CultureEAF

Réécriture : ??? videos explicatives

Par Laucun - publié le dimanche 25 janvier 2015 à 08:08 dans 06W Réécriture

https://www.youtube.com/watch?v=19joNRzWNZM&list=PL_1WVGjLTYqLuZvqEKyAH5uWWUY3I8R9u



Sujet bac corrigé

https://www.annabac.com/annales-bac/pensez-vous-que-toute-creation-litteraire-soit-d-une-certaine-maniere-une-reecriture?classe=44156&matiere=44158&theme=44167


Au CDI :

https://0450049j.esidoc.fr/search.php?pid=&action=Record&id=0450049j_231&num=9&total=140




Mon cours :



Objet d'étude première L 

Les réécritures, du XVII e siècle à nos jours

___________________ et / ou innovation ?


« Je vais reprendre, pour mes lectures du soir, les Morales de Plutarque. C'est une mine d'érudition et de pensées intarissable. Comme l'on serait savant, si l'on connaissait bien seulement cinq ou six livres ! »

Gustave Flaubert Correspondance à Louise Colet, 17 février 1853.


Lecteur et relecteur de son propre texte, un écrivain reste avant tout un lecteur nourri de littérature. De fait, lorsqu'un auteur décide de prendre la plume (stylo, machine ou clavier), il est déjà imprégné des textes, des histoires et du style de ceux qui l'ont précédé : il emprunte donc des chemins déjà parcourus. Quelles formes peut prendre cet emprunt ? Comment l'emprunt s'intègre-t-il au texte nouveau, et comment en révèle-t-il l'originalité ?


Une réécriture fondatrice : l'écriture

> La _______________ indique les différentes sources d'un auteur. Sources liées :

- A l'actualité, l'Histoire ex : Malraux dans la Condition humaine (la révolution chinoise) Yasmina Khadra, Khalil et les attentats du 13 novembre.

- À l'histoire personnelle, à l'expérience, au vécu intime (ex Camus et les paysages algériens dans l'Étranger).

- A sa culture personnelle, ses lectures, ses modèles (ex La Fontaine et le modèle des fables d'Ésope).

- A ses recherches, observations, carnets de travail (ex Zola dans Germinal).


> les ébauches, les brouillons, __________________. Ex : les corrections et nombreuses versions des Essais de Montaigne (p.322) ou des feuillets de Gustave Flaubert qui passe chaque ligne à l'épreuve du « gueuloir » pour chacun de ses romans.


> 4 procédés de réécriture :


Suppression : réduire, éliminer, épurer (proche du caviardage ou de la censure parfois).

Expansion : ajouter, amplifier (ex Montaigne et ses Essais)

__________________ (ex passage du « je » au « il » Tournier, Vendredi ou la vie sauvage / Vendredi et les Limbes du pacifique)

Déplacement (juxtaposer, copier/coller)



D'une ½uvre à l'autre : les différents modes de la réécriture


> Insertion, imitation, transformation, transposition.


Un texte littéraire peut contenir un certain nombre de fragments venus d'un ou de plusieurs autre(s) texte(s). Il s'agit d'_________________________ . Dans ce cas, l'auteur intègre à son ½uvre des éléments propres à l'éclairer ou l'enrichir. Il fait appel à un patrimoine commun et multiplie parfois les allusions, les références pour instaurer une connivence avec son lecteur. Il reprend des matières narratives, des personnages, des formes.



fidélité, modèle,

(ex le sonnet de Pétrarque repris dès la Renaissance dans toute l'Europe)

Deux intentions

principales :

clin d'½il, détournement, dérision

(ex Molière satire de la pastorale acte II de Dom Juan ; Prévert dans « Pater Noster » p.245)




- La citation est un court extrait, reproduit généralement entre guillemets ou en italiques. Elle peut être présente dans le récit, ou bien dans le discours des personnages, ou encore en ___________ _ – c'est-à-dire au début d'une ½uvre ou d'un chapitre. Le sens de la citation influe sur le sens du texte.

Exemple 1: Dans On ne Badine pas avec l'amour, Musset reprend les mots mêmes de Georges Sand dans sa Correspondance. « On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux ; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en

arrière et on se dit : j'ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois ; mais j'ai aimé. C'est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui.»

Exemple 2 : l'épigraphe, restée anonyme, du roman Khalil de Yasmina Khadra permet de suggérer des solutions pacifiques et constructives au manque de sens de la vie humaine, à l'inverse des choix mortifères de son héros impliqué dans les attentats parisiens du 13 Novembre 2015 : « Pour accéder à la postérité, nul besoin d'être un héros ou un génie – il suffit de planter un arbre. »

- Le ____________ est l'imitation du style d'un auteur. Dans ce cas, l'écrivain (B) « joue » à écrire comme l'écrivain (A), la plupart du temps en amplifiant certaines marques de son écriture. L'intention peut être esthétique en s'exerçant à un imiter un modèle que l'on admire ; mais elle peut constituer également un simple jeu avec le lecteur, qui prend plaisir à reconnaître le style de l'auteur imité.

Exemple : Gustave Flaubert (1821-1880), lui, est imité par Marcel Proust, Pastiches et mélanges (1919). https://education.francetv.fr/matiere/litterature/premiere/video/pastiche-imiter-un-style


- La parodie (parodia « chanter à côté, chanté faux ») consiste en une déformation du style, ou du texte d'origine. Il peut y avoir un changement de registre (du tragique au comique, de l'épique au prosaïque, etc.), ou changement de genre (du théâtre à la chanson). Si le plus souvent, la parodie détient, comme le pastiche, un but comique, elle peut cependant avoir pour objectif de souligner l'écart entre le texte source et le texte actuel, afin de renouveler une réflexion.

Exemple : Rabelais parodie le registre épique des chansons de geste dans Gargantua ; Voltaire dans Candide ou l'optimisme multiplie les parodies de la Bible, du roman sentimental, de la Théodicée de Leibniz… et s'inspire du style et de l'esprit de Rabelais dont il relit Gargantua ; Jean Anouilh relit Antigone de Sophocle en 1944 ; Deville imite les vers de Verlaine « Les Tangos lents / Des violents/ En dix tonnes/ Laissent ma s½ur/ D'une minceur/ Qui m'étonne »  + cf Hamlet : mythe repris et transposé pages 514 à 517.


- La traduction est encore un autre mode de réécriture ; le passage d'une langue à une autre entraîne de nombreuses transformations, et pose des problèmes d'interprétations au traducteur. En effet, il est délicat de parvenir à traduire le sens exact d'un mot ou d'une phrase, mais aussi ses connotations, le registre de langue, etc. De plus, chaque langue s'accompagne d'une culture propre, et aucune transposition n'est jamais parfaite, ce que le proverbe italien « Traduttore, tradittore » («Traducteur, traître») met en lumière.

Exemple : A la fois auteur et passeur, Baudelaire a traduit les Histoires extraordinaires de Edgar Allan Poe. Il trouve dans l'auteur américain un “frère littéraire”, car les thèmes et les principes poétiques des deux hommes sont proches. Baudelaire le reconnaîtra dans une lettre à Théophile Thoré, en 1864: “La première fois que j'ai ouvert un livre de lui, j'ai vu, avec épouvante et ravissement, non seulement des sujets rêvés par moi, mais des phrases pensées par moi, et écrites par lui vingt ans auparavant.” Les traductions en français de Baudelaire ont permis une large diffusion de l'½uvre de Poe, tandis que le poète, dont les problèmes financiers sont bien connus, y a trouvé là une source d'inspiration mais aussi, de façon plus pragmatique, de financement.


- La transposition ou l'imitation est une variation littéraire assumée à partir d'un sujet, d'un thème déjà exploité par un autre auteur, ou encore d'un « mythe » (comme celui d'¼dipe, mais aussi celui de Faust, de Dom Juan, etc.). Des auteurs comme Racine ou Corneille, au XVIIe siècle, puisent ainsi dans le fonds antique pour écrire leurs tragédies. Le changement de forme, par exemple l'adaptation d'un roman au cinéma, est également une forme de transposition.

Exemple : Dans ses poèmes en prose, Baudelaire transpose parfois ses poèmes en vers notamment « La Chevelure » qui devient « Un hémisphère dans une chevelure ». Le poème en prose garde les mêmes thèmes (voyage, rêverie, synesthésie, éloge de la femme à travers un blason), la même construction (sept strophes pour sept paragraphes), mais se différencie de l'original. Le style paraît plus libre, dans le fond et la forme, adapté à la prose : ici moins lyrique (les points d'exclamations sont moins nombreux) mais plus sobre et sincère (le poète semble douter et s'adresse plus directement à sa muse), surtout davantage sensuel et prosaïque ; Georges Brassens met en parole et musique le mythe de don Juan dans une chanson où le libertinage devient symbole de l'altruisme.


- L'_____________________. Il s'agit là de poursuivre ce que le texte originel ne dévoile pas. Un autre épisode peut être ajouté, ou une suite peut être constituée.

Exemple : Au XVIe, Montaigne enrichit constamment son propre texte, d'où de multiples rééditions des Essais ; au XIXe siècle Baudelaire dans « Don Juan aux enfers » imagine la catabase du personnage éponyme ; au XXI siècle, dans Meursault, contre-enquête (2014) de Kamel Daoud, l'auteur donne la parole au frère de « l' Arabe » sans nom assassiné par Meursault sur une plage d'Alger grâce à un simple changement de narrateur. Au soir de sa vie, Haroun raconte comment tout est parti de ce funeste dimanche ensoleillé de l'été 1942, sur une plage près d'Alger, à 14 heures. Cinq coups de revolver tirés par un roumi dans "une nonchalance majestueuse", et disparition brutale de son frère aîné, Moussa, figure tutélaire de la famille depuis que le père s'est volatilisé, une nuit. "Comment peut-on tuer quelqu'un et lui ravir jusqu'à sa mort?" se demande le cadet de M'ma, qui supportera la folie et la haine de sa mère ("J'étais un objet, pas son fils") jusqu'à ce qu'il commette, à son tour, l'acte insensé: descendre, au lendemain de l'Indépendance, à Hadjout (anciennement Marengo), là même où est censée être enterrée la mère de Meursault, un gros Français à chemise à carreaux. "Ce n'était pas un assassinat, mais une restitution", souligne le narrateur avec un style proche de celui de Camus.




Les arguments pour l'entretien et la dissertation :


L'imitation et tradition valorisées : réécriture formatrice et gage de qualité

- La création est une inscription dans une lignée d'½uvres. Cette position est celle de la Renaissance et du XVIIe siècle. L'humanisme (qui redécouvre les textes de l'Antiquité), puis le classicisme, ne conçoivent pas l'écriture autrement que comme l'imitation des Anciens. La valeur d'une ½uvre ne réside pas, alors, dans le fait d'être totalement inédite : elle réside dans sa capacité à redonner vie à l'½uvre ancienne, et à l'enrichir par un style propre. Le lecteur comprend aisément la réécriture car il connaît la matrice narrative originelle que l'auteur adapte à son temps. Cependant, on peut également considérer que l'emprunt n'est pas loin du plagiat, c'est-à-dire du « pillage » d'½uvres, et de la répétition, c'est-à-dire du ressassement sans apport nouveau. De plus, le fait de penser, comme le faisaient les Classiques, que l'imitation est la seule voie possible, comporte des risques, en particulier celui de dévaluer les ½uvres contemporaines (cf querelle des Anciens et des Modernes) ou celui de briser un élan créateur original. Les modèles peuvent alors devenir les gardiens d'une prison littéraire.


L'imitation dévalorisée : absence d'originalité, nouveauté et d'élan créateur

- Au XIXe siècle, les Romantiques voient la réécriture comme un carcan. Pour eux, les modèles jusque-là admis sont des prescripteurs de normes facteurs de sclérose. Le drame romantique d'Hugo (cf la bataille d'Hernani) ou de Musset (cf On ne badine pas avec l'amour) refuse de respecter des règles et modèles figés.


Réécrire c'est aussi créer !

- Tout en respectant le désir de nouveauté, celui qui écrit ne peut faire autrement que de puiser dans un fonds (que ce soit au niveau des mots, du lexique ou des thèmes). La réécriture est créative, dynamique, lorsqu'elle articule l'ancien et l'inédit. Il faut, pour cela, que l'auteur comprenne et écoute la source qu'il a choisie, mais sans la recopier servilement. Elle permet une connivence avec le lecteur, une forme de pacte de lecture. Un angle novateur est nécessaire pour « dépoussiérer » le modèle, de même que le modèle est nécessaire pour donner vie au successeur. C'est le sens de la formule de Paul Valéry : « Le lion est fait de mouton assimilé. » D'autre part, chaque ½uvre d'art est multiple, riche d'interprétations différentes. Les réécrire, c'est finalement leur redonner sa richesse, en accentuant un aspect jusque-là peut-être négligé ou minimisé. N'est-ce pas, au théâtre, le travail du metteur en scène ?



https://0450049j.esidoc.fr/search.php?pid=&action=Record&id=0450049j_11554&num=10&total=140





Page précédente | Page 28 sur 40 | Page suivante
Afin de bachoter avec raison mais non sans passion
«  Juillet 2026  »
LunMarMerJeuVenSamDim
 12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
2728293031 

Liens

Derniers commentaires

- La suite (par Visiteur non enregistré)
- Eleve de première es1 (par Visiteur non enregistré)
- Commentaire sans titre (par Visiteur non enregistré)
- Commentaire sans titre (par Visiteur non enregistré)
- Questions d'entretien séquence 4 (par Visiteur non enregistré)

Canal RSS

Abonnement