dissertation sur les fonctions de l'art( 1S1
Plan de dissertation :
I.L'art et la littérature comme activité qui crée de la beauté et cherche à toucher les hommes ( Fonction esthétique et expressive de l'art)
La visée des artistes est de créer avec un matériau particulier ( peinture, langage, images, sons), une technique éprouvée, une habileté et un talent spécifique des œuvres qui soient dites belles par la perfection de leur forme, l'idéalisation des êtres humains ou par l'adéquation de la forme inventée avec le sujet à traiter. Chaque époque propose sa conception de la beauté comme le confirme l'histoire de l'art et l'évolution des mouvements littéraires et artistiques.
Exemples de ce souci de la beauté, de l'idéalisation, de l'adéquation entre forme et fonds traité trouvés par les différents groupes :
-la peinture impressionniste qui cherche à rendre les « impressions » suscitées par les paysages naturels ou urbains au plus près des effets qu'il suscite dans la réalité par le moyen de taches de couleurs et des vibrations que produisent leur assemblage et que Zola essaiera d'imiter dans certaines descriptions de La Curée comme celle du Bois de Vincennes qui insiste sur les notations de lumière , de reflets, de couleur recréant l'atmosphère du lieu et du moment de façon vivante.
-la célébration de la beauté féminine dans la poésie lyrique amoureuse quelle que soit l'époque, les textes qui relèvent de l'éloge. Mais aussi la musicalité de la poésie pour enchanter la douleur de la séparation, de la perte dans la poésie romantique par exemple Le lac de Lamartine ou dans Bérénice si l'on songe aux passages élégiaques d'Antiochus : « Je demeurais longtemps errant dans Césarée »ou à la pris e de conscience de Bérénice lorsqu'elle évoque le « pour jamais » : « dans un an, dans un mois, comment souffrirons-nous… ». Toutes les émotions humaines sont exprimées par les œuvres d'art de telle sorte que par la médiation de la beauté, de la forme artistique nous puissions les ressentir et parfois les affronter.
-la célébration de l'amour dans Bérénice, l'exaltation de la grandeur humaine qui peut sacrifier le bonheur individuel à des causes jugées plus nobles, plus héroïques. La tragédie qui dépeint la grandeur et la souffrance de la condition humaine
-l'art classique en général qui met en avant l'idéalisation morale des hommes : esthétique de la maitrise, de l'économie des moyens, des règles qui contraignent, idéal de maîtrise des passions, éloge de la vertu cf la Princesse de Clèves, principale règle ‘ « plaire et toucher »
-mais souci de beauté ou d'adéquation entre forme et fonds aussi dans la littérature argumentative des Lumières :cg Le Bon Sens de D'Holbach : créer un apologue dont les procédés d'écriture sont plaisants et habiles pour que le lecteur soit sensible à l'argumentation sous-jacente contre l'existence de la Providence, idem pour la Fontaine habile conteur qui transforme ses histoires édifiantes ou critiques en véritables scénettes de théâtre dans les fables ou utilise tous les ressorts de la rhétorique la plus pathétique pour faire parler son « paysan du Danube » qui devient un modèle d'orateur romain.
-Tout projet artistique révèle le besoin pour l'artiste d'exprimer sa propre perception du monde ainsi Zola en créant la série des Rougon-Macquart a l'ambition de représenter « l'histoire naturelle et sociale d'une famille sous le Second Empire » et d'inventer « le roman expérimental » qui montre l'influence d'un milieu et d'une hérédité sur les hommes afin de donner à connaitre la société de son temps en fonction des dernières découvertes scientifiques en vogue et avec pour visée de contribuer à son évolution et amélioration, mais cela passe par la mise en œuvre d'une construction romanesque nouvelle avec des procédés particuliers de création qui font que l'écriture zolienne est parfaitement identifiable.
(etc)
II.L'art mis au service de causes diverses dans le passé, raisons de cette efficacité critique et continuation aujourd'hui de cette mission (fonction éthique de l'art)
L'artiste est un homme de son temps, qui ne peut y être indifférent, vu sa sensibilité, aux questions qui le taraude, aux problèmes spécifiques que l'époque rencontre. Parce qu'il est au contact du public, puisque son activité s'offre au regard d'autrui, entre en contact avec les gens, parce qu'il a du talent et une habileté technique pour rendre ses idées de façon efficace, l'artiste met son art au service d'une cause.
Exemples suggérés : la littérature des Lumières : articles de l'Encyclopédie, dialogues de Diderot, contes philosophiques de Voltaire, les textes du corpus…Engagement dans la pratique artistique mais aussi dans la vie.
La littérature moraliste du XIIème siècle : la Fontaine et ses fables mais aussi Molière dans le Tartuffe par exemple contre le pouvoir des dévots.
La Curée de Zola : roman qui dénonce la corruption du régime de Napoléon III et prend des allures de pamphlet, dans la continuité des articles politiques de Zola dans les journaux.
La littérature et l'art romantique : cf les Misérables, Le jounal d'un condamné à mort de Hugo, le Massacre de Chio de Delacroix, Les Confessions d'un enfant du siècle de Musset
Guernica de Picasso, les films de Chaplin comme Les Temps Modernes, Le Dictateur
La poésie engagée : les poètes surréalistes qui écrivent des poèmes contre les nazis et entrent en résistance : » Liberté » d'Eluard
Continuation aujourd'hui : de nombreux artistes dénoncent des problèmes du moment et s'engagent dans leurs œuvres : les cinéastes et les sans-papiers par exemple : courts-métrages pour faire connaître leur sort.
Avatar qui peut se lire comme un apologue : rapport avec le mythe du Bon Sauvage, critique de la société consumériste américaine, réflexion écologique.
La Raffle
En littérature par exemple réflexion sur le terrorisme dans le roman Attentat de Yasmina Khadra, sur les sans papiers qui émigrent d'Afrique dans Eldorado de Laurent Gaudé…
(etc)
III L'art, un choix existentiel, porteur d'une vision du monde qui peut apparaître comme une façon de s'opposer à la société marchande qui privilégie « l'avoir » plutôt que « l'être ». Engagement de l'artiste en faveur de la création, de la liberté d'invention de formes nouvelles, de la beauté est en lui-même une forme de dénonciation, quel que soit le sujet traité.
Un être humain qui réalise ses potentialités humaines est un être créatif qui met en œuvre sa liberté, son intelligence, son savoir-faire technique pour s'exprimer et entrer en contact avec autrui, chercher les échanges humains, ce qui peut le rendre heureux en le valorisant. Cette réalisation de soi n'est pas toujours possible si l'on se contente d'un travail salarié, d'être un consommateur qui accumule des objets et qui ne s'affirme que par des signes extérieurs de richesse matérielles.
Par le passé déjà des artistes ont mis en relief les insuffisances d'un monde matérialiste uniquement : cf la souffrance de Renée dans la Curée qui s'ennuie dans les vanités du jeu mondain où elle n'est qu'une poupée qui sert de faire valoir aux hommes, un objet de concupiscence que l'on exploite et dont on jouit, sentiment de ne pas « être », même pas la dignité d'une Phèdre, sentiment de vide.
Cf Madame Bovary de Flaubert
Exister en laissant son nom dans l'histoire de l'art par sa créativité et son génie artistique cf les Romantiques.
Aujourd'hui : artistes indépendants qui plus que la richesse et le souci de plaire à un maximum de gens ,quitte à en rabattre sur les exigences d'originalité et de qualité, préfèrent se produire eux-mêmes ou créer de petites structures de production :groupes de musiques indépendants, films d'art et essai, écrivains qui publient sur la toile, exemple le réseau Publie.Net de François Bon.
ETC