Qui était Mme de La Fayette ?

Née en 1634 Marie-Madeleine Pioche de la Vergne, Mme de La Fayette est de petite noblesse de robe, c'est-à-dire d'une famille bourgeoise récemment anoblie par l'achat d'une charge royale.
Son père, ingénieur militaire au Havre, meurt alors qu'elle n'a que quinze ans.
Sa mère, Isabelle Pena, fille d'un médecin du roi, se remarie avec le chevalier Renaud de Sévigné, l'oncle de l'autrice Mme de Sévigné, qui sera compromis dans la Fronde.
La jeune fille réussit pourtant une ascension sociale fulgurante. Son mariage en 1655 avec le peu encombrant comte François de La Fayette, gentilhomme auvergnat, lui donne un nom.
En 1657, elle rencontre Mme de Sévigné. A partir de 1659, elle reçoit tout ce qui compte à la Cour et à la Ville dans son hôtel particulier de la rue Férou, à Paris.
En 1661 elle entre à la Cour et approche le Roi Louis XIV.
Les informations relatives à son mari sont presque inexistantes et La Bruyère résume ainsi la situation : "Nous trouvons à présent une femme qui a tellement éclipsé son mari, que nous ne savons pas s'il est mort ou en vie…". Elle se lie d'amitié avec Henriette d'Angleterre, la future duchesse d'Orléans, dont le mariage avec le frère du roi lui donne accès au cercle intime de la Cour royale.
Madame de La Fayette figure dans Le Grand Dictionnaire des précieuses, paru en 1661 sous le pseudonyme de Féliciane. Décrite comme "civile, obligeante et un peu railleuse", elle fait partie de ces femmes avant-gardistes qui participent à la naissance des femmes de lettres et souhaitent être reconnue pour leur intelligence et leurs aptitudes. Ces "précieuses" ont aussi la particularité d'être assidûment courtisées sans que leurs admirateurs ne soient jamais satisfaits. En effet, Madame De La Fayette était une grande partisane de l'amour chaste, fuyant la passion jusque dans ses écrits.
La littérature était un passe-temps qu'elle dissimulait au monde en général, étant vu par l'aristocratie comme indigne de leur rang. Toutes ses œuvres ont donc été publiées anonymement ou sous couvert d'une autre figure, comme Zaïde édité sous la signature de Segrais et publié en 1669.
Madame de La Fayette est aussi l'auteure de La Princesse de Montpensier, nouvelle publiée anonymement encore une fois en 1662.
Le plus grand succès de Madame de La Fayette est cependant La Princesse de Clèves, éditée par un de ses amis en mars 1678. Bien que ses contemporains admirent l'ouvrage, Madame de La Fayette reste très secrète et déjoue les rumeurs qui tournent autour d'elle, nourrissant sa popularité. Encore aujourd'hui, ce roman est considéré comme le premier récit d'analyse psychologique.
Vers la fin de sa vie, elle se retire des mondanités pour préparer sa mort, un retrait quelque peu accéléré par la mort de son grand ami de La Rochefoucauld en 1680, puis de son mari en 1683.
Madame de La Fayette meurt dix ans plus tard, à Paris, le 25 mai 1693.

{ Page précédente } { Page 100 sur 405 } { Page suivante }
| Lun | Mar | Mer | Jeu | Ven | Sam | Dim |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | ||
| 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 |
| 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 |
| 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 |
| 27 | 28 | 29 | 30 | 31 | ||