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[897] - Pièces de théâtre interdites

Il s’agissait de monter un corpus de textes de théâtre autour de représentations interdites. La synthèse propose également des prolongements avec d’autres extraits de pièces qui n’ont pas toutes été forcément interdites.
Synthèse mise en ligne par Valentine Dussert.

 

Pièces interdites

- MOLIÈRE, Tartuffe, acte IV, scène 5 (1664) - la dimension satirique du théâtre.
Prolongements possibles : un corpus sur l’hypocrite démasqué / le théâtre comme lieu de vérité avec Britannicus de RACINE (V, 5), Les Fourberies de Scapin de MOLIÈRE (II, 3), Le Jeu de l’amour et du hasard de MARIVAUX (III, 6), Ruy Blas de HUGO (V, 3), [Lorenzaccio de MUSSET (III, 3), Électre de GIRAUDOUX (II, 6).

- BEAUMARCHAIS, Le Mariage de Figaro, acte V, scène 3 (1784) - la dimension polémique du théâtre.
Prolongements possibles : un corpus sur le théâtre engagé / sur l’utilisation du pouvoir. Avec un extrait de CORNEILLE (au temps de la Fronde), ou encore Ruy Blas de HUGO (III, 2), Les Paravents de GENET.

- DUMAS A. (fils), La Dame aux camélias (1852) - pièce longtemps interdite pour des questions de mœurs / l’un des plus grands succès du XIXe siècle.
Prolongements possibles : un corpus autour des « mauvaises mœurs » avec certains proverbes de MUSSET, ou Quitte pour la peur de VIGNY, ou encore Les Parents terribles de COCTEAU. On peut aussi penser au film La Religieuse de Jacques RIVETTE (1967).

Réflexions complémentaires

- Le site César, « Calendrier électronique des spectacles sous l’Ancien régime et sous la Révolution » donne accès à des rapports de police à propos de certaines pièces (par exemple Le Misanthrope) jouées sous la Révolution ou le Directoire.
- Un sujet de réflexion qui dépasse le théâtre : Une œuvre d’art est-elle nécessairement dérangeante ?
- On peut s’interroger sur le problème de la censure aujourd’hui : existe-t-il encore une censure au théâtre ? (pour le cinéma, il y a une commission de censure - qu’en est-il au théâtre ?). Cette réflexion est toutefois difficile à mener en classe, puisque la censure touche par nature aux limites de ce qui est acceptable...
- Autour de la question du pouvoir, deux textes intéressants :

  • CORNEILLE P., Cinna : au dénouement, le souverain fait effort sur lui-même et accède à la dimension sublime du pardon.
  • MOLIÈRE, Tartuffe : la tirade de l’exempt à la fin de la pièce. Le roi y apparaît comme une figure divine par sa clairvoyance, capable de reconnaître le Bien du Mal et de s’opposer à la loi, si l’équité le justifie. L’hommage est à peine voilé au roi Soleil, qui a su reconnaître l’hypocrisie des faux dévots pour défendre (enfin) l’auteur. Mais Molière rappelle ici aussi que le pouvoir absolu n’est juste que s’il n’autorise par la tyrannie, ce qu’Orgon, lui, a oublié. Or la monarchie se fonde sur l’autorité paternelle, première et naturelle. Alors si un père peut devenir fou, et ne plus user de son pouvoir que tyranniquement, qu’en est-il d’un roi ? (Marianne elle-même parle d’Orgon comme d’un « père absolu »). Remettre en question l’autorité paternelle n’est-ce pas porter atteinte, de facto, aux fondements de celle du souverain ? En ce sens la pièce pouvait apparaître comme subversive. Il s’agit alors pour Molière de rappeler que le roi bien sûr est, lui, un père modèle, que la folie ne guette pas. Aucune remise en question donc de la monarchie de droit divin, mais la tirade peut néanmoins se comprendre de deux manières : un éloge du monarque, mais aussi un rappel, comme en sous-texte, de ses devoirs.

Ce document constitue une synthèse d’échanges ayant eu lieu sur Profs-L (liste de discussion des professeurs de lettres de lycée) ou en privé, suite à une demande initiale postée sur cette même liste. Cette compilation a été réalisée par la personne dont le nom figure dans ce document. Fourni à titre d’information seulement et pour l’usage personnel du visiteur, ce texte est protégé par la législation en vigueur en matière de droits d’auteur. Toute rediffusion à des fins commerciales ou non est interdite sans autorisation.

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David Aubril

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