Le lendemain matin, Alcmène interrogea le devin Tirésias qui lui prédit que son fils deviendrait un héros invincible.

Batoni (1743), Hercule enfant étranglant les serpents.
Cyrano de Bergerac, le vrai, s'appelait en effet Hercule, ce qui confirme que d'une certaine manière, dans la pièce de Rostand il signe ici son discours caché à Roxane... Il énonce la totalité de son nom dans la pièce à l'acte I :
Le VICOMTE
Maraud, faquin, butor de pied plat ridicule !
CYRANO
Ah?... Et moi, Cyrano-Savinien-Hercule
De Bergerac.
Si la qualité du poète et de son œuvre poétique se jouent dans le rapport à la liberté, il aura apporté une contribution souveraine à la littérature. Le Cyrano de Rostand stagnait en Bergerac. Que faire de ces deux portraits légendaires ? En dépit d'une certaine critique qui reprochait au dramaturge ses licences et ses anachronismes, il semblait que les deux personnages étaient bien de même nature, de même essence libre, de celle des Don Quichotte et des Don Juan (celui de Molière), qui virent le jour à peu près à la même époque, et dont le « panache » électif, libertaire, exhausse tous les désirs et impatiences de l'être.
Odile COHEN-ABBAS
(Revue Les Hommes sans Epaules)

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