cahier de texte jusqu'aux vacances de la Toussaint 1S1
Cahier de texte de la première S1.
Mardi 8 septembre: Prise de contact, exercices pour faire connaissance, fiche de rentrée. Reconstitution par groupe du programme de l'année de seconde pour montrer la continuation des apprentissages et le réinvestissement des savoirs dans le programme de première.
Jeudi 10 septembre: Présentation du programme avec analyse du libellé des objets d'étude. Exigences de la discipline, matériel demandé.
Test d'auto-évaluation à partir d'un QCM de 50 questions. A corriger chez soi pour la séance prochaine.
Mardi 15 septembre: Corrigé du test d'évaluation. Premier objet d'étude: le roman comme vision du monde, le personnage comme vision de l'homme.
Groupement de texte sur la présentation du personnage de roman afin de montrer en quoi les changements de techniques de description du personnage sont significatives de l'évolution de la vision de l'homme des écrivains.
Premier extrait: Le portrait de Melle de Chartre au début de la Princesse de Clèves.
Méthode de préparation d'un commentaire à partir des 7 entrées dans le texte qui permettent d'observer tous les procédés d'écriture et de construire du sens à partir d'eux.
Jeudi 17 septembre: Le commentaire de l'extrait de la Princesse de Clèves.
Distribution de l'extrait du roman de Diderot: Jacques le Fataliste et son maître. A préparer pour la séance prochaine.
Mardi 22 septembre:
Fin du commentaire de l'extrait de la Princesse de Clèves.
Travail par groupe pour élaborer un commentaire à partir des préparations effectuées à la maison du texte de Diderot: le portrait du maître de Jacques. I. Un portrait dévalorisant: un maître ridicule et inutile.
II. Un narrateur intrusif qui prend le pas sur les personnages de l'histoire.
III. Un portrait qui sert de prétexte à une satire de la société et à une réflexion philosophique sur la notion de maîtrise.
Jeudi 24 septembre : L. A : Extrait du Père Goriot de Balzac : le portrait de Vautrin ; Préparation au commentaire effectuée en classe.
DM commentaire de l'esquisse du portrait des Thénardier dans Les Misérables de Hugo (manuel)
Mardi 29 septembre : Reprise de la LA du portrait de Vautrin.
Sujet d'invention pour faire travailler les techniques de focalisations internes : Sujet d'invention
Vous êtes le romancier du Père Goriot et vous décidez de présenter le personnage de Vautrin à travers le point de vue d'un étudiant qui réside avec lui dans la Pension Vauquer.
Vous vous inspirerez du portrait de Vautrin effectué par Balzac mais vous changerez la focalisation et vous développerez la relation que cet étudiant de votre invention entretient avec le personnage mystérieux en exploitant ce que le texte balzacien laisse en creux.
Jeudi 1 octobre : Œuvre intégrale : La Curée. Introduction.
Mardi 6 octobre : Extrait de L'Amant de Marguerite Duras, description subjective du Mékong.
Jeudi 8 octobre : La Curée, LA de l'incipit.
Mardi 13 octobre : corrigé du DM Le portrait des Thénardier + questions préalables.
Réponses aux questions préalables.
1.Dans le chapitre des Misérables dans lequel Hugo présente pour la première fois les Thénardier, le champ lexical de l'obscurité est très présent avec des mots comme “sombre “ qualifiant “secrets” et “mystères”, mais aussi “le feu” dans un oxymore inquiétant aux connotations diaboliques d'élan vers le mal, proposant une rime interne avec “l'ombre qu'ils ont dans le regard”, et confirmé avec la famille du nom “les ténèbres”, “ténébreux”. L'on sait que l'auteur des Rayons et des Ombres aime particulièrement les antithèses qui lui permettent d'interroger les deux grandes postulations humaines vers le Bien et vers le Mal, la clarté ou les ténèbres, l'ange ou l'animal. Ainsi dans le portrait des Thénardier, le thème de l'obscurité est décliné de bien des façons: il y a d'abord une obscurité sociale du fait de l'appartenance à une classe “batârde”, intermédiaire difficilement identifiable, cumulant les défauts et vices de la classe moyenne et inférieure sans aucune des qualités, ni de l'ouvrier ni du petit bourgeois, obscurité liée à la difficulté de connaître les Thénardier: leur passé est remis en cause par les modalisateurs de doute du narrateur, Thénardier s'est-il vraiment illustré dans l'épopée napoléonienne comme le suggère son enseigne et ses dires ? C'est démenti par le portrait que le narrateur fait de lui. L'obscurité, c'est alors l'ignorance du vrai et du faux, or les Thénardier paraissent sur leur garde quant à leur passé et à leur avenir, ils sont associés au secret, à la dissimulation, aux mystères. Ils semblent avoir des choses à cacher et le narrateur invite le lecteur à s'en défier.
Plus nettement encore le texte suggère une condamnation morale car ils semblent porter au mal comme l'indique le choix du mot “noirceur” qui s'applique à la méchanceté des âmes qui cherchent à nuire aux autres . L'insistance du narrateur à souligner leur refus de la lumière au profit d'un repli croissant vers les ténèbres grâce à un champ lexical du retour en arrière (“reculant continuellement,, rétrogradant, empirant sans cesse”) particulièrement frappant dans l'oxymore “âme écrevisse” qui associe un animal peu valorisé, se mouvant dans les sables, les bas fonds et charognard de surcroit, à la partie la plus noble de l'homme qui dicte sa conduite, engage le lecteur à craindre le pire de la part de ces personnages à qui vient d'être confié un être pur et innocent comme Cosette.
2. Avant Flaubert qui montrera dans Madame Bovary combien de mauvaises lectures peuvent corrompre les âmes des lectrices en leur faisant perdre tout sens des réalités, Victor Hugo a déjà dénoncé les effets pernicieux de la sous-littérature dans les Misérables comme on le voit dans cette “esquisse” du portrait des Thénardier. Madame, dans sa jeunesse, a lu des romans de second ordre que le narrateur dévalorise en utilisant l'expression “ces espèces de livres”. Il s'agit de lectures faciles, d'un romanesque imité des grands modèles classiques mais sans leur qualité et traités de “vulgaires”. Non sans humour, le narrateur note l'effet désastreux sur les Thénardier de ces “romans bêtes”: ils se piquent d'une culture qui n'en est pas une; Madame Thénardier prend “une allure pensive” auprès de son mari, qui n'est peut-être qu'un abrutissement de l'esprit ou une pose, de façon dérisoire les filles Thénardier sont affublées de prénoms romanesques qui ne correspondent pas à leur milieu et sont prétentieux tout en les ridiculisant. Le narrateur ironique signale d'ailleurs qu'elles ont échappé à pire choix.
Monsieur est présenté lui aussi comme un amateur de roman: “ruffian lettré à la grammaire près». Il a pris une forme de “sentimentalisme” qui ne l'empêche pas d'être par ailleurs un “butor correct et sans mélange”, ce qui prouve que la lecture n'a eu sur lui aucun effet positif, n'a suscité aucune amélioration intellectuelle, morale ou même affective, bien au contraire. L'on peut s'interroger sur ce que V. Hugo a voulu signifier par cette mise en abîme du pouvoir de la littérature: A-t-il voulu alerter sur le fait que la littérature puisse être considérée comme un simple signe de classe, un marqueur d'identité sociale, derrière laquelle les Thénardier se cachent et cherchent à donner le change en passant pour ce qu'ils ne sont pas? A-t-il voulu dénoncé le manque de qualité de la littérature de colporteur et mettre en garde contre ses méfaits en l'opposant à la littérature d'art? S'agit-il simplement d'une prise de distance ironique avec sa propre pratique ou un règlement de compte avec des confrères peu scrupuleux?
Jeudi 15 octobre : La Curée : LA La rêverie de Renée.
Mardi 20 octobre : Entraînement à l'épreuve orale à partir du premier groupement de texte. Simulation avec questions différentes sur les textes, distribution d'une grille d'évaluation.
Jeudi 22 octobre : Plan détaillé de commentaire à compléter pour un commentaire de la Rêverie de Renée.
Entraînement à la deuxième partie de l'épreuve orale : questions d'entretien sur l'objet d'étude : le roman comme vision du monde ; Contrôle écrit le jeudi 5 novembre.