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Analyse de la pub Intermarché par Stéphane Démare (créateur digital) sur sa page facebook (
(2) Facebook)
"Comme je vois que beaucoup de monde s’acharne, s’interroge, a son avis sur cette publicité d’Intermarché....
Allons au bout de la réflexion !?

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La pub Intermarché avec le loup, me met mal à l'aise.
Et pourtant, je la trouve magnifiquement réalisée.
Au premier niveau de lecture, je l'ai trouvée touchante. Bien faite, douce, presque attendrissante. Une jolie histoire qui parle de changement, d'adaptation, de choix alimentaires plus responsables.
À ce niveau-là, je comprends pourquoi elle plaît.
À un second niveau de lecture, on peut y voir un conte moderne. Une métaphore accessible, presque enfantine, qui invite à croire qu'on peut évoluer, se transformer, devenir « meilleur ».
Là encore, rien de choquant. C'est même plutôt rassurant.
Puis il y a un troisième niveau de lecture.
Celui qui me fera peut-être passer pour un rabat-joie.
Parce que faire d'un loup un végétarien n'est pas un détail anodin. Le message implicite est simple : pour être accepté, il faut renoncer à ce que l'on est profondément.
Le loup est un prédateur. Ce n'est ni un défaut ni une erreur, c'est sa nature. Et pourtant, dans cette histoire, cette nature doit être modifiée pour qu'il devienne aimable et accepté.
Et tout le monde s’en fout

On n'inclut pas vraiment l'autre tel qu'il est, on l'intègre à condition qu'il se conforme. C'est une inclusion sous conditions. .
Mais comme c’est mignon c’est acceptable.
Et si un petit lapin avait voulu rejoindre une bande de copains prédateurs, aurions nous trouvé mignon qu’il bouffe de la viande pour être aimable et acceptable ?
On pourra me dire que je me prends trop la tête. Que c'est une histoire pour enfants. Un conte de Noël. Une fable mignonne, rien de plus. On pourra aussi dire que je cherche un problème là où il n'y en a pas.
Je suis un peu d'accord avec ça, c'est vrai que je pense trop

.
Les contes, transmettent toujours une vision du monde, des valeurs, des normes, des idées, ne morale et pas toujours celle qu’on veut nous faire croire.
Et ici, on ne parle pas d'un récit marketing.
Or le marketing n'est jamais gratuit. Il est conçu pour nous faire aimer une idée, une posture, une façon de voir les choses. Il travaille l'émotion pour rendre un message désirable, acceptable, évident.

Ce n'est pas un reproche, c'est sa fonction.
Dire « ce n'est qu'une pub /fable/conte/histoire...» ne suffit donc pas à neutraliser la question. Au contraire. Si cette histoire touche autant, si elle émeut, si elle marque, alors elle mérite d'être regardée avec un peu de recul.
Parce que ce qu'elle vend, au-delà d'un produit, c'est une représentation : celle d'une différence acceptable à condition d'être transformée.
Je ne dis pas qu'il ne faut pas aimer cette pub.
Je dis simplement qu'on peut l'aimer et, en même temps, interroger ce qu'elle raconte. Penser ne retire rien à l'émotion. Ça évite juste de la prendre pour une vérité."