
l'on ne commence, comme Loup, l'héroïne de sa pièce Forêts, à essayer de
recoller "les morceaux d'un puzzle éparpillé".
Personne, dans son entourage, ne
sait vraiment où vit Wajdi Mouawad. A Paris ? A Montréal ? A
Toulouse ? Quand on lui pose la question, il répond qu'il vit "là où
le travail le pousse" : à Paris - mais à quelle adresse, nul ne sait
- tant que Forêts se joue à Malakoff.
A Montréal, où il va remonter sa pièce Incendies.
A Moscou, où on lui a commandé une mise en scène. A Bordeaux, où Dominique
Pitoiset, le directeur du théâtre, lui a proposé d'écrire un texte pour lui. Et
Toulouse ? Mystère.
"Il prend l'avion comme moi
le métro", constate, amusé, Pierre Ascaride, le directeur du Théâtre 71 de
Malakoff, qui, en France, a été le premier, avec les Francophonies de Limoges,
à accueillir ses spectacles, en 1999. Comme si les exils successifs avaient
imprimé l'impossibilité de se fixer. Pour ne pas subir, encore et encore, la
douleur de la séparation et le sentiment de la perte. Ne pas s'enraciner, pour
ne pas se déraciner. L'écriture comme seul ancrage.
Tout cela traverse la petite
dizaine de pièces écrites par le jeune auteur metteur en scène, et notamment
les dernières, Littoral, Incendies et Forêts, qui forment un cycle de l'exil et des origines au souffle
extrêmement puissant. Wajdi Mouawad n'y raconte pas sa vie. Mais ses identités
multiples et successives ont produit une interrogation sans équivalent dans le
théâtre francophone d'aujourd'hui sur les imbrications entre les histoires
individuelles et la grande histoire.
D'abord, donc, il y a
l'enfance : Beyrouth, au tournant des années 1960-1970. Wajdi Mouawad naît
dans une famille chrétienne aisée - un milieu occidentalisé, très
francophile : "Mais mon père, qui venait de la montagne, a tenu à
nous donner des prénoms arabes. Nous étions les seuls, parmi nos cousins et nos
camarades de classe, à ne pas avoir de prénoms français. Cela a sonné comme un
rappel constant de mon étrangeté. Un signe que je n'étais pas d'ici..."
Ce prénom, Wajdi, qui signifie
"mon existence" en arabe, va signer définitivement cette étrangeté
quand la famille arrive à Paris en 1978, après quatre ans de guerre.
"Comme tous les Libanais, nous pensions que la guerre allait se terminer
rapidement et que nous repartirions." Le conflit s'éternise, s'enlise. Les
trois enfants Mouawad restent à Paris, avec leur mère. Le père, qui a été ruiné
par la guerre, tente là-bas de sauver ce qu'il reste de ses affaires.
Wajdi Mouawad est alors "un
exemple parfait d'intégration réussie" : excellent élève, entouré
d'amis, capitaine de l'équipe de rugby du collège. "Mais sans le savoir,
sans le dire, nous étions totalement défigurés par cette guerre, par cet exil.
C'est peut-être la grande illusion des civils : croire que, parce que vous avez
quitté un lieu en guerre pour un lieu en paix, vous êtes sain et sauf."
Cette fugue qu'il fait à l'âge de 11 ans, au cours de laquelle il s'arrête dans
ce café parisien emblématique, synthétise le malaise. "Le sentiment qui
m'a éduqué, c'est l'inquiétude de ma mère", dit-il aujourd'hui. Cet
équilibre relatif est encore brisé quand les parents Mouawad décident, six ans
plus tard, sans explications, d'émigrer à nouveau, vers le Québec cette fois.
"Ce nouvel exil a été
extrêmement rude, avoue-t-il. Je me sentais comme quelqu'un qui vient de
survivre à une avalanche, qui remonte à la surface et qui reçoit une nouvelle
masse de neige sur la tête."
Surtout, "au fur et à mesure
que je m'éloignais du Liban, mon prénom devenait une chose qui s'étirait, se
déformait, perdait son sens, devenait l'objet d'abréviations",
observe-t-il. Années noires, lourdes, vides. Sa mère meurt, d'un cancer. Mais
c'est son visage brouillé, perdu, qui va être à l'origine de son identité
d'écrivain et d'artiste.
Il commence à écrire à 16 ans. La
recherche de ce visage est au coeur de son écriture, dans ses pièces comme dans
son unique roman, qui s'intitule d'ailleurs Visage
retrouvé (éd. Actes Sud, comme ses pièces). "Prenez un enfant dont le
jouet préféré se casse. Il essaie de recoller les morceaux, mais ce n'est
jamais tout à fait comme avant. Maintenant, poursuit-il, en conteur de sa
propre histoire, imaginez que ce n'est pas le jouet qui se casse, mais sa
conviction profonde que le monde dans lequel il vit est beau et merveilleux. La
peine qu'il en éprouve est tellement profonde qu'il en a pour la vie à essayer
de recoller. Et à chaque tentative, cela donne une pièce de théâtre..."
Aujourd'hui, son passeport est
canadien. Mais quand on le tarabuste pour savoir s'il se sent plutôt
"libanais, français ou québécois", il répond qu'il est juif. Ou
tchèque. Parce qu'il se sent plus proche de Kafka que de n'importe qui.
"Et parce que j'écris. L'écriture et l'exil ont partie liée, depuis
toujours."
Quand la guerre a de nouveau
éclaté au Liban, cet été, cela l'a "mis en morceaux". Il s'est senti
tenu, vis-à-vis de la communauté libanaise de Montréal, de prendre la parole -
le texte de son intervention a été publié dans Courrier international du 3
août. Non pour émettre une position politique - "Je ne voulais surtout pas
singer les politiciens qui prétendent comprendre la situation" -, mais
pour tenter de "cerner l'impuissance et le désarroi qu'il y avait à se
retrouver dans ce choix impossible : celui de la haine ou celui de la
folie".
En France, où il est demandé
partout, difficile aujourd'hui de trouver des détracteurs du travail de Wajdi
Mouawad. Les résistances des premières années - certains trouvaient ses
spectacles trop narratifs, et "donc trop faciles" - sont tombées
devant ce théâtre qui fait de la scène un lieu de haute intensité émotionnelle.
Sa puissance narrative et poétique, à l'issue du long voyage proposé par Wajdi
Mouawad, laisse les spectateurs de Forêts,
à Malakoff, comme ce fut le cas pendant toute la longue tournée en France,
bouleversés, en larmes, ovationnant longuement le spectacle. Reconnaissants de
ce que ces odyssées du temps présent ébranlent dans leur histoire intime.
Fabienne Darge
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