En plus du cours

suite nouvelles 5 et fin

Par aljouaux - publié le mercredi 13 juin 2018 à 14:38

Un double amour

 

 

            J’ai acheté un petit appartement à Asmara au sixième étage. J’ai une vue sur l’église et la mairie, mais aussi sur toute la ville et sur les montagnes.

Il est 16 heures, je fais un petit tour pour découvrir la ville et je vois cet homme, il habite dans un petit immeuble près de la mairie, il est très très beau. Je suis tombée sous le charme la première seconde où je l’ai vu. Ma mère me tanne depuis longtemps pour que je trouve un mari. J’ai décidé d’aller lui parler. Il s’appelle Janice, il a 28 ans est il est chirurgien. Il est originaire de la région. Il m’a proposé de découvrir la ville avec lui. Il me fait découvrir ces lieux, tous les coins branchés et me propose d’aller boire un verre dans son bar préféré. On a discuté jusqu’à minuit, il m’a raccompagnée chez moi. Je suis rentrée fatiguée mais heureuse de cette journée que je me rappelle encore aujourd’hui.

            On s’est revus presque tous les jours, on ne se quittait jamais, amoureuse comme au premier jour, il vivait avec moi.

 

            Au bout d’un an, on se maria, mais la routine commença déjà à s’installer dans notre couple. Peu de temps après le mariage, je ne l’aimais plus comme au premier jour ; le bel homme que j’avais vu la première fois avait bien changé, mais au fond de moi je ne voulais pas le quitter. Plus le temps passait, plus je me rapprochais d’autres hommes, notamment d’Aman, un garçon rencontré dans une boîte de nuit qui m’avait l’air étrangement familier. Mais il était beau et il me plaisait, je savais qu’il ne fallait pas se fier aux apparences mais je l’aimais vraiment beaucoup.

 

            Janice ne se doutait de rien. Notre couple s’essoufflait mais il s’intéressait tellement peu à moi maintenant qu’il ne se posa aucune question.

On continua Aman et moi à se voir tous les jours au même endroit sur la place de la mairie.  Puis on commença à se voir de moins en moins car Aman avait peur que Janice nous trouve, il voulait que je lui avoue tout et que je le quitte pour lui. J’avais beau essayer, je n’arrivais pas à le quitter. Depuis ce jour, Aman a toujours refusé de me voir malgré toutes mes demandes. Je m’en veux tellement. Il en avait marre de moi à cause de mes propositions pour se voir et décida d’aller en parler à Janice. Ce dernier était déçu, il tenait à moi, il pensait que je pourrai être la femme de sa vie. Je suis rentrée chez moi et là je le vois en train de faire ses affaires, énervé. Il me quitte.

           

            Je me retrouve donc seule sans Aman ni Janice.

 

Antoine Beaufils, Tom Baptiste




Un amour mortel

 

 

      C’était en -623 avant Jésus Christ. Alec était un jeune Athénien de vingt neuf ans qui vivait à Galasti avec sa mère, sa s½ur et son père. Son père, Hélias, était un héliaste du conseil d’Athènes. Sa mère était une citoyenne classique. Sa s½ur, Elea, était une jeune femme de vingt deux ans. C’était une famille assez aisée.

 

      Alec venait de trouver du travail chez un potier très reconnu, son patron était quelqu’un de fort sympathique et aussi de très travailleur. Ses parents étaient fiers  que leur fils ait trouvé du travail. Alec était une personne sérieuse et qui savait rire quand il fallait. Cela faisait deux semaines qu’il était arrivé et son patron l’adorait déjà.

 

    Un beau matin, il décida d’inviter son patron et sa famille à dîner. Son patron accepta avec plaisir. Le vendredi suivant, les deux familles se rencontrèrent. Dès l’arrivée de son patron, Alec ne vit qu’une chose, la fille de son patron, Daphia. Grande jeune femme, peau claire, cheveux très foncés, avec des yeux bleus d’une grande pureté. Toute la soirée, il resta stupéfait par sa beauté. A la fin de la soirée, quand la famille s’en alla, Alec ne voulut qu’une chose : la revoir.

  

   Les jours suivants, quand Alec était au travail, il pensait sans cesse à cette belle jeune fille. Un vendredi, de bon matin, il arriva au travail en avance et à sa grande surprise il aperçut Daphia. Il s’approcha d’elle et lui parla. Il lui proposa qu’après ses heures de travail, ils aillent manger dans une auberge au coin de la ruelle. Elle  était gênée mais elle accepta cette proposition.

   Le soir-même il arriva devant la poterie, bien habillé, avec des chaussures cirées. Elle sortit de la boutique avec une belle robe rouge, ses cheveux étaient tirées en arrière, un collier de perles brillait autour de son cou.

 

   Le dîner se passa très bien, ils apprirent à se connaître et parlèrent pendant des heures. Quand soudain la porte de l’auberge s’ouvrit brusquement : le père de Daphia entra furieux, il attrapa sa fille par le bras et l’emmena dehors puis chez eux.

  

   Six mois s’étaient passés mais Daphia et Alec continuaient à se voir en cachette. Alec s’était fait renvoyer. Il avait proposé à Daphia de partir, de fuir leurs parents et de fonder une famille loin d’ici. Cela faisait deux semaines qu’ils préparaient leur départ . Ils devaient fuir la nuit du 13 juin au soir, tout était prêt.

 

   La nuit tombée, Alec descendit de sa chambre avec seulement un petit sac et toutes ses économies. Il laissa, sur la table de la cuisine, une lettre dans laquelle il expliquait à ses parents son départ. Il jeta un dernier coup d’½il à sa maison puis partit. Il marchait seul dans la nuit vers la maison de sa bien-aimée, il réfléchissait à tout ce qu’il venait de quitter et à tout ce qu’il allait découvrir. Il arriva enfin en bas de la maison de Daphia. Il trouva étrange qu’il ni ait ni bruit ni lumière. Il attendit au bord de la grande haie verte. Une heure...deux heures s’étaient écoulées sans un bruit, sans un moindre petit son. Il se leva et prit la décision d’entrer dans la maison. Il se posait des questions : «  L’aimait-elle vraiment ? » ; « Son père avait-il découvert leur liaison secrète ? »… Il ouvrit la porte qui grinçait terriblement. Il réfléchit un court instant en se demandant sil devait continuer cette expédition nocturne ou rebrousser chemin et rentrer chez lui. Mais il était beaucoup trop curieux et il entra donc dans la maison.

Une fois entré, il devait trouver où se trouvait sa bien-aimée. Il faisait si sombre qu’il ne voyait pas plus loin que là où il posait ses pieds. Au bout d’un moment, ses yeux s’habituèrent à l’obscurité de la maison. Au fond de la pièce, il aperçut l’escalier et il décida donc d’aller à l’étage. Il s’avança dans un long couloir, il vit trois portes, l’une d’elles avait une clenche dorée : il réfléchit donc un instant avant dentrer dans cette pièce mystérieuse. Il en déduit que c’était là quils prenaient leurs douches à cause du grand seau, des petits savons et des serviettes en train de sécher. Il ferma la porte derrière lui et regarda les deux autres portes.

Il s’avança vers une autre porte l’entrouvrit, elle grinça, il s’avança dans le noir, une bougie éclairait la chambre, c’était celle de Daphia. La fenêtre était ouverte, il vit une femme allongée sur le lit. En s’avançant encore plus, il reconnut Daphia. Alec  s’approcha délicatement du lit, quand soudain… il marcha dans quelque chose d’étrange, il prit la bougie la descendit vers le sol et la lâcha d’un seul coup. Une flaque de sang s’étendait le long du lit : il releva la tête et vit sa bien-aimée sans vie avec un objet métallique enfoncé dans le ventre. Il prit la bougie, la posa sur le lit et se mit à pleurer. Il resta des heures a côté d’elle.

 

     Au bout d’un moment, il se releva, le visage plein de larmes, s’approcha de la fenêtre. Il regarda au loin les premières lueurs du jour, il baissa les yeux et vit son ancien patron, le père de son amour décédé, étalé par terre dans une flaque de sang. Il devina tout de suite le scénario : son père avait été mis au courant de leur projet de fuite, il lavait tué pour ne pas qu’elle parte puis sétait suicidé à cause de ce qu’il venait de faire.

 

 

   Alec rentra chez lui et mit des années à oublier cette histoire, il devint un Héliaste comme son père et se promit de ne plus jamais tomber amoureux de personne.

 

 

 

NOMS

suite nouvelles 4

Par aljouaux - publié le mercredi 13 juin 2018 à 14:36

Un Mariage Antique

 

         Je m’en souviens comme si cela était hier, c’était il y a deux années, sur le forum de Rome, en l’an 304. Je l’ai rencontrée lors d’une pièce de théâtre, elle était sous l’arcade proche du temple, seule contemplant la cérémonie d’ouverture donnée par son père. Elle était patricienne tandis que je n’étais qu’un plébéien. Malgré la foule, je la remarquai elle, elle était vêtue d’une belle toge blanche et violette, ses cheveux, je m’en rappelle, étaient ondulés, ses yeux étaient marron clair.

 

         Je profitais de la cérémonie pour aller à sa rencontre, elle se présenta à moi et je me présentai à elle. Lucrèce , se dénommait-elle, était instruite et bien éduquée, ce qui était rare à Rome. J’appris qu’elle n’était pas encore mariée pour son âge mais que son père comptait la marier à un autre patricien du nom de Lucius…

 

         Lucius Iulius, un sénateur issu d’une grande famille romaine comprenant des consuls, des généraux et des sénateurs.

 

         Malgré cela, j’appris que son père voulait garder le contrôle sur sa fille, on appelle cela un «sine manu», peut-être que son père l’écoutera si elle se dit amoureuse d’un autre homme que ce Lucius, malgré la fait que je ne sois qu’un plébéien.

 

         Nous nous sommes revus plusieurs fois pendant les six mois suivants notre rencontre, les choses avaient changé... nous étions amants, malheureusement un jour, son père lui annonça que Lucius et lui avaient décidé de la date du mariage avec Lucrèce.

 

         Nous décidâmes de continuer à nous aimer mutuellement malgré ce mariage.

Au sénat de Rome, les rumeurs parcoururent qu’un débat concernant les plébéiens se mettaient en place sur l’autorisation éventuelle d’un mariage entre les Patriciens et les Plébéiens. J’appris par Lucrèce que Lucius était le sénateur qui avait proposé cette loi.

 

         Quelques jours plus tard, une émeute de Patriciens éclata devant le sénat, les vigiles gardant le sénat furent débordés mais malgré le nombre de Patriciens, à la fin de la journée, l’émeute fut dissoute et les sénateurs sains et saufs, il y eut seulement des blessé du côté des Patriciens.

 

         Quelques jours plus tard, Lucius Iulius, le dirigeant de cette loi, fut retrouvé mort au sénat. Cet acte visant à empêcher sa loi de passer eut l’effet contraire et la loi passa dans la semaine suivante.

 

         Le mariage de Lucrèce et de Lucius ne pouvant plus avoir lieu, son père commença à chercher un autre homme à marier à sa fille. Dès que j’appris cette nouvelle de la bouche de Lucrèce, je me déplaçai à leur villa et demandai la main de Lucrèce à son père pour un mariage d’amour. Grâce à la loi de Lucius, je possédais toutes mes chances de voir ce mariage s’accomplir…

 

         Son père, malgré le fait que je ne sois qu’un plébéien, accepta ma demande pour le plaisir de sa fille… notre mariage eut lieu sur le forum de Rome, là où tout commença en 305, il y a seulement deux ans…

 

 

Justin Dumay

Quentin Guillot




Panique en Italie

 

   Angelo était un Italien de grande taille, blond avec des lunettes, les cheveux toujours plaqués en arrière, presque châtain à cause du gel. Ni gros ni maigre, c’était un homme normal, pas de particularités si ce n’est sa discrétion hors norme. On ne le voyait jamais venir ni partir, presque comme un fantôme. Il était souvent habillé comme un bourge, cravate et chemise étaient donc de mise. Il travaillait dans un restaurant dont le nom est oublié en Toscane. Il avai quitté sa famille qui habitait en Sardaigne car il était allé chercher du travail dans le centre de l’Italie. La vie là-bas était dure, il avait du travail, mais manquait d’argent. Et sa famille lui manquait. Il gagnait peu d’argent, ce qui lui permettait juste de payer son petit loyer, et de quoi se nourrir. Après quoi, il ne lui restait presque rien.

 

   Un soir, Angelo était sur le point de fermer le restaurant, son patron étant

parti pour un rendez-vous avec la presse pour un coup de pub. Au moment où il allait partir, il vit qu’une cliente était restait à une table, avec son café.

Elle lui dit qu’elle avait des problèmes, Angelo lui proposa donc d’en parler, la femme accepta de se confier à lui.

Après, ils se revirent et devinrent amis .

Trois mois plus tard ils décidèrent de se marier.

 

   Angelo allait se marier avec la merveilleuse Flavia, fille d’une famille bourgeoise. C’était en 1982, ils avaient payé pour un mariage une somme convenable. Seule la famille était invitée.

 

   Angelo partit chez Flavia pour aider ses parents aux préparatifs du mariage. Il y avait beaucoup de papiers à remplir, mais Angelo, lui, s’occupait juste de petits détails pour le banquet. Il reçut une lettre de ses parents. En la lisant, il découvrit qu’ils n’étaient pas trop d’accord pour ce mariage, car ils trouvaient quAngelo était trop jeune. Ses parents insistaient vraiment sur le fait qu’ils n’étaient pas d’accord. Mais Angelo ne tint pas compte de leur avis. Il chiffonna donc la lettre et la lança dans la cheminée.

 

    Angelo sortit de chez les parents de Flavia. Il avait encore la tête dans les préparatifs du mariage. Cela le tracassait, et il en avait presque oublié sa bien-aimée. Sur le chemin, il décida de lui acheter un bouquet de roses.

 

   Il poussa la porte de chez lui, et posa son manteau sur le canapé. En appelant Flavia, il remarqua rapidement qu’elle n’ était pas là, elle était introuvable. En cherchant bien, il trouva une lettre. Il l’ouvrit, les mains tremblantes, puis il découvrit dans un court message que Flavia avait été enlevée. Angelo laissa tomber le bouquet de fleurs et serra les poings.

« Je la retrouverais ! »

 

   Angelo partit chercher l’aide de son frère, Ricardo. Ils allèrent ensemble voir leur grand-mère, qui habitait non loin d’ici. Après plus d’une heure de discussion, elle leur révéla un terrible secret : leurs parents avaient engagé la Mafia.

 

   Tout le monde connaissait la planque de la Mafia, mais personne n’osait s’aventurer près de ce repère. Ils partirent donc en direction de la planque qui était dans les égouts, éclairée par la seule force de leurs lampes torches. Après avoir avancé longuement, Angelo arriva à l’entrée où le bras-droit du chef de la Mafia local était en train de questionner Flavia. Angelo lui sauta dessus et tenta de l’assommer. S’en suit un combat rapide entre le bras-droit et le jeune Angelo, heureusement, ce dernier gagna le combat. Il libéra Flavia. Ricardo les rejoignit, après avoir neutralisé les autres gardes.

 

   Après avoir retrouvé Flavia avec laide précieuse de Ricardo, les deux amoureux fuirent le pays pour partir vivre au États-Unis. Ils prirent la nationalité américaine, et se firent renommer Flavy et Angel. Ils firent un très beau mariage et donnèrent naissance a deux garçons. La famille vécut heureuse et on nentendit plus jamais parler de leurs familles d’origine. 

 

 

 

 

Raphaël Lesaulnier, Néo Gautron, et Mathis Durel.



Un mariage pas comme les autres

 

20 juillet 2016

Allison est dans le coma depuis trois semaines : elle est tombée dans le coma le jour de son mariage. Louis reste à son chevet depuis ce jour.

 

28 juin 2016

C’est le grand jour pour les amoureux. Dans quelques heures, ils seront unis par les liens du mariage.

Dans une salle, Allison se prépare avec l’aide de sa mère, sa future belle-mère et de sa témoin Camille. Sa coiffure : une tresse en épi de blé avec quelques strass mélangés avec des mèches. Elle est maquillée de façon naturelle. Sa mère lui met son voile et elle est enfin prête pour la cérémonie de l’église.

Du côté de Louis, il se prépare avec ses témoins qui sont Alexis et Thibault. Puis il met sa veste et lui aussi est prêt pour l’église.

Louis est arrivé depuis dix minutes à l’église. Il attend Allison debout et il voit l’église se remplir de plus en plus de leurs invités. Alors la tension monte en lui. Allison vient juste d’arriver devant l’église avec la voiture. Elle sort avec l’aide de Camille et de son père, elle attend que Camille passe le grand couloir de l’église en jetant des pétales de roses blanches puis c’est au tour d’Allison de rentrer. La tension monte en elle, elle est au bras de son père puis ils commencent eux aussi à traverser le grand couloir de l’église. Quand Louis voit Allison, il la trouve tellement jolie qu’il ne la quitte plus des yeux. Allison arrive à côté de Louis, le père d’Allison embrasse sa fille et il va s’asseoir à côté de la mère d’Allison. Le prête commence son discours :

« Si nous sommes réunis dans ces lieux, c’est pour unir cet homme et cette femme par les liens sacrés du mariage […] Louis, voulez-vous prendre pour épouse Allison, l’aimer, la chérir, dans la richesse comme dans la pauvreté, dans le bonheur comme dans l’adversité et ce jusqu’à ce que la mort vous sépare ?

- Oui, je le veux !

- Allison, voulez-vous prendre pour époux Louis, l’aimer, le chérir, dans la richesse comme dans la pauvreté, dans le bonheur comme dans l’adversité et ce jusqu’à ce que la mort vous sépare ?

- Oui, je le veux !

- Par vos consentements mutuels, je vous déclare unis aux yeux de tous par les liens sacrés du mariage, vous pouvez embrasser la mariée. »

Louis embrasse Allison et tous les invités applaudissent.

Tous les invités sont sortis, ils attendent avec impatience la sortie des mariés pour leur jeter des pétales de roses blanches. Louis et Allison sortent et saluent leurs invités, puis ils se dirigent vers la voiture mais un bruit de pistolet se fait entendre, ce qui stoppe net Louis qui se trouve devant Allison. Il se retourne et voit sa femme, le ventre en sang, il court vers elle et la serre fort dans ses bras. Allison commence à perdre connaissance au moment où les ambulances arrivent. Allison fut emmenée à l’hôpital pour être opérée.

 

 

20 juillet 2016    

La folle qui a tiré sur Allison est une des anciennes petites amies de Louis qui était jalouse qu’il se marie avec une autre. Alors elle a voulu se venger.

Allison, elle, est dans le coma, les médecins ne savent pas si elle pourra se réveiller un jour. Mais Louis garde espoir et passe ses journées auprès de sa femme à lui rappeler comment ils se sont rencontrés quand elle a emménagé en France, comment ils se sont mis ensemble et à lui rappeler leurs premières vacances passées dans le pays natal d’Allison, l’Angleterre.

 

Maëva Lelièvre

et Charlotte Leclerc

La vie de Yuki Otsuka

 

 

Déjà cinq jours, cinq jours dans le froid, la faim, à errer dans les ruelles sombres. Cinq jours dans l’abandon, à ne pas savoir où aller. Assise dans un coin sombre, près d’un petit commerce pauvre où se vendait de quoi se nourrir. Les passants me regardaient, interrogatifs et vulnérables, j’avais l’air si misérable qu’ils voulurent me donner une pièce.

La pluie commença à tomber, des gouttes d’eau traversaient les toitures en bois et les habitants commencèrent à se réfugier dans chaque recoin où le toit n’était pas endommagé par la pluie.

Moi, je restais immobile à me rappeler de mon passé et des moments de mon enfance qui m’avaient marquée. Il y a quelques années de cela, lorsque j’habitais encore dans mon petit village nommé Yufuin, la première chose que l’on apercevait à l’entrée du village était ma maison. Ce logis en bois vêtu de quelques morceaux de tuiles en guise de toit servait à nous abriter. J’entrais dans la pièce principale munie de seulement quelques vieux meubles poussiéreux sur lesquels se trouvaient les anciens vases de mes arrières grands-parents, ainsi qu’une fenêtre qui laissait rentrer la lumière. Celle où chaque matin Kasuki m’accueillait avec un grand sourire.

Ce garçon que je connaissais depuis mon plus jeune âge était plutôt grand, mince, ces yeux étaient d’une couleur émeraude, on ressentait dans son regard sa gentillesse et sa bonté. Il était vêtu d’un vieux kimono que son père lui avait donné avant de partir à la guerre. Toutes ces années passées à ses côtés étaient pour moi un pur bonheur.

Dès que je le voyais, les palpitations de mon c½ur s’accéléraient. Je n’avais qu’une envie : rester avec lui pour l’éternité.

 

Alors que je me rappelais tous ces bons souvenirs de mon enfance, j’entendis une voix qui me fit revenir à la réalité. Cette voix grave et froide était celle de M. Sasaki : mon futur mari.

Il prit la parole d’une voix déterminée :

- Yuki, te voilà enfin ! Tu sais, je t’ai cherchée toute la journée et je ne t’en veux point de t’être enfuie de cette manière. Rentrons avant que le soleil ne se couche. Nous avons encore tant de choses à préparer pour le mariage de demain soir. Tu dois essayer ta robe, ton maquillage...

A ce moment-là, j’ai arrêté de l’écouter et je me suis dit que cet homme qui me tenait par la main était celui avec qui j’étais condamné à rester jusqu’à la fin de mes jours.

 

C’était le soir du mariage. J’enfilais ma robe, la tension montait en moi. Je m’approchai du miroir argenté orné de magnifiques fleurs rouges pour m’admirer. Je ne reconnus point mon visage qui était envahi de tristesse. A ce moment-là, je sus qu’il fallait prendre une décision ; soit me marier avec un homme qui pourrait m’offrir tout ce dont j’aurais besoin mais avec lequel je ne serais pas heureuse, soit retrouver l’homme que j’aime réellement malgré sa pauvreté.

 

Je partis sans regret.

 

 

Patron Maëva

Tribhou Lauraly

suite nouvelles 2

Par aljouaux - publié le mercredi 13 juin 2018 à 14:35

                                      Je ne m’appellerai pas Vasilis

 

 

            J’ai toujours vécu à Thèbes et j’ai toujours aimé cet endroit. Je ne suis pas d’une famille riche ou importante, mais nous sommes heureux ainsi, malgré le fait que mes parents aient des personnalités complètement opposées : mon père autoritaire, qui veut se faire entendre par tous, et ma mère petite, silencieuse et discrète. Ils sont heureux ensemble, enfin je trouve qu’ils sont heureux.

Aujourd’hui, je souhaitais simplement prendre l’air, je marchais dans les rues de Thèbes accompagnée de mon père, il ne souhaitait pas que je m’éloigne trop de lui, et quand j’essayais quand même de trouver un endroit plus reculé et silencieux, je le voyais s’approcher au bout de quelques minutes.

 

Je soupirais, je ne comprenais pas toutes ces règles : Pourquoi n’ai-je pas le droit d’être seule ? Pourquoi dois-je toujours être collée à mon père ? Je ne vais pas m’enfuir, enfin !

Pendant que je me perdais dans mes pensées, je vis une foule de gens proche de nous. Une étrange idée me traversa l’esprit : pourrais-je essayer de perdre mon père dans la foule ? Oserais-je vraiment le faire ? Je n’ai pas l’habitude de désobéir, encore moins à mon père, qui ne me le pardonnerait jamais.

J’allais oublier cette idée folle quand de l’autre côté de la foule, je vis une fille assez grande avec des cheveux noirs attachés en un chignon qui semblait avoir été fait rapidement. C’était Thalie Hanos, une amie d’enfance. Ses parents sont morts quand elle était encore jeune, et elle s’est toujours débrouillée seule. Je pense qu’elle pourrait déjà être considérée comme une femme, elle est courageuse et ne recule devant rien. Je dois avouer que parfois je rêve d’être comme elle. J’aimerais ne pas avoir à me soucier de l’autorité des hommes et être capable de dire « non ». Cela lui a souvent amené des problèmes, évidemment, mais elle semble ne jamais apprendre sa leçon et ne tarde jamais à trouver de nouvelles manières d’ennuyer les autres, gardant son attitude que certains qualifieraient d’infantile.

 

Pour une quelconque raison, la voir m’a donné du courage, j’ai envie de la voir de plus près, de lui parler, je jetais un coup d’½il à mon père qui parlait avec un homme de presque vingt ans plus jeune que lui, ses habits témoignaient de sa richesse.

Je saisis cette occasion pour courir vers la foule, poussant quelques personnes au passage. Je m’arrêtais pour m’excuser et vérifier si mon père avait repéré ma ruse. Il n’avait rien vu, alors je continuais à marcher plus tranquillement vers l’autre côté de la foule, où Thalie, elle, m’avait vue. Elle avait croisé les bras et m’affichait un grand sourire.

 

 

            Quand je me suis approchée d’elle, j’ai soudainement senti mon c½ur s’accélérer. Je n’y prêtais pas attention, je pensais simplement que j’étais heureuse de la revoir. Je ne lui avais plus parlé depuis mon quinzième anniversaire, et je le regrettais amèrement. Je ne voulais pas l’ignorer, mais contrairement à elle, qui n’a jamais dû subir l’autorité d’un père, le mien me donnait mauvaise nouvelle sur mauvaise nouvelle, dont une que je devais annoncer à Thalie. Mon estomac se noua. Nous parlions comme si c’était un jour comme un autre : Comment ça va, il fait beau aujourd’hui, comment vont tes amis…

Je pris une grande inspiration.

 

« Thalie. Je dois t’avouer quelque chose. »

 

Elle pencha la tête sur le côté et fronça les sourcils.

 

« Quoi donc, Apolline ? Est-ce grave ? »

 

J’hésitais à lui dire, mais elle, qui a toujours connu la solitude et la liberté du célibat, devrait comprendre mon désespoir.

 

« Mon père souhaite me marier. »

 

Elle décroisa les bras et les laissa tomber, les balançant lentement. Son visage semblait plus confus que déçu.

 

« Quand ? À qui ? Pourquoi ? Il ne pense pas que tu es capable de t’épanouir seule ? »

 

Je mordais mes lèvres, elle pense que c’est un choix et comme j’aimerais que ce soit le cas…

 

« Dans un mois, à David Vasilis. » Je me retournais pour regarder mon père discutant toujours avec cet homme. « C’est lui. Il est plutôt riche, et nul doute qu’il serait capable de m’offrir un manoir vu sa fortune. Mais je ne l’aime pas, et je ne pense pas l’aimer un jour, il ne sait parler que de lui-même et de sa vie parfaite, je ne serai qu’une décoration de plus dans sa demeure. »

 

Thalie le regardait de haut en bas, visiblement en train de juger chaque détail de ses vêtements, son visage et sa manière de bouger pendant qu’il parlait. Quand elle eut fini, elle secoua la tête.

 

« Ton père est cruel de te marier avec cet homme. Ne peux-tu donc pas refuser ? Tu ne veux pas t’enfuir ? »

 

Je riais. M’enfuir était bien tentant, mais c’était une idée folle.

 

« Oh Thalie, j’aimerais être libre et insouciante comme toi, mais ce n’est pas si simple. Je hais cet homme, certes, mais je ne pourrai jamais quitter Thèbes et ma famille aussi facilement. Et puis, même si j’avais le courage de partir, où pourrais-je aller ? »

 

Elle prit mes mains, je pouvais sentir mon visage rougir au contact soudain.

 

« N’importe où, enfin ! Loin des problèmes et du malheur ! Je viendrais avec toi s’il le faut, mais je refuse de te voir vieillir aux côtés d’un homme qui ne te mérite pas. »

 

Elle remarqua les larmes qui me montaient aux yeux. Comme je voulais courir loin de la décision de mon père ! Mais n’étais-je pas trop faible pour défier l’autorité d’un homme ?

Son pouce caressait le dos de ma main pour me réconforter.

 

« Apolline, j’ai toujours vécu seule, je saurais m’occuper de toi et te protéger. Peu importe où nous irons, je te le promets. »

 

Je regardais rapidement derrière moi pour voir mon père dire au revoir à David et j’embrassais rapidement la joue de Thalie.

 

« Je suis désolée, c’est trop soudain, je ne peux pas répondre maintenant mais je vais réfléchir. S’il te plaît, comprends que ce n’est pas un choix facile pour moi. Au revoir, Thalie. »

 

 

Et sur ces mots, je traversais de nouveau la foule pour rejoindre mon père qui n’avait même pas remarqué mon absence.

 

 

            Pendant des jours, je réfléchis à la proposition de Thalie, elle me promettait la liberté et le bonheur, mon père me promettait que je serais épanouie et respectée, et David me promettait l’amour et la richesse.

J’étais seule et confrontée à un choix, un choix que je ne pouvais plus éviter et aucune erreur n’était permise. Le mauvais choix pouvait me conduire à une vie entière de malheur et de désespoir.

Rapidement, les jours devenaient des semaines et le jour du mariage s’approchait tel un prédateur guettant sa proie depuis les hautes herbes.

 

Évidemment, choisir de me marier avec David allait m’apporter de la richesse, un endroit où vivre, tant de choses matérielles que Thalie ne pourrait jamais m’offrir. Mais je risquais de ne plus pouvoir lui parler quand je le souhaitais, et ce simple détail était assez pour que je sois terrifiée du grand jour.

 

J’étais assise à la table de la salle à manger quand je réfléchissais à tout cela, la pièce était recouverte du voile sombre de la nuit, sauf cette table, éclairée par une seule bougie, la cire brûlait lentement, mais à mes yeux, la fin était proche.

 

Le mariage était à présent dans à peine une semaine, les gens me félicitaient tous les jours, me proposaient leur aide pour les préparatifs. Sauf Thalie.

Thalie ne m’avait plus parlé depuis qu’elle m’avait imposé ce choix. Était-ce de désespoir ou bien pour éviter de m’influencer ? Je ne l’ai jamais su. Mais cette nuit-là, je me suis rendue compte d’une chose : une chose qui était la seule raison dont j’avais besoin pour faire le bon choix.

 

 

            Je me suis levée et j’ai attrapé mon manteau, le jetant sur mes épaules alors que je courais dehors, vers la ville, tellement plus sombre que le décor réconfortant de ma maison. Cette nuit, la ville était complètement déserte et silencieuse sauf pour le bruit de mes pas qui résonnaient sur les pierres du trottoir. Il n’y avait qu’une seule maison dans toute la rue qui était éclairée, et c’était ma destination.

Je voyais Thalie à la fenêtre, elle était en train de fondre en larmes. Je frappais à sa porte. Je pouvais  entendre mon c½ur tant il battait plus fort que des tambours de guerre.

Je l’ai entendue se lever et pousser sa chaise, elle prit quelques secondes avant de m’ouvrir, toujours en train d’essuyer ses larmes. Elle me dévisagea avant de me demander :

 

« Alors ? Tu as fait ton choix ? »

 

Je n’arrivais plus à réfléchir, mon c½ur parlait plus fort que ma raison. Je lui attrapais les mains pour les embrasser, je pouvais lire la surprise sur son visage.

 

« Thalie ! Oh, ma Thalie ! Je t’aime, je refuse de croire que David puisse un jour me rendre aussi heureuse que tu ne le fais ! Au diable, sa fortune, j’ai juste besoin de ton amour ! »

 

Nous étions toutes les deux en larmes, elle s’est jetée dans mes bras et nous sommes restées ainsi pendant de longues minutes, nous chuchotant à l’oreille « Qu’allons-nous faire maintenant ? »

 

 

            Juste deux jours après, nous sommes parties de la ville, à peine quelques sous dans nos poches et les valises aussi lourdes que nos c½urs. Nous sommes parties vers Delphes. Le voyage était long, la vie serait compliquée, et même si je ne serai jamais capable de prendre le nom de Thalie, je sais que je ne m’appellerai pas Vasilis.  

 

 

LEUDIERE Anaïs

suite - nouvelles

Par aljouaux - publié le mercredi 13 juin 2018 à 02:26

Un mariage aux pétales de cerisier

 

 

            Aujourd’hui, je vais vous raconter le jour où je me suis marié avec Misaki, votre grand-mère.

 

 

Je me souviens du jour où je l’ai demandée en mariage, le teint du ciel était orangé, la nuit tombait peu à peu. On marchait ensemble sur la route du retour de l’université et par habitude, on coupait la route en passant sur le passage au bord du petit canal qui traversait Tokyo.

 

Le printemps régnait sur Tokyo, l’herbe était verte, rafraîchie par la brise qui passait en caressant les flux d’eau.

Les nuages orangés flottaient dans le ciel, les cerisiers se dénudaient en laissant virevolter leurs pétales roses qui finirent leur cours sur le sol craquelé et humide.

 

Sur le chemin, il y avait un pont. Ce pont était digne des plus grandes épreuves de courage puisqu’il fallait passer en-dessous alors que le vent s’engouffrait dedans comme une tornade d’oxygène.

Misaki avait peur de tomber à l’eau…

Je lui pris la main et avançai d’un pas déterminé. Elle me suivit avec tout de même un peu d’hésitation.

Le vent froid soufflait violemment dans notre dos comme s’il voulait à tout prix que l’on parte le plus vite possible de cette structure faite de matière solide.

 

            Voilà une semaine maintenant que j’avais demandé sa main à Misaki. Après cela, tout s’enchaîna très vite.

Les cadeaux, la cérémonie, les discours, tout a été organisé à une vitesse folle. Enfin… enfin le jour arriva, voyez-vous.

A ce moment, j’étais tellement heureux, heureux d’avoir rencontré Misaki. Lors de la matinée, elle reçut son premier cadeau, le traditionnel « obi » (c’est une ceinture de kimono symbolisant la vertu de la femme).

Elle me regarda d’un air tellement heureux que je me senti obligé de lui prouver mon amour par un baiser sur la joue. Bien sûr, par signe de respect et de tradition, je remerciai avec attention l’auteur de ce magnifique et symbolique cadeau. Ensuite est venu mon tour : une petite troupe familiale vint vers moi puis m’offrit ce magnifique hakama, ce cadeau est signe de fidélité pour le marié.

 

Nous voulions profiter de ces cadeaux mais malheureusement, à peine les avait-on reçus que nous devions déjà commencer à nous préparer pour la cérémonie de mariage. Alors Misaki et moi partîmes chacun de notre côté pour nous préparer. De mon point de vue, tout cela s’est très vite enchaîné.

Soudain je pris conscience que j’allais me marier à la femme que j’aime, un sentiment de bonheur mélangé à une tension très subtile me prit par surprise.

Tout est allé si vite ensuite, je partis vite enfiler la tenue traditionnelle pour notre union. Une fois toutes ces couches de tissu enfilées, je sortis de ma loge et me dirigea vers la salle du mariage. J’aperçus en chemin le père de Misaki qui se dépêchait d’aller chercher sa fille pour l’accompagner sur le tapis de fleurs de cerisier,  rose pâle, du même teint que la douce peau de Misaki.

 

Me voila positionné auprès de celui qui allait nous unir, le Shintoïsme, le prêtre japonais.

Lorsque le Shintoïsme me murmura près de l’oreille que Misaki allait bientôt arriver, une vague d’émotion me surprit. Elle se matérialisa comme une sphère de sentiments qui se positionna près de mon c½ur, sûrement parce que ces émotion étaient liées à mes sentiments.

 

Elle arrive ! s’écria la foule. Et effectivement, la musique de mariage que nos parents avaient choisie se mit à raisonner dans le temple où tous ces merveilleux moments se sont passés.

Le moment était venu, on put entendre des petites clochettes raisonner en dehors de la pièce.

La porte s’ouvrit et je l’aperçus enfin… Elle était magnifique, plus elle avançait, plus je l’admirais : sa robe rose pâle était de la même couleur que les pétales qui tapissaient le sol.

Maintenant qu’elle se trouvait là à côté de moi, j’avais juste envie d’exprimer mon excitation, ma joie mais la cérémonie commença.

 

Je vais vous épargner toutes ces paroles que le Shintoïsme  s’empressa de prononcer mais je vais vous raconter seulement le moment où je fus enfin déclaré marié avec Misaki.

Tout heureux, nous partîmes du temple pour aller faire notre repas de famille.

Pendant cette magnifique veillée, nous avons reçu encore plus de cadeaux symboliques comme du chanvre pour la solidité de notre union ou encore de l’algue qui symbolise la fertilité.

 

Après ces moments magnifiques, nous sommes restés ensemble jusqu’à aujourd’hui et nous somme très heureux de pouvoir nous vanter de notre mariage.

 

Aujourd’hui, voila maintenant 42 ans que je me suis marié avec Misaki et voila 42 ans que je l’aime comme au premier jour. Mes petits-enfants, maintenant vous savez comment votre grand-mère et moi nous sommes rencontrés et mariés.

 

 

Luke De Vylder

 

Fr3.png

 

 

Un mariage tant attendu, mais très compliqué

 

 

Voici bientôt trois mois qu’Indira, la belle brune aux yeux marron, s’est mariée avec Adil, l’homme qu’elle espérait tant épouser un jour. Après toutes les péripéties qu’ils ont vécues, tout va pour le mieux : Indira et Adil s’aiment et vivent heureux, ils ont déjà oublié le passé et ils essayent de construire une nouvelle vie.

Ce matin, Indira a appris une très bonne nouvelle, qu’elle s’empresse de raconter à son mari. Elle le réveille en douceur et lui glisse à l’oreille :

« Je suis enceinte… Tu vas être papa... »

Alors Adil, très heureux, se lève d’un bond, et prend sa femme dans ses bras. Il faut l’annoncer à toute la famille…

Neuf mois après, la famille est réunie afin de voir la naissance du petit dernier. Indira et Adil sont dans la chambre alors que Llango et Carma, les parents d’Indira, attendent impatiemment dans la salle d’attente.

Quelques minutes plus tard, le médecin les invite à entrer dans la chambre. A peine entrés, ils voient le nouveau-né dans les bras de leur fille qui leur dit :

« Je vous présente Anshu ! »

Ce prénom reflète bien le bébé car c’est le « rayon de soleil » de la famille.

 

*

 

Quelques mois plus tôt :

 

Indira, une Indienne bientôt âgée de 21 ans, vit dans une famille riche, elle est heureuse mais pour ses parents, il lui manque quelque chose de très important pour son avenir, un mari.

Son père Llango, âgé de 50 ans, est très croyant, pour lui la religion est sacrée. Et sa mère Carma, âgée de 40 ans, est très soucieuse de l’avenir de sa fille unique, elle veut juste son bonheur.

Indira sait très bien que ses parents commencent à lui rechercher un mari, elle sait aussi que son père veut absolument choisir son futur mari. Il faut que ce soit un homme riche, croyant et beau. Le reste n’a pas d’importance, qu’il y ait de l’amour entre eux ou non, elle devra épouser le mari que Llango choisit pour elle. C’est la tradition !

 

Indira a un ami qu’elle apprécie beaucoup, il se nomme Adil. Elle le voit quand elle veut car ses parents l’apprécient bien mais elle est prévenue : son père lui a dit qu’il n’accepterait jamais qu’il se passe quelque chose entre eux à part de l’amitié. Ce n’est pas qu’il est laid mais c’est qu’il n’est pas assez riche pour elle selon Llango. Même si Indira avait voulu avoir une liaison avec Adil, cela lui est interdit donc elle ne se pose pas la question et préfère ne pas y penser.

 

 

Une semaine après le début de la recherche des parents d’Indira, ils ont enfin trouvé l’homme qu’ils attendaient pour leur fille. Il s’appelle Arun, il est brun aux yeux bleus et il est médecin donc très riche. Les parents d’Arun et ceux d’Indira se sont rencontrés et se sont mis d’accord pour la date du mariage qui aura lieu dans trois mois, du 19 juillet au 30 juillet. La cérémonie durera douze jours, comme la plupart des mariages en Inde.

 

 

Nous voici, le 19 mai, soit deux mois avant le mariage. Les préparatifs ont bien avancé mais les deux mariés ne se sont encore jamais rencontrés. D’ailleurs, les rencontres vont se passer aujourd’hui et Indira est très tendue, elle se pose beaucoup de questions : Va-t-il me plaire ? Si je refuse, comment va réagir mon père ?

 

 

Un mois plus tard, Indira et Arun se sont bien rencontrés et Arun apprécie beaucoup Indira. Elle a tout pour elle, elle est belle et surtout elle est riche, mais malheureusement, Arun ne plaît pas à Indira. Elle a essayé d’en parler à son père mais celui-ci a mal réagi et a fini par lui dire que si elle ne se mariait pas avec Arun, il ne voudrait plus jamais entendre parler d’elle. Malgré le fait qu’il aime sa fille, il veut respecter la religion et il faut pour cela que sa fille se marie avec celui qu’il a choisi. Indira a donc accepté de se marier avec Arun et a donc emménagé avec lui. Elle est malheureuse mais elle ne peut pas décevoir son père.

 

De plus, Adil lui manque beaucoup, sa présence, ses conseils… Elle est amoureuse de lui et il a fallu que sa famille la force à se marier avec un autre homme pour qu’elle s’en rende compte.

Elle en a donc parlé à sa mère, une semaine avant le mariage, mais n’ose pas en parler à son père.

Alors Carma, qui voyait sa fille malheureuse, ne put s’empêcher d’en parler à son mari et de lui dire tout ce qu’elle avait sur le c½ur :

« Je peux comprendre le fait que tu veuilles que notre fille se marie en respectant la religion, qui te tient beaucoup à c½ur. Mais je ne comprends pas le fait que tu préfères la religion à son bonheur, que tu puisses l’obliger à se marier avec Arun même si tu la vois malheureuse avec lui. Moi, je veux juste son bonheur et elle sera heureuse si elle se marie avec l’homme qu’elle aime. Et l’homme qu’elle aime, c’est Adil ! Tu n’as même pas remarqué que ta fille est amoureuse ! Moi aussi, je veux qu’elle se marie mais avec Adil, donc si tu ne respectes pas mon choix qui est aussi le sien, je préfère divorcer ! »

Carma quitte la pièce et la situation reste tendue jusqu’à la visite d’Indira et Arun qui arrive deux jours après la discussion des parents. Llango veut mettre les choses au clair et dit :

« Arun, je suis désolé mais le mariage n’aura pas lieu. Nous avons tous très bien vu qu’Indira était malheureuse et je préfère qu’elle se marie avec un homme qu’elle aime. »

Carma se met à sourire tandis qu’Indira explose de joie. Arun quitte la pièce et on n’entendit plus jamais parler de lui.

 

 

Nous voici à deux jours du mariage, et voilà qu’on change de programme, qu’on change d’invités… Oui, Indira, la belle brune de vingt ans, va bel et bien se marier avec celui qu’elle espérait tant épouser un jour.

 

 

Le mariage se passe très bien, il dure douze jours comme c’était prévu, il y a environ deux cents invités. Lors de la cérémonie, Indira est magnifique. Elle est vêtue d’une longue robe rouge brodée d’une dentelle en or. La robe est constituée de quelques détails en or au niveau des bras, de la poitrine, du bassin et des jambes. Il y a autour des détails des petites perles accrochées sur toute la longueur de la robe. Celle-ci est tout simplement splendide. Indira porte des chaussures à talons qu’on ne voit pas à cause de la longueur de sa robe, un beau et grand collier en or comme accessoire ainsi que de longues boucles d’oreilles. Indira a les cheveux attachés pour dégager son visage qui n’est pas maquillé. Elle a juste le fameux point rouge sur son front qui est un symbole de conscience, de bonne foi et de festivité.

 

 

Tout se passe pour le mieux et tout le monde est heureux, en particulier Indira et Adil.

 

 

Enza Merland, Chloé Pitchout

 

un mariage pas comme les autres.jpg

 

Muazzez in Tahiri

 

Le père de Muazzez lui dit :

« Tu as un rendez-vous vendredi avec Mohammet. »

- Quel rendez-vous ?

- Celui avec le fils de madame Kingston, pour apprendre à le connaître.

- Et si j’en ai pas envie ?

- Tu te prends pour la reine d’Alanya ? Sa famille possède une grande fortune et nous n’avons plus assez d’argent pour vivre convenablement, je te dis que tu vas le rencontrer ! »

Elle partit dans sa chambre, en claquant la porte.

 

Le jour du rendez-vous était arrivé, ils devaient se voir dans un nouveau restaurant gastronomique qui venait d’ouvrir dans le coin.

A 12h30, elle était au lieu de rendez-vous, elle attendait sans impatience qu’il vienne la rejoindre.

A 13h10 seulement, il arriva, très en retard, mais il essaya de se faire pardonner avec une rose, qu’elle trouvait d’ailleurs aussi fanée  que lui. Il la lui tendit et elle la prit en lui adressant un sourire forcé. Ils entrèrent alors dans le restaurant et commencèrent à parler. Elle ne faisait que répondre brièvement à ses questions puis la tension se fit palpable. Après 2h32 et 14 secondes, le repas prit fin à son plus grand bonheur, mais au plus grand désespoir de Mohammet.

 

Le lendemain, au petit déjeuner, le père de Muazzez lui répéta ce que Mohammet avait dit à sa mère : il avait passé une soirée fort agréable mais il aurait aimé passer plus de temps en sa compagnie. Sa mère, en voyant son fils si enthousiaste, prit la décision d’inviter Muazzez à dîner avec eux le lendemain soir.

Muazzez s’adressa à son père :

« Tu seras là ?

«  Non, je te laisse y aller, j’ai un entretien avec mon patron.

- Tu ne peux pas me laisser seul comme ça ?!

- Ce n’est pas comme si tu ne l’avais jamais rencontrée !

- Oui, mais…

- STOP ! Pas de mais, tu y vas !

- D’accord. »

 

Le jour du dîner était arrivé. Comme prévu, Muazzez attendait patiemment que Mohammet vienne la chercher. Elle observa l’aiguille de l’horloge qui tournait trop vite à son goût, puis elle entendit la voiture s’arrêter devant chez elle. Elle savait que c’était le début d’une longue soirée...

Une fois arrivé chez Mme Kingston, elle fut fortement surprise de la grandeur de cette maison, des jardins si bien entretenus... Elle se disait que si elle acceptait, si elle succombait au fait de bien vouloir se marier avec lui, elle pourrait aider ses parents pour de bon. En quelques secondes, elle se remit en question. Elle se disait que ce serait vraiment égoïste de sa part de refuser une telle offre, que ses parents avaient besoin d’elle, elle leur devait bien ça, ils lui avaient tout donné ! Et puis de toute manière, elle n’avait rien à perdre, personne à aimer, donc elle se dit que si elle pouvait se rendre utile en acceptant ce mariage, elle n’avait pas de raison de refuser.

 

Mohammet sortit de la voiture et ouvrit la porte à Muazzez. Ils se dirigèrent tous deux vers le grand escalier qui menait à une porte immense où se tenait Mme Kingston.

« Bonjour Mme Kingston !

- Je t’en prie, moi c’est Serena, j’ai beaucoup entendu parler de toi précédemment et il est vrai que tu es d’une beauté surprenante. Suis-moi, nous allons débuter le dîner. »

Elle entra dans la salle à manger, toujours aussi stupéfaite de la beauté des lieux. Elle s’assit sans oser prononcer un mot. Mme Kingston s’absenta quelques minutes, Mohammet décida de lancer un sujet.

«  Tu voudrais visiter le domaine ensuite ?

- Oui je veux bien, il a l’air magnifique ! »

Mme Kingston posa beaucoup de questions à Muazzez, sur ses parents, sur sa vie en général. Le repas dura une petite heure, à la fin elle trouva le temps long. Mohammet décida donc de l’emmener voir le domaine.

Il commença par lui montrer le jardin, passa par de grandes salles avec d’immenses fenêtres. La visite dura une heure environ, elle n’avait pour le coup pas vu le temps passer.

Mohammet finit la visite par sa chambre, il la fit entrer et lui montra toutes les belles choses qu’il avait, et qu’elle ne pouvait s’offrir. Elle s’assit sur le lit de Mohammet encore toute surprise de la visite qu’elle venait de faire. Il en profita donc pour s’asseoir à côté d’elle et un moment de gêne s’installa.

Elle réfléchissait de plus en plus pour savoir si elle allait l’épouser, et alors qu’elle ne s’y attendait pas, il s’approcha soudainement d’elle et essaya de l’embrasser. Muazzez prit peur et partit en courant. Le domaine était tellement grand qu’elle n’arrivait pas à retrouver la sortie. Elle commença alors à paniquer et finit par se mettre dans un coin, où personne n’allait et où elle se mit à pleurer.

Elle resta comme ça pendant un moment, jusqu’à ce qu’un charmant jeune homme, qui faisait le ménage, arrive dans ce couloir. Au premier regard, Muazzez prit peur, elle ne savait pas quoi dire et essaya de justifier sa présence dans ce couloir où d’habitude personne ne va. Tahan lui dit de ne pas s’inquiéter, qu’il n’allait pas lui faire de mal. Il commença par lui poser des questions, car tout le monde l’avait cherchée dans le domaine, il lui demanda si elle voulait qu’il la raccompagne jusqu’à la sortie. Paniquée, elle répondit qu’elle ne voulait plus voir la famille Kingston, que même si son père l’obligeait à se marier avec Mohammet, elle partirait de la ville et ne reverrait plus jamais sa famille.

Tahan l’emmena donc vers la sortie qui était normalement réservée au personnel, à l’arrière du domaine. Une fois dehors, elle dit au revoir à Tahan et rentra chez elle.

 

Arrivée chez elle, son père lui posa plein de questions sur la soirée. Muazzez répondit comme s’il ne s’était rien passé. Son père avait un petit espoir que sa fille épouse Mohammet.

 

Le lendemain, Muazzez pensait beaucoup à Tahan, elle avait eu la veille un coup de foudre pour cet homme qu’elle connaissait à peine.

Dans l’après-midi, quelqu’un frappa à la porte de Muazzez. Son père ouvrit la porte et vit Mohammet, qui lui raconta ce qui s’était véritablement passé. Muazzez prit peur et s’enfuit par sa fenêtre.

 

Elle courut jusqu’à la résidence pour espérer revoir Tahan. Elle attendit tout l’après-midi jusqu’au moment où il sortit. Il la regarda étonné, sans parler, en se demandant ce qu’elle faisait ici, ils ne dirent rien pendant un moment, puis Muazzez lui sauta dans les bras en pleurant et en lui expliquant ce qui s’était passé, qu’elle ne voulait pas se marier avec Mohammet, qu’elle ne voulait pas d’obligation.

 

« Pourquoi êtes-vous là ?

- Je suis désolée, je n’ai personne d’autre à qui parler, vous avez été tellement gentil avec moi hier ! J’ai pensé à vous toute la nuit...

- Écoutez, madame, si on me surprend en votre compagnie, je perdrai mon travail. Vous devriez rentrer chez vous.

- Je vous en prie, je ne peux pas rentrer. S’il est là, chez moi, venu me chercher, je ne veux pas !

- Bon d’accord, venez chez moi, vous serez en sécurité.

- Je ne vous en remercierai jamais assez.

- Appelle-moi Tahan.

- Merci, Tahan. »

 

Le soir-même, Mohammet la chercha dans toute la ville, il lança un avis de recherche sans succès tandis que Muazzez se trouvait chez Tahan. Pendant de longues heures, ils discutèrent de tout et de rien, ils riaient tous deux comme s’ils se connaissaient depuis toujours, comme s’ils étaient faits l’un pour l’autre.

Pendant plusieurs semaines, Muazzez et Tahan passèrent du temps ensemble, ils n’y avaient plus aucune gêne entre eux, plus rien d’ambigu.

 

TOUT A COUP... Alors que Muazzez et Tahan était tranquillement en train de manger, Mohammet entra brusquement dans la maison de Tahan ! Il aperçut Muazzez qu’il croyait morte. On pouvait voir dans son regard une colère noire, on avait l’impression qu’il voulait tout casser ! Tahan se leva, et la bouscula en lui disant d’aller se cacher, il lui donna un point de repère, et dit qu’il la retrouverait.

Muazzez sortit puis passa par la porte de derrière et se dit qu’elle ne pouvait pas le laisser ainsi. Elle prit une chaise et la lança sur Mohammet qui tomba sans bouger.

Pris de panique, Tahan tira Muazzez et ils sautèrent dans leur camionnette blanche.

 

Après cet événement, ils décidèrent de partir loin, là où personne ne les reconnaîtrait. Et pour que Muazzez ne soit pas retrouvée, Tahan eut l’idée de la demander en mariage. Ce fut pour elle le plus beau jour de toute sa vie : enfin elle réalisait son rêve, celui de faire un mariage avec l’homme qu’elle aime.

 

Morale : L’argent ne fait pas le bonheur !

 

 

FAYE Sophie

MAGNAT Tony

DUGRAIN Louise

 

The vicious circle.jpeg

 

                                 

Nouvelles : Amours d’hier à aujourd’hui

Par aljouaux - publié le dimanche 21 janvier 2018 à 03:11
Voici les nouvelles réalistes que les élèves de Seconde B ont créées cette année sur le thème de l’amour, à toute époque, en tout lieu. De la France lors de la première guerre mondiale, en passant par l’Inde, le Japon ou l’antiquité grecque, de l’amour passionné au mariage forcé, laissez-vous transporter et dépayser…
Ces nouvelles ont été lues par les élèves d’une classe de Troisième d’Orbec qui les ont classées selon leurs préférences. Elles apparaissent ici selon cet ordre.
Bonne lecture !


 

Amours d’hier et d’aujourd’hui

 

 

 

L’effet d’une bombe

 

 

 

Nous sommes à Paris le 1er septembre 1939 : Louis partait sous les regards attristés de sa future femme, Jeanne. Le matin même, le jeune couple avait reçu une lettre annonçant le départ précoce de Louis, il devait se rendre au front pour défendre sa patrie. Leur mariage devait se dérouler quelques temps après cette annonce dévastatrice.

En mai 1939, Jeanne se rendait au Sacré-Coeur pour y acheter du muguet qu’elle avait ensuite offert à sa mère. Lors de sa balade, Louis la remarqua et pris d’un élan de courage, alla la saluer timidement. Il lui donna rendez-vous chaque jour à la même heure et au même endroit devant le parc qui bordait le Sacré-Coeur, et cela pendant plus d’un mois.

Ce fut un grand amour et ils prirent la décision de se marier le plus rapidement possible. Tous les préparatifs avaient été faits avec soin par les futurs époux et leurs familles.

Nous nous retrouvons à la gare Saint-Lazare. Jeanne ne pouvait contenir son désespoir, l’amour de sa vie partait combattre et n’allait sans doute plus revenir.

 

*

 

Déjà sept mois que Louis était parti mais je n’avais encore aucune nouvelle de lui. Les Allemands avaient envahi la moitié de mon pays. Je ne pouvais rester chez moi ou travailler dans ma boutique. Je décidai de rejoindre la Résistance. Je fus élue, il y a quelques semaines, pour mon courage et ma persévérance. Il y a trois jours, j’ai été à la tête d’un sabotage de convoi, il y eut énormément de conséquences puisque des échos arrivèrent jusqu’en Angleterre où j’ai été félicitée. Des amis travaillant pour les Allemands m’ont informée qu’ils cherchaient des Résistants et que les pistes qu’ils menaient en ce moment arriveraient jusqu’à moi. Des Résistants m’ont conseillé de m’enfuir. Je ne veux pas tout laisser et avoir l’impression d’être inutile. Sauf que si je reste, je risque ma vie et celle de mon enfant dont je viens d’apprendre la naissance prochaine. Je suis obligée de me renseigner sur le coût d’un aller en Angleterre.

Une semaine s’est écoulée, j’ai préparé toutes mes affaires pour partir en Angleterre. Mes supérieurs m’ont aidée pour me faire passer pour morte afin de ne soulever aucun soupçon. Un médecin de la Résistance a fait mon certificat de décès, je suis morte par asphyxie du gaz de mes lampes.

 

*

 

Je n’ai pas pu envoyer de mes nouvelles à Jeanne. Les choses se sont bousculées, les Américains nous ont beaucoup aidés. Je sens la fin de ces horreurs arriver. Jour et nuit nous devons nous battre, je n’ai plus rien à manger, le moral de tous est au plus bas. Si la guerre continue, je n’aurai aucune chance de survie.

 

La guerre est terminée ! Je rentre chez moi dans trois jours. Je suis tellement heureux à l’idée de serrer Jeanne dans mes bras. Quelques heures me séparent de la femme que j’aime.

 

Je suis arrivé devant notre petit appartement. La porte a été forcée, je ne comprends pas. Un sentiment que je ne connaissais que depuis la guerre s’empara de moi, je ne peux contenir ma peur. Si quoi que ce soit est arrivé à Jeanne, je ne pourrai jamais me le pardonner.

L’appartement a été saccagé. Il ne reste que des morceaux cassés de notre passé.

Mes voisins se présentent à la porte :

 

« Monsieur Louis, nous pensions que vous étiez mort à la guerre, hésita à dire le concierge.

- Je suis devant vous, il semblerait que non. Que sait-il passé ? Pourquoi Jeanne n’est pas là ? Pourquoi l’appartement a été fouillé ? questionnai-je les personnes qui représentaient mes seuls repères à cet instant.

- Louis, répondit Pierre, un ami de mes parents, Jeanne est morte. Une nuit, les lampes à gaz ont dysfonctionné, elle a été asphyxiée. »

 

Le monde s’est écroulé sous mes pieds. Ma tête tournait et ma vision se troublait. Ce n’est pas possible, Jeanne n’est pas morte. Je sais qu’elle est partie se promener et qu’elle reviendra dans peu de temps.

 

Deux semaines se sont écoulées, et plus les heures passent, plus ma vie s’assombrit. Jeanne ne reviendra donc jamais. Je ne sors plus de l’appartement, je ne vois personne. La perte de Jeanne a été plus dévastatrice pour moi que les mois que j’ai passés à la guerre.

 

*

 

Vingt ans plus tard, Louis a réussi à faire le deuil de celle qui fut le seul et unique amour de sa vie. Pour honorer la mémoire de Jeanne, il ne voulut plus rencontrer de femme. Il fit fortune dans une petite librairie où il vendait quelques unes de ses ½uvres.

 

Un samedi d’hiver, une femme entra dans sa boutique. Elle était grande et avait une démarche élégante. Un grand manteau gris lui donnait un air de princesse du Grand Nord. Son visage était magnifique, ses yeux verts d’eau regardaient très rapidement tout autour de la pièce remplie de livres. Ses cheveux volèrent par le courant d’air qu’effectua la porte. Cette femme était tout simplement sublime. Louis fut profondément choqué, la femme ne pouvait être que Jeanne, c’était la même personne. Il s’approcha et elle lui sourit. Il essayait d’exprimer ses émotions mais il restait muet :

 

« Bonjour, je cherche un cadeau pour ma mère. Un livre sur la Résistance serait parfait, demanda la jeune femme.

- Dans ce coin, tous les livres pourront vous intéresser, répondit Louis. »

 

La jeune fille se décida pour un livre et se dirigea vers Louis.

 

« Cela vous fera quatre francs, s’il vous plaît, expliqua Louis.

- Est-ce que vous pouvez faire une lettre ? requêta la jeune femme.

- Evidemment. Sous quel nom ? répliqua Louis.

- De la part de Rose. Pour ma mère bien-aimée, Jeanne. »

 

 

Marie Chanu

et Laurie Perat

 

ProjetFrançais.JPG

 

Dans le bleu de tes yeux

 

Dans ce restaurant trois étoiles, où je suis accompagnée de mon mari, j’ai jeté un regard à la salle, et mes yeux se sont posés sur un homme que je connaissais. Il était accompagné d’une femme. Plus je le regardais, plus les souvenirs remontaient à la surface. Je me suis alors souvenue de la période de ma vie quand j’avais seulement 17 ans.

 

*

 

            Je m’appelle Leila. J’ai 17 ans, et je viens d’Arabie Saoudite. Et comme tous les jours, je me suis levée à l’aube pour aller prier. Mais aujourd’hui vendredi et comme tous les vendredis, je vais prier au kaaba de la Mecque.

J’ai enfilé mon jilbab gris foncé. Je suis allée dire "bonjour" à mes parents. Ils sont formidables avec moi, c’est grâce à eux que j’en suis arrivée là. Ils s’appellent Hakim et Ines.

Mon grand-frère et ma petite soeur sont venus nous rejoindre quelques minutes plus tard. Ils se nomment Bilel et Fatima.

 

            Nous sommes partis pour la Mecque vers 7 heures 30. Une fois arrivés, j’ai croisé Ali, l’homme dont je suis amoureuse. Il a des yeux bleus magnifiques. Depuis que je suis amoureuse de lui, je me fais un plaisir d’aller tous les vendredis prier à la Mecque. Mais je dois me marier dans quelques semaines avec Ilyess, un homme que je n’aime pas. Ce sont nos parents respectifs qui veulent ce mariage et je n’ai pas le choix. Ilyess m’aime mais moi, je ne l’apprécie pas.

 

            Une fois la prière terminée, j’ai fait croire à mes parents que j’allais rencontrer une amie alors que j’allais voir Ali qui m’attendait de l’autre coté de la Mosquée. Après avoir passé plusieurs minutes dans les bras d’Ali, je vis ma grand mère, Oumayma qui me cherchait. Je cachai Ali et j’allai voir ma grand- mère. Sur le trajet pour rejoinder la voiture, ma grand-mère me questionna sur ma relation avec Ilyess.

 

"Alors ma petite, comment ça va avec ton futur "homme" ?

- Salam Mamie, ne me parle pas de cet inconnu.

- Oh, je comprends.

- Mamie, tu te souviens d’Ali, le jeune marocain ?

- Oui ?

- Je l’ai revu tout à l’heure, mais ne le dis pas à mama.

- Tu as confiance en moi ?

- Bien sûr...."

 

Dans la voiture où j’étais avec ma jida, j’avais envoyé un message à Ali pour qu’on se revoie. Il avait tout de suite accepté l’invitation, car nous nous étions quittés rapidement.

 

Une fois arrivée au parc, je l’attendis sur un banc, j’observais les oiseaux au loin, quand quelques minutes plus tard, je vis une silhouette familière. C’était Ilyess. Prise de panique, je montai à l’arbre le plus proche de moi. J’étais donc accrochée aux branches, Ilyess était tout près de l’arbre. J’avais très peur car il ne devait pas me voir : j’étais censée être avec ma grand-mère.

 

Ilyess sembla aussi agaçé. J’ai cru qu’il attendait quelqu’un mais je me suis dit que ce n’était pas possible, il m’avait dit qu’il était à son travail.

 

Puis, je vis une femme, une très belle femme brune aux yeux verts, très fine, très belle. Je les vis se prendre dans les bras, et ils s’embrassèrent. Je ne compris pas aussitôt ce qui venait de se passer. Je ne comprenais pas. J’étais tellement choquée que je faillis tomber de l’arbre où j’étais.

 

Même si j’aimais Ali, voir Ilyess avec une autre femme que moi me fit un léger choc... J’avais entendu quelques mots qu’ils avaient échangés. La femme s’appelle Megan, et à ce que j’ai compris, elle venait des USA mais elle était française.

 

Je les vois partir main dans la main.

 

Je descends de mon arbre, un peu perplexe.

Je regarde l’heure sur ma montre.

Celle-ci indiquait 14h37.

14h37, ou l’heure où j’ai appris qu’Ilyess aimait une autre femme.

J’ai décidé de garder ça pour moi.

 

J’étais assez perdue quand j’entendis Ali me parler, il essayait de me sortir de mes pensées.

 

"Leila ? Leila, tu m’écoutes ?

- Excuse-moi, j’ai la tête ailleurs en ce moment.

- Que se passe-t-il ?

- Rien, rien, le mariage, mes parents... la pression qu’ils me mettent, c’est invivable.

-Je te comprends..."

 

Nous avions passés quatre heures ensemble. C’était bien, même si la peur que mes parents me surprennent était toujours aussi présente.

 

J’étais rentrée chez moi vers 18h50. Mes parents ne me questionnèrent pas sur le lieu où j’étais car mamie leur avait dit que j’étais chez elle.

 

J’allai directement dans ma chambre. J’y déposai mes affaires et puis je sortis mon téléphone de ma poche quand je le sentis vibrer.

 

J’avais quatre messages non lus et deux appels manqués d’Ilyess.

 

" Ilyess : Tu es où ?

Ilyess : Je t’appelle.

Ilyess : Je m’inquiète...

Ilyess : Que se passe-t-il ? "

 

Son dernier message me rappelle vaguement les paroles de quelqu’un.

Il ose s’inquiéter pour moi après avoir embrassé une autre femme, après l’avoir prise dans ses bras ?

 

Est-ce que je suis énervée ? OUI.

Est-ce que je suis triste ? NON.

Est-ce que je suis déçue ? OUI.

 

Je ne comprenais pas sa réaction.

Puis comment il la connaissait, cette Megan ?

Trop de questions dans ma tête sans aucune vraie réponse.

 

Mama m’appelait pour que j’aille manger. Je lui repondis avec un petit "J’arrive".

Quand j’arrivai dans la salle à manger, je vis six couverts. Nous ne sommes que cinq pourtant.

 

Je m’installai à table. Puis quand je vis Ilyes entrer dans la pièce. J’étais embarrassée. Durant tout le repas, Ilyess me regarda avec inquiétude. Parfois, il me demandait ce que j’avais.

 

Le repas continua ainsi.

A la fin, j’ai raccompagné Ilyess à la porte, puis je suis montée dans ma chambre.

 

Le lendemain matin, je me lève vers 10h17. Aujourd’hui, je dois passer la journée avec Ilyess. J’ai appris ça hier soir, lors du dîner. Donc je me prépare, même si l’envie n’y est pas. Les heures passent. Quand tout un coup, je reçois un message d’Ilyess.

 

 Ilyess : Leila ?

Moi : oui ?

Ilyess : Excuse-moi, mais aujourd’hui, on ne pourra pas se voir. C’est pas possible.

Moi : oh.... et pourquoi ?

Ilyess : Le travail...

Moi : encore et toujours.

Ilyess : Leila, excuse-moi...

Moi : non, pas de problème.

 

 

 

Je n’ai pas pris le temps de voir sa réponse. J’étais assez énervée. J’étais surtout certaine qu’il allait voir Megan. Mais pourquoi elle est là ? Il me prend pour une idiote ? Il est malade dans sa tête ?

 

Ca ne m’empêchera pas de sortir.

Je suis sortie vers 13h03, puis je suis allée au parc, je me suis promenée et ensuite je me suis installée contre un arbre, j’observai les passants. Je voyais des personnes âgées aussi amoureuses l’une que l’autre, j’imagine que ces personnes n’ont pas été obligées de se marier, je voyais des enfants rire. Et mon regard s’arrêta sur deux personnes.

Je n’y croyais pas. Comment a-t-il pu oser ?

C’était Megan et Ilyess.

 

Sur le coup de l’énervement, je me suis mise debout. Et j’ai été me mettre devant eux.

 

" Alors, c’est ça ton travail ? dis-je.

- Oh... Leila, mais que fais-tu ici ?

- Tu ne t’y attendais pas ?

- Excuse-moi, mais tu ne me la présentes pas ? dit Megan.

- Je suis sa "future" femme, mais maintenant, ce n’est plus le cas, je pensais que tu m’aimais sincèrement, Ilyess, mais après tout, tu n’es pas le seul à avoir fait croire aux autres que tout était beau."

 

Je suis partie directement après avoir dit ceci. J’appelai Ali. Je n’étais vraiment pas bien.

 

" Ali, fais tes bagages, on s’en va.

-  Quoi ? Pourquoi ?

-  Pose pas de questions, je t’expliquerai tout ça après, j’appelle ma grand-mère, je t’aime.

-  Moi aussi."

 

Je raccrochai et j’appelai directement ma grand-mère.

 

" Allo, Leila ?

- Mamie, je fuis avec Ali, je n’en peux plus, dis à toute la famille que je les aime."

 

 

Je me dépêchai de rentrer pour faire mes valises, je pris le nécessaire. Ali m’attendait devant chez moi.

Je regardais ma maison, j’étais mal, je ne quittais pas l’Arabie Saoudite, je serai proche de mes parents, mais c’est vraiment impossible, je vis ceci depuis trop longtemps.

Je souriais à Ali, puis je partis avec lui.

 

Nous ne savions pas comment on allait faire, c’était dur. Ma famille était inquiète, je n’avais plus eu de nouvelles d’Ilyess, ni de personne. Ali et moi étions heureux malgré le fait que je ne voyais plus personne.

 

Megan a sûrement été le déclencheur de ceci, ça m’a fait comprendre qu’Ali et moi n’avions pas d’autres solutions. De plus, toutes les questions que je me posais à propos d’elle n’avait aucune réponse.

Si j’ai réagi de cette façon, était-ce que je ressentais quelque chose pour Ilyess ? Non... non, je ne pense pas, j’aime Ali. Je pense que c’est le fait d’avoir été trahie, Ilyess avait dit aux autres qu’il m’aimait, qu’il voulait vivre sa vie avec moi. Les autres étaient au courant que moi, je ne voulais rien avec Ilyess.

 

Je me suis mariée avec Ali quelques mois après notre fugue. C’était beau, et magique. J’étais vraiment heureuse. J’étais avec l’homme que j’aimais. C’était le plus important pour moi.

 

*

 

Voilà où j’en suis, dans ce restaurant... à fixer cet homme, qui était au final Ilyess et cette femme qui était bien évidemment Megan.

La vie, voyez-vous, ca n’est jamais si bon, ni si mauvais qu’on le croit.

 

Août 2018  »

LunMarMerJeuVenSamDim
 12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
2728293031 

Liens

Rubriques

Derniers commentaires

- <%RecentCommTitle%>

Canal RSS

Abonnement




Hit-parade