1er générale du lycée Queneau, Yvetot, Normandie

Texte n°16 : extrait des Lettres persanes de Montesquieu, lettre 28, Rica au théâtre

Par dp3calmette - 15:12, jeudi 19 mai 2022 .. commentaires : 0 .. Lien

Lecture :



Parcours Comédie sociale : Charles Baudelaire, "Le Joujou du pauvre", Petits poèmes en prose, 1869

Par dp3calmette - 07:48, samedi 14 mai 2022 .. commentaires : 0 .. Lien

  Je veux donner l'idée d'un divertissement innocent. Il y a si peu d'amusements qui ne soient pas coupables !

  Quand vous sortirez le matin avec l'intention décidée de flâner sur les grandes routes, remplissez vos poches de petites inventions à un sol, — telles que le polichinelle plat mû par un seul fil, les forgerons qui battent l'enclume, le cavalier et son cheval dont la queue est un sifflet, — et le long des cabarets, au pied des arbres, faites-en hommage aux enfants inconnus et pauvres que vous rencontrerez. Vous verrez leurs yeux s'agrandir démesurément. D'abord ils n'oseront pas prendre ; ils douteront de leur bonheur. Puis leurs mains agripperont vivement le cadeau, et ils s'enfuiront comme font les chats qui vont manger loin de vous le morceau que vous leur avez donné, ayant appris à se défier de l'homme.

  Sur une route, derrière la grille d'un vaste jardin, au bout duquel apparaissait la blancheur d'un joli château frappé par le soleil, se tenait un enfant beau et frais, habillé de ces vêtements de campagne si pleins de coquetterie.

  Le luxe, l'insouciance et le spectacle habituel de la richesse, rendent ces enfants-là si jolis, qu'on les croirait faits d'une autre pâte que les enfants de la médiocrité ou de la pauvreté.

À côté de lui, gisait sur l'herbe un joujou splendide, aussi frais que son maître, verni, doré, vêtu d'une robe pourpre, et couvert de plumets et de verroteries. Mais l'enfant ne s'occupait pas de son joujou préféré, et voici ce qu'il regardait :

  De l'autre côté de la grille, sur la route, entre les chardons et les orties, il y avait un autre enfant, sale, chétif, fuligineux, un de ces marmots-parias dont un ½il impartial découvrirait la beauté, si, comme l'½il du connaisseur devine une peinture idéale sous un vernis de carrossier, il le nettoyait de la répugnante patine de la misère.

  À travers ces barreaux symboliques séparant deux mondes, la grande route et le château, l'enfant pauvre montrait à l'enfant riche son propre joujou, que celui-ci examinait avidement comme un objet rare et inconnu. Or, ce joujou, que le petit souillon agaçait, agitait et secouait dans une boîte grillée, c'était un rat vivant ! Les parents, par économie sans doute, avaient tiré le joujou de la vie elle-même.

  Et les deux enfants se riaient l'un à l'autre fraternellement, avec des dents d'une égale blancheur.


Parcours Comédie sociale : Emile Zola, Le Ventre de Paris, 1873, roman

Par dp3calmette - 07:35, samedi 14 mai 2022 .. commentaires : 0 .. Lien

Claude, les bras ballants, faisant de grandes enjambées régulières, regardait complaisamment les deux ombres, heureux et perdu dans le cadencement de la marche, qu'il exagérait encore en le marquant des épaules. Puis, comme sortant d'une songerie :

— Est-ce que vous connaissez la bataille des Gras et des Maigres ? demanda-t-il.

Florent, surpris, dit que non. Alors Claude s'enthousiasma, parla de cette série d'estampes avec beaucoup d'éloges. Il cita certains épisodes : les Gras, énormes à crever, préparant la goinfrerie du soir, tandis que les Maigres, pliés par le

jeûne, regardent de la rue avec la mine d'échalas envieux ; et encore les Gras, à table, les joues débordantes, chassant un Maigre qui a eu l'audace de s'introduire humblement, et qui ressemble à une quille au milieu d'un peuple de boules. Il voyait là tout le drame humain ; il finit par classer les hommes en Maigres et en Gras, en deux groupes hostiles dont l'un dévore l'autre, s'arrondit le ventre et jouit.

— Pour sûr, dit-il, Caïn était un Gras et Abel un Maigre. Depuis le premier meurtre, ce sont toujours les grosses faims qui ont sucé le sang des petits mangeurs… C'est une continuelle ripaille, du plus faible au plus fort, chacun avalant son voisin et se trouvant avalé à son tour… Voyez-vous, mon brave, défiez-vous des Gras.

Il se tut un instant, suivant toujours des yeux leurs deux ombres que le soleil couchant allongeait davantage. Et il murmura :

— Nous sommes des Maigres, nous autres, vous comprenez… Dites-moi si, avec des ventres plats comme les nôtres, on tient beaucoup de place au soleil.

Florent regarda les deux ombres en souriant. Mais Claude se fâchait. Il criait :

— Vous avez tort de trouver ça drôle. Moi, je souffre d'être un Maigre. Si j'étais un Gras, je peindrais tranquillement, j'aurais un bel atelier, je vendrais mes tableaux au poids de l'or. Au lieu de ça, je suis un Maigre, je veux dire que je m'extermine le tempérament à vouloir trouver des machines qui font hausser les épaules des Gras. J'en mourrai, c'est sûr, la peau collée aux os, si plat qu'on pourra me mettre entre deux feuillets d'un livre pour m'enterrer… Et vous donc ! Vous êtes un Maigre surprenant, le roi des Maigres, ma parole d'honneur.


La partie 2 de l'oral du bac : l'entretien sur une oeuvre choisie, deux fiches BORDAS pour comprendre l'épreuve et s'y entraîner

Par dp3calmette - 07:54, mercredi 11 mai 2022 .. commentaires : 0 .. Lien





En complément d'Arrias de La Bruyère : une fable de La Fontaine

Par dp3calmette - 03:54, jeudi 5 mai 2022 .. commentaires : 0 .. Lien

Cette fable raille ceux qui veulent se donner l'apparence de qualités qu'ils n'ont pas :La Grenouille qui se veut faire aussi grosse que le b½uf est la troisième fable du Livre I des Fables de La Fontaine situé dans le premier recueil des Fables de La Fontaine, édité pour la première fois en 1668.

À la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, à la suite de l'analyse marxiste de la société, des auteurs[Qui ?] ont émis l'idée que la fable était une image véhiculant une idée politique conservatrice, selon laquelle le Bourgeois (« la Grenouille »), quoi qu'il puisse dire, quoi qu'il puisse faire, même avec tout son argent et sa bonne volonté, ne parviendra jamais à sortir de sa classe sociale et à égaler le Noble (« le B½uf ») ; tout au plus risquera-t-il le ridicule et la perte de sa renommée. La fable véhiculerait le message selon lequel on doit se contenter d'être celui qu'on est, sans chercher à changer de statut social (message analogue à celui de la pièce de Molière, Le Bourgeois gentilhomme).

Une grenouille vit un B½uf
Qui lui sembla de belle taille.
Elle qui n'était pas grosse en tout comme un ½uf,
Envieuse s'étend3, et s'enfle, et se travaille4
Pour égaler l'animal en grosseur,
Disant : « Regardez bien, ma s½ur,
Est-ce assez ? dites-moi : n'y suis-je point encore ?
— Nenni5. — M'y voici donc ? — Point du tout. — M'y voilà ?
— Vous n'en approchez point. » La chétive pécore6
S'enfla si bien qu'elle creva.
Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages :
Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs,
Tout petit Prince a des Ambassadeurs,
Tout Marquis veut avoir des Pages.

— Jean de La Fontaine, Fables de La Fontaine, La Grenouille qui se veut faire aussi grosse que le b½uf


Des lectures expressives de La Bruyère par Philippe Lejour

Par dp3calmette - 08:41, samedi 30 avril 2022 .. commentaires : 0 .. Lien

Huit portraits tirés des Caractères de LA BRUYERE et interprétés par Philippe LEJOUR le 28 janvier 2008 à la Cave à Poèmes. Arrias est interprété à 11minutes, suivi de Giton et Phédon.



Cours sur Les poux me rongent, extrait des Chants de Maldoror du comte de Lautréamont

Par dp3calmette - 04:11, lundi 25 avril 2022 .. commentaires : 0 .. Lien



Repérage de lecture pour "Les poux me rongent" de Lautréamont, texte debac n°5

Par dp3calmette - 03:39, lundi 25 avril 2022 .. commentaires : 0 .. Lien



Lecture cursive possible : ici, une lecture à plusieurs voix des "Liaisons dangereuses de Laclos"

Par dp3calmette - 08:47, dimanche 24 avril 2022 .. commentaires : 0 .. Lien

Textes complémentaires en lecture cursive : Laclos, Les Liaisons dangereuses.

Cette lecture peut faire double emploi : elle est aussi un bon complément pour la lecture du Mariage de Figaro, oeuvre qui lui est contemporaine.

Laclos, Les Liaisons dangereuses, 1782 : une bonne présentation vidéo ici :


On peut écouter en ligne ou télécharger le roman intégral de Laclos, Les Liaisons dangereuses en version audio collective (les lettres du roman sont lues par des voix différentes) ici.

http://www.litteratureaudio.com/livre-audio-gratuit-mp3/choderlos-de-laclos-pierre-les-liaisons-dangereuses-version-2.html

Des extraits de deux films qui ne sont que des interprétations par des cinéastes du roman !

La version de Stephen Frears : extraits,

Bande annonce (en anglais !)

Extrait :


La version de Roger Vadim, 1960, modernisée à la mode de l'époque, jazz et nouvelle vague. Bande annonce





Méthode : la dissertation, "brouillon" de recherches d'idées sur un sujet : exemple

Par dp3calmette - 06:42, dimanche 24 avril 2022 .. commentaires : 0 .. Lien



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