1er générale du lycée Queneau, Yvetot, Normandie

Parfum exotique et les aventures ero-exotiques de Baudelaire

Par dp3calmette - 05:05, mercredi 27 février 2019 .. commentaires : 0 .. Lien

Les Fleurs du mal de Baudelaire, recueil publié en 1857, contient de nombreux poèmes sur le thème du voyage, dont le sonnet "Parfum exotique" fait partie. Baudelaire a lui-même voyagé dans un pays exotique, à l'âge de 20 ans (séjour organisé par son cher Beau-père, le général Aupick…), vers l'île Maurice de La Réunion en 1841 et ce voyage, par ses rencontres de paysages et de gens l'a manifestement inspiré.

Portrait de Baudelaire en 1844 (24 ans) par Emile Deroy :
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« Je n'ai jamais mis le pied dans votre cage à moustiques, sur votre perchoir à perroquets. J'ai vu de loin des palmes, des palmes, des palmes, du bleu, du bleu, du bleu... ». Pur mensonge, pure insolence : le jeune homme est bien arrivé à La Réunion le 19 septembre 1841, à bord du « Paquebot des mers du Sud » ; il en repartira 45 jours plus tard sur « l'Alcide » le 4 novembre 1841. (pour en savoir plus sur les mystères du voyage exotique de Baudelaire : http://7lameslamer.net/charles-baudelaire-1933.html et là aussi : http://ex-libris.over-blog.com/article-baudelaire-a-l-ile-maurice-un-voyage-initiatique-48065534.html

Placé dans la partie "Spleen et idéal", les alexandrins du poète évoquent un voyage onirique, inspiré par le parfum de la femme aimée – qui était, selon toute évidence, son amante Jeanne Duval, métisse venant d'un pays que les biographes n'ont pas su identifier avec exactitude. Grâce à elle, rêvant aux lointains incertains, l'amant évoque différentes visions du paradis baudelairien.

Parfum exotique

Quand, les deux yeux fermés, en un soir chaud d'automne,
Je respire l'odeur de ton sein chaleureux,
Je vois se dérouler des rivages heureux
Qu'éblouissent les feux d'un soleil monotone ;

Une île paresseuse où la nature donne
Des arbres singuliers et des fruits savoureux ;
Des hommes dont le corps est mince et vigoureux,
Et des femmes dont l'oeil par sa franchise étonne.

Guidé par ton odeur vers de charmants climats,
Je vois un port rempli de voiles et de mâts
Encor tout fatigués par la vague marine,

Pendant que le parfum des verts tamariniers,
Qui circule dans l'air et m'enfle la narine,
Se mêle dans mon âme au chant des mariniers.


 

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