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La nouvelle réaliste : Hadda

Par abdous - 07:16, lundi 22 juillet 2019 .. Rubrique : La nouvelle réaliste : AMEFjuillet 2019 .. commentaires : 0 .. Lien

             L'incipit                             Hadda

 

    Sur une colline surplombant une belle vallée se hissait le sanctuaire Sidi Bounar qui donnait son nom au petit village composé d'une cinquantaine de familles paysannes.

    Dans une maison en pisé, vétuste et isolée près du mausolée résidait Hadda avec ses trois filles, l'aînée venait de clore ses douze printemps tandis que la cadette entamait sa huitième année. Hadda n'avait que vingt-huit ans mais on lui aurait donné une quarantaine. Tant les années l'avaient marquée et son visage hâlé comme celui d'un marin était creusé de rides qui témoignaient d'une vie dure et pénible.

       Depuis la mort accidentelle de son mari, Hadda essuya toutes sortes de malheurs et d'évènements fâcheux qu'une personne puisse supporter.

        Pendant la période de deuil, qui dans la tradition s'étalait sur quarante jours, où la femme ne devait porter que des vêtements de couleur blanche, un créancier de son époux vint réclamer une somme d'argent qui restait de ce qu'il avait emprunté au défunt pour acheter la camionnette ou la Honda comme on l'appelait, qui était la seule source de vie de la famille avant d'être la raison de la mort de son mari.

    Hadda s'acquitta de la créance en cédant le véhicule abîmé. Quelques jours après ce marché, le frère de son mari vint réclamer la part de sa mère dans l'héritage du défunt. Hormis la Honda, le disparu n'avait légué que le peu d'équipement qui servait à la maison, un lit pour dormir, une petite armoire pour le linge. Quelques matelas posés à même le sol qui composaient l'essentiel de la pièce qui, le jour était un séjour et la nuit une chambre à coucher pour les filles. Quelques ustensiles de cuisine ébréchés dont les couleurs étaient devenues pâles et méconnaissables après un siècle d'usage quotidien.

          Hadda incita son beau-frère à porter plainte devant la justice pour avoir la part de l'héritage.De cette manière ,elle pourrait réclamer elle aussi sa part et celle de ses enfants des biens de la famille de son mari .  Le jeune homme   désista ayant estimé que la valeur des objets ne valait pas les honoraires d'un avocat.(à suivre)

 

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