Corrigé du contrôle commun de seconde(2nde2) questions
Corrigé du contrôle commun
I. questions
1. (Une question portant sur les types de texte vous demande de dire si les textes du corpus sont à dominante narrative, descriptive, injonctive, argumentative.)
Les trois textes du corpus étaient à dominante narrative et descriptive. L'extrait du Père Goriot relate la fin de l'enterrement de ce dernier et les effets que cette cérémonie, vite expédiée, produit sur le jeune homme dont le lecteur suit le point de vue à partir de la ligne 9 :« détermina chez Rastignac un accès d'horrible tristesse ». Cet état d'âme se répercute sur la description du cadre crépusculaire du cimetière et sur la ville qui se situe en contrebas. Les actions du récit sont au passé simple et prouvent la dominante narrative du passage, les moments descriptifs, moins nombreux, sont eux écrits à l'imparfait.
Dans l'extrait de l'Assommoir, la description est plus présente puisqu'il s'agit de donner à voir au lecteur le fameux alambic situé au fond de l'estaminet. « La machine à soûler » est vue d'un double point de vue, celui de Gervaise qui « a eu la curiosité d'aller regarder » et qui reçoit les explications techniques de Coupeau et celui de Mes-Bottes qui fixe l'alambic, « les yeux attendris », et dont les pensées, auxquelles nous accédons par le discours indirect libre, témoignent du degré d'addiction puisqu'il parle de la machine comme d'une femme complaisante ou maternelle. (« Elle était bien gentille !)Le nombre de verbes à l'imparfait, l'importance des termes caractérisants, en particulier les adjectifs « grand, rouge, clair, énorme, étrange, sombre », les propositions relatives comme « d'où tombait un filet limpide d'alcool », prouve largement la dominante descriptive du passage.
L'extrait de La Route des Flandres est lui-aussi à dominante descriptive puisque l'essentiel du texte est constitué de la description très minutieuse d'un cheval mort du point de vue de Georges, le héros (« Il le vit ») qui observe le cadavre dans ses moindres détails, par plans successifs. Les termes qui permettent de situer les éléments dans l'espace, ceux qui permettent d'évoquer les caractéristiques, -adjectifs, participes passés, les participes présents- ainsi que l'utilisation de l'imparfait et d'un présent qui réactualise la description devant le lecteur prouvent largement la dominante descriptive du texte.
2. Pour prouver que le point de vue interne domine dans l'extrait de l'Assommoir, l'on peut signaler que la description de l'alambic est précédée de dphrases narratives centrée sur des verbes de perception qui annoncent la source du point de vue : d'abord Gervaise qui « eut la curiosité d'aller regarder », puis Mes-Bottes « aux yeux attendris », fixés sur la machine. En fait, Gervaise contemple à la fois l'alambic et la réaction de l'ivrogne, et c'est cette vision qui produit son recul et son frisson de peur. Le point de vue interne est perceptible également à l'emploi du discours indirect libre après le verbe de perception qui signale qui voit, et qui pense, ainsi nous entrons dans les pensées de Mes-Bottes qui s'expriment dans son argot d'ouvrier : « Tonnerre de Dieu ! elle était gentille ! Il y avait, dans ce gros bedon de cuivre, de quoi se tenir le gosier au frais pendant huit jours. »
3. La personnification la plus remarquable dans l'extrait de Balzac est celle de Paris, vu comme un monstre « tortueusement couché le long des deux rives de la Seine », l'adverbe « tortueusement » évoque les replis d'une bête et connote son caractère sournois. L'image prépare le défi que Rastignac va lancer à la ville à la fin du texte et du roman : « A nous deux maintenant ».La ville est encore endormie mais elle va se réveiller sous l'attaque du jeune ambitieux qui a perdu ses ultimes illusions lors de la triste fin du Père Goriot. Dans le texte de Zola, l'alambic est personnifié à plusieurs reprises et de façon ambivalente. Il « gardait une mine sombre », le bruit qui émane de lui est assimilé à « un souffle intérieur », à « un ronflement souterrain ». Un peu plus loin , il est comparé à « un travailleur morne, puissant et muet » qui s'activerait » en plein jour » à « une besogne de nuit ». Ce réseau d'images insiste sur la continuité du travail effectué, peut-être ennuyeux, puisque l'alambic est qualifié de « morne », sur sa relative discrétion puisqu'il est « muet »mais aussi sur son caractère inquiétant à cause des termes associés à l'idée de profondeur et de nuit et au fait qu'il soit dit « puissant ». Du point de vue de Mes-Bottes, l'alambic est personnifié en une femme qualifiée de « gentille », avec « un gros bedon de cuivre » nourricier et qu'il semble chérir dans son addiction puisqu'il rêve de s'aboucher directement à elle par « le bout de serpentin entre les dents » Dans le texte de Claude Simon, c'est une valise qui est personnifiée ligne 14, « la valise éventrée, laissant échapper comme des tripes, des intestins d'étoffe » et l'on peut interpréter cette humanisation de la valise comme une façon de montrer l'horreur de la guerre. Alors que le cheval mort est décrit comme une sorte d'œuvre d'art, la mort lui ayant donné une nouvelle forme, la valise personnifiée, par le biais de l'éventration et de ses tripes exhibées, évoque les souffrances humaines liées à la guerre cruelle.