1er générale du lycée Queneau, Yvetot, Normandie

Le problème du réalisme littéraire dans le travail d'invention

Par dp3calmette - 04:08, mercredi 14 mars 2018 .. commentaires : 0 .. Lien

L'ANCRAGE DANS LA RÉALITÉ : LE REGISTRE RÉALISTE

(par Mme Bouteiller)

 

N.B. : le réalisme est au programme de seconde, vous avez tous étudié des œuvres de ce mouvement littéraire et c'est à cette exigence d'écriture qu'il fallait tendre en se rappelant de ses grands principes :

 

A aucun moment le lecteur ne doit se dire que ce qu'il lit n'est pas possible

-          Parler de la réalité telle qu'elle est, sous tous ses aspects, sans chercher à l‘enjoliver.

-          Parler du quotidien, des objets, des accidents minimes de la vie de tous les jours.

-          Utiliser le petit détail « qui fait vrai ».

-          Se documenter, enquêter, savoir de quoi on parle.

-          Utiliser le vocabulaire précis, spécialisé (par exemple celui des métiers).

-          Observer et décrire la société de son époque, ancrer le récit dans l'histoire contemporaine de l'auteur.

-          Faire s'exprimer les personnages au discours direct comme dans la vraie vie avec les fautes, les accents…

-          Respecter la psychologie des personnages = les faire agir conformément à ce qu'ils sont.

-          S'inspirer des faits divers

-          Choisir de vrais lieux, de vrais noms

-          Etc.

 

Il fallait donc avoir une très bonne connaissance de l'époque et du milieu dans lequel vous inscriviez l'histoire, être capable de citer des noms propres, des mots techniques appartenant au métier envisagé, des événements historiques, des dates, des lieux précis…

Par exemple, pour celui qui voulait devenir architecte, il aurait été judicieux de citer des architectes ou des édifices très célèbres, le nom des grandes écoles d'architecture, de connaître les étapes de la formation, les mots du métier… Cette remarque est valable pour tous les rêves. S'il s'agissait de la Route 66, il fallait connaître les différents états qu'elle traverse, les paysages célèbres, sa longueur, son point de départ et son arrivée…

Par ailleurs, si vous parliez du rêve de jeunesse d'une aïeule, il fallait se souvenir que le statut des femmes dans la société n'était pas le même qu'aujourd'hui mais aussi, de façon générale, qu'on ne se déplaçait pas avec autant d'aisance il y a cinquante ans, qu'on n'avait pas du tout les mêmes facilités pour tout, que le téléphone portable n'existait pas et que le téléphone lui-même n'était pas dans tous les foyers. Pas d'internet non plus…

(Au passage, je vous conseille une petite lecture TRÈS éclairante sur ce sujet : un petit livre du philosophe Michel Serres : C'était mieux avant ! publié en 2017.)

Les événements inventés devaient être vraisemblables et vous deviez faire agir les personnages de manière crédible, conformément à leur psychologie. Il ne fallait pas non plus « griller les étapes » et que les choses se fassent d'elles-mêmes. Il fallait que l'on sente à quel point cela avait été compliqué et que l'on mesure les efforts fournis. Il fallait aussi que l'on sente la passion, l'acharnement du personnage puisqu'il s'agit de son rêve.

Pour résumer et pour qu'on y croie, il fallait savoir de quoi vous parliez… et ne pas inventer n'importe quoi.

 

Plusieurs devoirs ressemblent à des contes de fées et non à des récits réalistes.

D'autres sont très ennuyeux car vous n'avez pas réussi à créer d'attente, de suspense, se rebondissements…

D'autres sont « vides », on n'a aucun détail, on croirait des résumés

+ Essayez de sortir d'Yvetot, de Caudebec-en-Caux, etc. On attend un devoir d'invention…


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