Penser après les cours...!

En savoir plus sur l'existentialisme de Sartre

Par cyberblaise - publié le lundi 10 octobre 2011 à 14:03 dans 1ES2 2011-2012

Pour ceux qui voudraient creuser le concept d'existentialisme que j'ai expliqué ce matin:

http://www.cvm.qc.ca/encephi/CONTENU/articles/existentialismesartrien.htm

En savoir plus sur les Mains Sales de Sartre, mise en scène G.P. Couleau.

Par cyberblaise - publié le lundi 10 octobre 2011 à 13:55 dans 1ES2 2011-2012

Un dossier très complet sur la pièce et la représentation dans la collection Pièces Démontées:

http://crdp.ac-paris.fr/piece-demontee/pdf/les-mains-sales_avant.pdf

Les Hommes libres: sur un pan méconnu de l'histoire de l'Occupation

Par cyberblaise - publié le lundi 10 octobre 2011 à 13:48

Vous pouvez voir actuellement au Colisée et dans le cadre du Festival de cinéma de Colmar ce film qui prolongera votre réflexion sur les Justes de Camus tout en vous faisoant découvrir un pan méconnu de l'histoire de l'Occupation.

Bande annonce: http://www.youtube.com/watch?v=vUcLIihCoaA


Vous trouverez ici un dossier très détaillé pour mieux comprendre le film et son contexte historique:

http://www.zerodeconduite.net/leshommeslibres/dossier_pedagogique.html

Le cochon de Gaza :quand la fable fait réfléchir...

Par cyberblaise - publié le lundi 10 octobre 2011 à 13:42 dans 1ES2 2011-2012

Le Cochon de Gaza », la preuve par le conte

Ce film réaliste et burlesque dénonce avec beaucoup d'humour et d'humanisme l'absurdité du conflit entre Palestiniens et Israéliens.

 

(StudioCanal)

« Le Cochon de Gaza » montre l'absurdité du conflit israélo-palestinien, sans ménager les deux parties.

 « Le Cochon de Gaza » montre l'absurdité du conflit israélo-palestinien, sans ménager les deux parties.

 

Le Cochon de Gaza  **
de Sylvain Estibal
Film franco-germano-belge, 1 h 39  

D'habitude, Jafaar, un pêcheur palestinien de Gaza, prend dans ses filets des détritus et des chaussures qu'il essaie tant bien que mal d'assortir en paires, parfois de misérables petits poissons. Mais ce jour-là, c'est un cochon bien vivant qu'il sort de l'eau.

Après avoir vainement tenté de se débarrasser de cet animal impur, Jafaar apprend que des porcs sont élevés dans une implantation juive. Pour améliorer le quotidien de son très modeste foyer, il se lance alors, avec quelques réticences, dans le commerce de la semence du bestiau.

Dans le film de Sylvain Estibal, la drôlerie naît de presque tout, entre dérision légère et franc burlesque. Avec ce même sourire, il décrit le monde clos et rude de la bande de Gaza : la grande pauvreté de ses habitants, l'absence de perspective, les petits bricolages pour subsister, l'omniprésence du mur, la promiscuité avec des soldats israéliens qui préféreraient être chez eux, la prééminence des extrémistes…

Un alliage heureux de réalisme et de fable

À cause de ses petits trafics avec Yelena, marginale au sein de la colonie juive, Jafaar se met à dos les djihadistes qui l'exhortent à commettre un attentat-suicide pour preuve de sa bonne foi. Mais le pauvre homme, trop attaché à la vie et à sa douce Fatima pour se résoudre à les quitter, ne l'entend pas ainsi.

Magnifiquement interprété, le film possède plusieurs figures aussi attachantes que Jafaar avec les personnages de Yelena, Fatima, Hussein, l'ami coiffeur auquel le pêcheur ne conte qu'à demi ses déboires. Des images et une lumière superbes confortent la dimension poétique qui irrigue ce beau film, alliage heureux de réalisme et de fable.

« Cri de rage comique » du réalisateur face « au gâchis, à la haine, à une religion trop souvent prise au pied de la lettre en négligeant son message fraternel », Le Cochon de Gaza  montre l'absurdité du conflit israélo-palestinien, sans ménager les deux parties. Il esquisse dans une drôle de chute, tout en symbole et dénuée d'angélisme, ce que pourrait être la cohabitation sur une même terre de deux peuples blessés.

CORINNE RENOU-NATIVEL dans le journal La Croix.

bande annonce: http://www.youtube.com/watch?v=vPEZUUQm6F0


Si vous cherchez des exemples de récit à dimension argumentative, vous pouvez utiliser ce film. Egalement pour montrer que le comique et la verve satirique peuvent être utilisés pour persuader.

la scène d'exposition des Justes: une ouverture à tonalité tragique

Par cyberblaise - publié le jeudi 6 octobre 2011 à 08:33 dans 1ES2 2011-2012

II - une scène à tonalité tragique :

a) une pièce qui s'ouvre sur une atmosphère tendue :

- imprécision du décor : pas le temps de s'installer.

- le silence qui introduit la pièce puis s'installe parfois dans la conversation : malaise, à l'égard de Stepan, peut-être sorte de culpabilité de ne pas avoir été arrêté et d'avoir échappé à l'expérience du bagne. Anxiété aussi - « dans le silence »; « Silence »; « Silence »

- les personnages « immobiles » au début : tension de l'attente. « immobiles »; « toujours immobile »

- un bruit qui vient conforter l'atmosphère d'attente : « entend le timbre de l'entrée, une fois » ; « Le timbre retentit deux fois, coup sur coup ». Effet de surprise aussi pour le spectateur.

b)  la mort présente dès le début cf l'exergue de Roméo et Juliette : amour dans la mort : les terroristes ses hommes qui tuent et sont tués, affrontement quotidien avec la mort.

- celle du grand-duc

- celle de Schweitzer

- le lexique de la violence - « Nous tuerons ce bourreau »; « nous tuerons le grand-duc et nous abattrons la tyrannie » l; « été exécuté à la bombe »; « exercer la terreur »; « Il a été tué » l. 48 ; « bombe » : répétition du mot « bombe ». il est question d'une mise à mort, d'un sacrifice.

c) la détermination des personnages

-  Doria qui s'occupe du matériel malgré le danger (mort de Schweitzer )

- Exaltation d'Annenkov : « Oui, Stepan, tout est prêt ! Le moment approche » l.

- Résolution froide de Stepan : préfère l'action même dangereuse à la liberté dans l'exil , ton péremptoire et maximes (voir I - b)-  « J'étais libre et je ne cessais de penser à la Russie et à ses esclaves. » l. 24-25

d) un conflit possible à l'intérieur du groupe

Stepan-Kaliayev - opposition entre le discours de Stepan et la présentation de Kaliayev .

Laisse augurer des dilemmes : poésie ou bombe ? des souffrances, risques, fin funestes.


la scène d'exposition des Justes de Camus (1ES2)

Par cyberblaise - publié le jeudi 6 octobre 2011 à 08:30 dans 1ES2 2011-2012
 

I - Une scène d'exposition

a) le lieu et le moment : un décor assez anonyme, neutre qui s'explique par le fait que le groupe terroriste a besoin souvent de changer de « cache », il voyage léger sans meubles ni bibelots, signes de reconnaissance particuliers, laisse une grande liberté au metteur en scène dans le choix du décor.

Didascalies initiales : « L'appartement des terroristes.

Allusion à la Russie : dans les propos de Stepan,  dans ceux d'Annenkov qui souhaite que toute la Russie sache que les socialistes révolutionnaires ont tué le Grand Duc, dans les allusions aux observations faites des allées et venues du Grand Duc pour préparer l'attentat, et d'abord dans les noms propres qui ont des consonances russes ex Annenkov.

Allusion à deux lieux hors scène qui élargissent l'espace : le bagne d'où s'est échappé Stepan et la Suisse, refuge des transfuges. Opposition entre les deux lieux pour Dora et Annenkov, mais phrase de Stepan qui les assimile : pour lui, « la liberté est un bagne tant qu'un seul homme est asservi sur la terre ».Radicalité de son engagement.

Le moment : très vague : « un matin » pas d'heure précise du retour de Stepan, à suggérer dans la mise en scène par des effets de lumière ? pas de renvoi à la saison, à l'année «  aspect historique » laissé implicite : renvoi à la culture du lecteur ou spectateur. Mais mention d'une époque antérieure : action ratée qui a provoqué l'arrestation de Stepan, trois ans qu'ils ne se sont plus vus, un des personnage Voinov a cependant rencontré Stepan en Suisse entre temps : installation d'une durée d'activisme assez longue, certains membres du groupe se connaissent d'autres pas.

Attentat contre le Grand Duc présenté comme imminent, ils n'attendaient que le remplacement de Schweitzer par Stepan : moment de crise comme dans la tragédie.

b) les personnages : les membres d'un groupe de terroristes qui se nomment eux-mêmes socialistes révolutionnaires :  un groupe qui semble lié par des liens forts  - « Nous sommes tous frères. » l

- sur scène : 3 personnages, Annenkov, Dora et Stepan dont le dialogue va nous permettre de commencer à les cerner :

- Annenkov : appelé « Boria » par ses camarades, il est le chef du groupe. C'est lui qui apprend à

cf « Tu es le chef, Boria »,                                                                                        Stepan où en sont les préparatifs de l'attentat.

C'est lui aussi qui décide du rôle des uns et des autres. - « Pour commencer, tu aideras Dora »; « Tu dois être prêt à nous remplacer »

Il montre ses sentiments par les gestes ou par la parole : Selon le thème de la conversation, il change de ton : affectueux quand il s'agit de conversation amicale, -  « Annenkov revient avec Stepan qu'il tient par les épaules.; « riant »

« C'est lui ! Voilà Stepan. » « Je suis heureux » l

 il devient déterminé quand il s'agit du projet de l'attentat. - « changeant de ton » + futurs « Toute la Russie saura »; « tu aideras » + modalisateur « Tu dois être prêt »

-Dora : seule femme du groupe, elle intervient peu dans cette scène mais elle montre ses sentiments par les paroles : la joie des retrouvailles  phrase exclamative ; la peur la sollicitude ou par les gestes : l'affection le désarroi- « Quel bonheur, Stepan ! »

- « mon cœur se serrait de plus en plus »

- « Assieds-toi, Stepan. Tu dois être fatigué, après ce long voyage » - « elle va vers Stepan et lui prend la main »; « elle le regarde »; « allant vers lui » - « Dora détourne les yeux »

Cette première apparition montre une femme sensible : elle détourne le regard quand il est question de la mort de Schweitzer, on devine qu'elle est l'artificière, celle qui prépare les bombes si dangereuses à manipuler, ce sera précisé dans les lignes qui suivent le passage.

- Stepan : apparaît dès à présent comme un homme déterminé.CF le radicalisme de sa phrase : « la liberté est un bagne tant qu'un seul homme sur la terre sera asservi ». Il utilise volontiers un ton péremptoire et s'exprime par maximes.  Il semble refuser toute expansion sentimentale

- « Nous tuerons ce bourreau »; « nous abattrons la tyrannie »

- « La liberté est un bagne aussi longtemps qu'un seul homme est asservi sur la terre »; « : La bombe seule est révolutionnaire »

: il refuse l'attention de Dora : « Je ne suis jamais  fatigué »

- quand il apprend la mort d'un camarade, il ne s'émeut pas et continue à s'enquérir de l'action en cours .

- ceux dont on parle : Voinov : on sait seulement qu'il est jeune mais  digne de confiance  et qu'il a rencontré Stepan en Suisse. : - « J'ai confiance en lui, malgré sa jeunesse »

Kaliayev : appelé Yanek  dont la personnalité diffère des autres.

- « Nous l'appelons aussi le Poète » l; « Il dit que la poésie est révolutionnaire »

Le parallélisme des phrases entre ce qui est dit de Yanek et la réponse de Stepan : « seule la bombe est révolutionnaire » suggère une opposition entre les deux personnages.

c) l'action

- une action en cours : la préparation de l'attentat après des échecs : arrestation de Stepan, mort de Schweitzer, observation des allées et venues du grand Duc pour trouver le moment opportun.

- des révolutionnaires organisés : préparatifs, fabrication des bombes, évasion, refuge, remplacement au sein de l'organisation. - « Le parti socialiste révolutionnaire »; « le  Comité central » l; « nos camarades »

- une idéologie révolutionnaire : libérer le peuple de l'asservissement : - « hâter la libération du peuple russe » l. 43 ; « exercer la terreur jusqu'à ce que la terre soit rendue au peuple » ; « je ne cessais de penser à la Russie et à ses esclaves »

- une vie dangereuse : la nécessité d'échapper aux autorités , de se cacher, de s'exiler :  Stepan a déjà connu le bagne et l'exil, un des camarades est mort, Schweitzer

CF « Il a fallu changer d'appartement, une fois de plus ».

Film De Bon matin qui traite de la souffrance dans l'entreprise (2nde7)

Par cyberblaise - publié le mercredi 5 octobre 2011 à 13:11 dans 2nde7 2011-2012

Le film qui sort aujourd'hui est programmé au Colisée.Il est une invitation à réfléchir au phénomène que l'on appelle la souffrance au travail. Je vous mets en lien l'article du Monde et la video de bande annonce.

http://www.lemonde.fr/cinema/article/2011/10/04/de-bon-matin-l-enfer-de-la-vie-de-bureau-sans-echappatoire_1581675_3476.html

En savoir plus sur Jean valjean, le héros des Misérables de Hugo (2nde7)

Par cyberblaise - publié le mercredi 5 octobre 2011 à 11:44 dans 2nde7 2011-2012

 http://www.gallican.org/hugo.htm


Jean Valjean

Principal héros du roman d'Hugo "Jean Valjean est la fourmi que la loi sociale écrase", révèle une note de 1845, cependant qu'une autre de 1860 indique que "si l'auteur avait réussi à faire sortir de lui ce qui était en lui et à mettre dans ce livre ce qu'il avait dans sa pensée, Jean Valjean serait une espèce de Job du monde moderne, ayant pour fumier toute la quantité de mal contenu dans la société actuelle. Et ce Job aurait pour ulcères l'irréparable, l'irrévocable, les flétrissures infinies, la damnation sociale inscrite encore à l'heure dans la loi."

Aujourd'hui encore - soit 139 ans plus tard - ces lignes sont d'une redoutable actualité. La damnation sociale des temps modernes s'appelle chômage, elle fait naître son cortège de désolation et de misère.

Qui est Jean Valjean ? Il surgit au début du livre deuxième. Il a faim, il a manqué du strict nécessaire: "Donne-nous aujourd'hui notre pain quotidien" disons-nous dans le Notre Père. Jean Valjean est un homme en qui la Grâce a momentanément fait défaut. Il connaît la tentation, il vole un pain, il est sévèrement condamné à des années de bagne. Incroyable ? Hugo s'est appuyé sur des faits pour construire son personnage. L'original de Jean Valjean a existé, il s'appelait Pierre Maurin et fut condamné en 1801 à cinq années de bagne pour vol d'un pain, et ce pain il l'avait volé pour nourrir les sept enfants affamés de sa soeur... "Puis, tout en sanglotant, il élevait sa main droite et l'abaissait graduellement sept fois, et par ce geste on devinait que la chose quelconque qu'il avait faite, il l'avait faite pour vêtir et nourrir sept petits enfants" (Livre 2, chap. 6). Jean Valjean ne fera pas cinq ans mais dix-neuf ! ans de bagne, par le jeu infernal des différentes prolongations de peine pour tentatives d'évasion.

A sa libération l'homme est une sorte de vraie bête fauve. Son passeport jaune d'ancien forçat en fait un réprouvé à vie aux yeux de la société: "il vit bien vite ce que c'était qu'une liberté à laquelle on donne un passeport jaune" - "libération n'est pas délivrance. On sort du bagne, mais non de la condamnation" (livre 2, chap.9).

Mais la Providence se manifeste en la personne de Monseigneur Bienvenu qui opère une sorte de métanoïa dans l'âme du réprouvé, c'est à dire un retournement complet de l'être en direction de la lumière. C'est l'épisode fameux des chandeliers volés à l'évêque, chandeliers porteurs de lumière - tout un symbole - que l'homme de Dieu offre à Jean Valjean repris par les gendarmes, pour le sauver: "Jean Valjean, mon frère, vous n'appartenez plus au mal, mais au bien. C'est votre âme que je vous achète; je la retire aux pensées noires et à l'esprit de perdition et je la donne à Dieu" (livre 2, chap. 12).

Jean Valjean n'est pourtant pas totalement libéré, quelque chose le pousse à voler la pièce de quarante sous du petit savoyard, puis il s'effondre, terrassé par sa conscience, tel Saint Paul sur le chemin de Damas, prêt à "revêtir l'homme nouveau créé selon Dieu dans la justice et la sainteté véritable" (Eph 4,24).

"Ceci fut donc comme une vision. Il vit véritablement ce Jean Valjean, cette face sinistre, devant lui. Il fut presque au moment de se demander qui était cet homme, et il en eut horreur. Il se contempla donc, pour ainsi dire, face à face, et en même temps, à travers cette hallucination, il voyait dans une profondeur mystérieuse une sorte de lumière qu'il prit d'abord pour un flambeau. En regardant avec plus d'attention cette lumière qui apparaissait à sa conscience, il reconnut qu'elle avait la forme humaine, et que ce flambeau était l'évêque. Sa conscience considéra tour à tour ces deux hommes ainsi placés devant elle, l'évêque et Jean Valjean. Il n'avait pas fallu moins que le premier pour détremper le second par un de ces effets singuliers qui sont propres à ces sortes d'extases, à mesure que sa rêverie se prolongeait, l'évêque grandissait et resplendissait à ses yeux, Jean Valjean s'amoindrissait et s'effaçait. A un certain moment il ne fut plus qu'une ombre. Tout à coup il disparut. L'évêque seul était resté" (livre 2, chap. 13).

Après cette expérience de nature mystique Jean Valjean peut sauver à son tour Fantine et Cosette, la première dans l'éternité et la seconde ici-bas, s'oubliant dans une sorte d'apostolat idéal entièrement dédié au prochain.

Tout au long du roman nous le voyons plonger dans de sombres abîmes qui renvoient toujours à autre chose. Il en resurgit chaque fois ayant fait un pas de plus sur le chemin mystérieux de la rédemption: forçat traversant le feu pour devenir le père Madeleine (du nom de la pécheresse de l'Evangile sauvée par le Christ), maire de Montreuil sur Mer terrassé par l'idée de se livrer pour sauver Champmathieu, sombrant dans l'inconscience, à la lutte avec un songe, mais se réveillant raffermi, délivré du doute; plongeant dans la mer après avoir sauvé la vie d'un marin, se laissant volontairement couler puis réapparaissant à l'improviste dans le bois de Montfermeil, soulevant le seau bien trop lourd de la petite Cosette, la délivrant des Thénardier; plongeant dans un nouvel océan (la ville de Paris), vivant un temps caché dans la maison Gorbeau, puis retrouvé par Javert, s'enfuyant dans le dédale de la cité-labyrinthe, acculé dans une situation sans issue mais s'enfuyant par "en-haut", hissant avec lui Cosette et reprenant pied dans le jardin d'un couvent, c'est à dire au cœur de la maison de Dieu ! Puis nouvelle plongée ; enterré vivant, perdant connaissance et sauvé au dernier moment, devenant ensuite M. Ultime Fauchelevent. Enfin, pourchassé une dernière fois derrière la barricade, s'échappant par "le bas", dans "l'intestin de Leviathan" (titre du chapitre - allusion au monstre biblique - Isaïe 27,1 - Ps. 104,24 - Job 3,8), portant Marius sur ses épaules – tel Atlas soulevant le monde ou Jésus portant sa croix chargée de la misère humaine – s'enfonçant plus bas encore, presque à perdre pied dans une fondrière, y rencontrant l'ignoble Thénardier (figure du diable), l'esquivant miraculeusement puis ressortant de l'égout pour tomber sur Javert, mais cette fois l'ébranlant, le convertissant, le forçant à lâcher prise.

Abandonné par tous après le mariage de Marius et Cosette, oublié par ces deux enfants dont il a permis, protégé et sauvé le bonheur, Jean Valjean s'enfonce dans un sombre et morne hiver, solitaire et glacé, buvant "la dernière gorgée du calice" (titre du livre septième dont le premier chapitre s'intitule: "le septième cercle et le huitième ciel"; traduisons par Marius au huitième ciel et Jean Valjean au septième cercle, de l'enfer).

L'auguste vieillard entre alors en agonie, mais le voici retrouvé au tout dernier moment par Marius et Cosette que les lumières de la Providence ont éclairé ; là il révèle enfin à Cosette son origine misérable et divine (à la fois fille de prostituée et enfant de l'amour): "Cosette, voici le moment de te dire le nom de ta mère. Elle s'appelait Fantine. Retiens ce nom là: Fantine. Mets-toi à genoux toutes les fois que tu le prononceras. Elle a bien souffert. Et t'a bien aimée. Elle a eu en malheur ce que tu as eu en bonheur. Ce sont les partages de Dieu. Il est là-haut, il nous voit tous, et il sait ce qu'il fait au milieu de ses grandes étoiles" (livre 9 - chap. 5). Ces confidences achevées l'esprit du vieillard peut s'en aller en paix. Hugo ajoute encore: "la nuit était sans étoiles et profondément obscure. Sans doute, dans l'ombre, quelque ange immense était debout, les ailes déployées, attendant l'âme."

Héros exceptionnel, personnage de mythe, Jean Valjean a revêtu cette "pleine stature du Christ à laquelle nous sommes tous appelés" (Eph. 4,13). Du reste - clin d'oeil d'Hugo - la nuit même où son héros va disparaître, lorsque Marius entrevoit enfin la vertu immense de celui à qui il doit la vie, il est encore écrit: "Marius était éperdu. Il commençait à entrevoir dans ce Jean Valjean on ne sait quelle haute et sombre figure. Une vertu inouïe lui apparaissait, suprême et douce, humble dans son immensité. Le forçat se transfigurait en Christ. Marius avait l'éblouissement de ce prodige. Il ne savait pas au juste ce qu'il voyait, mais c'était grand" (livre 9 - chap. 4).


Résumé de Germinal chapitre par chapitre (2nde7)

Par cyberblaise - publié le mercredi 5 octobre 2011 à 11:31 dans 2nde7 2011-2012

Sur le blog d'une collègue, vous trouverez un résumé chapitre par chapitre qui va vous permettre de fixer ce que nous avons fait en classe ou de raviver votre mémoire. Tous les élèves doivent parfaitement connaître les grandes lignes de l'oeuvre.

http://leprofesseurdefrancais.blogspot.com/2008/05/emile-zola-germinal-rsum.html

Projet de classe 2nde 8

Par cyberblaise - publié le mercredi 5 octobre 2011 à 11:02 dans 2nde8 2011-2012

La 2nde8, une classe de seconde à projet : Initiation à l'analyse de la représentation théâtrale, cinématographique et romanesque.

Comment recevoir et analyser une œuvre littéraire, cinématographique, théâtrale?

Objectifs : Faire prendre conscience de l'offre culturelle et artistique de proximité et de ce que le contact avec les œuvres et les artistes offre comme possibilité de construction de soi.

-Développer des compétences d'accueil de l'Autre : regard, écoute, échange, prise de parole.

-Développer des compétences d'analyse : du repérage d'indice à la construction de sens possibles et partageables.

-Développer des compétences d'expression : dire ses impressions, nuancer son propos, argumenter pour fonder son propos.

3 axes :

 

 1.Abonnement théâtre à la CDE (21 euros pour les familles) : Abonnements à 7€ pour 35 élèves de l'Ecole du spectateur  + 3 accompagnateurs

- « France Allemagne » le vendredi 25 novembre à 20h30

- « Nathan le sage » le vendredi 3 février à 20h30

- « Ce matin, la neige » le jeudi 12 avril à 19h (Rencontre avec les artistes à l'issue de la représentation)

 

 +projet de suivi de la création de Nathan Le Sage de Lessing : dispositif

Ecole du Spectateur.

 Le projet : une compagnie théâtrale, un Centre dramatique régional, sept lycées autour d'un projet de création sur un territoire.

 Ce dispositif vise à permettre à six  classes de lycéens de suivre une création théâtrale en Région, depuis la mise en répétition du spectacle jusqu'à la représentation, en favorisant les rencontres entre l'équipe artistique, les enseignants et les élèves.

En 2012, ce dispositif sera centré sur la création de Nathan Le Sage de Lessing. Ce spectacle sera créé par la compagnie Le Réseau dirigée par Bernad Bloch. Les répétitions auront  lieu à la Comédie de l'Est du mardi 03 janvier au samedi 21 janvier 2012 (générale le lundi 23 janvier). Les représentations se dérouleront du mardi 24 janvier 2012 au samedi 11 février 2012.

 

.Etablissements participants à l'opération et professeurs coordonateurs :

 

    Lycée Bartholdi de Colmar ,

    Lycée Blaise Pascal de Colmar, Christine Ottenwelter

    Lycée Louise Weiss de  Sainte – Marie – aux – Mines, Caroline Monchaussé

    Lycée Schwilgué  de Sélestat, Jean-Yves Fick et Yves Kilidjian

    Lycée Koeberlé de Sélestat, Audrey Siméon

    Lycée Deck de Guebwiller, Eric Floerke

    Lycée Ribeaupierre de Ribeauvillé, Caroline Reys

 

Dans chacun de ces établissements, une classe de seconde participera à l'opération, soit dans le cadre disciplinaire, soit dans le cadre des enseignements d'exploration. Des ramifications pourront être envisagées avec les sections européennes, Abibac, classe à profil «  analyse de la représentation. Des prolongements pourront être envisagés avec les classes de premières, par exemple sous la forme de présentation par les élèves de seconde  aux élèves de premières, préparant ces derniers à la représentation. Les élèves concernés seront des élèves de seconde ou éventuellement de première ou de  de terminale, l'idéal étant de faire bénéficier de cette opération les élèves qui ne pratiquent pas l'art dramatique dans le cadre d'un atelier ou d'une option théâtre. Au total ce seront plus  de 180 lycéens qui participeront à l'opération.

 Mise en œuvre

 -Septembre 2011 à janvier 2012 

Travail d'accompagnement des enseignants  avec les élèves autour de la créationde Nathan le Sage.

.-Entre le 9 et le 20 janvier : rencontre, visite de la CDE et répétition ouverte

Entre le 9 et le 20 janvier  (à définir en septembre) , les élèves des six classes :

-rencontrent pendant deux heures Bernad Bloch ou son assistante, Catherine Umbdenstock . Cette rencontre se déroule au lycée.

-participent ( en aval de la première rencontre) à une visite de la Comédie de l'Est, suivie d'une répétitition ouverte incluant un échange avec le metteur en scène, les comédiens et l'ensemble de l'équipe artistique.

Les élèves viennent sans leurs téléphones portables.

-Entre le 31 janvier et le 9 février 2012 :le spectacle

Les élèves assistent à une représentation de Nathan le Sage à la Comédie de l'Est, en soirée, suivant le calendrier suivant

Vendredi 3 février : Lycée Blaise Pascal de Colmar, 35 élèves et 3 accompagnateurs

-Entre le 10 février et le 15 mars 2012 : écriture, mise en espace

Travail de production écrite autour du spectacle, sous la forme d'articles de presse, de critique du spectacle.

La date de remise de ces travaux est fixée au 15 mars 2012 ( à remettre au secrétariat des IPR au rectorat de Strasbourg, à l'attention de Dominique Willé et de Jean-Pierre Grosset-Bourbange). Les enseignants veilleront à préselectionner 3 à 4 productions par classe pour cet envoi.

Les élèves et enseignants prépareront aussi un moment scénique pour la cérémonie de clôture, avec le contraintes suivantes :

 3 minutes

- 3 objets scéniques (« accessoires », éléments de costumes etc…)

Le tout en lien avec Nathan le Sage et ses thématiques, avec ou sans texte, choral ou non.

-30 Mars 2012 : clôture à Sainte-Marie-aux-Mines

Le 30 mars 2012 (14h-17h) se déroulera, au théâtre municipal de Sainte-Marie-aux-Mines, la cérémonie de clôture de l'opération.Cette cérémonie récompensera les meilleures productions écrites d'élèves ( prix individuels et collectifs ;ces productions pourront être valorisées dans la presse locale).Ce sera un moment festif où les élèves présenteront leurs productions scéniques de trois minutes. L'ensemble sera précédé par une visite contée du patrimoine de la ville.

Chaque établissement sera représenté par quelques élèves  (+ ou -  6 élèves).Le transport se fera par véhicules personnels.

 

 2. Dispositif « Lycéens et apprentis au cinéma » en partenariat avec le cinéma Colisée, gratuit pour les élèves et sur le temps scolaire, dates fixées ultérieurement : To be or not To be de Lubitch,  A bout de course de Sydney Lumet, Valse avec Bachir.

3. Projet Passbouq  (liaison 3ème /seconde avec le collège Pfeffel): La vision du monde transmise par le roman : défi lecture complémentaire de l'étude en classe de français du roman,  qui donnera lieu à la lecture de six romans contemporains et à  deux rencontres entre les classes de 3ème de Pfeffel et la 2nde8 pour élire  le prix Passbouq et le remettre au romancier primé.



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Ce blog est une invitation à se cultiver après les cours pour mes élèves du lycée Camille See de Colmar. J'aimerais qu'il devienne le lieu d'approfondissement des petites digressions qui font le charme des cours et aussi l'occasion d'échanger nos bonheurs de lecture et des informations sur les événements culturels susceptibles de nourrir notre vie.
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