Analyse du spectacle Bluff d'Enzo Cormann (2nde7)
Bluff d'Enzo Corman
Impressions : mensonges beaucoup plus complexes que ceux inventés en classe mais situation de jeu évoquée.
Lister les différents mensonges : pas facile : Yaya ment à propos d'Amou pour survivre, le couple se ment sur l'état dans lequel il est : mensonge sur la dépression, sur l'amour, le père ment à sa femme à propos de la fin de son addiction au jeu, se ment à lui-même, Sonya ment car elle cache ce qu'elle sait du père, ne veut pas inquiéter la mère, mensonge par omission et pour protéger : fille qui a le rôle des parents, celui qui protège. Alia ment sur ses compétences d'actrices pour obtenir l'amour de Walter , Walter se ment à lui-même : est-il séduit ou pas ? bluffer ? où est la vérité ? A la fin plus personne ne sait, tout le monde joue un personnage même dans la vie, Walter pris au piège de son image de star, de sa réputation de Don Juan.
A. Espace scénique : un podium surélevé comme une piste de danse en parquet avec quatre montants de métal à chaque coin. Spectateurs sur trois côtés : dispositif tri frontal, acteurs parfois de dos. Evoque parfois un ring. Circulation tout autour, utilisation aussi du fond de scène pour diverses apparitions, espace hors scène prolongement des lieux évoqués sur scène. Matériaux assez froids malgré le bois du parquet, pas de transformation de l'espace principal mais ajouts de meubles, accessoires, écrans qui tombe pour la pièce 3.
Public très proche des acteurs quand il est lui-même sur le plateau d'origine de la CDE. Cadre vide au départ qui ne prend sens qu'une fois les éléments du décor apporté : 1. bureau de l'immigration, intérieur du fonctionnaire de l'émigration où travaille Yaya, chambre à coucher, cuisine…2. Salon où dîne la famille, avec cuisine en hors champ, mais salle de restaurant où le père joue avec ses acolytes évoquée dans la conversation. 3. Studio de casting, mais aussi chambre de la jeune actrice où Walter vient la rejoindre.
Le plus souvent espace de vie réelle mais parfois espace mental cf Sonia : conversation des personnages, arrêt sur image des acteurs ou Alia : ce qui se passe dans l'image filmée et agrandie ou démultipliée.
Pour Alia, références au cinéma nombreuses cf étalage de culture au début : Godard, mais esthétiques du film noir cf costumes trench , béret d'Alia, cinéma italien dans la bande son strada ?
Espace qui tend au vide.
Décor : pas, uniquement objets scéniques amovibles : tapis que l'on tourne pour représenter des pièces différentes et aussi le temps qui passe ? Table du bureau de l'immigration et sièges, téléphone portable : conversation privée au travail : situation du couple en même temps que situation de Yaya, table à repasser linge pendant la conversation avec Madame : opposition entre l'oisiveté de madame et le travail ménager de Yaya, opposition de classe Cf remarques de madame sur la qualité du repassage. Scène valets maître traditionnelle de la comédie, table de cuisine avec bol de nouille que Yaya slurpe : utilisation pour rythmer une conversation délicate : mensonge et sincérité, alcool pour monsieur, banc devant la salle du tribunal à la fin. Table de repas que l'on prépare, assiettes, flutes en verre mais pas la nourriture en vrai : cf dorade mais trois chaises en fond de scène
Ecran descendu, chaise pour l'assistante et surtout caméra, tenue d'Alia : trench, béret, petite robe noire soulier noirs vernis, sac avec boite de tampons , qui devient joint dans l'improvisation, projection d'images d'Alia en direct.
Dispositifs très variés finalement malgré le vide de l'espace au début, sophistiqué, complexe et très symbolique : spectateur associé à la construction du sens de l'ensemble. Repose sur les acteurs : changements à vue rapides, effet de distanciation : jeu avec la proximité et la distance, usage fonctionnel la plupart et détourné pour certains cf Tampon, symbolique souvent : alcool désarroi du personnage par exemple, repas souci de bien faire de la mère, envie qu'il n'y ait pas de problème, de préserver la normalité de la cellule familial, verre qui se casse dans la dispute, tension qui augmente et explose : normalité et fête ne sont que des masques des troubles de la famille liés à l'addiction au jeu du mari .
Lumières ponctuent les fins de chaque séquence, passage au noir, sinon plein feux, dans Sonya éclairage de bandes bleues en fond de scène : trois personnages qui ont chacun un point de vue à défendre, égalité, préparation au match ? Éclairage de l'écran de cinéma : introduction de l'image dans l'espace théâtral : réflexion sur la représentation du réel par le cinéma.
Sons : transitions spectaculaire entre 2 et 3 avec danse des acteurs, son qui déraille pour annoncer le début de chaque pièce : pourquoi ? le mensonge fait « dérailler, empêche, l'harmonie ? Sons du cinéma italien.
Comédiens : extraordinaire travail des acteurs qui doivent très vite changer de rôle, trois metteurs en scène différents qui ne leur demandent pas de jouer de la même façon. Diction de Yaya différente des deux autres filles même si timbre de la voix de l'actrice déjà particulier en lui-même, alcoolisme du cadre de l'immigration, mal être en couple rapproche les deux personnages de Poupard, Walter : fébrile et fume des joints : personnages masculins peu solides en fait, malheureux, se masquant la réalité de leur vie, obligés de gérer des problèmes : adultes peu reluisants. Jeunes filles se battent toutes les trois pour vivre.
Mise en scène : YAYA : rythme donné par des éléments de jeu : pantoufles qui trainent, slurp de soupe, linge qu'on plie pour souligner la détermination. Sonya : arrêts sur images pour évoquer les conversations à deux plutôt que trois et d'autres espaces que la salle de dîner avec d'autres personnages qui pèsent sur la vie : fil rouge dans le texte : Youssu l'amoureux de Sonya est noir, immigration par exemple. Alia : jeu avec la caméra, mise en abîme du thème du jeu .