Arts poétiques
Par cyberblaise - publié le jeudi 30 mai 2013 à 13:27 dans 1èreL/Es Camille See
Texte de Boileau
Le classicisme et l'éloge du travail poétique
Problématique : Quelle image du travail poétique est-elle donnée par Boileau, théoricien du classicisme ?
Objectifs : Versification, la phrase injonctive (subjonctif et impératif…), figures de style, classicisme, poésie du travail et de la rigueur. Poésie didactique.
Support : Nicolas Boileau, Art Poétique, Chant I, vers155-198.
Introduction : Contrairement à la majorité des mouvements littéraires, le classicisme naît d'abord de façon théorique, dans l'Art Poétique de Nicolas Boileau, en 1674, inspiré par la redécouverte des réflexions du philosophe grec Aristote. Dans le Chant I, le poète donne des conseils de travail aux poètes du XVIIème siècle.
Il s'agit alors d'analyser quelle image du travail poétique est donnée par ce didacticien. Les conseils concernent à la fois la rigueur dans la construction de l'œuvre et dans le travail du poète.
Questions : Quels sont les conseils dispensés par Boileau ? Comment un poète doit-il construire son œuvre ? Ces conseils sont-ils pris en compte par Boileau lui-même ?
I. La rigueur de construction classique est conseillée par Boileau qui l'applique lui-même:
A. La versification est un des points sur lesquels le poète doit concentrer ses efforts : v. 11 « qui court en rimant », avec effet négatif au vers suivant, mot « rimant » à la rime avec « jugement », qui semble dire que l'œuvre est jugée / rimes. On peut alors observer rimes de Boileau : alternance rimes féminines, rimes masculines, rimes suffisantes ou riches, pas pauvre. (Attention à la lecture du [e] final).
En rejet du baroque, le classicisme demande de la rigueur ; l'œuvre doit être construite selon un code strict de versification que Boileau revendique et applique à titre d'exemple.
B. Le langage doit évidemment être précisément recherché et utilisé : langue soutenu, sans barbarisme, sans solécisme, respect de la langue, « sacrée », à la rime. Voir les mots placés en rime, donc mis en évidence. Mise en pratique des conseils. Insistance avec l'adverbe superlatif « surtout » placés en début de vers.
Le classicisme lutte contre le courant précieux qui utilise nombre de mots savants et alambiqués pour le plaisir, sans forcément respecter la sémantique et la syntaxe. Boileau dénonce le pédantisme et s'efforce d'utiliser des termes précis.
C. L'ordre de composition apparaît lui aussi comme essentiel au travail poétique : ordre des éléments les uns par rapport aux autres, formation d'un ensemble harmonieux / la disposition en vers mime ce qui est dit : v. 24 : début, fin // milieu, v. 27-28 « du sujet s'écartant » / « trop loin quelque mot éclatant »
Boileau montre ici aussi l'exemple en organisant les idées selon une forme harmonieuse qui mime le sens des propos, mais aussi de façon plus générale en respectant un plan d'ensemble, qui énumère les conseils de façon ordonnée, en passant d'un sujet avec l'autre avec transition : le respect de la langue, la patience, le recommencement incessant du travail, l'ordre, l'entourage.
Question : quelles sont les qualités que doit posséder le poète pour écrire son œuvre ?
II. L'exigence de travail classique :
A. La patience est la première vertu du poète : impératif affirmatif puis négatif, jugement v. 11, oxymore « hâtez-vous lentement » : pas de paresse mais de la patience, travail continu, acharné et long // Fable du Lièvre et de la Tortue, la Fontaine. Boileau lui aussi prend son temps pour écrire son poème.
B. Il semble qu'il faille alors toujours recommencer : métaphore de l'artisan, v. 18-19. Construction en chiasme du vers 20 : pour montrer la lenteur du travail sans cesse défait, qui avance très lentement. Construction du vers très travaillée : 19 et 20 en parallèle : comme pour mimer la répétition du travail poétique.
C. De plus le poète doit se méfier des louanges et rester humble : L'humilité est une des qualité de l'honnête homme du XVIIe siècle // de l'Antiquité. Il doit savoir critiquer son travail, selon certaines règles, et écouter les critiques, les conseils d' « amis prompts à vous censurer » = Boileau, par exemple ? Portrait hyperbolique et péjoratif du flatteur, tel qu'il y en avait beaucoup à la Cour de Louis XIV. Présent de vérité générale qui semble énoncer des définitions : v. 44, qui revient à la notion de lenteur associée cette fois à la « vérité » : vérité de la beauté, vérité de l'art…
Conclusion : Le XVIIe siècle redécouvre les auteurs et penseurs de l'Antiquité grecque. Nicolas Boileau lit la Poétique d'Aristote et compose son Art poétique pour prodiguer des conseils aux auteurs de son époque, tout en donnant l'exemple : il théorise ainsi le classicisme. Il donne alors une image du poète patient, acharné, recommençant sans cesse son travail à la façon d'un artisan appliqué, comme pour réconcilier l'étymologie commune d'art et artisanat, comme pour rappeler que poésie veut dire « faire » en grec. Le travail poétique apparaît alors comme le travail de l'ordre et de la beauté du langage.
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Problématique : Quelle image du travail poétique est-elle donnée par Boileau, théoricien du classicisme ?
Objectifs : Versification, la phrase injonctive (subjonctif et impératif…), figures de style, classicisme, poésie du travail et de la rigueur. Poésie didactique.
Support : Nicolas Boileau, Art Poétique, Chant I, vers155-198.
Introduction : Contrairement à la majorité des mouvements littéraires, le classicisme naît d'abord de façon théorique, dans l'Art Poétique de Nicolas Boileau, en 1674, inspiré par la redécouverte des réflexions du philosophe grec Aristote. Dans le Chant I, le poète donne des conseils de travail aux poètes du XVIIème siècle.
Il s'agit alors d'analyser quelle image du travail poétique est donnée par ce didacticien. Les conseils concernent à la fois la rigueur dans la construction de l'œuvre et dans le travail du poète.
Questions : Quels sont les conseils dispensés par Boileau ? Comment un poète doit-il construire son œuvre ? Ces conseils sont-ils pris en compte par Boileau lui-même ?
I. La rigueur de construction classique est conseillée par Boileau qui l'applique lui-même:
A. La versification est un des points sur lesquels le poète doit concentrer ses efforts : v. 11 « qui court en rimant », avec effet négatif au vers suivant, mot « rimant » à la rime avec « jugement », qui semble dire que l'œuvre est jugée / rimes. On peut alors observer rimes de Boileau : alternance rimes féminines, rimes masculines, rimes suffisantes ou riches, pas pauvre. (Attention à la lecture du [e] final).
En rejet du baroque, le classicisme demande de la rigueur ; l'œuvre doit être construite selon un code strict de versification que Boileau revendique et applique à titre d'exemple.
B. Le langage doit évidemment être précisément recherché et utilisé : langue soutenu, sans barbarisme, sans solécisme, respect de la langue, « sacrée », à la rime. Voir les mots placés en rime, donc mis en évidence. Mise en pratique des conseils. Insistance avec l'adverbe superlatif « surtout » placés en début de vers.
Le classicisme lutte contre le courant précieux qui utilise nombre de mots savants et alambiqués pour le plaisir, sans forcément respecter la sémantique et la syntaxe. Boileau dénonce le pédantisme et s'efforce d'utiliser des termes précis.
C. L'ordre de composition apparaît lui aussi comme essentiel au travail poétique : ordre des éléments les uns par rapport aux autres, formation d'un ensemble harmonieux / la disposition en vers mime ce qui est dit : v. 24 : début, fin // milieu, v. 27-28 « du sujet s'écartant » / « trop loin quelque mot éclatant »
Boileau montre ici aussi l'exemple en organisant les idées selon une forme harmonieuse qui mime le sens des propos, mais aussi de façon plus générale en respectant un plan d'ensemble, qui énumère les conseils de façon ordonnée, en passant d'un sujet avec l'autre avec transition : le respect de la langue, la patience, le recommencement incessant du travail, l'ordre, l'entourage.
Question : quelles sont les qualités que doit posséder le poète pour écrire son œuvre ?
II. L'exigence de travail classique :
A. La patience est la première vertu du poète : impératif affirmatif puis négatif, jugement v. 11, oxymore « hâtez-vous lentement » : pas de paresse mais de la patience, travail continu, acharné et long // Fable du Lièvre et de la Tortue, la Fontaine. Boileau lui aussi prend son temps pour écrire son poème.
B. Il semble qu'il faille alors toujours recommencer : métaphore de l'artisan, v. 18-19. Construction en chiasme du vers 20 : pour montrer la lenteur du travail sans cesse défait, qui avance très lentement. Construction du vers très travaillée : 19 et 20 en parallèle : comme pour mimer la répétition du travail poétique.
C. De plus le poète doit se méfier des louanges et rester humble : L'humilité est une des qualité de l'honnête homme du XVIIe siècle // de l'Antiquité. Il doit savoir critiquer son travail, selon certaines règles, et écouter les critiques, les conseils d' « amis prompts à vous censurer » = Boileau, par exemple ? Portrait hyperbolique et péjoratif du flatteur, tel qu'il y en avait beaucoup à la Cour de Louis XIV. Présent de vérité générale qui semble énoncer des définitions : v. 44, qui revient à la notion de lenteur associée cette fois à la « vérité » : vérité de la beauté, vérité de l'art…
Conclusion : Le XVIIe siècle redécouvre les auteurs et penseurs de l'Antiquité grecque. Nicolas Boileau lit la Poétique d'Aristote et compose son Art poétique pour prodiguer des conseils aux auteurs de son époque, tout en donnant l'exemple : il théorise ainsi le classicisme. Il donne alors une image du poète patient, acharné, recommençant sans cesse son travail à la façon d'un artisan appliqué, comme pour réconcilier l'étymologie commune d'art et artisanat, comme pour rappeler que poésie veut dire « faire » en grec. Le travail poétique apparaît alors comme le travail de l'ordre et de la beauté du langage.
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