WebLettres

Le portail de l'enseignement des lettres

WebLettres : Dossiers et synthèses

Localisation dans les rubriques :
Les synthèses des listes collège et lycée Les synthèses de la liste Profs-L


Article : [815] - Organisation des oraux blancs en Première


dimanche 6 novembre 2011

Par Katell

Il s’agissait de collecter des t√©moignages de coll√®gues √† propos de l’organisation d’oraux blancs de fran√ßais en classe de 1re dans leurs √©tablissements : comment r√©soudre les difficult√©s li√©es aux contraintes d’emplois du temps, √† la r√©mun√©ration parfois incertaine des heures suppl√©mentaires, aux classes non prises en charge pendant les plages d’oraux ?
Synthèse mise en ligne par Delphine Barbirati.

T√©moignages de ceux qui ne font pas d’oraux

  « Nous avons une ann√©e fait du semi-b√©n√©volat : les heures n’√©taient pas pay√©es mais nous pouvions prendre sur celles de seconde. Depuis cette solution ne convient plus √† personne. »
  « Face √† la mauvaise volont√© de la direction, nous n’organisons pas d’oraux blancs ; c’est dommage pour les √©l√®ves mais ce sont les personnels de direction qui sont pay√©s pour organiser ce genre de chose, pas nous. »
  « A chacun ses probl√®mes. Les enseignants de fran√ßais se rajoutent des heures de travail, le plus souvent non r√©mun√©r√©es, alors que l’Administration dispose au moins de la quotit√© d’heures suppl√©mentaires qu’elle pr√©l√®ve sur les traitements de professeurs absents, malades ou en cong√©. 20 √©l√®ves en oral blanc, c’est 20 heures de pr√©sence. Si vos sup√©rieurs d√©sirent un oral blanc, qu’ils l’organisent en banalisant une semaine ; si vous voulez le faire sur votre temps libre et de fa√ßon totalement b√©n√©vole, c’est, de mon point de vue une initiative admirable et sainte. »
  « Dans mon lyc√©e, pas d’oraux blancs : chaque coll√®gue s’organise comme il veut pour la pr√©paration de l’oral. Chez nous aussi, il semblerait que l’√©quipe de direction soit plut√īt favorable ou du moins n’est pas d√©favorable √† des oraux blancs mais l’√©quipe de lettre pr√©f√®re majoritairement ne pas en organiser. »

Témoignages de ceux qui font des oraux en semaine banalisée ou lors des écrits blancs.

  Parmi ceux-l√†, certains sont pay√©s en HSE.
  « Pour nous, le probl√®me est un peu diff√©rent : nous pouvons banaliser nos cours √† l’occasion des oraux blancs. Chacun fait comme il l’entend, nous interrogeons souvent les √©l√®ves en dehors de nos heures. Ils perdent donc des heures dans les autres mati√®res, et nous faisons du "semi-b√©n√©volat" : on ne nous paie qu’en fonction du nombre d’Heures Suppl√©mentaires Effectives qui restent disponibles. S’il s’agit d’interroger en dehors de toutes les heures de cours, en "plus", alors il faut prendre une d√©cision collective : ou vous maintenez les oraux en dehors du temps de cours, ou vous annulez simplement. Apr√®s tout, aucun texte n’oblige √† pr√©parer correctement ses √©l√®ves. Si votre direction juge que ces oraux sont une g√™ne, qu’elle l’explique elle-m√™me aux √©l√®ves et aux parents. »
  « Dans mon lyc√©e, nous sommes d’accord, nous calculons le nombre d’heures n√©cessaires, nous additionnons nos services et nous voyons ce qui d√©passe. Cette ann√©e, nous avons une coll√®gue TZR en sous-service, elle utilisera son suppl√©ment d’heures √† faire passer les oraux. »
  « Dans notre lyc√©e, nos √©l√®ves n’ont pas cours pendant que nous faisons passer les oraux blancs, un seul oral par ann√©e scolaire. « 
  « J’ai presque toujours eu la chance de travailler dans des √©tablissements o√Ļ l’on banalisait 4 ou 5 jours, de mani√®re que les oraux blancs se passent bien, pour les professeurs comme pour les √©l√®ves. Toute autre solution me pousserait √† tenter de convaincre mes coll√®gues d’y renoncer purement et simplement. »
  « Dans notre √©tablissement, pendant plusieurs ann√©es, tous les professeurs de lettres, coll√®ge et lyc√©e confondus, √©taient sollicit√©s pour aider leurs coll√®gues de 1√®re √† faire passer les oraux, sur leur temps libre, tandis que les professeurs de 1√®re pouvaient s’ils le d√©siraient, se lib√©rer de leurs heures de cours. Depuis deux ans, nous avons obtenu que tous les professeurs, de 1√®re comme des autres niveaux soient lib√©r√©s, s’ils le souhaitent, des quelques heures qui leur permettent de se rendre disponibles pour une ou deux demi-journ√©es d’oraux. Cela fonctionne plut√īt bien. »
  « Dans notre lyc√©e, nous organisons des oraux blancs pour tous les √©l√®ves de 1√®re, soit 180 environ, en Mai :
Examinateurs : tous les profs de fran√ßais s’y mettent, y compris ceux qui n’ont que des secondes et surtout eux, car ils assurent ces oraux sur leurs heures de modules et d’aide individualis√©e en les globalisant, heures qui au mois de Mai, n’ont plus gu√®re d’importance ; les profs qui n’ont que des 1√®re les font en heures suppl√©mentaires, √† leur rythme : une quarantaine d’√©l√®ves sur 3 semaines environ), et r√©mun√©r√©s en HSE. Personne ne fait passer ses propres √©l√®ves.
Epreuve : l’interrogation est de 1/4 d’heure : 10 minutes d’expos√© et 5minutes d’entretien ; nous comptons 10 √©l√®ves en 3heures car ils ont aussi leurs 30minutes de pr√©paration.
Impact au niveau du lyc√©e : les cours des coll√®gues ne sont pas supprim√©s : les √©l√®ves quittent le cours pour le temps de leur passage √† l’oral ; ce qui fait qu’il en manque au plus 1 ou 2 par heure, et de fa√ßon sporadique. Les √©l√®ves de 1√®re gardent tous leurs cours, ceux de seconde gardent leurs cours en classe enti√®re. Les √©l√®ves, parents, coll√®gues et administration en voient tous l’int√©r√™t, et sont partie prenantes : Proviseur-adjoint et secr√©taire organisent les plannings d’interrogation, les convocations d’√©l√®ves etc. Cela peut para√ģtre idyllique, mais ce sont les conditions que nous avons impos√©es en √©quipe, faute de quoi nous ne ferions pas d’oraux blancs, car ils ne sont pas compris dans nos obligations de service. »
  « Dans mon lyc√©e, acad√©mie de Versailles, depuis plusieurs ann√©es nous organisons chaque ann√©e un oral blanc par √©l√®ve pour tous les √©l√®ves de premi√®re soit environ 320 √©l√®ves comme suit :
cela a lieu sur nos 1/2 journées de liberté, en plus de nos cours donc, entre fin janvier et fin mai.
Les examinateurs sont les professeurs, essentiellement de 1√®re, qui acceptent cette surcharge de travail, moyennant r√©tribution en heures suppl√©mentaires, des HSE car aujourd’hui, nous n’arrivons plus √† obtenir des HSA pour cela. Nous avons d√Ľ r√©sister et insister cette ann√©e pour obtenir, comme l’an pass√©, d’√™tre pay√©s 1 HSE pour 2 et non 3 candidats puisque nous ne sommes pas pay√©s pendant la premi√®re demi-heure de pr√©paration, que nous r√©digeons un compte- rendu √©crit et des conseils √† destination de chaque √©l√®ve, remis via son professeur de fran√ßais, et que nous devons √©tudier pr√©alablement les listes des √©l√®ves et formuler des questions ; je pr√©cise que nous avons obtenu gain de cause apr√®s n√©gociation, en faisant valoir que rien ne nous obligeait √† accepter cette surcharge de travail, si la r√©mun√©ration √©tait insuffisante. Vu que les volontaires pour faire passer les oraux ne se bousculent pas, il a suffi que nous soyons 2 √† ne pas c√©der pour que nous obtenions gain de cause.
Pour 3 heures d’interrogation, nous faisons passer 7 √©l√®ves, dans les conditions du bac.
La plupart d’entre nous pr√©f√®re que cela se passe de fa√ßon anonyme et nous ne faisons donc pas passer nos classes.
La plupart de mes coll√®gues sont hostiles √† l’id√©e de journ√©es banalis√©es. »
  « Dans mon lyc√©e, Acad√©mie de Versailles, voici notre organisation, qui fonctionne depuis des ann√©es :
au retour des vacances de P√Ęques, les profs de lettres de Premi√®re ont une semaine banalis√©e, sauf pour les heures qu’ils veulent vraiment assurer, par exemple mes heures en Terminale L, et qu’ils pr√©cisent auparavant au moment de l’√©tablissement du planning par le proviseur-adjoint pour faire passer les √©l√®ves des autres coll√®gues, sur le temps habituel de leur emploi du temps. Chacun fait passer √† peu pr√®s le nombre de candidats correspondant √† son effectif de Premi√®re de l’ann√©e et √ßa demande environ une semaine, voire dix jours. S’il est n√©cessaire d’Ňďuvrer une ou deux heures de plus que notre emploi du temps hebdomadaire, elles nous sont pay√©es en HSE. Les √©l√®ves de Premi√®re ne sont pas lib√©r√©s de cours, ils s’√©chappent, un par un, de tel ou tel cours pour une cinquantaine de minutes. Jusqu’ici ce syst√®me a convenu √† tous et devrait pouvoir servir de mod√®le aux proviseurs r√©calcitrants. »
  « Dans notre √©tablissement rurbain de la Seine-Maritime, nous sommes une petite √©quipe de
5/ 6 professeurs dont certains en double poste ailleurs :
nous avons quelques années fonctionné en faisant passer les oraux en dehors des heures de cours et en supprimant quelques heures, les modules en Seconde ou les AI, sinon il était impossible de faire passer tout le monde.
R√©sultat : √©puisement √† pr√©parer et les oraux et les cours, ou d’encha√ģner cours et oraux car les heures o√Ļ nous ne faisons pas cours sont aussi des heures de travail, surtout lorsqu’on fait 21 ou 22 heures de cours par semaine
des oraux se déroulant sur 1 mois car il faut aussi jongler avec les échanges linguistiques des uns et des autres
et une impression d’injustice : ceux qui passaient 1 mois plus tard n’avaient pas un nombre si important de textes en plus par rapport √† ceux qui sont pass√©s en premier.
Nous avons donc opt√© pour une "fausse" semaine banalis√©e : le professeur choisit les journ√©es assur√©es et celles qui sont supprim√©es pour les oraux : parfois il est impossible d’assumer certains cours lorsque nous avons 2 ou 3 classes √† faire passer. Nous pouvons ne faire que des oraux. Le temps pass√© en plus de notre service est pay√© en HSE. Nous acceptons donc aussi de travailler des demi- journ√©es o√Ļ nous n’avions pas cours. L’ensemble se fait sur 10 jours maximum : du coup les √©l√®ves et les professeurs sont vraiment mobilis√©s, cela ne s’√©ternise pas en longueur, l’effet de surprise est le m√™me pour tous. Tous les profs mettent la main √† la p√Ęte. »
  « Dans notre lyc√©e, dans l’Aube, nous ne voulons pas non plus surcharger notre travail et depuis trois ans nous faisons passer les √©l√®ves pendant la semaine de bac blanc des terminales en supprimant nos heures de cours sauf si nous voulons les maintenir. Tous les professeurs de fran√ßais sont concern√©s de mani√®re √©quitable, c’est-√†-dire que dans cette semaine nous assurons autant
d’heures que d’habitude mais avec un emploi du temps modifi√©, et les plannings sont faits par la coordinatrice de lettres, de m√™me d’ailleurs que pour les copies que nous nous r√©partissons. Si par hasard nous devions faire plus d’heures nous serions pay√©s en HS mais en g√©n√©ral nous arrivons √†
nous d√©brouiller comme cela. C’est de toute fa√ßon la condition pour que nous fassions encore des bacs blancs car auparavant c’√©tait en plus des cours sur une dur√©e de 3 semaines ou un mois et c’√©tait compl√®tement √©puisant. Une ann√©e nous avions d’ailleurs refus√© de les faire et les r√©sultats n’avaient pas √©t√© pires. Comme ce n’est pas inscrit dans notre charge de travail je crois qu’il ne faut vraiment pas que nous nous laissions faire : on nous en demande suffisamment. »
  « Dans notre lyc√©e, √† Strasbourg, nous avons exp√©riment√© pour la premi√®re fois les oraux blancs en 2008. Nous souhaitions les faire passer au moment du bac blanc, donc en mars, mais l’administration ne l’a pas voulu √† cause des cours de seconde qui n’auraient pas √©t√© assur√©s. Elle nous a propos√©s la
p√©riode comprise entre le 09 et le 11 juin, c’est-√†-dire du lundi au mercredi midi.
avantage : les conseils de classe de 2nde √©tant pass√©s, le fait de ne pas assurer les cours devenait moins g√™nant. Nous avons re√ßu quelques HSE pour compenser la lourdeur du service.
autre avantage : tous les √©l√®ves de 1√®re se sont pr√©sent√©s et, sauf quelques rares exceptions, ont fort bien "jou√© le jeu ". La proximit√© de l’examen a jou√© en faveur de cette option.
inconv√©nient : pour les coll√®gues qui devaient ensuite interroger √† l’EAF, cela faisait un surcro√ģt de travail assez lourd √† absorber.
Conclusion : nous avons redemand√©, pour l’ann√©e prochaine, que la date soit d√©plac√©e en mars, mais la d√©cision n’est pas encore prise. »

Témoignages de ceux qui font autrement

  « Cette ann√©e, je mets en place, pour chaque trimestre, ce que je n’ai fait que pour le troisi√®me trimestre l’ann√©e derni√®re :
sur deux semaines, en profitant de quelques plages libres mais surtout de mercredis apr√®s-midi et samedis matin, j’interroge chaque √©l√®ve de ma seule classe de premi√®re dans les conditions de l’oral du bac. J’ai construit un tableau des convocations, les √©l√®ves s’inscrivent. Peut-√™tre le lyc√©e pourra-t-il me payer quelques heures mais ce n’est pas pour moi une condition pr√©alable. Bien s√Ľr, je ne refuse absolument pas le paiement d’heures et je calcule :
cet oral compte dans la moyenne du trimestre et me permet de faire un devoir √©crit en moins dans le trimestre ; ma moyenne trimestrielle est constitu√©e d’un oral blanc et d’un √©crit blanc et de quelques devoirs « brefs » ; or, je fais passer trois √©l√®ves par heure √† l’oral et je suis capable d’encha√ģner des passages pendant toute une demi-journ√©e car ce n’est pas d√©sagr√©able ni tr√®s fatigant d’entendre nos √©l√®ves, alors que je corrige plut√īt deux copies par heure et que je sature au bout de deux ou trois heures... Conclusion : je gagne du temps avec ce syst√®me des oraux et, que je sache, nos week-ends de correction ne sont pas pay√©s en HSE. Autre remarque : comme j’interroge les √©l√®ves de ma classe, je n’ai pas √† √©tudier des listes.
Ce rendez-vous oral trimestriel devrait faciliter les cours et la formation.
En revanche, l’organisation a √©t√© assez lourde pour ce premier trimestre : la conception des tableaux d’inscription, le choix des dates, en tenant compte des conseils de classe, r√©server une salle, pr√©venir tout le monde. Normalement, tous ces √©l√©ments de l’organisation seront r√©exploitables pour les prochains trimestres et, si je maintiens le dispositif, pour les ann√©es √† venir. Pour le premier trimestre, tout se passe bien, les √©l√®ves se sont inscrits, me semble-t-il, avec une foi dans l’utilit√© du dispositif. Mais je ferai le bilan √† la fin de l’ann√©e. »
  « Les oraux blancs sont int√©ressants parce qu’ils mettent les √©l√®ves dans les conditions de l’examen, ce qui est bien s√Ľr un bon entra√ģnement. Mais il faut reconna√ģtre que c’est tr√®s lourd tant dans l’organisation des professeurs qui les font passer que dans la vie de l’√©tablissement : on
comprend que les parents de seconde protestent. Si le but est d’entra√ģner les √©l√®ves √† la prestation demand√©e, il y a d’autres moyens pour compl√©ter un oral blanc : en ayant recours aux nouvelles technologies, on peut demander aux √©l√®ves de s’enregistrer pour la partie expos√©, dans un laboratoire de langues ou avec des MP3 si l’√©tablissement est √©quip√©, le n√ītre vient d’investir dans un achat group√© : vous r√©cup√©rez les cassettes ou les fichiers sur cl√©, ou encore par envoi √©lectronique. On peut aussi les entra√ģner √† la maison, comme pour l’√©crit, en les faisant s’enregistrer chez eux, en DM en quelque sorte. Pour l’entretien, une synth√®se de questions possibles sur les objets d’√©tude peut permettre d’organiser des entretiens entre les √©l√®ves. Et 5 minutes par-ci, 3 minutes par-l√†, en fin de s√©quence, interroger les √©l√®ves individuellement en cours aussi sur l’objet d’√©tude, c’est profitable pour la classe, et permet aussi un entra√ģnement efficace. J’ai test√© tout √ßa l’an pass√© avec beaucoup de bonheur. »
  « A mon avis il est inutile, voire nuisible, de faire des oraux blancs de cette fa√ßon. Vous pouvez tr√®s bien les organiser dans votre classe et de mani√®re collective : un √©l√®ve interrog√© devant les autres, √† la fin de l’ann√©e seulement les volontaires d’abord, puis quelques d√©sign√©s. Cela se termine par une critique collective, positive et constructive ; il n’est pas besoin que tout le monde passe : dans le cas d’une prestation individuelle, si on a une bonne note, on se repose sur ses lauriers sinon on panique ; la prestation collective, cela a tous les int√©r√™ts : gain de temps et d’√©nergie, simplicit√©, anti-individualisme. »
  « Dans mon lyc√©e, chacun se d√©brouille comme il peut avec ses √©l√®ves et ce en dehors des cours et b√©n√©volement. En effet, ce n’est pas que l’administration refuse l’id√©e d’une semaine banalis√©e mais c’est une m√©sentente dans l’√©quipe qui n’a jamais permis de mettre en place ce type de projet. J’en suis tr√®s attrist√©e car je consid√®re que l’oral doit se pr√©parer autant que l’√©crit. J’oeuvre donc dans ce sens en interrogeant des √©l√®ves √† l’oral en fin d’explication de texte sur une nouvelle probl√©matique et en proposant apr√®s les vacances de P√Ęques des oraux blancs facultatifs √† mes √©l√®ves sur mes cr√©neaux libres. C’est √©puisant mais je consid√®re que c’est important. J’aimerais vraiment que l’institution soit plus autoritaire parfois. »

Remarques diverses

  « Une suggestion : demandez √† la direction, si elle tient √† ce que les √©l√®ves s’entra√ģnent √† l’oral, de banaliser une semaine pendant laquelle les professeurs de 1√®re √©changeront leurs classes pour faire passer les oraux blancs. Comme le nombre d’heures exc√©dera le temps de travail de chacun, le volet d’heures restant devra √™tre pay√© √† chacun en HS. Cette semaine d’oraux est, pour les professeurs, √©puisante et personnellement je ne comprendrais pas qu’un tel travail ne soit pas r√©mun√©r√©. Il faut des moyens. Sinon, nul n’est tenu √† l’impossible. »
  « Je trouve qu’il y a des limites au b√©n√©volat. Qu’y gagne-t-on ? pas grand-chose, m√™me en consid√©ration. Tout ceci est consid√©r√© comme normal pour les familles tr√®s consommatrices, et les administrations pr√©f√®rent rester aveugles sur la quantit√© de travail et la fatigue que cela repr√©sente, c’est plus confortable. Donc, soit on estime qu’un oral repr√©sente une copie, et sur l’ann√©e, √† tour de r√īle, on fait passer au rythme de deux ou trois √©l√®ves par semaine des colles, ce qui sous-entend qu’on n’en a pas 125 en premi√®re. Soit on se limite √† l’oral blanc traditionnel qui a lieu durant les bacs blancs √©crits, sur une semaine banalis√©e. Certes nous avons un m√©tier humain, mais le syst√®me qui consiste √† nous culpabiliser est parfaitement odieux, il ne faut pas y c√©der. »
  « Je pense que la situation n’est pas admissible et que si vous faites ce que vous demande la direction, c’est la porte ouverte √† tous les abus. D’autant plus que de demander √† vos coll√®gues de vous remplacer b√©n√©volement n’a pas de caract√®re l√©gal. Je ne vois pas, d’ailleurs, pourquoi ils le feraient. Dans mon lyc√©e, la semaine des oraux est banalis√©e pour les professeurs de fran√ßais. Nous n’assurons pas nos cours et faisons passer les oraux. Personne ne nous remplace, vu que nous ne sommes pas absents du lyc√©e. »
  « H√©las, nous organisons des oraux blancs chaque ann√©e, avec un surcro√ģt de travail car c’est aussi la semaine d’un √©crit blanc ; et nous n’avons aucune HS sous pr√©texte que nous lib√©rons les autres classes. Cette semaine-l√†, tous les emplois du temps sont boulevers√©s car ont aussi lieu les autres bacs blancs. »
  « Nous avons plusieurs fois renouvel√© la demande d’HS, en vain : on nous a r√©pondu qu’il nous restait la possibilit√© de ne plus organiser cette semaine. Jouant ainsi avec notre conscience professionnelle, nous renouvelons l’exp√©rience chaque ann√©e. »
  « Nous avons eu ce probl√®me : nous avions mis en place un syst√®me o√Ļ lors de la semaine de rentr√©e des vacances de p√Ęques, tous les professeurs de fran√ßais √©taient lib√©r√©s de leurs cours et faisaient passer tous les √©l√®ves de Premi√®re, qui eux n’√©taient pas lib√©r√©s des autre cours mais
s’absentaient d’un cours individuellement pendant leur oral. L’ann√©e derni√®re, ce dispositif a √©t√© remis en cause au motif notamment que les parents ne comprenaient pas qu’on lib√®re les secondes de leurs cours de fran√ßais : il aurait donc fallu qu’en plus des oraux nous assurions nos cours. Nous avons purement et simplement refus√© par une lettre au proviseur : soit nous faisons passer les oraux en √©tant lib√©r√©s de cours cette semaine, ce qui d’ailleurs nous fait faire des heures en plus, soit nous ne faisons pas d’oraux. Je pense que c’est une mesure √† d√©cider en conseil d’administration : les parents des √©l√®ves de seconde peuvent comprendre que lorsque leurs enfants seront en Premi√®re, ils appr√©cieront un oral blanc qui par ailleurs est tr√®s profitable mais les professeurs ne sont pas corv√©ables √† merci. Donc nous avons l’ann√©e derni√®re r√©ussi √† maintenir le dispositif en vigueur : lib√©ration des cours de fran√ßais pour les profs pendant une semaine. A voir les ann√©es suivantes. »


Ce document constitue une synth√®se d’√©changes ayant eu lieu sur
Profs-L (liste de discussion des
professeurs de lettres de lycée) ou en privé, suite à une demande initiale
postée sur cette même liste. Cette compilation a été réalisée par la
personne dont le nom figure dans ce document. Fourni √† titre d’information
seulement et pour l’usage personnel du visiteur, ce texte est prot√©g√© par la
l√©gislation en vigueur en mati√®re de droits d’auteur. Toute rediffusion √†
des fins commerciales ou non est interdite sans autorisation.

© WebLettres 2002-2005
Pour tout renseignement : Contact
</CENTER >

- Dernières publications de Katell :

[815] - Organisation des oraux blancs en Première



- Les derniers articles dans la même rubrique :

[1 136] - Renouveau / Renaissance

[1 135] - Jeunesse et révolte

[1 134] - La violence contre le pouvoir


Ajouter un commentaire

Forum relatif à cet article

  • Le forum est ouvert - 31-01-2012 - par Administrateur

    Vous pouvez √† votre tour apporter une contribution √† cet √©change en proposant des titres, adresses de sites, r√©f√©rences bibliographiques voire t√©moignages qu’il vous semblerait utile de publier en compl√©ment de cette synth√®se.

    MENTIONS L√ČGALES
    Cet espace est destin√© √† vous permettre d’apporter votre contribution aux th√®mes de discussion que nous vous proposons. Les donn√©es qui y figurent ne peuvent √™tre collect√©es ou utilis√©es √† d¬Ļautres fins. Ce forum est mod√©r√© a priori : votre contribution n’appara√ģtra qu’apr√®s avoir √©t√© valid√©e par un administrateur du site. Seront en particulier supprim√©es, toutes les contributions qui ne seraient pas en relation avec le th√®me de discussion abord√©, la ligne √©ditoriale du site, ou qui seraient contraires √† la loi. Vous disposez d’un droit d’acc√®s, de modification, de rectification et de suppression des donn√©es qui vous concernent. Vous pouvez, √† tout moment, demander que vos contributions √† cet espace de discussion soient supprim√©es. Pour exercer ce droit, http://www.weblettres.net/index3.php?page=contact.



Si vous souhaitez publier une synthèse,
merci de contacter directement Corinne Durand Degranges.
Si vous souhaitez proposer un article, utilisez cette page : http://www.weblettres.net/index3.php?page=contact.


Contact - Qui sommes-nous ? - Album de presse - Adhérer à l'association - S'abonner au bulletin - Politique de confidentialité

© WebLettres 2002-2018