Quand l'actualité nous parle de "terrorisme"...
L'attentat commis contre le journal satirique Charlie Hebdo, les jets d'huile de vidange sur les spectateurs et l'obstructions au déroulement du spectacle de Roméo Castelluci au Théâtre de la ville à Paris la semaine dernière font résonner à nouveau le mot "terrorisme" en France et repose la question de la légitimité de la violence pour se faire entendre. Ce qui ressort à nouveau c'est que les actes de violence ont pour principal but d'accaparer les médias pour faire connaître certaines positions idéologiques. Des affaires à suivre donc pour prolonger la réflexion sur Les Justes et Les Mains Sales.
En savoir plus sur la pièce de Roméo Castelluci:
http://blogs.mediapart.fr/blog/mima/251011/romeo-castellucci-et-la-mauvaise-foi-de-tristes-imbeciles
http://www.lemonde.fr/culture/article/2011/10/26/romeo-castellucci-la-foi-est-a-mille-lieues-de-l-ideologie
Préparation à Nathan le Sage (2nde8)
Samedi 5 novembre sur France 4 à 20h38 un film de fiction sur la période des Croisades au XIIème siècle, qui vous donnera une idée de qui sont les Templiers. A ne pas manquer.
Bande Annonce:
http://www.dailymotion.com/video/xczvzt_arn-chevalier-du-temple-bande-annon_shortfilms
Le Monte-Plats d'Harold Pinter (présentation)
Par cyberblaise - publié le jeudi 3 novembre 2011 à 13:21
Demain vendredi 4 novembre de 10h à Midi en salle B2 au lycée, les 2nde 7 et 2nde 8 auront la possibilité d'asssiter à uen lecture théâtralisée du Monte-Plats d'Harold Pinter programmée par la Comédie de l'EST.
Dans un sous-sol sans fenêtres, Ben et Gus, deux tueurs à gages, attendent l'arrivée de leur prochain « contrat ». L'attente est longue, oppressante… Quand tout à coup, l'inattendu se produit : la descente d'un monte-plats de restaurant avec à l'intérieur une commande ! Humour noir chez les tueurs à gages, la machine se détraque !
Dans cette attente inconfortable, nos deux anti-héros dévoilent peu à peu leurs craintes, leurs contradictions. Le monte-plats devient rapidement un troisième personnage, figure d'une autorité sans visage avec des exigences sans fin et impossible à satisfaire, qui fait grandir l'angoisse, le doute et l'incertitude des protagonistes, jusqu'à ce que les circonstances les poussent dans leurs derniers retranchements.
« J'aime l'absurde, les contradictions et les atmosphères étranges. C'est peut-être le fait d'être née à Buenos Aires, ville où il ne faut pas chercher à comprendre. L'absurde fait partie des mœurs. Pinter navigue dans l'absurdité avec aisance. Avec lui, on se laisse porter par l'histoire, dans un temps suspendu et incertain, plein de non-dits, d'événements fous qui tendent les situations sans qu'on sache exactement pourquoi. Il ne donne pas toutes les clés, il raconte une histoire avec des indices, des énigmes. Il nous laisse errer et trouver nos propres signes, nous laisse voyager dans les méandres de notre propre pensée. À travers ces non-dits, Pinter nous entraîne sur le terrain de la peur. Celle de ne pas savoir », raconte Carolina Pecheny, metteuse en scène.
L'auteur nous guide fragilement dans un monde d'opposés : l'extérieur et le huis clos, la parole et le silence, l'humour et l'angoisse. Mais sous les aspects d'une écriture dite « absurde », c'est bien de notre société dont il s'agit : on ne sait jamais qui se cache derrière les ordres et les décisions. Carolina Pecheny s'empare de ce texte pour le projet de la Comédie vagabonde. Avant de fouler les planches du plateau de la Comédie, Ben et Gus auront parcouru les scènes des communes avoisinantes. Les paroles d'un tango déclarent : « La vie est une blessure absurde. » Avec « Le Monte-Plats », il est aussi possible d'en rire.
Programme saison 2011-12 - Comédie de l'Est
Sur Harold Pinter l'auteur:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Harold_Pinter
Les Justes mis en scène par Stanislas Nordey (1ES2)
Une pièce politique: Lorenzaccio de Musset (1ES2)
Pour compléter notre réflexion sur le débat d'idées au théâtre, écoutez cette version radiophonique du drame romantique de Musset: Lorenzo pour débarrasser Florence de la tyrannie des Médicis se fait l'ami du tyran pour mieux le tuer, mais peut-on impunément porter le masque d'un favori du Duc Alexandre sans se laisser corrompre? La fin justifie-t-elle les moyens?
http://www.franceculture.fr/emission-fictions-theatre-et-cie-cycle-musset-lorenzaccio-de-alfred-musset-2011-10-30
« …dans deux jours les hommes comparaîtront devant le tribunal de ma volonté. »
Ainsi s'achève, à deux répliques près, la très longue et très riche scène 3 de l'acte III de Lorenzaccio. Centre de gravité de la pièce, cette magnifique confrontation entre Philippe Strozzi, seigneur républicain de Florence, et Lorenzo de Médicis, ennemi de sa propre famille, et en particulier d'Alexandre, représentant cruel et débauché du Saint Empire romain germanique. Dans ce dialogue en pleine rue, qui suit l'arrestation de Pierre et de Thomas, fils de Philippe Strozzi, et qui précède l'assassinat de Louise Strozzi, Musset revient sur l'origine du projet d'assassinat politique de Lorenzo et donne à voir la détermination, l'extraordinaire volonté de Lorenzo. Musset met enfin à nu la vérité de son personnage, qui s'est identifié à son patriotisme au point d'avoir juré, vingt ans auparavant, de « tuer l'un des tyrans de sa patrie ». Dressant l'amer bilan d'une vie perdue dans la débauche et le mensonge dans le seul but de gagner la confiance d'Alexandre, Lorenzo est désormais convaincu que son geste n'entraînera pas de soulèvement du côté des familles républicaines, pourtant lourdement réprimées par les Médicis. Il est aussi convaincu d'être désormais incapable d'abandonner les plaisirs épicés auxquels il a trop souvent goûté . Il apparaît ainsi dans sa solitude volontaire et désespérée, dans une vérité dramatique propre à hanter les rêves de tout jeune homme un tant soit peu révolté. L'acte de Lorenzo, bien au-delà d'un contenu « existentiel », est l'aune à laquelle se mesurera la valeur de ses contemporains. Et Musset opposera le courage de la jeunesse à l'impuissance bavarde des notables républicains.
Dans un double mouvement dont seule la construction dramatique peut rassembler les aspects contradictoires, Musset, si proche des étudiants de sa pièce, règle ses comptes avec la bourgeoisie de 1830, révolutionnaire en paroles mais vite soumise à Louis-Philippe, et invente ce personnage de solitaire incompris, décalé, mélange de libertin et de héros romantique qu'il développera dans la « Confession d'un enfant du siècle ». Il y a donc au départ et à l'arrivée une exigence de vérité qui mêle dans un mouvement impétueux vérité politique et confession, qui est un désir de dépassement de soi chez Musset. L'action devait en être nécessairement longue et complexe, révélant tour à tour les aspects les plus contrastés de la société florentine revue par Musset ainsi que les ascensions et les descentes de l'âme tourmentée de Lorenzo. Ainsi le spectateur est-il rapidement transporté à travers les espaces les plus variés, sans souci du « coût de production ». Mais aussi dans une temporalité transformée, concentrée : George Sand, qui fournit -- sublime cadeau – l'argument de la pièce à Musset, avait déjà ramené à quelques jours une action s'étalant sur quinze ans dans les « Chroniques » de Varchi…
Jamais la pièce ne fut représentée dans son intégralité, et l'on se demande si les décideurs sont par là restés fidèles au principe du « spectacle dans un fauteuil » (Musset ne croyait pas à une possible représentation de Lorenzaccio) ou s'ils ont suivi le geste castrateur des directeurs de théâtres obligeant Musset à défigurer nombre de ses pièces… Assez curieusement, ce sont les scènes politiques (complot de la marquise de Cibo, manifestation des étudiants, discussions entre notables impuissants après l'assassinat du Duc) qui eurent à souffrir des coupes pratiquées dans une pièce souvent jugée bavarde, mais à tort selon nous, par le milieu théâtral.
L'adaptation de Gérald Garutti, si elle se plie au format, actuellement le moins étroit, des deux heures de diffusion, réussit le tour de force de ne couper pratiquement aucune scène de la pièce et d'en préserver ainsi les multiples facettes, charme essentiel de Lorenzaccio. Elle souligne la construction vigoureuse de ce théâtre politique intime qui nous a tous deux si violemment émus.
Au moment où d'autres empires, plus ou moins saints, étendent leurs ravages en Europe, il m'a paru opportun d'éclairer par le son une pièce qui va bien au-delà des mots : comme le souligne Bernard Masson dans ses analyses du théâtre de Musset, tout se passe avant et après les paroles échangées, dans une attente fiévreuse des choses, de l'événement. Mes choix d'interprétation furent guidés par cette conviction. L'assassinat d'Alexandre, si rapide dans le texte de Musset, nécessitait une concrétisation sonore intense dans le jeu des interprètes et le bruitage, un mélange repoussant de précision physiologique et d'émotion qui suspende le mouvement du temps et s'approche de la poésie de l'instant, vérité essentielle du poète que fut Musset. Une dilatation de la pensée qui ouvre enfin sur une dilatation de l'espace, lorsque Lorenzo s'abandonne, son acte enfin commis, à la contemplation des toits de Florence. Mais la préparation de l'assassinat, vers lequel tous les interprètes et l'équipe furent tendus, et ses conséquences tragiques pour la jeunesse révoltée de Florence et Lorenzo lui-même, cette vaste respiration de la pièce de Musset, tous ces mouvements ne pouvaient pour moi s'incarner que dans un cinéma pour l'oreille où bruitages, ambiances et musique tantôt s'intègrent au texte, tantôt l'absorbent. Musset était hanté par Hamlet. Hanté par la musique que Chostakovitch composa pour le Hamlet de Kozintsev, je l'ai détournée , en hommage à ce cinéaste, et pour souligner le lien – et non l'identité – qu'il y avait pour Musset entre les deux personnages.
Gérard Desarthe, qui fut Hamlet au théâtre, mais aussi un très jeune Lorenzaccio, interprète à présent Philippe Strozzi. Thibault Vinçon, Lorenzo, est familier du personnage. Il en incarne la force de décision et la fragilité feinte. Quant à Guillaume Durieux, il restitue l'énergie animale du Duc et sa puissance de séduction. Tous les rôles, fort nombreux et parfois si météoriques, ont su déclencher la passion chez leurs interprètes.
Puisse le règlement de compte de Musset avec les bourgeois de 1830 résonner avec les inquiétudes et la révolte de ceux qui espèrent aujourd'hui être menés à la victoire contre forces de l'oppression. Puisse Lorenzaccio redonner le goût d'un théâtre hors normes à une époque trop formatée.
Michel Sidoroff
Découvrir la naissance du shopping: Au Bonheur des Dames de Zola
Par cyberblaise - publié le dimanche 30 octobre 2011 à 11:22
Pour les secondes qui travaillent sur le naturalisme et pour la culture générale des 1ères ES , voici une émission passionnante sur la naissance des grands magasins au XIXème siècle à regarder d'urgence pour comprendre l'oeuvre de Zola et avoir uen idée précise de a deuxième moitié du XIXèmesiècle:
http://www.arte.tv/fr/Comprendre-le-monde/Au-bonheur-des-dames/4184850.html
L'émission est disponible en ligne seulement une semaine, donc regardez-la rapidement.
Suivez en particulier l'interview d'un spécialiste de Zola qui explique comment Zola travaillait pour écrire ses romans et en particulier Au Bonheur des Dames:
http://www.arte.tv/fr/Comprendre-le-monde/Au-bonheur-des-dames/4184850,CmC=4228894.html
Pour les 2nde7, vous découvrirez l' entreprise particulière qu' est le grand magasin, mais aussi la vitalité entreprenariale de cette époque.
Vous découvrirez que des besoins et des habitudes qui nous paraissent normales ont été totalement créées par des entrepreneurs commerciaux et ne sont en rien "naturels".
Contrôle de synthèse des 1ES2 le 2 novembre.
Je mets en ligne une question que m'a posée Solène et ma réponse qui peut servir à toute la classe:
"Je vous écris car j'appréhende un peu le contrôle de synthèse de mercredi .. J'ai réviser le poème de Victor Hugo, j'ai visionner le reportage de Carlos sur le terrorisme ainsi que les témoignages des personnes victimes de la guerre, j'ai appris les deux biographies de Sartre et Camus ainsi que les personnages suivants, Jessica, Hugo et Stepan. Est-ce suffisant ?"
Tout ce travail que tu as fourni va t'être utile pour l'examen car tu auras fait l'effort de t'approprier une culture que tu retiendras car tu te seras prise à temps pour la retenir.
As-tu révisé aussi les lectures analytiques que nous avons faites? les deux dans les Justes et le commentaire du dénouement de Dom Juan?
Je peux poser des questions sur les textes eux-mêmes qui figureront sur la liste de bac, du type "en quoi le dénouement de Dom Juan est-il spectaculaire?" "Comment Camus crée-t-il une tension dans le début des Justes?" "Quelle est la stratégie argumentative de Stepan lors du débat avec ses camarades à propos de l'échec de l'attentat?
Je pourrai demander aussi quel est le rapport entre ma question du héros pour le XXIème siècle et le programme de l'année de première tel que je l'envisage, pourquoi avoir choisi le héros comme fil rouge?
Ce travail que tu fais pour le contrôle est celui que tu devrais faire normalement toutes les semaines pour assimiler le cours en vue de l'examen.
Je pense aussi à d'autres questions comme un commentaire des titres des pièces de Camus et Sartre, nous avons vu en cours que Camus a hésité entre plusieurs titres et que c'est Hoederer dans Les Mains Sales qui utilise l'expression se salir les mains.Je pourrai aussi poser des questions sur la représentation que nous avons vue puisque l'objet d'étude est théâtre:texte et représentation. Je pourrai d'ailleurs demander ce que signifie le titre de l'objet d'étude, il est important de connaître tous les intitulés officiels des objets d'étude car ils définissent le cadre du travail de la classe de français. Les correcteurs à l'examen commence souvent par là lors de l'entretien, faire définir les termes des objets d'étude au candidat.
Boule de Suif, la description des passagers de la voiture (7questions de préparation)
Boule de Suif
Depuis « Tout au fond, aux meilleures places (…) meublée de quenottes luisantes et microscopiques »
Premières impressions sur le texte : galerie de portraits, les personnages qui ont pris place dans la voiture pour fuir Rouen au moment de la défaite contre les Prussiens sont décrits. Cf phrase qui précède le découpage : « Dans la voiture on se regardait curieusement, à la triste clarté de cette aurore » : focalisation interne suggérée par « on se regardait », effacement du narrateur omniscient au profit des passagers qui se regardent mutuellement, ambivalence du « on »? Pourtant la voix ironique du narrateur est très présente.
Curiosité du lecteur : qui sont-ils, pourquoi partent-ils ? Toujours pas de présentation de l'héroïne éponyme, attente : sera-t-elle parmi les passagers ? Oui la dernière présentée.
Réalisme : observation des gens qui voyagent avec nous naturelle. Y-aura-t-il comme dans le début du texte une dimension critique dans cette description des passagers de la voiture ? Voix critique perceptible à l'ironie.
1. Enonciation : mixte de narration omnisciente très présente, impression que le narrateur connaît tout de ses personnages ( précision du savoir sur les voyageurs, adresses par exemple « la rue du grand pont », origine de leurs biens , positions politiques, arrangements des mariages, réputations etc)et de focalisation interne suggérée dans les transitions avec des verbes de perception rapportés aux personnages.
2. Structure du passage : Des plus riches au moins bien lotis socialement cf connecteurs spatiaux en début de paragraphes : « tout au fond, aux meilleures places » : plus confortables, moins près de l'entrée et sortie de la voiture, plus chaudes ?
- M. et Mme Loiseau, marchands de vin en gros : 5 paragraphes : 4 pour lui ( origine de sa fortune, portrait moral dévalorisant : parvenu : ancien commis d'un patron ruiné », réputation de « fripon madré, un vrai Normand plein de ruses et de jovialité », anecdote de « L'oiseau vole » mot d'esprit qui a fait le tour de la ville, farceur bien connu, effet de réel lié au discours direct, à l'ancrage dans la société rouennaise évoquée, portait physique caricatural, 1 pour sa femme : physique en opposition avec celui du mari, portrait moral soulignant la femme de tête : décision, ordre et arithmétique.
-« Caste supérieure « : M. Carré-Lamadon : « coton, propriétaire de trois filatures, officier de la Légion d'honneur et membre du conseil général » : notable, renseignements sur ses positions politiques : chef de l'opposition bienveillante : pour obtenir plus de gain lors de son ralliement, diplomate mais aussi intéressé. Ironie du narrateur ; Mme Carré-Lamadon, plus jeune que son mari : belle femme, insinuation de séduction pour les jeunes officiers envoyés à Rouen, un paragraphe pour le portrait : répétition de « toute » hypocoristique, rythme ternaire, « petit, jolie, mignonne » : insistance sur sa séduction, richesse : pelotonnée dans ses fourrures » focalisation interne : malheureuse et se sentant déclassée dans la voiture : « regardait d'un œil navré l'intérieur lamentable de la voiture »
-Le Comte et la Comtesse Hubert de Bréville : vieille noblesse normande, importance du nom : 3 paragraphes. Ridicule du portrait physique pour accentuer sa ressemblance avec le roy Henry IV, fierté royaliste : parti orléaniste, collègue de Carré-Lamadon, mais opposé politiquement, mésalliance : comtesse fille d'un petit armateur de Nantes : mais talent de la Comtesse pour se faire accepter par le milieu noble : premier salon du pays, fortune.
-Paragraphe qui résume le « fond de la voiture » : « le côté de la société rentée, sereine et forte , des honnêtes gens autorisés qui ont de la religion et des Principes » : toujours ironie !
-deux bonnes sœurs qui égrenaient de longs chapelets. Portrait physique très négatifs : une vieille : face défoncée par la petite vérole, autre, plus jeune, "très chétive, une tête jolie et maladive sur une poitrine de phtisique", lien entre physique et caractère : « rongée par cette foi dévorante qui fait les martyrs et les illuminés »
- Cornudet, « le démoc, la terreur des gens respectables ». Autre bord politique,républicain, « barbe rousse » : signe du diable, fréquente les cafés, a mangé la fortune familiale : toujours ironie du narrateur, républicain de café, rentier lui aussi, pas reconnu comme vrai républicain. Portrait plus nuancé, pas entièrement antipathique : « fort bon garçon, inoffensif et serviable » ardeur incomparable d'organiser la défense, mais ironie cinglante : préparatifs militaires : trous, couper les arbres, semer des pièges » pas guerrier, actes de lâche : replier vivement vers la ville, et partir pour le Havre au prétexte d'être plus utile là-bas.
-Boule de Suif, femmes galantes : portrait physique qui explique le surnom : « embonpoint précoce » : caricature du portrait hyperbole du gras mais « appétissante » d'abord corpulence générale, puis visage : yeux et bouche. Eloge.
Une société en miniature, microcosme du Second Empire défait par les Prussiens, vont par couples, insinuation d'un lien possible dans la suite de l'histoire entre Cornudet et Boule de Suif, plus proches politiquement ? Seule la prostituée a droit à un portrait élogieux, tous les autres sont croqués de façon très ironique. Les deux derniers personnages ont droit à des paragraphes plus longs. Toujours indications sur le physique et portrait moraux, liens entre les deux ?
3. Champs lexicaux intéressants : - celui de l'argent, du bien matériel : « ruiné, dans les affaires, acheté le fonds, fait fortune, vendait très bon marché, impayable, arithmétique, posé dans les cotons, propriétaires de trois filatures, se faire payer plus cher, biens-fonds, cinq cent mille livres de revenu, rentée, belle fortune. » Interprétation : Pour les hommes position sociale liée au revenu, intérêt pour les choses matérielles caractérise toutes les classes sociales, critique d'une société fondée non sur le travail mais sur la rente ou la malhonnêteté.
- Celui de la politique : caste supérieure, considérable, légion d'honneur, conseil général, chef de l'opposition, Empire, combattait, nobles, noms, vieux gentilhomme, roy, parti orléaniste, le democ, cafés démocratiques, république, consommations révolutionnaires. Interprétation : Positions liées au pouvoir politique, à la naissance, plusieurs tendances sont représentées.
- Champ lexical de l'immoralité : fripon madré, ruses, filou, Loiseau vole » essentiellement pour Loiseau . Interprétation : personnage malhonnête, qui trompe son monde mais qui divertit : fait rire, farceur, jovialité, amorce pour la suite du récit ?
- -Pour Cornudet : combat : retraite, ardeur incomparable, organiser la défense, préparatifs, pièges. Interprétation : ironie, faux combattant, à l'arrière, uniquement défensif, annonce d'une lâcheté future ?
-Séduction féminine : demeurait la consolation des officiers, mignonne, jolie, grand air, vieille galanterie, galantes, appétissante, plaisir à voir, yeux noirs magnifiques, bouche charmante, pour le baiser. Interprétation : rivalité entre deux types de femmes, Boule de Suif et Mme carré-Lamadon, charme de la Comtesse ? Le lecteur se demande ce que produira la promiscuité entre ses hommes et ses femmes.
-Embonpoint : ronde de partout, grasse à lard, doigts bouffis, chapelets de courtes saucisses, peau luisante et tendue, gorge énorme qui saillait sous sa robe.
- Nourriture, appétit, désir : lard, saucisses, appétissante, fraîcheur, pomme rouge.
Boule de Suif présentée comme un objet de consommation, un être qui suscite l'envie de la dévorer, opposition entre l'embonpoint et la bouche « étroite, humide pour le baiser » : les plaisirs de la chair et de la bouche, naturalisme : appétits et instincts.
Champ lexical de la réputation : passait parmi ses connaissances et ses amis, sa réputation, le mot vola à travers les salons du préfet puis gagnant ceux de la ville avait fait rire pendant un mois, célèbre, personne ne pouvait parler de lui sans, considérable, demeurée mystérieuse, passait pour avoir été aimée, disait-on, bien connu,, célèbre . Interprétation : importance du commérage dans la société, chacun veut paraître, s'observe et médit.
4. Syntaxe : phrases descriptives à l'imparfait, plus que parfait pour l'évocation de faits antérieurs au voyage vers le Havre, beaucoup d'expansions du nom : adjectifs, propositions relatives, c. du nom, conformément aux attentes pour un texte descriptif.
5. Figures de style : antithèse : « Il vendait à très bon marché de très mauvais vins »: souligne la malhonnêteté de la démarche commerciale de Loiseau, pas de scrupule à vendre de la mauvaise marchandise à des gens qui n'y connaissent rien, prix en conséquence mais tout bénéfice pour lui ? « Plein de ruses et de jovialité » : antithèse encore : cache sa malhonnêteté sous des apparences joyeuses, de bon vivant ; jeu de mot sur voler : Loiseau vole, le mot lui-même vola.
« toutes les mâchoires de la province » : métonymie qui accentue l'image du rire carnassier de la réputation qui dévore les êtres : caricature, importance du qu'en dira-ton, de la réputation en société.
« ventre en ballon » : métaphore d'un embonpoint, contraste des couleurs rougeaude et gris des favoris. Opposition des silhouette mari et femme : effet burlesque.
« posé dans les cotons » : métaphore de l'assise sociale de l'homme propriétaire des filature.
Ironie du narrateur : chef de l'opposition bienveillante, uniquement pour se faire payer plus cher son ralliement à la cause qu'il combattait avec des armes courtoises » euphémisme pour dire que son engagement était intéressé
« demeurait la consolation des officiers » : ironie, beauté sur le retour qui malgré le mariage a des aventures extra conjugale, dénonciation de l'hypocrisie des couples et de la société ; gradation : toute petite, toute mignonne, toute jolie : séduisante, donnant envie qu'on l'aime, la protège.
« Société rentée, sereine et forte » trois adjectifs mis sur le même plan mais plutôt lien de cause à effet : sereine et forte parce que « rentée » : pas de souci à se faire quand on a de l'argent sans avoir à travailler. Ironie puisque les personnages en fait fuient et ne sont pas sereins du tout. Ironie de « honnêtes gens autorisés qui ont de la Religion et des Principes » hypocrisie dénoncée.
Comparaison de la vérole à la « mitraille » : maladie vénérienne assimilée à la guerre, ironie encore car bonne sœur. Foi qui rend malade pour l'autre ; hyperbole du fanatisme : « rongée par cette foi dévorante qui fait les martyrs et les illuminés » : la religion n'est pas épargnée dans la satire.
« La terreur des gens respectables » : hyperbole ironique vu le portrait en lâche et en benêt qui est fait de lui en suite cf « inoffensif », antithèse entre « ardeur incomparable » et « organiser la défense », ardeur généralement pour l'attaque, le vrai combat. Contraste avec le repli vivement vers la ville : il n'est vivant que pour faire retraite et pour de nouveaux « retranchements ».
Comparaison des doigts avec des saucisses, hyperbole du gras : métaphore filée d'une nourriture riche et appétissante pour le corps de Boule de Suif. Métaphore de la pomme pour la figure reprise par l'image du bouton de pivoine prêt à fleurir : connotation érotique évidente. Yeux agrandis par la métaphore du cil devenu arbre qui ombrage : effet hyperbolique, yeux sombres. Amorce pour la suite : séduction mais aussi mélancolie : insistance sur l'ombre par la reprise des sonorités. Bouche en contraste par son étroitesse, la petitesse des dents avec le corps imposant, métaphore d'une chambre d'amour : « meublée de quenottes luisantes et microscopiques »
Bluff d'Enzo Cormann (2nde7)
Pour vous aider à faire la fiche d'analyse du spectacle, vous pouvez regarder cette vidéo qui donne la parole à l'auteur, aux metteurs en scène et acteurs.Les interviews sont ponctués d'extraits de la pièce pour vous raviver la mémoire.
http://www.youtube.com/watch?v=ZpuAViNdVB8
Video sur le montage du plateau de Bluff:
http://www.theatre-contemporain.net/spectacles/Bluff/extraits/
Hugo dans les Mains Sales
Lire cette analyse passionnante extraite de
http://gerard.piacentini.pagesperso-orange.fr/sartre.html
"Dans Les Mains sales, le problème sartrien de la rupture avec la vision cartésienne du réel est formulé de la manière la plus explicite :
SLICK.- Il emploie les mots qu'il trouve dans sa tête, il pense tout avec sa tête. HUGO.- Avec quoi veux-tu que je pense ? SLICK.- Quand on la saute, mon pote, c'est pas avec sa tête qu'on pense... Tu n'as jamais eu faim.
Au primat de la pensée, la réplique de Slick substitue celui de la sensation. À "Je pense, donc je suis", Sartre oppose : "Je sens, donc j'existe". Il n'est guère difficile d'identifier l'origine de la vocation révolutionnaire d'Hugo. Dans les souvenirs d'enfance du jeune homme, Sartre relie la "torture" infligée par les parents à l'enfant qu'ils forcent à manger quand bien même il n'a pas faim, avec le défilé des ouvriers en grève qui demandent du pain. L'enfant en retient que les travailleurs éprouvent une sensation, contrairement à lui à qui la sensation est refusée. De ce fait, ils sont réels, alors que lui a le sentiment de ne pas exister. Adulte, le jeune homme a voulu rejoindre ceux qu'il a enviés et auxquels il ne ressemble pas du tout : mince, frêle, intellectuel, torturé par une activité de tête incessante. Hugo espère que son adhésion au combat de la classe ouvrière va l'aider à surmonter le désordre de son esprit :
HUGO.- J'ai besoin de discipline. HOEDERER.- Pourquoi ? HUGO, avec lassitude.- Il y a beaucoup trop de pensées dans ma tête. Il faut que je les chasse. HOEDERER.- Quel genre de pensées ? HUGO.- "Qu'est-ce que je fais ici ? Est-ce que j'ai raison de vouloir ce que je veux ? Est-ce que je ne suis pas en train de me jouer la comédie ?" Des trucs comme ça... il faut que j'installe d'autres pensées dans ma tête. Des consignes ! "Fais ceci. Marche. Arrête-toi. Dis cela". J'ai besoin d'obéir. Obéir et c'est tout. Manger, dormir, obéir.
Hugo voudrait être Slick, l'homme de main d'Hoederer, "Cent kilos de chair et une noisette dans la boîte crânienne, une vraie baleine". Il envie sa massivité, l'activité cérébrale réduite qu'il lui attribue, comparée au bourdonnement incessant de ses propres pensées : "Ce qu'il doit faire bon dans ta tête, pas un bruit, la nuit noire". Hoederer, particulièrement, incarne la réalité qui fait défaut à Hugo. Il l'admire et l'envie : "As-tu vu comme il est dense, comme il est vivant ?". Face à cette massivité, Hugo est confronté à sa propre irréalité :
JESSICA.- C'est la cafetière que tu avais dans les mains quand je suis entrée. HUGO.- Oui. JESSICA.- Pourquoi l'as-tu prise ? HUGO.- Je ne sais pas. (Un temps.) Elle a l'air vrai quand il la touche. (Il la prend.) Tout ce qu'il touche a l'air vrai. Il verse le café dans les tasses. Je bois, je le regarde boire et je sens que le vrai goût de café est dans sa bouche à lui. (Un temps.) C'est le vrai goût de café qui va disparaître, la vraie chaleur, la vraie lumière. Il ne restera que ça. Il montre la cafetière. JESSICA.- Quoi, ça ? HUGO, montrant d'un geste plus large la pièce entière. Çà : des mensonges ! (Il repose la cafetière.) Je vis dans un décor.
L'assassinat devait être, pour Hugo, l'occasion de montrer, et de se montrer, qu'il était capable de se confronter à la réalité la plus déplaisante : "On s'apercevra peut-être un jour que je n'ai pas peur du sang". Or, Hugo réalise qu'il a envisagé le meurtre d'une manière abstraite : auparavant, il s'agissait de tuer un opposant politique qui, pour lui, n'était qu'un nom ; maintenant, sous ce nom, il y a une personne. L'action qu'il envisageait d'une manière clinique révèle ses aspects les plus déplaisants, des images de mort, le sang qui coule :
Là-bas, quand ils décident qu'un homme va mourir, c'est comme s'ils rayaient un nom sur un annuaire : c'est propre, c'est élégant. Ici, la mort est une besogne. Les abattoirs, c'est ici. (Un temps.) Il boit, il fume, il me parle du Parti, il fait des projets et moi, je pense au cadavre qu'il sera, c'est obscène.
Tuant Hoederer, Hugo va affronter la sensation la plus pénible qui correspond pour lui au maximum de réalité. En fait, on peut se demander s'il ne s'ôte pas toute chance d'accéder au réel, comme Hoederer le laisse entendre :
HOEDERER.- Toi, je te connais bien, mon petit, tu es un destructeur. Les hommes, tu les détestes parce que tu te détestes toi-même ; ta pureté ressemble à la mort et la Révolution dont tu rêves n'est pas la nôtre : tu ne veux pas changer le monde, tu veux le faire sauter. HUGO, s'est levé.- Hoederer ! HOEDERER.- Ce n'est pas ta faute : vous êtes tous pareils. Un intellectuel, ce n'est pas un vrai Révolutionnaire, c'est tout juste bon à faire un assassin.
Hoederer relie Hugo au réel sensible. Avec la mort d'Hoederer, "c'est le vrai goût du café qui va disparaître, la vraie chaleur, la vraie lumière..." Autant dire que, de sang froid, le meurtre est impossible. Hoederer a proposé à Hugo de l'aider à devenir adulte, donc d'accéder au réel, proposition que le jeune homme a décidé d'accepter. Malheureusement, entrant dans le bureau d'Hoederer pour lui signifier son accord, Hugo a surpris Hoederer embrassant Jessica. Humilié, croyant qu'il s'est moqué de lui, Hugo a tiré. Acceptant l'aide d'Hoederer, Hugo est, à un certain moment, devenu son fils. Proposant son aide à Hugo, Hoederer est devenu son père. Cette paternité, Hoederer l'a assumée puisque, blessé à mort par Hugo, il l'a protégé par un mensonge. La rage d'avoir été trompé d'une part, la certitude d'avoir politiquement raison et d'être soutenu par ceux qui l'ont mandaté d'autre part, ont empêché Hugo d'envisager toute l'horreur de son geste : le sang qui coule, la vie de son second et véritable père qui s'en va. Devenu lucide, reconnaissant qu'Hoederer a eu raison en tout, l'a aimé et protégé comme son fils, Hugo réalise qu'il s'est barré le chemin vers le réel. La mort du jeune homme sous les balles de ses anciens amis matérialise l'échec de sa tentative.
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