Hostile au stalinisme, Desnos est un poète engagé. En 1928, il aide le romancier Alejo Carpentier à s'échapper de Cuba, où le tyran Machado l'avait emprisonné. Avec celui-ci, il sera l'un des pionniers de la création radiophonique en France. Dès 1934, il participe au mouvement frontiste et adhère aux mouvements d'intellectuels antifascistes. Il abandonne vite ses positions pacifistes, convaincu que, devant la montée des périls, la France doit se préparer à la guerre. Il est l'un des rares intellectuels français à partir au front par conviction. Ainsi écrit-il à sa femme Youki, en janvier 1940 : « J'ai décidé de retirer de la guerre tout le bonheur qu'elle peut me donner : la preuve de la santé, de la jeunesse et l'inestimable satisfaction d'emmerder Hitler. »
Durant l'Occupation, il continue à écrire dans la presse, notamment dans le quotidien fondé par
Henri Jeanson Aujourd'hui. Quand ce journal prend une orientation collaborationniste, il décide d'y rester et d'essayer de continuer à utiliser sa plume de journaliste pour essayer d'inviter ses concitoyens à la dignité et à l'espoir. Cela, des critiques moqueuses par exemple de Louis-Ferdinand Céline, une gifle au collaborateur Alain Laubreaux (qui avait insulté Jean Marais) lui valent des inimitiés qui tentèrent de le faire passer pour juif, à une époque où cela équivalait à être déporté dans des camps d'extermination. Son activité journalistique lui permet surtout de couvrir ses activités de résistant actif : il est membre du réseau AGIR et de l'équipe des Éditions de Minuit, fondées par Vercors.
(Source : biographie sur
je suis mort.com)
Le 22 février 1944, on l'avertit que la Gestapo va venir le prendre mais il refuse que ce soit Youki (qui se drogue à l'éther) qui subisse les représailles et éventuellement la torture. Il est incarcéré à Compiègne. Malgré les interventions de ses amis, parmi lesquels Georges Suarez, directeur d'Aujourd'hui, il sera déporté au camp de Flöha en Saxe, où il restera un an. Libéré, il s'éteint au camp de concentration de Térézin de misère, d'épuisement et du typhus, non sans nous laisser à travers sa correspondance avec sa femme Youki, encore une fois une leçon de courage, d'amour et de liberté. « Ce n'est pas la poésie qui doit être libre, c'est le poète ».
Robert Desnos est enterré au cimetière du Montparnasse à Paris.