Penser après les cours...!

Marie-Christine Barrault, comédienne lisant "A qui la faute?"

Par cyberblaise - publié le dimanche 28 octobre 2012 à 09:58 dans 02w 1èreL/Es Camille See

Marie-Christine Barrault parle de son amour des textes et lit le poème de Victor Hugo sur lequel vous avez travaillé "A qui la faute?"

http://www.liredanslenoir.com/images/stories/mp3/mcb-prixldn2011.mp3

Un autre point de vue sur les rapports dominants/dominés: La Servante, film coréen

Par cyberblaise - publié le samedi 27 octobre 2012 à 11:19

Les hasards de la programmation du Colisée de Colmar rejoignent notre réflexion sur les rapports valets/Maîtres avec ce film coréen de 1960 intitulé la Servante. Il est visible dimanche et mardi à 20H15.

Article du Monde:

http://www.lemonde.fr/culture/article/2012/08/14/la-servante-une-soubrette-qui-scandalisa-tout-un-pays_1746139_3246.html


http://www.francetv.fr/culturebox/la-servante-aux-origines-du-nouveau-cinema-coreen-110998

A comparer avec le film plus récent The housemaid, un remake de 2010.

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=m2VmhPrBmDs#!

Médée d'Euripide mise en scène Jacques Lassalle (2000)

Par cyberblaise - publié le vendredi 26 octobre 2012 à 09:58 dans 02w1èreL 602

http://www.youtube.com/watch?v=-kwsC-Glw2A


Ce court extrait du journal télévisé de l'époque montre les scènes capitales avec les enfants et donne la parole à Isabelle Huppert.


http://www.artevod.com/bandeAnnoncePlayer.html?ficheId=539


La Méde d'Isabelle Huppert forte et fragile à la fois.

Médée de Sénèque, mise en scène Zakarya Gouram

Par cyberblaise - publié le vendredi 26 octobre 2012 à 09:19 dans 02w1èreL 602

Un court extrait qui montre la "performance" de Marie Payen dans la mise en scène de Zakarya Gouram

http://www.dailymotion.com/video/x5dfzm_medee-extraits_creation

Médée d'Euripide, mise en scène de Laurent Fréchuret

Par cyberblaise - publié le vendredi 26 octobre 2012 à 08:30 dans 02w1èreL 602

Voici un dossier très intéressant pour approfondir votre connaissance de cette mise en scène:

 http://crdp.ac-paris.fr/piece-demontee/pdf/medee_total.pdf


A la fin, il y a notamment une comparaison entre les deux mises en scène, celle de Fréchret et de Jacques Lassalle.

Après avoir visionné le  DVD, pouvez-vous décrire précisément la scénographie choisie par Jacques Lassalle ? Que met-elle en valeur dans la pièce ? Comparez-la avec celle de Laurent Fréchuret.

La scénographie de Lassalle présente, à jardin et fond de scène, un monticule avec une grotte dont la bouche est l'entrée de la « maison » de Médée. La nature semble aride, on ne voit qu'une maigre végétation, des rochers blanchâtres. Au milieu du plateau et à cour, on a une vaste étendue d'eau véritable, un autre rivage est suggéré avec un embarcadère, c'est le royaume de Créon. un ponton de bois avance dans l'eau. Au lointain apparaît la façade du palais des Papes trouée de fenêtres qui seront exploitées au moment de l'incendie de Corinthe. On voit donc que la maison de Médée n'est plus qu'un antre naturel, espace très inhospitalier et plus symbolique que réaliste.

La scénographie est caractérisée par une horizontalité très marquée alors que celle de Laurent Fréchuret est barrée par la forte verticalité de la structure de bois de la maison et par le déploiement du rideau d'or

.L'eau et l'apparition récurrente de barques signalent le thème du voyage chez Lassalle (celui de Médée, celui de la mort avec le Styx, le fleuve des Enfers, mais aussi son ultime voyage).

L'eau marque également l'isolement de Médée face au pouvoir de Créon et à la société corinthienne: entre son îlot et une prison, il n'y a pas loin. Médée est bien une étrangère, confinée sur ce bout de terre. Elle ne va pas vers les autres, ce sont les autres qui viennent à elle.

Au contraire, la Médée de Fréchuret est souvent en bord de scène, face aux spectateurs qu'elle regarde, voire qu'elle provoque. Elle est presque toujours debout, alors qu'Isabelle Huppert est souvent couchée, prostrée.

b Quelles sont les couleurs dominantes ?

Lassalle instaure très souvent une ambiance de lumière bleue assez sombre, nocturne et lunaire, alors que le doré et le noir vont dominer dans la mise en scène de Fréchuret et lui donner un véritable aspect solaire.

b Comment le Chœur est-il traité ?

Le Chœur, une seule femme, Emmanuelle Riva, ne rompt jamais le quatrième mur. Plus confidente que Chœur véritable, elle n'a pas de fonction cultuelle ; par ailleurs aucun musicien n'est présent, tout le plateau est occupé par la fiction. Laurent Fréchuret fait d'autres choix : en trouant le plateau avec les deux fosses, il installe le Chœur au centre (ou au cœur) du dispositif scénographique, exhibant ainsi sa fonction rituelle. Par ailleurs, la voix particulière de Zobeida est presque toujours amplifiée, ce qui lui confère un autre statut, parfois elle chante et la musique soutient et accompagne son propos.

Observez les comédiens, les costumes et le jeu.

Les costumes : Lassalle choisit des costumes qui ancrent l'histoire dans le passé (sans qu'il s'agisse vraiment de l'Antiquité) et dans l'ailleurs (un certain Orient). Des bleus et des marron pour les serviteurs, du rouge pour le roi…

Isabelle Huppert apparaît avec trois costumes différents, l'usage du blanc la distingue des autres personnages et lui donne, dans cet espace souvent bleuté, une présence étrange, divine ou irréelle, peut-être ? Son dernier costume est précieux, il annonce une vie nouvelle. Dans l'ensemble, les costumes marquent une distance, ils frappent par leur raffinement.

Fréchuret part des habits de ville des comédiens pour construire une interprétation contemporaine du costume : Catherine Germain avait en répétition une robe très semblable à celle qui deviendra son « costume » ; on habille plus des comédiens que des « personnages » ; les musiciens ont leurs vêtements de ville ; seule Zobeida, le Chœur, porte une très belle robe, une robe de diva, une robe de chanteuse de cabaret.

Les comédiennes : dans la mise en scène de Lassalle, on est bien sûr frappé par l'interprétation d'Isabelle Huppert – cris terribles, jeu au sol, tête dans l'eau et larmes quasi continues pendant tout le spectacle, revirements subits, rictus, tout cela intensifie fortement la dramatisation et l'émotion. Bouleversante, Isabelle Huppert nous présente une Médée souvent fragile, blessée au plus profond d'elle-même, parfois folle ou possédée, toujours ravagée par la douleur et la colère.  Catherine Germain  est une Médée fragile aussi, mais plus animale, plus sauvage ; ses borborygmes, ses cris, ses mouvements de bras, ses contorsions, amplifiés par le Chœur nous impressionnent et nous émeuvent. À d'autres moments, le corps musculeux est hiératique, très droit, le personnage conserve de la noblesse. L'énergie sans cesse refait surface pour lutter contre un destin qu'elle veut contrer.

Plus furieuse qu'affligée, cette Médée, souvent en adresse public, tend vers la victoire de la déesse qu'elle devient, celle de « la race des femmes ».

b Comment les enfants sont-ils traités ? En tant que spectateur, comment ressentez-vous cette différence ?

Chez Lassalle, les enfants apparaissent sur le plateau à tous les moments où Euripide choisit de les montrer. On voit comment ils enlacent leur mère, on perçoit l'enjeu qu'ils constituent au sein du couple, on entend leurs cris et leurs paroles au moment du meurtre. Après l'infanticide, ils accompagnent leur mère, mais certains signes traduisent leur appartenance au monde des morts. À ce moment-là, Lassalle renonce à l'eccyclème antique ( sorte de plateau roulant pour faire apparaître les acteurs sur scène) et opte pour une représentation moins dure, moins violente mais assez ambiguë. La charge émotionnelle due à la présence des enfants est très forte, son impact sur le jeu d'Isabelle Huppert est indéniable.

Laurent Fréchuret fait apparaître les enfants dans le film au début de la pièce, mais renonce à une présence tangible sur le plateau. On s'éloigne de ce qui pourrait renvoyer au fait divers et on insiste sur la dimension sacrificielle de l'infanticide.

               

Travail à faire pour après les vacances de la Toussaint en première L et ES

Par cyberblaise - publié le vendredi 26 octobre 2012 à 08:10 dans 02w 1èreL/Es Camille See

Pour mercredi 14 novembre, réviser les trois textes de la séquence "Esclaves et fiers de l'être?" afin de pratiquer une simulation d'oral.

Pour cela, relire vos notes de cours sur les textes (les mettre à jour éventuellement avec ce que j'ai mis en complément sur Penser après les cours), apprendre les fiches sur les auteurs, avoir compléter la frise chronologique que je vous ai distribuée pour pouvoir situer les auteurs dans leur temps  les uns par rapport aux autres, préparer les phrases d'amorce de vos introductions au commentaire oral de chaque texte que vous pouvez apprendre quasiment par coeur, ( Je rappelle que vous pouvez me les envoyer pour que je les valide), vous approprier la grille d'évaluation pour prendre conscience de ce qui est attendu de vous.

N'oubliez pas que le mercredi 14 novembre à 20H30, nous allons au théâtre ( CDE) pour voir les Bâtisseurs d'Empire ou le Chmurtz de Boris Vian dont nous ferons une anlyse le jeudi 15.

Pour le jeudi 15 novembre: avoir lu  en entier L'ïle des Esclaves de Marivaux et le Discours de la servitude volontaire de La Boetie. N'oubliez pas non plus les lectures cursives recommandées, outre Maître Puntila et son valet Matti, une autre pièce qui traite des relations Maître/Valet qui figure sur le document fourni en début d'année.

A voir appris le document  de synthèse sur Théâtre: Texte et représentation.


Pour les L pour le jeudi 22 novembre: Préparation au commentaire de la fin de la Médée de Sénèque, texte distribué. Apprendre les différences entre la Médée de Sénèque et celle d'Euripide. Lire la Médée de Corneille. Mettre à jour ses connaissances à partir du blog.

Différentes mises en scène de Maître Puntila et son valet Matti

Par cyberblaise - publié le mercredi 24 octobre 2012 à 16:45

Je remets en ligne les videos que nous avons vues en classe ce matin pour que vous puissiez garder une trace durable de leurs différences et ressemblances.Beaucoup sont allemandes évidemment.

 http://vimeo.com/30106250


http://www.youtube.com/watch?v=Z8QBv5-NwpM


Deux videos de la célèbre mise en scène d'Omar Porras avec le théâtre Malandro

http://www.youtube.com/watch?v=8LTsOXH7rOU&noredirect=1

http://www.dailymotion.com/video/x21e40_maitre-puntilla-et-son-valet-matti_creation


Le site du Théâtre Malandro:

http://www.malandro.ch/index.php?option=com_content&task=view&id=2&Itemid=20

Une critique de cette version de la pièce:

http://www.lestroiscoups.com/article-18310017.html

Le train de l'orientation 1 er décembre à Strasbourg (602)

Par cyberblaise - publié le mercredi 24 octobre 2012 à 16:10

http://www.letudiant.fr/etudes/salons/strasbourg-train-de-l-orientation.html


Prenez vos dispositions pour y aller, le premier décembre est un samedi.

Bernard Sobel

Par cyberblaise - publié le samedi 20 octobre 2012 à 16:20 dans ow4 option théâtre 1ère Terminale

Pour ceux qui ont manqué la rencontre avec le metteur en scène Bernard Sobel à la CDE samedi ou pour ceux qui voudraient la prolonger, voici une série de vidéos qui lui donnent la parole:

http://www.theatre-video.net/video/Les-maitres-contemporains-Bernard-Sobel-1-3?autostart


Un entretien avec Sobel sous une forme intéressante:

http://www.hypertheatre.org/?cat=1


Notes prises lors de la rencontre avec Bernard Sobel à la CDE samedi 2à Octobre 2012-10-22

 Introduction (Guillaume Clayssen, dramaturge de la CDE)

Brecht : «  Penser fait partie des plus grands plaisirs de la race humaine »

 Claudel, Pirandello, Becket seraient moins pertinents que Brecht au plan de la question de leur actualité ; référence à Barthes : Brecht = contemporain capital, d'une autre importance que Shakespeare et Gogol car Brecht a écrit pour son temps »

Brecht devenu un classique= actualité ? Notre histoire en 2012 ou histoire plus ancienne ?

Qu'est-ce que devient un Théâtre politique 50 ans après, Intérêt théâtral maintenu mais intérêt politique plus problématique ?

Deux termes : Théâtre et Politique vont de soi, s'inscrit dans la cité et parle de la cité de façon critique chez les Grecs.

Apport de Brecht, Rapport de Sobel avec Brecht en tant que membre du PC.

Sobel :

Aujourd'hui tsunami de la pensée, on quitte un vieux monde, chance formidable d'interrogations fraîches ; Quand des gens aujourd'hui voient l'irrésistible ascension d'Arturo UI ils savent qu'il ya 5 millions de chômeurs.

« Tout est politique » : dialogue fictif avec  Claude Régy sur le principe d'incertitude, l'inquiétude. Que fait-on de l'espèce humaine ? Sentiment d'une explosion des identités mais questionnement des gens à l'autre bout du monde qui fabriquent nos Iphones, question sur l'engagement, sur notre acceptation de la torture, des conditions de travail d'autrui…

Brecht pas plus politique que les 7 contre Thèbes.

Parallèle problèmes que vivent les Roms et recherche de l'argent pour monter une pièce. Question de la légitimité d'un « nous »( Séminaire sur Spinoza Pautrat)

Brecht a traversé 1917, Révolution russe,  Auschwitz, le Goulag.

Est-ce que Puntila est un salaud ? // Est-ce que Bernard Arnaud est un salaud ? Il est dans un système particulier.

Lecture de Marx du Capiltal en 34

Notre tâche, devoir, est de faire en sorte que plus personne ne se fasse d'illusion : par rapport à soi-même, nécessité de vivre dans un monde qui n'a pas besoin d'illusion. Jusque là nous avons vécu dans un monde où nous nous racontons des salades !

Luxe de pouvoir jouir du spectacle mais tout le monde est dans la peur du lendemain. Question différentes pas forcément conflit Riches/pauvres, lutte des classes.

Comment rendre le monde praticable ? Donner du courage, dénoncer la financiarisation par exemple, lecture de Sobel d'un ouvrage sur les richesses franciscaines : de la pauvreté volontaire, l'argent est de la merde, comment vivre en en  ne voulant pas d'argent ?

Brecht : Théâtre laboratoire : donner le courage de ne pas se faire d'illusion, paradoxe du Théâtre.

Qu'est-ce qu'un personnage ? A quoi on croit ? Donner l'occasion de se poser des questions. Les réponses sont dans la vie pratique , pas au plateau cf Molière qui lutte contre l'illusion: Dom Juan " Je te le donne pour l'amour de l'humanité », question toujours posée du sens de cette formule que Molière met dans la bouche de Don Juan face au pauvre.

Utilité du Théâtre : rend compte d'expériences authentiques.

Faiblesse de Brecht : parfois donneur de leçon.

Ne pas oublier que l'on est un animal pensant.

Les grandes pièces sur l'Histoire de France ne sont pas françaises.

Verfremdundseffect : terme jamais employé pendant que Sobel était au Berliner ensemble.

Pb de la responsabilité de soi mais aussi des autres, interactif. « Nous sommes une expérience »

Influence des acteurs du Berliner : bof, surtout système de la troupe salariée en Allemagne, amour de Sobel pour les acteurs qui lisent et connaissent des poèmes. Faire en sorte que l'acteur soit son propre metteur en scène. Pas de méthode Sobel ! Pas de professionnalisme des poètes : « sel de la terre » : besoin fondamental d'écrire ce qu'ils ont à écrire. Expérience pour laquelle ils payent très cher.

Brecht pas « pur » : faire de l'argent, procédés, facilités.

Des malades utiles » Théâtre a pour fonction de dénoncer l'illusion//à la psychanalyse

T'es encore communiste » ? « Intellectuel sans se faire d'illusion »

Refus de Brecht assimilé à du Théâtre de propagande, rejet : "comme déféquer dans une réunion intellectuelle" (sic)

Brecht contraint par un vieil outil, la scène à l'italienne, éloge par Sobel de mises en scènes de Bob Wilson plus brechtienne ! par ex Hamlet Machine de Heiner Muller.


Préparation au commentaire de la fin de Maître Puntila ()603

Par cyberblaise - publié le vendredi 19 octobre 2012 à 17:32 dans 02w 1èreL/Es Camille See

Objet d'étude: Le théâtre: son texte et sa représentation.

Groupement de texte sur la relation Maître-Valet.

Reprise du cours de jeudi 18 octobre.


Tableau 12 dénouement de la pièce :Matti tourne le dos à Puntila

Présenter la pièce et le contexte d'écriture.

Ce qui se passe juste avant : Puntila veut donner sa fille en mariage à Matti alors qu'il est ivre, quand il retrouve ses esprits il promet de ne plus boire et cède au pasteur pour le renvoi de Surkela le rouge qu'il vient pour tant de réembaucher, Matti fait à nouveau boire son maître pour qu'il se ravise, Puntila lui fait construire le mont Hatelma dans sa bibliothèque avec les objets présents, exaltation patriotique de Puntila , éloge de la Finlande : Matti obéit au délire du maître, ironie : « Mon cœur déborde quand je vois vos forêts , Maître Puntila » Episode qui a fait déborder le vase, Matti en fait en a ras-le bol des sautes d'humeur de son patron et décide de partir d'où Matti tourne le dos à Puntila : expression « tourne le dos » exprime que l'on est fâché contre quelqu'un et en même temps sens propre.

Texte composé d'une didascalie initiale qui fixe le lieu et le moment : cour de Puntila, matin de bonne heure : rendu ou non par l'éclairage du plateau, valise indice d'un départ  Cf Matti porteur de valise ! Laina, la cuisinière, provision : question du spectateur : qui part puisque Matti porte la valise du maître au début de la pièce. Réponse dans le titre du tableau 12 donc plus claire pour le lecteur que pour le spectateur qui doit attendre la représentation de la scène, à moins que le titre ne soit projeté par exemple.

-Dialogue entre Laina et Matti : qui part ? Solution dès la première réplique de Laina, c'est Matti.

Incompréhension pour Laina du départ de Matti : décision trop hâtive pour elle, essaie de le retenir, lui demande d'attendre le réveil du maître (premier argument), peut-être elle-même triste de son départ, suggestion possible d'un sentiment amoureux à l'égard de Matti en sous-texte, comme dans la mise en scène de Couleau. Pas de familiarité cependant : vouvoiement

Explication de Matti : craint le retour à la lucidité de Puntila : avait mis la moitié de sa forêt au nom de Matti// avec l'épisode du porte-monnaie mis dans la poche de Matti cf «  ce coup-ci »: accusation de vol : crainte de la police. Situation qui a été produite maintes fois, une fois de trop : « risquer ». Matti veut rompre la routine, le cycle de Puntila qui l'aliène.

Deuxième argument de Laina pour le retenir : le certificat : situation pathétique des employés qui sont coincés sans l'accord et le bon vouloir du maître, ils ne peuvent partir sans risques, plaire au maître est une nécessité, donc pour avoir un bon certificat, relation hypocrite. Dépendance, aliénation des prolétaires.cf « vous êtes fichu »A rapprocher de la première scène et des questions que Puntila fait à Matti sur ses précédents postes. Impasse de Matti dans l'avenir : futur des verbes : soit accusé d'opposant politique  Rouge : discrimination à l'embauche cf Surkela, soit d'être un homme : pas utile pour être embauché : les patrons ne veulent pas considérés leurs employés comme des hommes car sinon plus possibles de les exploiter cf controverse de Valladolid sur les Indiens esclaves.

Troisième argument pour le retenir : le maître a besoin de lui. Dialectique du maître et de l'esclave, humanité du valet à l'égard du maître, pas l'un sans l'autre. Le maître a besoin du valet pour être maître ! il ne sait rien faire seul, drame des nantis que Puntila évoque lui-même quand il est saoul cf scène 1

Matti en a assez d'être complice du maître, trouve que l'amour des maître - « familiarités »- pour lui est une oppression plus grande encore que le rapport clair dominant/dominé. Importance pour Matti de l'histoire de Surkela dans laquelle il a joué un rôle qui le met mal à l'aise !

Quitte Laina qui renifle : personnage sentimental  caractérisé par le registre pathétique, qui est piégé par sa tendresse à l'égard du maître et de Matti, n'arrive pas à analyser la situation ( champ lexical de l'incompréhension) et à s'en libérer comme le spectateur qui cherche toujours des émotions au théâtre. L'opposition des deux personnages peutêtre lue comme la mise en présence de deux réactions au théâtre, celle du spectateur du théâtre traditionnel qui cherche la sentimentalité et l'identification aux personnages, celle du spectateur du théâtre brechtien épique qui se pose des questions, qui analyse la situation ete st prêt à agir à la lumière de ce qu'il a compris.

 S'éloigne rapidement  dans la cuisine pour cacher son trouble. ( Erreur du comédien qui joue Matti sur le prénom très intéressante dans la mise en scène de Couleau, Matti profite des faiblesses de toutes les femmes quand ça l'arrange)

-Puis à la fin : longue tirade de Matti en vers : étude de l'énonciation très révélatrice : adresse au public , à lui-même,  à Puntila virtuellement : adresse claire «  maître Puntila, tutoiement « tu n'es pas le pire » »presqu'un homme après avoir bu »

Passage à la première personne de pluriel : « restons en là » : généralisation du propos possible, parle de son rapport à Puntila, mais aussi voix du dramaturge qui indique que la compréhension de la situation est claire pour le public après trois heures de représentation ; le public lui aussi est fatigué de Puntila et en a assez.

Matti pas violent : cf comédie, sincère ou ironique : « Longue vie, Maître Puntila », quasi éloge de Puntila : pas le pire, presqu'un homme quand il a bu » mais prise de conscience de l'ambivalence de l'amitié proposée par le Maître : « le pacte d'amitié était un faux contrat » : ne pas mêler les sentiments aux relations de travail : le maître reste le maître qui domine cf « Le quotidien crie : qui vaincra ?: allégorie du quotidien de la lutte des classes : bataille qu'il faut gagner.Pas se laisser prendre par la routine du quotidien.

Refus de la tristesse et de l'effusion sentimentale : champ lexical des larmes : renifler, larmes , verser un pleur cf Laina. Il ne faut pas rester au stade des émotions et du sentiment qui nous aliène , plutôt réfléchir, garder ses distances et agir.

Image de l'huile qui ne réussit pas à se mêler à l'eau :métaphore de sagesse populaire, pragmatique : huile= riche, eau=prolétaire

Les valets doivent prendre leur autonomie et tourner le dos au maitre : annonce de temps nouveaux, généralisation prophétique : « il est temps, futur du verbe : « un bon maître, ils en auront un/ dès que chacun sera le sien », fin de l'aliénation, chacun son propre maître : autogestion, auto-entreprenariat, aspiration à une société sans classes. Sortir de la servitude volontaire de gens comme Laila, s'émanciper de la relation au maître.

-et didascalie finale : « il s'en va rapidement » opposé  à« elle rentre »

Pistes de centre d'intérêt pour le commentaire ou pour les questions d'oral

1. Deux personnages à construire ainsi que leur relation : un dénouement qui présente deux personnages opposés : Laina, la cuisinière sentimentale et aliénée et Matti, le chauffeur, lucide qui tourne le dos au maître et refuse le pacte d'amitié de Puntila, émancipé donc, libre.

Une scène argumentative, Laina cherchant à retenir Matti et ce dernier luie xpliquant ses raisons de quitter Puntila.

Question possible: comment voyez-vous le rôle de Laina dans cette scène? Le personnage de Matti est-il selon vous porteur du message politique de la pièce?

Matti est-il un personnage valorisé dans cette fin?

Quelles significations donnez-vous à l'attitude différente des deux personnages qui sont en présence dans la dernière scène?

2. Expliquer le passage au vers de la part de Brecht : Leçon à tirer de la fable ? Le message politique principal de la pièce : expérience personnelle de Matti le conduit à formuler une conduite générale et à annoncer une autre société possible : rien à attendre des maîtres et encore moins quand ils se prétendent bon, car cette situation est encore plus aliénante que l'oppression directe et claire. Le dénouement prend tout son sens des échos qu'il a dans la pièce : dès la première scène Matti parle de départ et visiblement il ne reste pas longtemps chez les maîtres et part quand quelque chose le dérange, récit finnois d'Emma : le prisonnier d'un camp où l'on enferme les Rouges qui malgré la faim refuse la nourriture mendiée par la vieille mère chez la patronne,la vieille au retour fait circuler le message de la fable : il ne faut rien à accepter des maîtres, attitude de Surkela qui refuse de serrer la main de Puntila. Le départ de Matti est ainsi préparé tout au long de la pièce par des moments clés.

Raisons du départ de Matti à étudier ? Signification de ce dénouement : Prise de décision de Matti, liberté ?

En quoi peut-on dire que cette fin oppose deux attitudes face au comportement du maître Puntila?

Pensez-vous que cette fin est celle d'une comédie?



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Ce blog est une invitation à se cultiver après les cours pour mes élèves du lycée Camille See de Colmar. J'aimerais qu'il devienne le lieu d'approfondissement des petites digressions qui font le charme des cours et aussi l'occasion d'échanger nos bonheurs de lecture et des informations sur les événements culturels susceptibles de nourrir notre vie.
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