Qui est Eugène Labiche?
L'auteur : Eugène Labiche (1815-1888)
Issu d'une famille bourgeoise, Eugène Labiche, est né en 1815 à Paris. Il fait des études dignes d'un jeune homme de bonne famille et suit les cours au lycée Condorcet, où il obtient facilement son baccalauréat de lettres à 18 ans. Ayant perçu une somme d'argent importante suite à la mort de sa mère, le jeune homme entreprend un voyage de six mois en Italie. A son retour, Labiche commence des études de droits qu'il poursuit jusqu'à la licence, tout en faisant publier dans de petits magazines de courtes nouvelles. Il rencontre ainsi Auguste Lefranc et Marc-Michel, avec lesquels il fonde une association en vue de créer des pièces de théâtre. Ils prennent le pseudonyme collectif de Paul Dandré.
À leur grande surprise, leurs pièces sont acceptées immédiatement et sans le moindre problème. Au départ, il ne s'agissait pour eux que de s'amuser et de puiser à leur gré dans le vivier de jolies filles que constituait le milieu théâtral. S'ils avaient choisi le vaudeville, c'est parce qu'avec le drame, c'était le genre de pièce le plus facile à caser.
Fils d'industriel, Labiche disposait de revenus substantiels et n'avait pas vraiment besoin de droits d'auteur pour vivre, mais il s'était pris au jeu.
Débutant en 1837, la production de Labiche est tout d'abord modeste : deux ou trois pièces en moyenne par an, parfois aucune pour cause de voyages à l'étranger.
C'est durant cette période qu'il publiera son seul roman, La Clé des champs (1839).
Mais, à partir de 1848, cette production s'accélère, puisqu'il fait jouer en moyenne près de dix pièces par an jusqu'en 1859, son plus grand succès sur la période étant Un chapeau de paille d'Italie en 1851.
Puis le rythme se ralentit progressivement, ce qui peut s'expliquer par ces évènements : Labiche se marie en 1842 avec une riche héritière, ensemble, ils auront un enfant ; il achète en 1853 le château de Launoy à Souvigny-en-Sologne, avec 900 hectares de terre qu'il exploite lui-même. En 1868 il est élu maire de Souvigny.
Il s'était déjà aventuré en politique en avril 1848 comme candidat républicain à l'assemblée constituante. Battu, il s'était par la suite rallié à Louis-Napoléon Bonaparte et avait été l'un des premiers, dans le monde du spectacle, à approuver son coup d'Etat en 1851. Ce soutien au prince-président, puis Empereur lui permit alors de bénéficier de nombreux appuis pour promouvoir son œuvre théâtrale.
En 1858, il présente ainsi devant Napoléon III et son épouse au palais de Compiègne sa pièce Un
Gendre en surveillance.
Dans les années 1860, il connaît son apogée avec une série de succès parmi lesquels Le Voyage de M. Perrichon (1860), La Poudre aux yeux (1861), La Station Champbaudet (1862) et La Cagnotte (1864) , Le Point de mire(1864), La Grammaire (1867).
Il écrit aussi les livrets de plusieurs opéras-comiques : Le Voyage en Chine en 1865, Le Fils du brigadier en 1867 et Le Corricolo en 1868, tous trois créés à l'Opéra-Comique en collaboration avec Alfred Delacour.
La guerre de 1870 et les événements de la Commune mettent un frein, comme pour la plupart des auteurs dramatiques, à la production de Labiche, sans en altérer pour autant la qualité comme en témoigne Doit-on le dire ? en 1872. En 1874, un nouveau projet d'opéra-bouffe avec Offenbach, qui dirige désormais le théâtre de la Gaîté, est abandonné suite à la faillite de ce dernier. Labiche recycle son livret en une comédie vaudeville qui connaîtra un certain succès, Les Trente Millions de Gladiator, suivi d'un autre en 1876 avec Le Prix Martin. Arrive enfin 1877, date de sa dernière pièce, La Clé.
Après le relatif échec de La Clé, Labiche prend la décision de ne plus écrire, et il s'y tient. Il a alors 62 ans.
Il lui reste à vivre encore une dizaine d'années, ponctuées par de nombreuses reprises de ses pièces, certaines triomphales, des joies et des deuils : élection à l'Académie française le 28 février 1880. Souffrant depuis plusieurs années de sérieux problèmes cardiaques, il meurt le 22 janvier 1888.
S'il est vrai que certaines des 176 pièces de théâtre de Labiche ne sont que d'insignifiantes farces (selon Gilbert Sigaux, auteur français), il apparaît néanmoins comme un véritable auteur satirique, fin observateur de la bourgeoisie à laquelle il appartient. Ce monde étriqué dans lequel il exalte la toute puissance de l'argent
renvoie au contexte financier du Second Empire.